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Interview   

Coheed And Cambria : Claudio Sanchez à la lumière du jour


Claudio Sanchez - Coheed And CambriaAprès près de quinze ans et sept albums à se cacher derrière la grande saga baptisée The Amory Wars – qui met notamment en scène le couple Coheed et Cambria Kilgannon -, tout droit sortie de son imaginaire, inspirée par sa passion pour la science-fiction et en particulier Star Wars, le chanteur-guitariste de Coheed And Cambria Claudio Sanchez revient aujourd’hui, en s’exposant pour la première fois à la lumière du jour, via The Color Before The Sun.

Un album qui rompt avec la tradition du groupe de proposer des albums conceptuels pour délivrer un récit beaucoup plus brut et intime. Dans l’entretien qui suit, Sanchez nous raconte comment un an et demi de sa vie marquée par les bouleversements ont pu mener à un tel changement dans les habitudes du groupe et ce qui l’a poussé à ainsi s’exposer, lui qui se dit avoir été autrefois reclus et timide.

Au bout du compte, qu’implique cette rupture pour le groupe ? Quelle conséquence pour la saga The Amory Wars que les fans prennent plaisir à suivre et décrypter ? Voilà certaines des questions qui trouvent des réponses dans les propos de Sanchez ci-après, et plus encore.

Coheed And Cambria 2015

« J’aime imaginer [que ma vie] est plus élaborée qu’elle ne l’est vraiment. […] J’aimerais que tout soit un peu plus complexe et bizarre. »

Radio Metal : The Color Before The Sun est votre premier album avec Coheed And Cambria qui ne soit pas conceptuel et basé sur l’histoire de The Amory Wars. Au lieu de ça, tu explores tes sentiments bruts, narrés depuis ta propre perspective. Pourquoi avoir cette fois voulu opérer ce changement et partir sur cette approche ?

Claudio Sanchez (chant-guitare) : Lorsque j’ai commencé à écrire cet album, je ne me rendais pas compte que j’étais en train d’écrire un album. C’était une situation étrange. Je vivais à Brooklyn, à New York, dans un petit appartement et je n’avais pas d’espace de travail confortable. Donc, le fait de vivre dans cet appartement et d’y travailler faisait que je me sentais exposé. Je savais, en composant la musique, que mes voisins m’entendraient, et j’ai l’impression que cette sensation d’exposition s’est répandue dans l’exécution des chansons. Lorsque j’ai fini de composer ce qui est ensuite devenu l’album, j’ai écouté et j’ai dit : « Ouais, ça ne sonne pas comme un album typique de Coheed And Cambria, la formule sort un peu du cadre. » Et pendant un moment j’ai commencé à envisager l’idée d’en faire un album solo. Tu vois, je pense toujours Coheed comme n’ayant aucune limite, que ce soit d’un point de vue artistique, que ce soit vis-à-vis des groupes avec lesquels nous partons en tournée et toutes ces choses. Et je me suis dit : « Pourquoi est-ce que ce devrait en être autrement avec le concept ? » Et c’est pourquoi je me suis dit que c’était le bon moment pour mettre le concept de côté, et laisser les chansons parler d’elles-mêmes. J’ai traversé une série de changements dans ma vie. L’impression de ne pas savoir qui j’étais lorsque j’écrivais la musique m’a donné un sentiment de perte d’identité, et ensuite, l’idée d’avoir un fils, l’attente de sa naissance et l’inévitabilité d’avoir à le quitter en raison de mes occupations s’y sont rependus. Le vandalisme de notre maison à la campagne, à ma femme et moi, dans le nord de l’état de New York s’y est répandu. Toutes ces choses, pour moi, ça voulait dire : si j’opère tous ces changements dans ma vie personnelle, alors pourquoi ne pas le faire aussi d’un point de vue artistique ? Et c’est un peu comme ça que je me suis retrouvé à mettre de côté le concept pour cet album.

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu as dit que tu ne savais pas si tu pourrais « concevoir quelque chose sans cet élément conceptuel fantastique. » Etait-ce un moyen pour toi de découvrir si tu étais capable de faire ça ?

