ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

En Tournée Avec   

CLAP DE FIN PARISIEN POUR DELAIN




Le Stand Merchandising, en attente d’être dévalisé

Depuis 2004, année à laquelle j’ai commencé à écumer les salles parisiennes, une question me hante : pourquoi faut-il toujours que les concerts auxquels je me rends se tiennent dans des salles ne proposant pas de vestiaire à une période de l’année (d’octobre à avril, généralement) où tout individu normalement constitué doit s’emmitoufler dans un manteau épais sous peine de pneumonie ? Qui n’a jamais pénétré dans l’enceinte du Zénith ou de l’Elysée Montmartre, vêtu d’une grosse veste et d’une écharpe, en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire de ces encombrants accessoires une fois dans la fosse ?

Voilà le genre de réflexions auquel je me livre en ce matin du 8 octobre. Car qui dit concert de Delain dit foule impatiente massée devant les portes dès potron-minet : je ne peux alors m’empêcher de penser (sans ironie aucune) à ceux qui risquent de passer leur journée sous la pluie. Heureusement, Dame Nature a décidé de se montrer clémente et c’est un temps clair et sec qui m’accueille à la sortie de la station de métro Anvers.

[/urlb]


Le buffet !

Le groupe est manifestement là depuis peu et s’est réuni devant les portes de l’Elysée Montmartre pour une cigarette et un brin de causette. Julien et Laetitia, mes contacts chez K Productions, n’ayant pas encore fait leur apparition (il faut bien rentrer de Strasbourg), je me présente timidement aux responsables français déjà présents. Quelques minutes d’attente et un coup de fil de confirmation de Julien plus tard, je suis introduite auprès de Rik, tour manager de Delain : « Radio Metal ? Donc tu es là pour faire comme Philippe ? » me demande-t-il. Rik, mon ami, si tu souhaites que nous partions sur de bonnes bases, les comparaisons avec Metal’O Phil sont à abolir – à bon entendeur [b] note de Metal’o Phil : Zut, Saff, Zut J[/b] ! Trop polie (et intimidée) pour oser les blagues vaseuses, cependant, je me contente d’acquiescer. « Bienvenue ! Fais comme chez toi, tu peux te balader partout et même profiter du buffet ! ». Malheureusement, comme on s’empresse de me le signaler : « partout » exclut les coulisses. Pas de regrets cependant, les trois groupes préférant se retrouver dans la salle elle-même plutôt qu’en backstage pour tuer le temps.


Rik et le groupe sont au turbin !

La scène disparaît sous les câbles, les cassettes contenant les instruments et le matériel des roadies. Charlotte (chant) et Ronald (guitare), assis devant la console de l’ingénieur du son, observent le travail de l’équipe technique en discutant. Charlotte semble bien remise de la maladie qui l’a empêché d’assurer les concerts de Marseille et Barcelone et trouve même le moyen de plaisanter : « Comme tu le vois, on bosse dur ! C’est ça, être musicien ! ». Blague à part, il est très impressionnant de voir les roadies et les techniciens s’activer pour donner à la scène l’apparence qu’elle aura pour le concert. Un travail de l’ombre jamais assez signalé…


Derniers préparatifs pour Charlotte

C’est le moment que choisit Julien, responsable de K Productions et tourneur de Delain en France, pour faire son entrée. En très bons termes avec le groupe, l’homme se préoccupe énormément de la santé de Charlotte : « On annule toutes les interviews, il ne faudrait pas que Charlotte réponde à des questions tout l’après-midi et soit incapable de chanter ce soir. On annule aussi la session acoustique. Il faut finir sur un bon concert. ». Une déception pour les journalistes sans doute, mais une bonne chose pour les fans.

[/urlb]

Il est un peu plus de midi lorsque les membres de Whyzdom se mêlent de la partie. Emmitouflée dans une doudoune plus large qu’elle, Telya (chant) a le regard d’une petite fille qui s’apprête à ouvrir le cadeau sur dimensionné qu’elle a trouvé au pied du sapin : « Quand j’étais au cours Florent, on faisait nos fêtes de fin d’année ici. Depuis, je rêve d’y donner un concert ». Il faut dire qu’il a de la gueule, l’Elysée Montmartre, avec ses moulures au plafond (l’endroit a tout de même deux siècles…) et sa scène aux dimensions plus qu’honnêtes ! Entre ça et la Scène Bastille, il y a de quoi être impressionné, n’est-ce pas, Telya ? « Oui, et en plus, il paraît que c’est complet ! »

Il paraît, oui : selon les dires de Rik et des responsables de la salle, ce soir, l’Elysée Montmartre est pratiquement sold-out – en configuration minimale, certes, mais ça représente toute de même 550 personnes, soit 200 de plus qu’à la Scène Bastille ! Voilà qui n’augure que du bon pour l’avenir du groupe en France.

