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Interview   

Chickenfoot : quand les rockstars prennent leur pied


Ils sont de retour ! Deux ans à peine après le premier album, puis une tournée, Chickenfoot remet ça avec un nouvel album intitulé III. Il faut dire que le quatuor de super stars du rock a une sacrée envie et tant qu’il y a de l’envie, il y a de la vie. Le DVD Get Your Buzz On sorti entre les deux albums enfonçait d’ailleurs le clou quant à la viabilité de ce groupe en montrant quatre musiciens tout sourire, s’amusant et se servant des titres du premier album comme prétextes pour des jams de folie.

Assurément, les titres de ce nouveau disque, même s’ils s’avèrent plus travaillés, serviront de très bonne base pour en faire de même sur la tournée à venir : « On se rend compte que les nouvelles chansons offrent de belles possibilités d’improvisation » déclare Joe Satriani, guitariste de prestige de la formation. Et ce même si le batteur Chad Smith ne pourra participer à toutes les dates dû à son engagement au sein des Red Hot Chili Peppers. On a d’ailleurs pu découvrir son remplaçant temporaire, Kenny Aronoff et son look crâne rasé et lunettes noires à la Satch, dans la poilante vidéo du single « Big Foot » et force est de constater que l’attitude reste intacte.

En tout cas, une chose est sûre : Chickenfoot ne veut pas se prendre la tête, conscient de posséder ce « petit truc » rare qu’il ne faut en aucun cas détruire : l’alchimie.

Ci-après nous vous proposons un double entretien avec le guitar-hero Joe Satriani et l’ex-bassiste de Van Halen Michael Anthony qui expliquent cet état d’esprit et plus encore.

« S’il y a une chose que je peux te dire, c’est que faire de la musique avec les gars de Chickenfoot n’a rien de normal ! »

Radio Metal : Le nouvel album de Chickenfoot s’intitule III. Sammy a justifié ce choix en déclarant que les chansons étaient si solides qu’il vous semblait avoir sauté un album. Quels sont les aspects de votre musique, ou de votre approche de celle-ci, qui ont évolué ?

Joe Satriani (guitare) : (rires) Pour commencer, le titre est une plaisanterie. On est comme ça, on aime bien s’amuser et ne pas se prendre au sérieux. L’album devait s’appeler IV, mais nous avons finalement décidé de faire encore plus bête et de descendre à III. Mais avec le recul, ça explique bien notre état d’esprit. Entre le tout premier album et la fin de la tournée, nous sommes passés par un grand processus de maturation en tant que groupe. La façon dont cet album a été enregistré, sur une période particulièrement condensée, nous a donné l’impression d’avoir beaucoup évolué en tant que groupe. Ça nous semblait logique de sauter le chiffre II et de passer directement à un chiffre plus élevé. Je pense que nous avons écrit des chansons qui mettent parfaitement en évidence ce que nous faisons naturellement. Quand j’écrivais la démo, j’essayais de composer des chansons qui feraient ressortir la voix de Sam, qui mettraient la voix et la basse de Mike Anthony en avant, qui s’appuieraient sur le talent de Chad pour partir dans des délires et offrir un groove super heavy. Et bien sûr, j’espérais parvenir à du bon son et à des compositions qui me permettraient d’adopter plein de styles différents à la guitare. Quand on s’y est tous mis et qu’on a réussi à mettre ça en place, il était logique de passer à un chiffre supérieur à II, parce qu’on avait l’impression d’avoir fait un bond en avant.

Cela veut-il dire que, quand tu composes pour Chickenfoot, tu as en tête une série de paramètres et d’obligations spécifiques que tu n’aurais pas en temps normal ?

S’il y a une chose que je peux te dire, c’est que faire de la musique avec les gars de Chickenfoot n’a rien de normal ! Quand on va en studio tous les jours avec la même bande de types, il faut être paré. Les enregistrements de Chickenfoot sont tous basés sur du live. On n’utilise pas de clics ou de séquenceurs, on joue comme si c’était du live. On boucle les chansons en rajoutant une couche par-dessus la performance live, vocaux compris. Si Sammy est parti dans un truc vocal, il continue. Je ne crois pas que nous ayons jamais bouclé une chanson sans Sam, il nous accompagne toujours. Le ressenti du groupe est très important pour nous aider à déterminer si nous sommes sur la bonne voie. Je crois que chaque chanson est une opportunité d’évoluer. C’est comme ça que je vois les choses.