Oui et non. Je veux dire que, encore une fois, lorsque je composais l’album, je ne le prenais pas vraiment pour un album de Coheed And Cambria. Il n’y avait donc pas cette idée de : « Comment j’aborde ça en tant qu’album de Coheed sans le concept ? » Cette question ne s’est jamais posée. Je me suis contenté d’écrire, et puis un jour, ça m’a paru logique de le donner à Coheed et laisser Coheed chapeauter cet album. Je ne me suis jamais vraiment posé cette question. En revanche, c’était difficile rien qu’en raison des circonstances dans lesquelles je me trouvais, en étant dans cet appartement. Je n’arrivais pas à déterminer qui j’étais. J’écrivais juste les chansons, comme étant des chansons sur la libération et les émotions que j’endurais au moment où elles se présentaient à moi. Donc ouais, comme je l’ai dit, ça n’a jamais été une question de savoir si je pouvais écrire un album non-conceptuel pour Coheed, ça ne s’est pas présenté [comme étant destiné au groupe] avant que l’album soit terminé.

Comme tu l’as dit, beaucoup de choses ont changé dans ta vie personnelle, et tu as eu un bébé l’année dernière. Est-ce que ça t’a poussé à réfléchir sur ta vie, ou peut-être la vie en général, et est-ce que, consciemment ou pas, ça a contribué à la direction de l’album ?

Absolument. C’est certain. Je veux dire que la naissance d’Atlas et la grossesse [de Chondra] ont vraiment mené à une réflexion que l’on retrouve vers la fin de la face A et au début de la face B. « Ghost » est une chanson où je me demande quel type de père je serais pour cette nouvelle personne : est-ce que je ferais écho au fantôme de mes parents, dans la mesure où ils m’ont beaucoup influencé ? Et puis la face B débute sur l’inévitabilité de devoir quitter mon fils. Je veux dire qu’en étant dans un groupe qui part sur les routes, je me retrouve la majeure partie de l’année loin de ma famille, et [je réfléchis] sur l’effet que ça aura sur lui et moi. Donc oui, le fait que je devienne père a un rôle important dans cet album. Je crois que lorsque ma femme m’a dit qu’elle était enceinte, mon amour pour elle s’est retrouvé dans la chanson « Here To Mars », car avant de me rendre compte que nous allions devenir parents, en étant dans cet appartement et ayant ce sentiment d’inconfort, comme de ne pas savoir si je faisais assez ou… C’est juste que j’avais une impression de perte d’identité, et je pense qu’en grande partie ça se retrouve dans « Island », où je chante à propos de cet appartement qui était trop petit et gênant, ce qui a amené à « Eraser », qui parle surtout du souhait de se débarrasser de la prison que je me suis créée, et d’essayer de trouver un moi plus libre et de me permettre de créer en dehors des confins de Coheed, sans le concept, sans ceci, sans cela. Et ensuite, « Colors » représente ce moment où j’ai aperçu ce moi, j’ai vu ce plus jeune moi d’avant le succès de Coheed. Un matin, je marchais autour de Prospect Park à Brooklyn, et le soleil se levait. J’ai eu cette révélation où je me suis dit que faire remonter le temps n’aiderait pas. Effacer le futur que je me suis construit n’amènerait guère de grand art. Il faut surmonter ces épreuves et passer à autre chose… Ça apporte un sentiment de réussite, et je crois que lorsque ma femme m’a dit qu’elle était enceinte, « Here To Mars » représentait une certaine clarté. J’étais là : « Ok, eh bien, elle est la personne qui fait que je suis qui je suis aujourd’hui, et sans elle, la question serait : que serais-je ? »

Après sept albums basés sur la saga The Amory Wars, penses-tu que ce soit une bonne chose de la laisser reposer pendant un moment et prendre du recul par rapport à elle, pour t’en détacher et pouvoir y revenir plus tard avec un regard neuf ?

Ouais, absolument ! Tu sais, j’adore les chansons conceptuelles, vraiment. Il est certain que je vais revenir à The Amory Wars. Je pense que, comme tu l’as dit, ça m’offre une perspective pour l’aborder d’une autre façon, ce qui n’aurait pas été possible si nous avions fait de cet album un album conceptuel. Donc ouais, je pense que c’est une bonne chose. Faire des pauses, peu importe pour quoi, c’est toujours bien. Ça permet de prendre du recul et c’est important. Donc, je suis d’accord.

Coheed And Cambria - The Color Before The Sun

« Je me suis rendu compte que mon chez-moi n’est pas un endroit. Il est toujours là, du moment que je suis avec les gens que j’aime. »

The Color Before The Sun montre en majorité votre côté le plus pop. En revenant d’un album ambitieux en deux parties, The Afterman, souhaitais-tu réaliser un album plus léger et lumineux et explorer le côté accrocheur de votre musique ?

