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Blow Up Your Video   

Clips To See : cuvée avril 2016


videoVoilà, c’est le dernier weekend du mois et comme vous êtes des petits fous-fous, vous avez déjà fait tous les trucs de dingos que vous aviez projetés de réaliser chaque weekend depuis le 1er jour d’avril, comme remonter les chutes du Niagara à la nage ou plier vos chaussettes. Conséquence de cela : vous êtes très fatigués, pire : désœuvrés. Voire sans le sou (c’est pas donné un aller-retour transatlantique) ! Donc vous vous retrouvez à fixer votre écran d’ordinateur à vous demander que faire et si vous n’avez pas manqué, mis certaines choses de côté au cours du mois qu’il vous faudrait voir avant de partir pour une nouvelle mensualité de fiévreuse activité.

Ne cherchez pas plus loin ! Cet article a vocation à mettre devant vos yeux friands d’images les clips qu’il fallait voir au cours du mois passé. Pas tous les clips sortis mais bien ceux qui méritent particulièrement d’être vus, ne serait-ce que pour l’effort et la créativité fournis pour ne pas être qu’une vidéo qui perdra en trente secondes attention et intérêt à vos regards. Ainsi sont mis de côté la masse de clips qui ne sont que montages d’images live (et puis c’est triste des concerts où vous n’étiez pas) ou de plans sur les musiciens filmés sous toutes les coutures dans un entrepôt, une cave, dans leur salle de répèt’ (rayez la mention inutile) et qui finiront comme source de fond sonore pendant que vous naviguerez parmi vos autres onglets ouverts. Rien à voir avec une quelconque volonté de dénigrer le travail sur ces derniers dont le but n’est jamais que de valoriser la musique d’artistes qui n’ont pas toujours les moyens de s’offrir toute une dramaturgie alors qu’ils n’ont besoin que de continuer à faire vivre leurs créations par d’autres médiums que le disque. Il s’agit surtout de mettre en lumière une démarche artistique totale et d’encourager l’approche d’artistes dont le style musical n’a pas spécifiquement votre préférence mais qui pourront obtenir grâce à vos yeux par le plaisir esthétique apporté.

Bon visionnage !

Mass Hysteria – L’Enfer Des Dieux (album Matière Noire, clip réalisé par Nicolas Leroy et Manuel Garo)

Disons le tout de suite : les Français ont une place de choix dans cette sélection du mois. A commencer par l’auteur de l’un des meilleurs albums de metal français de 2015 : Mass Hysteria, qui illustre son titre « L’Enfer des Dieux » avec une vidéo animée en noir et blanc. Outre la reprise du code couleur (ou d’absence de couleurs) de la pochette de l’album, on notera surtout le choix de l’animation. Car le plus souvent, du dessin animé pour un clip de metal, c’est soit tellement dénué de budget que ça finit par ressembler à un travail de gamin de douze ans qui a appris à dessiner avec Paint ou des animations d’artworks saccadées où les 25 images par secondes ne semblent même pas dans le cahier des charges. Et Mass évite avec classe de tomber là-dedans. Grâce aux réalisateurs Nicolas Leroy et Manuel Garo, on obtient une animation fluide, riche en détails et symboles, qui fait honneur à la musique du groupe et à son discours à charge contre l’endoctrinement des âmes.

Gojira – Stranded (album Magma, clip réalisé par Vincent Caldoni)

Et voici l’album de metal français le plus attendu de 2016. Si cette vidéo était à voir ce mois-ci, c’était justement pour ne pas passer à côté de la révélation du tout nouveau titre du « fer de lance national ». Vous n’avez jamais été piqué par celui-ci jusque-là ? Gojira vous donne tout de même une raison de vous y arrêter, au moins pour voir. Si le morceau s’intitule bien « Stranded », le Magma, lui, est bien là en puissance. Matière liquide, épaisse et vivante, brûlante qui fluctue sous la surface, sous la coquille, et quand il jaillit, redessine le visage du monde quand il ne le consume pas complètement. La magie tellurique est déjà invoquée par les Basques dans ce clip en attendant de savoir si Magma va à tous vous faire un sort.

Atlantis Chronicles – Upwelling Part. 1 (album Barton’s Odyssey, clip réalisé par Flavien Stirnemann)

On avait dit « pas les clips tournés dans des hangars ». Oui, mais que dire d’un groupe de metal français sans forcément les moyens à la portée des deux du dessus qui se pose dans un local avec murs de LED et toute une structure servant de support aux musiciens eux-mêmes mais aussi à du mapping vidéo pour afficher en temps réel et synchronisé avec la musique un décor animé en réalité spatiale augmentée ? Atlantis Chronicles défonce en quelques minutes tous les clips sur fond vert moche dans un clip techniquement bluffant, à fare se décrocher quelques mâchoires.

Behemoth – Ben Sahar (album The Satanist, clip réalisé par Sturla Viðar, Dariusz Szermanowicz et Adam ‘Nergal’ Darski )

C’est beau le noir et blanc. Enfin, maintenant. Avant, c’était juste une contrainte technique puis économique que de tout photographier, filmer dans ces seules nuances. Le temps et le progrès avançant, c’est devenu un choix artistique. Alors, forcément, tout a donc l’air plus artistique, plus beau en noir et blanc. Mais encore faudrait-il que cela ait du sens de le faire, autrement que pour l’esbroufe, pour créer l’illusion de la démarche créative et du beau. Pour son clip « Ben Sahar », Behemoth ne vise pas le beau mais le sublime. Pas le sublime pour lui-même mais pour tout le reste en fait. Et il faut donc saluer le travail du directeur de la photographie Ólafur Kiljan pour avoir ainsi transcender la force minérale des décors et même celle des sujets qui s’y déploient, statues vivantes de calcaire ou de basalte volcanique. Au milieu, Nergal en pèlerinage, héros d’un périple dont le sens demeurera occulte mais qui sert en bonne partie à valoriser le théâtre naturel qu’il arpente.