Le premier album de Chickenfoot avait un côté très jam. Sur ce deuxième album, au contraire, les chansons sont un peu plus lisses et directes. C’est comme si chaque chanson avait été davantage pensée et contenait moins de spontanéité. C’est le cas ?

Michael Anthony (basse) : Oui. Lors de l’enregistrement du premier album, c’était la première fois que nous étions en studio tous ensemble en tant que groupe. Il y a eu beaucoup de séances de jam, car nous avons pris le temps de nous habituer à jouer ensemble et, musicalement parlant, de nous habituer à l’idée que nous faisions tous partie d’un nouveau groupe. Joe connaît les capacités de Sammy au niveau du chant, donc beaucoup de nos idées sont un peu plus travaillées. Rien que le fait de passer beaucoup de temps ensemble en studio, et partir en tournée en tant que groupe, cela fait que nous nous sentons vraiment bien tous ensemble, et je pense que ça se ressent. Nous sommes sur la bonne voie, je crois.

Joe Satriani : L’une des choses que nous avons réalisées au cours de la tournée que nous avons faite pour l’album précédent, c’est que nous pouvions prendre n’importe lequel de ces titres et en faire un événement en live. Du coup, cette fois, nous n’avons pas hésité à nous asseoir tranquillement et à arrondir un peu les angles de nos chansons. Quand nous avons commencé, nous ne savions pas vraiment qui nous étions. Pendant la création du premier album, nous avons pas mal expérimenté, en ne terminant pas certaines chansons et en laissant des points d’interrogation dans les arrangements, pour ainsi dire. Ce n’était pas pour nous donner un style, mais plus parce que nous ne nous connaissions pas bien. Pour un titre comme « Turning’ Left », nous avons essayé différents trucs en studio, et nous n’étions pas sûrs de la façon dont la chanson allait tourner. Parfois, nous avions de la chance et un titre comme celui-ci ou « Down The Drain » apparaissait spontanément. Mais quand on part en tournée et qu’on joue ces titres tous les soirs, on finit par se dire : « Dommage que nous n’ayons pas solidifié ça quand nous en avions la possibilité ». Nous sommes tous arrivés pour le deuxième round en nous disant que nous allions travailler plus dur pour éviter d’avoir des regrets. Par exemple, on évite d’enregistrer quelque chose avec trop de gras autour ; on découpe ça maintenant et on pourra toujours développer la chanson sur scène. Et c’est ce qu’on fait. Nous avons donné un concert en direct sur Internet l’autre soir, c’était vraiment cool. C’était la première fois que nous jouions les nouveaux titres en public et on a commencé à se lâcher. Quand on entrouvre cette porte, on se rend compte que les nouvelles chansons offrent de belles possibilités d’improvisation. C’est sympa de savoir qu’on peut toujours revenir au format plus réglementé présent sur l’album. Je préfère quand ça se passe comme ça, quand la tournée nous sert à développer les titres plutôt qu’à essayer de les canaliser. C’est toujours mieux d’être dans cette position.

« Je n’ai jamais aimé ce mot de « super groupe ». C’est une bonne expression quand tu l’utilises pour parler de types qui s’associent pour faire un album ensemble, un projet, puis qui se serrent la main et on n’en parle plus. »

Chickenfoot se compose de quatre excellents musiciens. Pourtant, vous n’en rajoutez jamais et vous vous contentez de jouer ce dont les chansons ont besoin. Est-ce important pour vous de ne pas tomber dans une démonstration de talents, ce qui serait facile pour un groupe comme celui-ci ?

