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Témoignage   

Chroniques de l’underground : chapitre 2, affiche et communication


Comment ça marche l’organisation d’un concert quand on est un jeune groupe, qui n’a pas encore de booker et dont le téléphone ne sonne pas en permanence pour leur demander de jouer ici ou là ? Eh bien, c’est surtout de la débrouille et plus encore : du rêve. Et Quentin, un rêve, il en a un, né dans une salle bordelaise, le Bootleg : y jouer, avec son groupe, Eros, dont il est le batteur. Mais comme c’est un jeune groupe, et c’est une salle ayant la capacité d’accueillir trois cent personnes, il ne se voit évidemment pas déjà faire salle comble et il envisage, plus sérieusement, de pouvoir au moins y faire la première partie d’une formation plus installée : Bukowski.

C’est ainsi qu’ont commencé ces chroniques de l’underground dont nous avons publié le premier épisode la semaine dernière. Ce n’est pas un guide de ce qu’il faut faire ou non, mais plutôt un récit didactique qui (paradoxalement) ne donne pas de leçon, sauf à ceux qui s’imagineraient que du simple fait de former un groupe découle tout le reste (concerts, signature avec un label, disques, etc.) ou qu’il suffit de se poser dans une salle à attendre le public pour organiser un concert, même de petite envergure. Un récit, en quatre parties que nous publierons régulièrement jusqu’à son épilogue, après le 31 janvier, date de ce fameux concert, de la quête et de la découverte dans l’underground français de la façon d’organiser un concert – et un seul ! – pour son groupe quand on veut se donner les moyens de vivre son rêve.

Dans l’épisode de cette semaine, on comprend à quel point le Diable est dans les détails et qu’une petite chose comme un flyer est tel un joli papillon… qui viendrait se poser dans la mécanique pour gripper tout le système et parfois faire oublier l’essentiel.

« Avant que les choses prennent du retard, j’avais prévu un début de communication pour début décembre avec communication sur internet, pose d’affiches dans des endroits tels que magasins de musiques, salles de répétition, là où elles ne seraient pas enlevées avant que l’évènement soit passé, ainsi que flyers sur les concerts de décembre. Le gros suivrait sur janvier. Quoi qu’il en soit, cela passe forcément par l’impression de flyers et d’affiches. J’avais deux trois pistes sur internet pour réaliser cela, notamment un site pour 5000 flyers à 60 euros. Vraiment bon plan, le seul inconvénient étant une durée de livraison de 15 jours. On parle de papier 135g lisse quand même. Mais notre concert ne fut booké que plus tard, vers le 15 décembre, et donc ça commençait à devenir pressant, car à ce moment-là mon affiche n’était toujours pas prête, et donc pas de comm’ possible. Le management de Bukowski m’avait fait parvenir le visuel de la tournée, basé sur la jaquette de leur dernier album. Parfait, l’inconvénient est que je n’ai pas passé les 50 heures réglementaires pour comprendre comment Photoshop marche et que, du coup, je suis dans l’incapacité totale de créer quelque chose de propre.

Je me dois donc de passer par le biais d’un ami, qui se trouve être artiste dans le graphique. Donc l’affaire roule, j’ai uniquement besoin de lui dire précisément ce que je veux et l’affiche sera prête rapidement car il se trouve actuellement sans emploi. Seulement, après un premier jet, nous nous rendons compte qu’il manque pas mal de choses, comme la mention de l’année 2014, ou bien le fait que les places sont à acheter sur place, le genre de choses qui me paraissait tellement évidentes, mais qui ne l’étaient absolument pas. Donc nous perdons des jours par-ci par-là, Noël passe et je me retrouve avec mon affiche définitive le 28 décembre. Je passe les détails concernant mon activité professionnelle qui m’ont amené à travailler du 26 au 31 décembre dimanche inclus. C’est un tout petit peu stressant.