Tu sais quoi ? Pas vraiment. Ce n’était pas voulu d’aborder cet album sous cet angle, c’est juste ce que j’ai composé en raison des circonstances. Donc ouais, voilà ce qu’est devenu ce que j’ai composé pendant cette période, et puis, comme je l’ai dit, j’ai donné l’album à Coheed parce que je me suis dit que, même si c’est un album différent et qu’il n’y a aucun concept, je ne devrais pas imposer de limite à Coheed parce que ça ne cadre pas avec notre formule. Mais ouais, ce n’était pas quelque chose de conscient de créer cet aspect plus pop. Je pense que j’ai commencé à construire des chansons très concises et directes, simplement parce que je me sentais très exposé dans cet appartement. Ca reflète vraiment les sentiments qui m’habitaient à ce moment-là.

L’illustration et le titre de l’album sont assez énigmatiques mais véhiculent aussi un aspect positif. Qu’est-ce qu’ils symbolisent ?

Ouais, The Color Before The Sun, le titre, et l’illustration renvoient à ma maison de campagne. Ma maison de campagne est un peu comme… Voilà le truc : ma femme et moi, nous avons tendance à beaucoup voyager, nous avons ce truc qu’elle aime appeler notre vie passagère, et je me suis rendu compte que mon chez-moi n’est pas un endroit. Il est toujours là, du moment que je suis avec les gens que j’aime. Ça n’a pas d’importance où je me trouve dans le monde ; du moment que je suis avec eux, je suis chez moi. Tu sais, notre maison de campagne a été vandalisée. Après avoir su que ma femme était enceinte, que nous allions avoir Atlas, nous avons pensé à retourner à la campagne, et lorsque nous avons décidé de faire ça, nous avons fini par découvrir que les gens à qui nous avions loué la maison l’avait vandalisée. Ils l’avaient quasi détruite. Nous avons dû passer par diverses difficultés avec notre assurance pour être certains d’être couverts. Mais c’était un peu effrayant, tu sais : nous voilà à anticiper notre parentalité et notre sentiment de sécurité était désormais quelque peu mis à mal. Nous ne savions pas quelle en serait l’issue. Mais au bout du compte, j’en suis venu à comprendre que, peu importe si oui ou non tout est détruit, ce n’est pas un problème, car du moment que je suis avec elle et mon fils, ça n’a pas d’importance, tout ira bien. C’est donc un peu de là qu’est venu l’album. Je crois aussi qu’il possède une connotation un peu surréaliste, à cause de cette maison et ces meubles démembrés dans l’inondation ; je pense que ça s’inscrit dans un côté bizarre et métaphorique.

Vos fans aiment déchiffrer et décoder l’histoire de The Amory Wars, afin de comprendre ce qui se passe dans ta vie. Même s’il s’agit d’une approche plus brute de tes sentiments, penses-tu que cet album pourra quand même leur offrir des choses à décoder ?

Absolument, il y a de quoi décoder, c’est certain. Mais je pense que c’est un peu moins énigmatique que certains des trucs de The Amory Wars. Ouais, les trucs de The Amory Wars viennent de choses très personnelles, mais cet album est vraiment un miroir de ce que j’ai traversé durant l’année et demie passée. Je pense donc que le code sera plus facile à déchiffrer. Lorsque j’ai créé The Amory Wars vers 98, c’est marrant parce que je suis venu ici à Paris et j’y ai passé un mois, et venant de Manhattan, c’est devenu un peu l’inspiration et l’ossature de cette idée de concept, car en tant qu’individu reclus et timide, j’avais vraiment du mal à écrire ma propre histoire, à voir la lumière du jour. Je me suis donc dit : « Pourquoi ne pas créer cette fiction derrière laquelle je pourrais me cacher ? Et je créerais toutes ces énigmes que les fans pourront déchiffrer, et ensuite je pourrais créer ces bandes dessinées qui aideront à raconter l’histoire de façon plus élaborée. » Mais ouais, tout ça est très crypté avec des messages et expériences réelles. Ils peuvent vraiment creuser ces choses. The Color Before The Sun est bien plus à découvert que ce que j’ai fait par le passé, et je pense qu’ils verront et entendront dans les paroles que c’est à prendre au pied de la lettre.

As-tu parfois le sentiment que ta vie est comme une grande histoire ou une saga ?

Je ne sais pas, peut-être que de façon romantique, j’aime imaginer qu’elle est plus élaborée qu’elle ne l’est vraiment. Tu vois ce que je veux dire ? Le fait de me projeter dans une sorte d’œuvre de science-fiction donne certainement l’impression qu’elle est plus extraordinaire et vaste, mais peut-être est-ce juste parce que c’est ce que j’aimerais qu’elle soit. J’aimerais que tout soit un peu plus complexe et bizarre. Mais, en dehors de cet album – parce que certaines choses intéressantes se sont produites au cours de l’année et demie écoulée –, je ne sais pas si ma vie personnelle en général est vraiment suffisamment intéressante pour être une saga épique [petits rires].