Oui, je crois. Le groupe se compose de quatre personnalités complètement différentes et c’est assez drôle de voir dans quelle direction chacun de nous veut entraîner les séances d’enregistrement. Mais l’une des choses que nous avons apprises très vite en réalisant le premier album, c’est que quand quelqu’un a une idée complètement différente de la tienne, ça peut très bien être la meilleure. On passe toujours en revue les idées des autres. Personne ne tape du pied en disant : « C’est moi le chef, c’est comme ça qu’on fera les choses ». C’est un processus démocratique, on essaie toujours de faire en sorte que tout le monde se sente à l’aise pour s’exprimer. On a confiance les uns en les autres ; le type à côté de toi peut très bien avoir une meilleure idée. Du coup, on passe beaucoup de temps à faire un peu n’importe quoi, histoire de voir comment les autres gars réagissent à une idée qu’on a soulevée. « Come Closer » illustre bien ça. Sam m’a envoyé des paroles en me disant d’écrire ce que je voulais par-dessus et on verrait ensuite ce qui se passerait. J’ai écrit une chanson au piano très planante, moitié Radiohead et moitié R’n’B. Sammy a adoré, et quand on l’a soumise à Mike et Chad, ils ont ajouté une rythmique à la chanson. C’était leur réaction. On a enregistré le titre de base en une heure, c’était très rapide. Mais Sam et moi n’avons jamais cherché à empêcher Mike et Chad de modifier l’arrangement. On leur a demandé leur avis et ils nous ont sorti ça, donc on est partis là-dessus. C’est très intéressant : Sam me fait confiance pour écrire la musique correspondant à ses paroles, et lui et moi faisons confiance aux autres pour trouver un bon arrangement. Ensuite, on brode à partir de là. Travailler de cette façon, c’est un excellent exercice créatif.

Michael Anthony (basse) : Les dernières années que j’ai passées dans Van Halen, Eddie jouait tellement que je finissais par ne plus jouer que la note fondamentale pour maintenir la fondation rythmique. Personne ne dit aux autres ce qu’ils doivent jouer dans ce groupe. D’un point de vue musical, à moins que cela ne soit crucial pour les morceaux, tout le monde peut apporter sa touche tant qu’il le veut. Et tout ceci est génial, parce que je peux développer mon jeu autant que je le souhaite et pas seulement me contenter de jouer sur une note.

Ça signifie qu’avec Van Halen, tu n’avais pas la liberté que tu as maintenant avec Chickenfoot ?

Oui. Au début, c’était le cas, mais plus tard, Eddie me disait : « Mike, contente-toi de jouer ça sur cette note » sur une grande partie des chansons. Alors que sur ce nouvel album, il n’y a pas eu une seule fois où Joe m’ait dit : « Pourquoi tu n’essaies pas de jouer ceci ou cela ? » et inversement. Tout le monde était vraiment libre d’apporter sa proche touche et de jouer ce qu’il voulait. Et puis jouer à côté de Joe Satriani et Chad Smith… Cela t’inspire forcément pour trouver de nouvelles idées parce que ces gars sont tous des musiciens épatants, dans chacun de leurs domaines.

Sur cet album, les chœurs qui sont un peu ta marque de fabrique sont beaucoup plus présents que sur le premier. Ils sont même plus présents que sur n’importe quel album de Van Halen. Cela veut-il dire que tu souhaites étendre ta contribution au niveau vocal ?

J’étends ma contribution le plus possible mais je ne crois pas que Samuel me laisserait le faire en tant que chanteur principal ! (rires) Il me virerait à coups de pied ! Non, je blague ! (Rires) Depuis le premier album de Chickenfoot, Sammy et moi avons vraiment voulu nous concentrer sur les chœurs et les mettre plus en avant. Chez Van Halen, c’était vraiment notre signature vocale. Sur le nouvel album de Chickenfoot, dans beaucoup des morceaux qu’on a écrit, Samuel chantait et on n’entendait pas très bien les chœurs. Avec Samuel, on s’est posé, on a écouté ces chansons et on s’est dit : « Oh mon dieu, il y a tellement d’endroits où on pourrait mettre de super chœurs », et pas seulement des « oooh » ou des « aaah ». En ce qui concerne les chœurs, je pense que c’est probablement le meilleur album auquel j’ai pu contribuer vocalement. J’aime vraiment cet album pour ça et c’est sans doute le meilleur disque sur lequel j’ai pu travailler.

Cela te plairait-il de chanter en tant que chanteur principal ?

Si l’occasion se présente, ouais ! Je ne serais pas contre mais je ne veux pas devenir chanteur principal parce que tu sais bien comment ils sont…

Comment sont-ils ?