Baroness – Shock Me (album Purple, clip réalisé par Don Tyler et John Baizley )

Indubitablement, l’une des forces de Baroness, ce sont ses pochettes conçues par son leader : John Baizley. Un univers pictural influencé par l’Art Nouveau et les affiches psychédéliques des années 60, univers déjà culte. Des artworks qui s’explorent en écoutant les disques du groupe et auxquels il ne manque qu’un peu d’animation. Et c’est l’idée de ce nouveau clip : donner vie à certains éléments de l’univers iconographique des artworks de Baizley. Ainsi retrouve-t-on la couleur violette en diverses occasions mais aussi fleurs, oiseaux, abeilles et la nudité des sujets de la pochette de l’album Pourpre. Pour le reste, c’est une atmosphère de mystère, un sentiment d’étrangeté permanente, comme un autre monde qui vivrait dans ce théâtre abandonné dont les dernières habitantes seraient deux muses oubliées qui ne seraient plus là que pour s’inspirer, s’admirer l’une l’autre et ne plus provoquer de création que pour elles-mêmes, au risque de se lasser.

Surgical Meth Machine – I’m Invisible (album Surgical Meth Machine, clip réalisé par Chris Roth)

Al Jourgensen est assurément l’homme de tous les excès, de tous les extrêmes. Et le leader de Ministry le démontre encore parfaitement avec le premier album de son nouveau groupe, Surgical Meth Machine, qui passe de la plus grande décharge de haine (pour ses « fans » sur Facebook comme pour ses « confrères » du monde du rock et du metal) à la plus grande descente de drogue. En témoigne sur ce dernier point, le clip de la chanson « I’m Invisible », trip vidéo qui n’est pas sans rappeler certains des instants hallucinatoires du film Fear And Loathing In Las Vegas. Et comme, à force d’excès, on tombe souvent dans la caricature, Jourgensen se charge tout seul de se moquer de lui-même. Car si tout ce qu’il a pu s’enfiler dans le cornet pour cet album ne l’a pas tué, ce n’est pas un peu de ridicule (et une grosse couche de rose bonbon) qui vont le tuer…

Kvelertak – 1985 (album Nattesferd, clip réalisé par Fredrik S. Hana)

Voilà encore un album très attendu cette année : le chapitre trois de Kvelertak entérinera-t-il son statut de valeur forte du metal des années 2010 ? En attendant de le savoir, retour vers les années 80 avec le titre « 1985 », premier extrait du nouvel opus Nattesferd, et le clip qui l’accompagne et où tout commence par la fin : la fin d’une existence brisée dans une société compartimentée pour un retour à la vie sauvage. Ou quand Orange Mécanique rencontre Fight Club dans un buddy-movie punk et outrancier sur fond d’esprit de clan viking. Si Kvelertak, au niveau musical, semble ici avoir laissé son côté le plus extrême au vestiaire (sans blague, il n’y aurait pas un peu de Boston dans les influences de ce morceau ?), il ne renonce nullement à une certaine brutalité dans son propos sur le volet de l’image.

Mantar – Cross The Cross (album Ode To The Flame, clip réalisé par Dave Barbaree)

Imaginez. Vous sortez de chez vous et vous trouvez qui sur le palier ? La Mort. Soi-même. Avec la faux, la capuche, du noir jusqu’au bout des pompes (oui, la Mort n’aime guère sentir le macadam directement sous ses métatarses). Vous faites quoi ? Sceptique, vous ne vous vous laissez pas démonter par le fantastique de la situation, mais comme ce n’est ni Halloween, ni Mardi Gras, vous n’en déduisez pas nécessairement que c’est votre pote Maurice déguisé ou n’importe quel guignol du quartier qui vous fait une blague. Mais, aussi cartésien que vous soyez, vous ne mettez pas de côté l’idée que Thanatos himself campe sur votre paillasson, pas question donc de lui rentrer dedans : un simple contact suffit, vous le savez, pour bouffer votre bulletin de naissance. Du coup, direction chez Maurice, l’Encapuchonnée sur vos talons, et qui vous trouvez ? Maurice et sa nouvelle copine manieuse de matériel agricole… La suite n’est pas forcément une blague (le côté noir et blanc de la situation n’a pas joué en faveur de l’accent comique) que nous vous laissons découvrir.

On n’allait quand même pas se quitter comme ça ! Huit clips pour occuper votre weekend alors que nous pourrions partir sur un nombre rond. Alors voici un peu de bonus et la mise en place d’une tradition pour accompagner ces Clips To See mensuels : une paire de clips piochés dans l’histoire de la vidéo metal (ou pas, soyons fous !) à voir ou à revoir avant de disparaître dans une nouvelle tentative d’affrontement avec la toute-puissance de la nature.

Et pour le coup, ce seront les turbulents hardcoreux Iron Reagan (avec du Municipal Waste dedans) et Danny Carey de Tool dans son side-project Volto (ça change de Puscifer en attendant un après 10,000 Days) qui seront sur la carte des desserts ce mois-ci.




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