Tandis que Telya et ses acolytes partent découvrir les coulisses et que la scène continue de se monter, je croise un visage connu : Olivia, éminent membre de la communauté Delain en France, reconnaissable à son T-shirt aux couleurs du site officiel. Uh oh. Je sens que je vais en prendre pour mon grade – surtout que la demoiselle est armée d’un appareil photo plus gros qu’elle, et qu’il ne lui serait sans doute pas difficile de s’en servir. Sauf que non : « Je sais que l’on s’est déjà croisées, mais je ne sais plus où… ». « Le report du concert à la Scène Bastille, celui qui a fait couler tellement d’encre (virtuelle), ça te dit quelque chose ?  » Sourire de l’intéressée. « Ah. OK. ». Cela, chers lecteurs, s’appelle désamorcer une bombe en finesse, sans en avoir l’air.

Olivia la démineuse est là pour faire des photos et représenter fièrement le forum français. Il est d’ailleurs hallucinant de la voir échanger bises et plaisanteries avec Rik et les membres du groupe, avec qui elle semble être à tu et à toi. On commence à comprendre l’habitude qu’a prise le groupe de finir ses tournées dans la capitale : résister à tant de dévouement de la part des fans doit être impossible !

À l’invitation de Telya, je rejoins la table où Marc (claviers), Xavier (basse) et elle cassent la croûte. Alors, cette tournée avec Delain ? « Super », répond Marc. « On a reçu un très bon accueil, sauf à Lyon, où le public était un peu plus difficile à chauffer » De là à dire que nos amis lyonnais sont blasés… « Mais ce soir, on sait que les fans seront bien présents ». Et à propos de Barcelone, où Telya a pris le micro à la place d’une Charlotte aphone ? « Oh, j’ai fait du yaourt ! À force d’entendre les chansons, on finit par les connaître un peu. On n’avait pas répété, mais ça s’est bien passé ».


La veille, au téléphone, Laetitia m’avait prévenue : les membres de Delain ne laissent personne assister à leurs balances. Pas contrariante, je quitte donc la salle histoire d’aller prendre un bol d’air (c’est qu’il fait chaud, là-dedans…). Au retour, je croise Vynce, guitariste de Whyzdom, qui patiente dans le hall. Difficile de faire plus sympathique et chaleureux que cet homme-là : à peine me suis-je présentée qu’il commence à évoquer la tournée, Delain et… les aléas de la vie sur la route. « Là, on attend. On passe beaucoup de temps à attendre, en tournée. C’est l’un des aspects négatifs de ce boulot. Avec un peu de chance, ils auront fini les balances vers 16 heures, et on pourra passer après ». Vynce ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse des membres de Delain : « Ils sont super sympas. Quand j’ai appris que le concert de ce soir était complet, j’ai félicité Martijn et il a répondu : ‘On a fait ça ensemble.’ Ils n’ont pas la grosse tête, c’est clair ! ».


Xavier (Whyzdom) aux balances

La chance est finalement au rendez-vous : les balances de Delain sont rapidement bouclées, et c’est au tour de Whyzdom de monter sur scène pour le soundcheck. Les musiciens ont à peine le temps de brancher leurs instruments que le groupe s’enrichit de six nouveaux membres : les choristes. Whyzdom a vraiment mis les petits plats dans les grands ! C’est donc parti pour près d’une heure de balances, et même si le groupe se contente de répéter en boucle les premières notes de « The Train », je comprends bien vite que le concert de ce soir sera placé sous le signe de l’épique.

L’affiche de ce soir s’enorgueillit de trois groupes. En toute honnêteté, je ne pensais pas que The Outburst aurait droit à sa session de balances. Et pourtant : il est 17h30 quand les membres du groupe, arrivés fort discrètement au milieu de la journée, montent sur scène à leur tour pour procéder aux réglages. Par curiosité, je reste sagement assise près de la console de mixage pour me faire une idée du style de musique proposé par ce groupe inconnu au bataillon. Première constatation : ça envoie du lourd, les amis ! Pour le reste, reportez-vous au live report proprement dit, bien sûr.