Ce sont les grandes gueules du groupe. J’ai déjà fait partie de groupes où il y avait un chanteur principal et je sais comment ils sont. Je ne veux pas devenir comme ça ! (rires) Je m’amuse bien en faisant les chœurs, et si c’est comme ça que je peux vraiment contribuer vocalement, c’est ce que je vais continuer à faire. J’arrive encore à le faire à peu près correctement.

Joe, te sens-tu plus à l’aise dans cette situation que dans le cadre de ta carrière solo, où tu es le seul maître à bord ?

Joe Satriani : (rires) C’est agréable d’avoir moins de responsabilités. Quand on produit, qu’on écrit et qu’on joue le rôle principal sur un album solo, il faut penser à tout : quand dire à l’équipe qu’elle peut faire une pause déjeuner, quelles cordes utiliser… Et bien sûr, il faut penser à toute la musique, garder un œil sur le budget… Ça fait beaucoup d’un seul coup. Mais quand je passe au rôle de guitariste dans Chickenfoot, je ne suis plus le producteur principal, je ne suis plus le chanteur. Je suis un gars au milieu de quatre et c’est très différent. Je peux me contenter d’être un guitariste soliste de rock. C’est libérateur, pour tout dire. Dans ces conditions, je peux me dépasser et je me sens plus détendu, ce qui est toujours bien. Quand on se trouve dans un contexte où on sait que tout le monde participe en permanence, on peut se détendre. Ça crée un effet intéressant, en améliorant la créativité, parce qu’on ne se sent plus limité par un carcan de responsabilités. Parfois, les idées auxquelles on arrive sont un peu plus barrées.

« Aujourd’hui, beaucoup de musiciens savent faire ce qu’ils font dans leurs groupes respectifs, mais si tu les mets sur une scène avec d’autres musiciens pour jammer, ils ne s’en sortent pas. »

L’album III est sorti en version 3D, tandis que le premier album avait une pochette thermo-réactive. Est-ce important pour le groupe d’ajouter ces petits bonus pour faire la différence ?

Michael Anthony : Quand j’étais plus jeune, j’adorais tenir un album entre mes mains, j’aimais pouvoir regarder des photos du groupe, en coulisses, en studio ou ailleurs. C’est ce genre de chose qu’on essaie de ranimer mais en faisant quelque chose d’un peu différent et d’amusant pour les fans. Tu sais comment les choses se passent aujourd’hui, tout se télécharge. C’est sympa mais je pense que c’est mieux d’avoir entre les mains quelque chose que tu peux admirer. On est aussi en train d’imprimer un certain nombre de vinyles et l’effet 3D est vraiment génial sur les grandes pochettes, tout comme l’était ce truc thermo-réactif. C’est quelque chose qu’on a aimé connaître en grandissant. Je n’aime pas me dire que même les CD disparaissent. C’est quelque chose que les fans pourront collectionner. Aujourd’hui, c’est du genre : « Si vous voulez le livret de l’album, allez sur tel site et vous pourrez le télécharger ». C’est sympa mais j’ai toujours préféré aller dans les magasins de disques et pouvoir tenir l’album entre mes mains. (rires) Après, je peux le télécharger sur mon ordinateur.

Vous avez d’autres idées du même genre pour vos futurs albums ?

Pas pour le moment. C’est Todd Gallopo, qui a travaillé de nombreuses années avec Sammy et qui travaille avec nous pour Chickenfoot, qui a ce genre d’idées. Il nous a présenté l’idée pour l’album III et on s’est dit que c’était un excellent concept. On travaille avec des gens géniaux et tous ont toujours des idées dingues. On trouvera quelque chose pour le prochain album de Chickenfoot, qui ne s’appellera probablement pas Chickenfoot IV…

Chickenfoot II, peut-être ?

Un jour, on reviendra en arrière et on fera les premiers albums !

Chickenfoot est considéré comme un super-groupe, ce qui signifie que le public attend beaucoup et pense que la musique va être pharaonique. Pourtant, votre seul objectif semble être de créer de bonnes chansons et de vous amuser. Penses-tu que, d’une certaine façon, le groupe souffre d’être considéré comme un super-groupe ?

