ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

Coheed And Cambria – Unheavenly Creatures


Si The Color Before The Sun (2015) montrait un visage plus simple de Coheed And Cambria, avec pour seul objectif l’efficacité des compositions, certains fans regrettaient la mise en pause de la saga de science-fiction The Amory Wars. L’absence d’album-concept, une habitude pour Coheed And Cambria, n’a pas convaincu tout le monde malgré la qualité certaine de The Color Before The Sun. Alors quand le groupe annonce qu’il reprend The Amory Wars par le biais de l’album Unheavenly Creatures, c’est une certaine excitation qui entoure la sortie du neuvième album des New-Yorkais. Unheavenly Creatures embrasse à nouveau toute la complexité narrative et l’univers cher à Coheed And Cambria.

Unheavenly Creatures est, selon le guitariste Travis Stever, la première partie d’un cycle en cinq chapitres, évidemment relié à la saga The Amory Wars. C’est aussi et surtout une histoire qui se suffit à elle-même. À nouveau Coheed And Cambria a structuré son album comme un livre, avec de nombreux passages dédiés à la narration intégrés dans les compositions et un prologue. En ce sens, il se rapproche du double-album The Afterman (2012 et 2013). La nouveauté est que le groupe s’est cette fois-ci autoproduit. Cependant, le grain de Coheed And Cambria n’a rien perdu bien au contraire, on trouve une plus grande profondeur de l’assise rythmique via un son de basse très présent et une batterie plus massive. L’expérience apportée par The Color Before The Sun n’a toutefois pas été mis entre parenthèses, Unheavenly Creatures récupère une partie de la légèreté de ce dernier et se distingue ainsi de certaines atmosphères pesantes de The Afterman. L’introduction au clavier de « Unheavenly Creatures » et son refrain « sautillant » emprunte plus au registre pop rock de son prédécesseur. « Toys » obéit à la même logique malgré sa structure orientée autour d’un riff de guitare plus agressive. En réalité, il est difficile de saisir la véritable nature de la musique de Coheed And Cambria tant ces derniers peuvent se payer le luxe de varier les registres suivant les besoins de leur histoire. Ainsi le sombre « Black Sunday » a des airs grungy à la Life Of Agony, tandis que « Love Protocol » fait honneur à la pop anglo-saxonne avec ses guitares en pointillés et les couplets langoureux presque murmurés par un Claudio Sanchez expressif et chaleureux, évoquant la science pop de The Police.

L’approche conceptuelle de Coheed And Cambria n’empêche pas le groupe de parvenir à construire des refrains accrocheurs, désormais une véritable marque de fabrique, présente depuis toujours sur des chansons ici et là, mais que The Color Before The Sun a entérinée. « The Pavillion (A Long Way Back) », et ses multiples arrangements de nappes de cordes et enchevêtrements d’arpèges de guitare, est justement transcendé par la qualité des mélodies mises en avant par Claudio Sanchez soutenu par des chœurs. Ce dernier nous gratifie en outre de prises de risques, notamment sur « The Gutter » où son timbre aigu habituel laisse place à un chant crié flirtant avec le hardcore, avec un petit parfum des débuts du groupe, tandis que le final se joue entre leads de guitare harmonisés à la Queen, chœurs et arrangements symphoniques. La polyvalence du chanteur va de pair avec celle des musiciens. Sur les quinze titres d’Unheavenly Creatures, pour une moyenne de cinq minutes par titre, Coheed And Cambria parvient à ne jamais lasser. Que ce soit via une approche pop-punk, heavy, voire simplement pop (les « nananana » chantés, naïvement joyeux, de « Old Flames » pourront en décontenancer plus d’un), le quatuor ne s’est imposé aucune limite. « It Walks Among Us » impressionne par sa structure singulière portée par un seul riff syncopé de guitare, tandis que « Night-Time Walkers » emploie des arrangements électroniques proches de la synth-wave, formant une véritable accalmie dans le tumulte d’idées parfois extravagantes de l’album. Ce dernier se termine en douceur via la très suave « Lucky Stars » faite de guitare acoustique et de violons. L’histoire narrée par Coheed And Cambria est encore une fois un véritable voyage rempli de péripéties et d’états émotionnels divers.

Certes, l’univers proposé par Coheed And Cambria est singulier (et l’a toujours été) et peut faire qu’il est difficile d’y adhérer, mais le groupe arrive à créer de véritables atmosphères, même lorsque le ton employé a des airs légers. Si l’on s’attarde uniquement sur la musique du groupe, celui-ci propose avec Unheavenly Creatures une fusion entre l’album précédent pour la qualité des refrains et The Aftermath pour l’ambition des registres et des arrangements. Les premières écoutes pourront laisser circonspect, il en faut une quantité non-négligeable pour que les chansons nous laissent leur empreinte, étant donné la densité de l’album. Toutefois, chaque minute passée à se plonger ou replonger au sein de The Amory Wars se légitime amplement.

Vidéo visualizer de la chanson « The Gutter » :

Clip vidéo de la chanson « Unheavenly Creatures » :

Clip vidéo de la chanson « The Dark Sentencer » :

Album Unheavenly Creatures, sortie le 5 octobre 2018 via Roadrunner Records. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    In Flames @ Lyon
    Slider
  • 1/3