Vous avez sorti un clip vidéo amusant pour la chanson « You Got Spirit, Kid » qui a un côté punk rock pour adolescent. Est-ce que ça fait référence à un réel vécu de l’époque où tu étais au lycée ?

Pas vraiment mais hier je trainais dans un café avec un ami qui est en ville en ce moment, il s’appelle Roy Leonard Hohenberger, il est une énorme source d’inspiration pour Travis [Stever] et moi, c’est comme un ami d’enfance. Je veux dire que j’ai donné son nom au docteur qui a créé Coheed et Cambria. Je repensais à cette époque où nous étions adolescents… Je crois que je venais juste d’entrer au lycée et Roy devait être au collège, mais c’était un jeune homme bien plus petit en taille et il m’a demandé de venir dans son lycée parce qu’il avait peur de garçons qui l’embêtaient. Et à cette époque, j’étais jeune mais j’avais quand même l’air d’avoir dans les 37 ans [rires], mais j’y suis allé pour l’aider ! Et d’une certaine façon, j’étais là : « Oh, ça fait un peu le lien avec la vidéo ! » Mais pas vraiment. Je pense que nous voulions plus faire quelque chose qui serait un hommage à ces films des années 80 que nous adorions étant gosses et qui reflétaient l’idée de camaraderie, comme Les Goonies ou The Monster Squad… Nous voulions juste faire quelque chose qui soit drôle. Et ayant 37 ans, étant dans notre trentaine, et que nous soyons là à jouer les adolescents, c’est assez ridicule. Nous avons donc un sens de l’humour et c’est quelque chose que nous voulions vraiment faire, juste pour faire les fous, genre : « Nous voilà trentenaires à jouer les adolescents, c’est ridicule ! » Donc ouais… Je radote, désolé !

Coheed And Cambria 2015

« Chaque label avec lequel nous avons travaillé comprend que Coheed est en soi dans une catégorie à part. Nous sommes un peu une curiosité. »

Le lycée dans le clip s’appelle Amory High. Est-ce qu’il y a un réel lien avec l’histoire de The Amory Wars ou bien est-ce juste un clin d’œil pour les fans ?

Non, ce n’est pas tant ça que… C’est juste comme si nous étions en train de saluer le fait que The Amory Wars n’est pas morte. Il n’y a strictement aucun lien avec le concept, mais c’est toujours très plaisant, et c’est toujours une part importante. Même si The Amory Wars ne fait pas partie de cet album, c’est une part importante de la lignée du groupe et baptiser le lycée d’après elle était une façon de lui témoigner notre respect.

Vous êtes maintenant sur le label 300 Entertainment qui revendique se concentrer sur le développement des artistes. Penses-tu que ce soit le label parfait pour Coheed And Cambria ?

Je le pense. Je veux dire que c’est la raison pour laquelle nous avons choisi de travailler avec eux. Les deux albums que nous avons faits, les deux parties de The Afterman, nous les avons sortis sur notre propre label, une plus petite entreprise qui s’appelle Hundred Handed, et nous trouvions que c’était super pour The Afterman. Mais cette fois-ci, cet album était différent et nous voulions vraiment lui trouver le bon foyer. Le découvreur de talent du label, Pete Giberga, je crois que c’était en 2004, il avait déjà essayé de signer le groupe sur Sony/Epic lorsque nous avions fait l’album Good Apollo. Et, tu sais, nous aimons vraiment Pete et nous avons toujours voulu travailler avec lui, mais c’est juste que la maison de disques n’était pas celle qui nous correspondait à cette époque. Et cette fois, avec 300, nous avons vraiment trouvé que ça collait parfaitement, et nous avons pu travailler avec Pete sur cet album. Donc ouais, j’en suis convaincu, c’est le label parfait pour ce que nous faisons. Nous verrons bien, seul le temps pourra vraiment dire si ça fonctionne vraiment. Mais ouais, j’ai la foi.

Est-ce que vous constatez déjà des différences avec leurs méthodes de développement d’artistes par rapport aux précédents labels avec lesquels vous avez travaillé ? Qu’est-ce que ça change, concrètement ?