Il est maintenant 18 heures. La scène est rangée et prête à accueillir les artistes, le stand de merchandising est paré pour l’assaut, les groupes se sont isolés en coulisses pour se préparer… Il ne manque que les fans, massés devant les portes, impatients de se voir autoriser l’entrée – parce que c’est Delain, et parce que les cieux ont finalement décidé de s’ouvrir, noyant le public fidèle sous des trombes d’eau.

L’organisation aura décidément été irréprochable jusqu’au bout, et le concert démarre donc à 18h30 sonnantes.

Live Report

Artistes : Delain[/urlb] – WhyzdomThe Outburst[/urlb]
Salle : Elysée Montmartre
Date : 08-10-2009
Public : 550 personnes


The Outburst

Le concert débute avec le set de The Outburst, groupe parisien prônant « la recherche du plaisir avant tout ». On ne l’aurait pas entendu, on ne l’aurait pas cru – et pourtant, « l’hédo metal », ça existe ! Le groupe a une réputation à tenir, et c’est donc avec une banane effarante que les cinq musiciens font leur entrée sur scène, pour une petite demi-heure de show. Et ils sont bons, les bougres : sous l’hellénisme barbare de « hédo metal » se cache en réalité du bon gros heavy aux accents thrash/death qui fait du bien aux cervicales. Les petites touches arabisantes dont sont parsemés les différents titres peuvent surprendre, voire déconcerter au début mais au final, le mélange est plus que sympathique.

Caractéristique principale de ce groupe hors normes : une chanteuse sidérante, Sarah de son prénom, mélange improbable et diablement efficace entre Doro, Angela Gossow et Shakira. La demoiselle a un sacré coffre et passe d’un chant clair puissant aux grunts avec une facilité déconcertante. Et comme pour souligner le caractère unique et étonnant de son groupe, elle assaisonne sa prestation de démonstrations de danse du ventre pas piquées des hannetons et étonnamment bien adaptées à la musique.


Sarah, entre Doro, Angela Gossow et Shakira !

La présence de The Outburst à un concert de Delain est presque aussi incongrue que celle de Cannibal Corpse en première partie de Children Of Bodom, mais la sauce prend. Il faut dire que les interventions du guitariste Sky au micro et la bonne humeur générale dégagée par les musiciens ne laissent pas indifférent. Mention spéciale, au passage, au tout nouveau bassiste du combo, qui a joué son rôle avec brio et une bonne dose d’énergie.

Une prestation surprenante par bien des aspects, et qui ne se laissera pas oublier de si tôt.

Setlist

Hangover
Try
Screened God
My Girl
For One Of Us
Dance For Me


Telya (Whyzdom)

Forts d’un EP désormais collector puisque épuisé (probablement la meilleure marque de confiance qui soit) et d’un premier album sorti à peine trois semaines plus tôt, les franciliens de Whyzdom sont accueillis sur scène par des applaudissements nourris. En effet, une bonne partie du public présent ce soir est à peu près aussi impatiente d’assister au show du « petit groupe qui monte » qu’à celui de Delain.

Le premier album mentionné plus haut est un petit bijou de metal symphonique alternant chansons épiques, titres « prends-ça-dans-ta-face » et ballades. Restait à savoir si tout cela allait passer le cap de la scène. Réponse dès les premières notes de « Everlasting Child » : oh que oui ! Non contente d’être très en voix, Telya est manifestement ravie d’être là. Tout au long du set, elle gratifiera le public de headbangs et de démonstrations de kick-boxing endiablées, et ira même jusqu’à entamer un titre allongée sur scène (on vous met au défi de faire aussi bien dans une telle position). Ses comparses, à commencer Vynce, particulièrement à son aise dans le rôle du guitariste/chanteur, ne sont pas en reste. Ô miracle, la voix de Vynce est pour une fois parfaitement audible, ce qui n’était pas le cas lors du concert à la Scène Bastille (même constat sur l‘album, dommage).


Salut les filles !

Les quatre titres de l’EP sont bien sûr interprétés et la présence des choristes leur confère une force toute particulière. A ce sujet, félicitons d’ailleurs lesdits choristes (cinq femmes et un homme), qui ont merveilleusement tiré leur épingle du jeu. « Atlantis » est annoncée par Vynce comme la chanson retenue par leur maison de disques pour représenter le groupe et servir de single. On les comprend, chez Ascendance Records : entre composition recherchée et puissance de la musique, le titre est une illustration parfaite de ce dont Whyzdom est capable.