Joe Satriani : Non, je ne pense pas. C’est juste un mot, un mot que nous n’utilisons pas. Je sais que tu dois l’utiliser parce que tu es journaliste et que tu dois bien nous qualifier de quelque chose ! (rires) Comment nous appeler autrement, après tout ? Avec ce mot, « super-groupe », c’est plus facile pour toi de présenter ton histoire à tes lecteurs, au lieu de dire : « Ce nouveau groupe composé de… », et de développer une phrase super longue décrivant tout le monde. Ça ne va pas plus loin, on ne prend pas ça au sérieux. On est juste un groupe, c’est tout.

Michael Anthony : Je n’ai jamais aimé ce mot « super-groupe ». C’est une bonne expression quand tu l’utilises pour parler de types qui s’associent pour faire un album ensemble, un projet, puis qui se serrent la main et on n’en parle plus. Mais notre groupe a été créé par amitié ; on ne s’est pas dit : « Prenons Chad Smith, parce qu’il est dans les Red Hot Chili Peppers », ou « Prenons Joe Satriani ». On se connaissait tous et c’est par hasard si on s’est réuni et qu’on a commencé à jouer tous ensemble. Quelque chose de magique s’est produit, il y a eu une telle alchimie qu’on a voulu aller en studio et faire de la musique ensemble parce qu’on y prenait du plaisir. La première chose sur laquelle on est tous tombé d’accord, c’est qu’aucun d’entre nous ne veut subir la moindre pression. Si les fans attendent beaucoup du second album, c’est super, mais ce sont les fans. Nous, en tant que musiciens, on veut se dépasser et faire de notre mieux. C’est ce qu’on a fait sur cet album. Mais c’est ce que doit faire un musicien, on veut vraiment s’améliorer à chaque fois qu’on sort un album. On ne veut sentir aucune pression de la part des fans, parce que ce n’est pas pour ça qu’on a formé ce groupe. Aucun d’entre nous n’avait besoin d’argent, nous étions tous déjà célèbres à travers nos anciens groupes et tout ce qu’on a pu faire auparavant. On veut juste être quatre amis qui s’éclatent en faisant de la musique et, par chance, c’est de la bonne musique.

Le nom un peu idiot du groupe et les vidéos humoristiques sont-ils un moyen de faire oublier que le combo se compose de quatre énormes rock stars et de dire : « On est juste une bande de gars qui veut s’amuser » ?

Exactement ! On laisse ça aux types de vingt-quatre ans qui veulent monter sur scène et être de grandes rock stars ! (rires) J’ai fait de grandes choses avec Van Halen. Je suis déçu qu’on ne soit pas venus jouer davantage en Europe, on aurait dû y aller beaucoup plus souvent. Et c’est une de choses qu’on va faire avec Chickenfoot. Je ne serais pas en train de te parler si on n’avait pas l’intention de revenir en Europe. On adore jouer là-bas. Avec nos emplois du temps respectifs, malheureusement, Chad ne pourra pas être avec nous, mais Kenny Aronoff est avec nous à 100 %. Ce type est un incroyable batteur et on va vraiment prolonger notre tournée en Europe cette année.

Joe Satriani : Oui. Je pense que nos fans dans le monde entier se retrouvent dans notre sens de l’humour. C’est notre façon de leur montrer qui nous sommes vraiment, histoire qu’ils ne se laissent pas emporter par le battage médiatique. Mais, encore une fois, étant donné que ce projet est un peu du bricolage et que nos labels sont plutôt des partenaires, je pense que nous pouvons toucher les fans de façon beaucoup plus personnelle. On les invite à partager quelque chose pour qu’ils sachent qui nous sommes vraiment. Nous n’utilisons pas d’artifices, si tu vois ce que je veux dire.

« Je ne veux pas aller en studio ou partir en tournée sans m’amuser. Ça ne vaut pas le coup de faire tout ça juste pour l’argent. »

Quand on regarde votre DVD live, on peut voir à quel point vous vous amusez et à quel point vous aimez jammer. J’ai eu l’occasion d’évoquer avec Glenn Hughes de Black Country Communion le fait que, de nos jours, jammer est un art qui se perd. Es-tu d’accord avec ça ?

