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Potin   

Cinq doigts de capitalisme : n’est-ce pas un peu réducteur ?


Quoi que l’on puisse penser du capitalisme, c’est un fait : il est bien vu d’en dire du mal, voire de s’ériger totalement contre ce concept, tel un Robin des Bois des temps modernes en manque de contenance.

Le capitalisme est devenu un terme extrêmement populaire, qui a même été vulgarisé avec le temps pour prendre pour signification de « tout faire pour maximiser sa richesse ». Or, « Le capitalisme peut être défini par ses deux caractéristiques principales : d’une part, la propriété privée des moyens de production ; d’autre part, une dynamique fondée sur l’accumulation du capital productif elle-même guidée par la recherche du profit. » (source : Encyclopédie en ligne Universalis). En d’autres termes, le capitalisme repose sur l’utilisation, l’investissement d’un capital pour un usage futur, tel que le stockage ou la conversion, avec plus ou moins de travail, en un bien. Le capitalisme est, pour faire simple, un mécanisme économique qui, comme tout mécanisme économique a ses dérives. La dérive de celui-ci étant en l’occurrence l’idée du développement égoïste de la richesse de l’investisseur. Dérive incontestable mais qui a fini, par effet de vulgarisation, par se substituer dans l’inconscient collectif à la définition du capitalisme, conduisant à des débats stériles de surface où les détracteurs des capitalistes les décrivent comme des porcs s’engraissant sur le dos des pauvres. Et à l’inverse, leurs défenseurs voyant les autres comme des oisifs.

Dans une interview accordée à Scene Magasine, le guitariste Jason Hook de Five Finger Death Punch a contribué à alimenter ce débat de surface avec l’explication suivante quant au titre du dernier album American Capitalist.

« Nous aimons la mentalité capitaliste. On essaie tous de capitaliser sur une idée. Certaines idées sont meilleures que d’autres. Je pense que c’est une bonne chose. Les gens ne tombent pas dans le cercle vertueux du succès par hasard. Cela vient de la motivation, de l’intelligence et de beaucoup de travail. Ce sont ces personnes qui m’inspirent. Je ne suis pas touché par le gars qui est assis sur le trottoir avec un panneau disant ‘Je me fais avoir’. Je viens du Canada, je me suis bougé le cul pour apprendre, évoluer, j’ai pris des risques et saisi des opportunités. Appeler notre album American Capitalist signifie donc que nous sommes des personnalités de ‘type A’ et que cela devrait inspirer. »

Hook applique justement l’idée de capitalisme à l’univers de la musique. Tous les compositeurs ne le sont-ils pas d’ailleurs ? Détenteur d’une matière grise artistique, il a investi par le travail sur son instrument, l’écriture de chansons, l’investissement dans une production et une promotion pour augmenter la valeur artistique, mais aussi marchande de cette initiale matière grise.

Ainsi, tout n’est pas à jeter dans ce discours dans la mesure où il est toujours bon de promouvoir l’investissement, la créativité et la prise de risque, de casser les idéaux de ceux qui veulent la célébrité pour la célébrité ou de ceux qui veulent « être une star » et où l’idée de dédiaboliser le capitalisme en rappelant qu’il crée une richesse et fait vivre des gens, a le mérite d’être courageuse et respectable. Mais n’est-il pas un peu réducteur de considérer qu’elle est la seule idéologie prônant le travail, par opposition aux autres qui prôneraient l’oisiveté et le partage, comme le laisse penser cette analogie au sans-abri qui serait donc le seul responsable de sa situation ?



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  • L’idée du capitalisme est de créé une concurrence, de sorte de booster la croissance technologique, et donc économique du pays. C’est un système qui est très bénéfique pour la croissance économique du pays. Mais la compétitivités et la concurrence implique forcement des gagnants, mais aussi des perdants. Se système implique donc forcément des inégalité.
    L’égalité et la fraternité n’est elle pas une devise française?
    Enfin bon, voilà m’on point de vu et il n’implique que moi.
    Bonne écoute a tous sur RM.

    [Reply]

    Manu

    En fait, la croissance est typiquement un artefact du capitalisme. La croissance ne bénéficie donc pas du capitalisme, elle n’en est qu’une conséquence logique. Le jour où on dira que les peuples n’ont pas besoin de croissance pour éliminer la pauvreté mais d’une meilleure répartition des richesses, là on partira sur des bases saines. Vous avez entièrement raison : « Ce système implique donc forcément des inégalité. »

  • Personnellement, je ne trouve pas l’idéologie capitaliste transcendante. C’est surtout un système qui tend à tout rationaliser, monétiser, au mépris bien souvent des valeurs humaines. Productivité, concurrence, compétitivité, c’est dans son aboutissement le plus pur la guerre de tous contre tous. Ce n’est pas le plus mauvais système qui soit en regard d’autres mais il favorise à mon avis plus l’uniformisation des tendances que la créativité, et a pour gros inconvénient de dissoudre tout lien social. Je trouve dans l’idéal l’anarchisme bien plus séduisant : en réduisant le temps de travail pour se concentrer sur les besoins essentiels, et en mettant l’accent sur l’éducation, on donne à chacun les moyens d’exprimer son véritable potentiel, de mener la barque de sa vie. Ce qui, et ça n’engage que moi, me semble bien plus gratifiant que l’idée d’une méritocratie viciée qui ne promet qu’une petite élite.

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  • Knoxparano dit :

    Certaines idées sont meilleures que d’autres certes. Mais si la qualité et le potentiel créatif des artistes étaient vraiment proportionnels à leurs succès, ça se saurait.
    Et ça ne s’applique pas qu’a la musique : Le cinéma en est un autre exemple. Un blockbuster à l’histoire insipide mais bourré d’explosions dégagera plus de profits qu’un film d’auteur, tout comme une bimbo à la voix trafiquée vendra des millions d’albums aux dépens d’une jeune formation ambassadrice d’un genre nouveau et original.
    A bien des égards, le hasard paye plus que le travail ou la passion quand il s’agit des générer des profits à l’intérieur d’un cercle dit « artistique ». Cercle dont il est d’ailleurs difficile d’établir les limites.

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    denver

    Il y a aussi des blockbuster super cool (pas beaucoup), des film d’auteur tout pourri la grande majorité en fait).
    Mais bon, le mieux reste les série B foutraque de genre.
    Sinon assez d’accord avec l’idée

  • Etiennegrim dit :

    Je vous déconseille réellement de faire de la politique ici… ça peut vraiment mal tourner… Même si vous effleurez simplement le sujet du capitalisme, ça peut dégénérer.

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  • les détracteurs du capitalisme sont pas tous des abrutis victime d’un « effets de mode ».
    Sinon effectivement, le mec à la mentalité d’un vrai mec de droite

    http://www.youtube.com/watch?v=oyhPAiWl_KU

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