Le set se conclut sur l’incontournable « Daughter Of The Night » (oh, ces ch?urs, ces ch?urs !), et le groupe reçoit ce qui aurait été une standing ovation si le public avait été assis au départ. Telya finit par fondre en larmes, les musiciens sont heureux et ravis, et Whyzdom a définitivement acquis un statut particulier aux yeux de tous. A quand la tournée en tête d’affiche ?!

Setlist :

Everlasting Child
The Witness
The Train
Atlantis
On The Wings Of Time
Daughter Of The Night


L’Elysee Montmartre, une salle trop grande pour Delain ?

Est-ce la fatigue accumulée au cours de la journée ? La fièvre qui me poursuit depuis deux jours ? Une vague impression de déjà-vu, la dernière date ne remontant après tout qu’au mois d’avril ? Toujours est-il que, dès les premières notes du set de Delain, quelque chose nous tracasse…

Côté musiciens, rien à redire : Ronald, à la guitare, assure toujours le spectacle à coup de cheveux qui bougent et d’interventions sympas, Martijn, derrière ses claviers, semble toujours aussi inspiré par la musique, Rob (basse) parcourt la scène en long et en large, et Sander, forcément moins présent de par son rôle de batteur, assure malgré tout comme un chef. Charlotte, quant à elle, apparaît pimpante et souriante, et ses parties vocales sont irréprochables (comme d’habitude, pourrait-on dire !). Une fois de plus, le groupe dégage une vraie énergie et une bonne humeur contagieuse. Une fois de plus, la tournée s’achève à Paris, et une fois de plus, tout le monde en est ravi.


Charlotte Wessels

Seulement voilà, l’Elysée Montmartre, c’est grand. Très grand, même, quand on a pris l’habitude des concerts à la Boule Noire et à la Scène Bastille. Grand, donc, et beaucoup plus impersonnel. Charlotte et ses « bandmates » ne semblent pas vraiment s’en inquiéter, mais ce set sur la grande scène de l’Elysée Montmartre, aussi impeccable soit-il, semble manquer de chaleur. On notera quand même une vraie communion, un vrai contact entre le groupe et ses fans.

Ce sentiment de déception est accentué par une set-list quasi-identique à celle du mois d’avril. Il est certes difficile de se renouveler à chaque concert lorsque l’on a « que » deux albums à son actif, mais tout de même… L’exception notable concernant la set-list, c’est cette reprise (presque) acoustique du « Cordell » des Cranberries, une chanson que le groupe s’approprie avec brio. Charlotte montre là toute l’étendue de son talent : si quelqu’un en doutait encore, la demoiselle a une voix, et puissante, avec ça.

En toute honnêteté, ce n’est pas comme si les points positifs manquaient : les vidéos diffusées par les écrans disposés de chaque côté de la scène sont toujours très appréciées, Charlotte et Ronald communiquent beaucoup avec le public, et la sincérité et la bonne humeur semblent coller à la peau de ces Néerlandais-là. Et puis, côté set-list, on retrouve tout de même quelques bombes, à commencer par « The Gathering », qui, décidément, ferait sautiller même le plus fervent opposant du metal à chanteuse.


Ronald Landa (guitare/chant)

Le « problème » vient forcément d’autre chose. L’Elysée Montmartre est sans conteste l’une des plus belles salles de spectacle de Paris, mais elle ne se prête pas, à mon sens, à un concert de Delain. Trop froid. Trop impersonnel. Évidemment, jouer à l’Elysée Montmartre est un signe de succès, et on ne peut que souhaiter que le groupe continue sur sa lancée. Mais l’ambiance des petites salles et la complicité du groupe et de son public nous manqueront.

Setlist

Invidia
Stay Forever
Sever
Go Away
The Gathering
Cordell (The Cranberries cover)
Deep Frozen
Shattered
Nothing Left
Virtue And Vice
Silhouette Of A Dancer
A Day For Ghosts
April Rain
Pristine

PS : Retrouvez également ici notre reportage  »En tournée avec Delain (6 & 7 octobre 2009) ».

[/urlb]


Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Greta Van Fleet + Vola @ Paris
    Slider
  • 1/3