L’erreur que je pense avoir faite est de ne pas avoir démarré la communication sur Facebook, l’élément principal d’action pour mon groupe, dès la signature du contrat avec Buko et la salle payée, même sans affiche. Car le temps que nous publiions notre évènement, deux autres concerts à tendance metal se sont créés à Bordeaux centre le 31 janvier. Et ça, ça fait chier. C’est frustrant de se prendre vraiment à l’avance pour créer quelque chose de réfléchi et plutôt bien calculé et de perdre du public, car nous allons perdre du public à cause de ces deux concerts, pour une question de dix, quinze jours. Donc communication lancée sur internet.

Les affiches ont mis un peu de temps à être commandées elles aussi car Praetorian ne possède malheureusement pas de carte bancaire avec son association ce qui n’est pas pratique pour payer en ligne. De plus, la personne qui gérait les affiches avait pris quelques jours pour les fêtes avec sa famille, et n’avait pas pris de RIB, donc Paypal attendra aussi. En s’en tenant aux délais du site, nous devions recevoir les affiches (cent, je précise) vers le 10ou 11 janvier. Réception effectuée le 14… Concernant les flyers, le délai de livraison du plan de base n’étant plus bon du tout, je décide donc de passer par un membre du groupe de Singkipoo, le réalisateur de notre clip. Cette personne travaille dans une imprimerie, me propose 2500 flyers pour 100 euros. Commandés le 6, reçus le 7. Quelque chose marche en ce bas monde merci.

Donc le 14 je récupère la moitié des affiches chez Praetorian, ils ont déjà 50% des flyers. D’un point de vue physique, nous répartissons comme suit : 30 affiches pour un de leur contact qui les affichera en public à Bordeaux centre et dont c’est le métier. Ensuite : les salles de répétitions, disons 5 affiches pour couvrir l’ensemble des salles, les restos universitaires, où mon bassiste Thibault se rend régulièrement, les magasins de musique, les ateliers de tatouages, des bars. Il faut maintenant afficher un maximum, pour être vu.

Et les flyers dans tout ça ? Sur Bordeaux, nous avons la chance d’avoir de nombreuses salles, et donc pas mal de concerts, notamment Red Fang, donc un public proche de Bukowski, qui se produira au Krakatoa ; capacité : 1200 personnes, on réserve 1000 flyers ici. Le 30 janvier, Gorod jouera avec Ad Patres au Bt59 ; capacité 500 personnes, 500 flyers. Il s’agit à côté de cela d’en laisser un peu partout où nous jugeons que cela pourra jouer en notre faveur.
Sur internet, l’évènement Facebook est créé, je ne cache pas que ces articles sur Radio Metal vont m’aider à faire la promotion de mon spectacle, mais il s’agit aussi d’agir sur les sites de concerts, locaux, voire nationaux, vraiment de faire parler de soi. On essaie de ratisser large et mon récent chômage me donne le temps de gérer un peu de cela.

Niveau gestion de la soirée les choses sont globalement en place. L’hôtel est réservé, le backline (c’est-à-dire la gestion des amplis, de la batterie) et les plages horaires sont programmés. Tout le monde est d’accord et je suis réellement satisfait de la bonne volonté de tout le monde à partager et faire en sorte que ce soit le plus simple possible. En interne, Eros est à bloc sur ce concert, avec setlist posée et déjà jouée à maintes reprises, et je pense qu’il en est de même pour Praetorian.

Les choses sont donc en cours, et ne s’arrêteront que le 31 à 16h quand nous seront pleinement dans l’évènement. D’ici là, il faut se donner et je mets la pression à chacun pour que ça marche, car ça va marcher !

PS : Par le biais de ces articles, je peux paraître critique envers certaines personnes. Qu’il soit bien clair qu’ici je transmets juste mon ressenti, les choses telles que je les perçois, et que mes propos traduisent surtout mon incapacité à ces instants à faire avancer les choses comme je le souhaiterais. Je ne suis pas ici pour émettre le moindre jugement, car je n’appartiens pas au milieu de l’organisation, et n’en connais que très peu de règles, mais seulement pour partager une expérience. »

Lire l’épisode 3.



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