Tu sais, c’est difficile à dire. Je crois que chaque label avec lequel nous avons travaillé comprend que Coheed est en soi dans une catégorie à part. Nous sommes un peu une curiosité. L’histoire que nous nous sommes construite, en faisant ce que nous faisons, ça va avec cette mentalité, « d’accord, si ce n’est pas cassé, inutile de chercher à réparer »… Je veux dire que pour une raison ou une autre, nous avons continué à évoluer et progresser de façon très organique. Je pense que tous les labels et partenaires qui s’impliquent aux côtés de Coheed comprennent ça et nous permettent de faire notre truc. C’est donc ce que 300 fait pour nous. Ils savent que ce que nous faisons est particulier, et ils veulent simplement magnifier ça avec les moyens qui sont les leurs. Donc ouais, je pense que c’est pour ça que c’est le bon partenaire pour nous à ce stade de notre carrière.

Vous avez récemment fait une chanson, partagée par Funny Or Die, pour mettre en musique les avis divergents d’Antonin Scalia, Juge à la Cour suprême des Etats-Unis, sur le Affordable Care Act et les décisions sur le mariage de même sexe. Peux-tu nous en dire plus sur votre implication par rapport à ça ?

Ouais, tu sais, il y a un site web aux Etats-Unis qui a proposé l’idée de créer une version musicale des avis et idées divergents de Scalia, et ils nous ont transmis des paroles pour que je construise une chanson autour. Je trouvais que c’était un exercice intéressant. Je n’avais jamais composé de musique par-dessus des mots qui n’étaient pas les miens. Et puis, lorsque ça s’est fait, je crois que le jour suivant, ils ont levé… Car d’abord, il n’y avait que l’Affordable Care Act, et ensuite le jour suivant ils ont levé l’interdiction contre les mariages de même sexe. Du coup, à la dernière minute, ils m’ont envoyé encore d’autres paroles. Et ça me correspondait bien parce que je suis un grand soutien au mariage de même sexe. J’estime que nous n’avons tous qu’une seule vie, et les politiques ne devraient pas se dresser sur le chemin des gens que l’on veut aimer. Donc pour moi, c’était : « Je suis de la partie ! » Donc, à la dernière minute, avant que les caméras n’arrivent, j’essayais de faire rentrer plus de paroles dans les mélodies que j’avais composées. Mais c’était juste quelque chose que je trouvais amusant à faire. Ca aidera certainement à montrer… Car Coheed n’a pas forcément une présence politique très forte, nous sommes ainsi, mais pour ce qui est des choses auxquelles nous prenons part dans cette chanson, ça avait du sens que nous fassions quelque chose.

A un moment donné, il était question d’un film sur The Amory Wars développé par Mark Wahlberg et Stephen Levinson de Leverage Productions. La dernière fois que nous nous sommes parlé, en 2012, tu nous as dit que le partenariat était très jeune. Donc quel est le statut du projet désormais ?

Il n’y a aucun statut ! Ça ne bouge pas. Hollywood est vraiment très lent. A un moment donné tu es surexcité mais ensuite, c’est terminé, ça s’évanouit. J’espère que peut-être Star Wars aidera à revitaliser l’intérêt dans la science-fiction, car la science-fiction a certainement une identité aujourd’hui à Hollywood, mais tout bouge tellement lentement. Et tu sais quoi ? Ce n’est pas un souci. J’étais surexcité d’avoir eu la nouvelle à l’époque mais maintenant… C’est difficile, je ne parviens plus à être enthousiaste parce qu’on ne sait jamais. Les choses se produisent et puis disparaissent, elles se produisent et disparaissent… [Rires] Il n’y a que des hauts et des bas ! Il n’y donc aucun statut.

2015 aura été une année assez importante pour les fans de science-fiction, de comics et de films de superhéros, car nous avons vu Avengers 2, tous ces trailers pour Batman Vs. Superman, Deadpool, Suicide Squad, et évidemment les nouveaux trailers pour Star Wars. Es-tu enthousiaste par rapport à tout ça ?

Absolument ! Je suis un énorme fan de Star Wars, j’ai vraiment hâte de voir le nouveau film ! The Amory Wars n’existerait pas sans Star Wars. Donc ouais, et j’aime évidemment Batman et les superhéros. Je suis toujours impatient de voir les films. Maintenant que je suis papa, c’est un peu plus difficile d’aller au cinéma. Mais je ne sais pas… C’est sûr que je suis enthousiaste. J’adore les films et les comics, j’adore aussi la science-fiction, donc quand tout ça converge en une seule et même chose, c’est parfait ! Je suis surexcité. Ça me divertit.

Interview réalisée par téléphone le 31 août 2015 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.
Traduction et introduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : LeAnn Mueller.

Site officiel de Coheed And Cambria : www.coheedandcambria.com.



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