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Chronique   

Coal Chamber – Rivals


Coal Chamber - Rivals« Ils vont entendre quelque chose de rafraîchissant », voilà comment Dez Fafara prévoit la réaction des auditeurs à l’écoute de Rivals, successeur de Dark Days (2002). Treize années ont passé, et il n’est pas aisé de comprendre pourquoi Dez cherche à raviver Coal Chamber parallèlement à son activité dans Devildriver. Le groupe de nu-metal s’était séparé au début des années 2000 dans des conditions assez exécrables et n’est réapparu qu’en 2011 pour des performances live. Son retour en studio est donc effectivement intriguant. Mais « rafraîchissant » ? N’exagérons rien.

Rivals est d’une certaine manière la « psychothérapie » de Dez Fafara selon ses dires. Ce dernier ne souhaite pas réinventer le groupe, seulement se faire plaisir en introduisant certains éléments qui légitimeraient le terme bateau de « maturité » et, encore une fois selon Fafara, en allant de l’avant. Effectivement, ceux qui se souviennent de la musique de Coal Chamber ne seront en rien dépaysés. Le riffage de Miguel « Meegs » Rascon est resté le même, s’adonnant à une recherche constante du groove ; la production est très propre et ne marque pas de différences flagrantes avec ce que le groupe avait délivré en 2002 : une identité metal « catchy », avec des éléments indus prépondérants. Et voilà. Malgré l’excitation qu’aurait pu susciter un fossé de 13 ans entre deux opus, Coal Chamber ne nous fait rien imaginer d’autre qu’un encéphalogramme plat. « I.O.U Nothing », le titre d’ouverture, donne un aperçu de ce qui suit : un couplet à base d’un riff simple lorsqu’il n’est pas simpliste, un refrain qui tente d’accrocher l’oreille et un pont apathique. Recette qu’il faut multiplier par treize, onze si on désire être précis et ne pas omettre les deux « transitions » fantômes que sont « Orion » et « Dumpster Dive ». Si l’on peut apprécier le côté « groovy », direct voire entraînant à certains moments (« Over My Head », « Another Nail In The Coffin »), la langueur finit par prendre le pas malgré certaines rares éclaircies qui rappellent les meilleurs aspects de Clawfinger.

L’intérêt ne survient réellement qu’à l’écoute du titre éponyme. Les sonorités malsaines ont le mérite de se démarquer de la masse informe qui l’environne. Le chant torturé de Dez Fafara a ici un véritable impact, le mot hurlé « Rivals » attrape l’oreille et parvient à faire sentir ce semblant de rage que l’on cherche désespérément. Pas même la participation d’Al Jourgensen de Ministry sur « Suffer In Silence » ne la laisse entrevoir autrement. Le véritable écueil de Coal Chamber est de ne pas mettre en valeur ce qu’il fait de mieux, ou pire, de le parodier. Le riff de fin de « Bad Blood Between Us » pourrait s’avérer percutant, s’il n’était pas entouré d’une rythmique mièvre manquant cruellement d’idée.

Rivals est un flot continu de riffs qui se ressemblent et de mélodies transparentes. Une succession de titres sans réel contenu, construits à partir de ficelles et clichés éculés du nu-metal (le chant à moitié gémie de Fafara sur « Bridges You Burn »). Certes, Coal Chamber a sa réputation et si l’objectif de Rivals pour les musiciens était avant tout de se retrouver et de pratiquer une musique qu’ils apprécient, l’initiative est louable. Mais l’opus n’est en rien « rafraîchissant ». Rivals de Coal Chamber est une ode à la monotonie.

Ecouter les chansons « I.O.U. Nothing », « Rivals » et « Suffer In Silence » :

Album Rivals, sortie le 22 mai 2015 chez Napalm Records.



Laisser un commentaire

  • Je trouve la critique un peu dure.

    Je ne prends pas les 13 années de silence comme ayant pu être utilisées à bonne escient pour de la maturité. C’est plutôt le contraire se reconstruire après tant de temps : rafraichir vu que de l’eau a coulé sous les ponts depuis ^^.

    Rivals offre du Coal Chamber sans dérive. C’est déjà bien, ils se sont pas perdus en route. Par contre rien d’innovant, ce sera peut-être le prochain?

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  • M’ouais, vous avez en rien compris la musique de Coal Chamber et les intentions de ce nouvel album..

    Connaissant Dez, le terme « rafraîchissant » est à prendre dans le sens que c’est le retour de Coal Chamber, et de ses racines du NU.

    Dire que c’est une ode à la monotonie c’est un peu un critique facile, et surtout du foutage de gueule.

    Ils sont à la recherche et se démarque par leurs riffs certe simpliste mais très efficace.

    Comme ode à la monotonie, on a Dagoba qui est pas mal dans le genre ! à part de la double pédale et les guitares qui joue sur la grosse corde pas grand interet !

    [Reply]

    FartAttack

    Entièrement d’accord avec toi ! Le dernier Dagoba m’a fait gerber tellement c’est du recyclé.

    Alors que la je bande !

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