Michael Anthony : Oui, je suis d’accord. Soit dit en passant, je connais très bien Glenn. C’est un super bassiste. J’admire beaucoup tout ce qu’il a fait, de Trapeze à Deep Purple. C’est un type génial. Mais oui, il reste encore quelques gars comme nous : Glenn dans Black Country Communion, Jason Bonham… On est tous issu du même moule, on sait jammer. J’en parlais justement avec quelqu’un l’autre jour : aujourd’hui, beaucoup de musiciens savent faire ce qu’ils font dans leurs groupes respectifs, mais si tu les mets sur une scène avec d’autres musiciens pour jammer, ils ne s’en sortent pas. Et peu importe que ce soient de bons musiciens. Nous avons grandi à une époque où on a pu jammer avec beaucoup de musiciens. J’aime monter sur scène dans un club, par exemple, et jouer avec de nouvelles personnes. Ça m’amuse beaucoup, et ça permet d’apprendre pleins de nouvelles choses et de ne pas stagner en tant que musicien. C’est quelque chose qu’on voulait vraiment faire avec Chickenfoot : on ne voulait pas perdre cette ambiance jam, cette impression de live. Quand on va en studio, on ne se contente pas d’enregistrer chacun son tour : Chad pose ses parties de batterie, ensuite c’est moi qui joue la basse, puis Joe ajoute la guitare, et ainsi de suite. Les bases des chansons sont jouées en live en studio, en groupe. Cela n’a pas d’importance si je fais une petite erreur en jouant ou si quelqu’un fait une fausse note. C’est l’intensité de ces vibrations qui fait toute la beauté de la musique. Et, dans notre cas, cela rejaillit également sur nos prestations live parce qu’on aime faire des bœufs. Avec notre premier album, on avait à peine une heure de musique et on a étiré ça en performances de deux heures.

Chad Smith ne participera pas à la tournée avec le groupe en raison de son engagement auprès des Red Hot Chili Peppers. Il n’apparaît pas non plus dans la vidéo de « Big Foot ». Penses-tu qu’un jour, il devra faire un choix entre les deux groupes ?

Joe Satriani : Je ne pense pas. Je pense qu’il a le temps de faire les deux. Personne ne cherche à empêcher qui que ce soit de participer à ses autres projets. Je suis certain que nous pourrons résoudre tous nos problèmes d’emploi du temps. On se débrouille pas mal depuis 2008, on a bien réussi à jongler avec la carrière solo de Sam, la mienne et l’engagement de Chad – pas seulement avec les Chili Peppers, mais aussi avec Meatbats. Je pense qu’on va s’en sortir. Nous avons su il y a un an que Chad ne serait pas disponible pour cette tournée et il a lui-même choisi Kenny Aronoff pour le remplacer au poste de batteur pour la tournée. Nous sommes des musiciens aguerris, nous savons gérer ce genre de problème d’emploi du temps et remettre les choses en perspective.

C’est assez drôle car Kenny a, comme toi, le crâne rasé et vous portez tous deux des lunettes de soleil dans la vidéo. N’as-tu pas peur que les gens se demandent ce que fait Joe derrière la batterie ?

(rires) Non, ça ne m’inquiète pas. C’est une drôle de coïncidence, mais Ken a le même genre de look que moi. On a bien rigolé à ce sujet. Le plus important, c’est qu’il soit un excellent batteur. Étant donné qu’il est très proche de Chad, ils partagent cette espèce d’énergie furieuse. Comme tout le monde peut le voir dans notre webcast de l’autre jour, il remplace Chad remarquablement bien et il apporte même une nouvelle énergie très inattendue au groupe, ce qui est super. Nous avons hâte de passer l’année qui vient à tourner avec lui.

Étant donné que le groupe compte deux anciens membres de Van Halen, est-ce difficile pour vous de ne pas être comparé à Van Halen ? D’ailleurs, est-ce que les comparaisons te gênent Michael ?

Michael Anthony : Pour le premier album de Chickenfoot, il y a eu beaucoup de comparaisons. Évidemment, il y en a toujours avec ce second album, mais c’est une des raisons pour lesquelles on ne joue pas de Van Halen ou de Red Hot Chili Peppers sur scène. On veut que nos fans comprennent qu’on forme un groupe, on ne sert pas de chansons qu’on a jouées dans le passé avec nos groupes respectifs. Je pense que, avec ce second album, Chickenfoot a vraiment réussi à trouver son propre son. On a évoqué l’idée de jouer du Van Halen sur cette nouvelle tournée mais on ne le fera sûrement pas parce qu’on s’amuse beaucoup plus à jouer les morceaux de Chickenfoot. Je pense que les gens qui font la comparaison doivent être des fans de Van Halen, peut-être parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire. Peut-être qu’ils n’ont pas évolué en dix ou en vingt ans ! (rires) Les comparaisons ne me dérangent pas parce que je sais dans mon cœur qu’on n’essaie pas de ressembler à Van Halen. J’imagine qu’on leur ressemble, c’est inévitable, parce que Sam et moi avons formé la moitié du groupe pendant une longue période. Mais ce n’est pas un effort conscient. Je ne sais pas… Ça ne m’ennuie pas vraiment. C’était le cas au début mais maintenant, plus du tout.

À ce propos, es-tu encore en contact avec les frères Van Halen ?

Non, je n’ai parlé à aucun des deux depuis la fin de notre tournée en 2004. Malheureusement cette tournée s’est extrêmement mal terminée. On devait aller en Europe et faire le tour du monde cinq fois, mais ça ne s’est pas fait. Ce n’était pas écrit, apparemment. Vu l’état dans lequel Eddie était… Mais ils sont passés à autre chose depuis ; et moi aussi, évidemment.

Penses-tu qu’ils t’en voulaient d’avoir conservé une relation amicale et musicale avec Sam ? Penses-tu que cela puisse être l’une des raisons pour lesquelles tu n’es plus dans le groupe aujourd’hui ?

Oui, ça a probablement un rapport. Quand j’ai commencé à faire des apparitions pendant les concerts de Sammy, ils m’ont considéré comme un traître. De mon côté, j’ai toujours pensé que c’était génial de pouvoir jouer des morceaux de Van Halen pour les fans. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de mal à ça. Mais à présent, à ce stade de ma carrière et de ma vie, je veux évoluer avec des gens positifs et ouverts d’esprit et je veux m’amuser en faisant de la musique. C’est une chose importante pour moi aujourd’hui. Je ne veux pas aller en studio ou partir en tournée sans m’amuser. Ça ne vaut pas le coup de faire tout ça juste pour l’argent. Avec Chickenfoot, c’est ça qui est super : on s’amuse et on parvient à gagner de l’argent en même temps, alors c’est génial !

Tu penses que Van Halen ne joue plus que pour l’argent, à présent ?

Je n’en sais rien. Je peux juste spéculer comme tous les autres fans. Il est clair que ne plus sortir de musique… Je ne sais pas. Je ne peux vraiment pas dire s’ils font ça pour l’argent.

Est-ce que Chickenfoot accepterait de jouer avec Van Halen pour une tournée spéciale ?

Pour ma part, je peux dire qu’on est prêt à les accueillir quand ils le souhaitent. Et je ne dis pas ça pour les défier ou je ne sais quoi. Quand on monte sur scène, on fait notre propre truc. À une époque, c’est aussi ce qu’on disait chez Van Halen : « On va monter sur scène et jouer avec n’importe quel groupe ; pendant une heure ou deux, la scène est à nous ». Je n’ai aucun problème à faire ça.

Interview de Joe Satriani réalisée le jeudi 29 septembre 2011 par téléphone.
Interview de Michael Anthony réalisée le mercredi 5 octobre 2011 par téléphone.
Retranscription et Traduction Joe Sariani : Saff’.
Retranscription et Traduction Michael Anthony : Lynda et Saff’

Site Internet Chickenfoot : www.chickenfoot.us



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  • Franchement je suis un peu de l’avis de XnX, c’est une bonne interview, mais de la part de musciciens comme eux, je m’attendait a beaucoup mieu.

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  • Interview intéressante. Même si je n’ai pas aimé ni le premier album et trouvé le second trop mou pour moi, on s’en bien l’unité de groupe sur  » III « . J’espère que Chickenfoot continura, car ces mecs là nous réserve du lourd, c’est obligé.

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