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Nouvelles Du Front   

Compressorhead : du Metal au sens propre


Le Big Day Out, grand festival australien qui aura lieu dans cinq villes (Sydney, Adélaïde, Melboune, Perth et Gold Coast) à la fin du mois de janvier, verra cette année apparaître dans son line-up une programmation qui pourrait bien préfigurer une évolution possible et majeure de la musique… la musique faite par des robots! Ainsi, comme l’annonce le site australien MusicFeeds, cette année aux côtés de Red Hot Chili Peppers, The Killers ou Vampire Weekend, le public pourra découvrir Compressorhead, un combo de trois robots comprenant le guitariste Fingers, le bassiste Bones, et un formidable batteur à quatre bras (!) qui répond au doux nom de Stickboy…

Un scénario digne des plus grands films d’anticipation que l’on doit à deux groupes de créateurs allemands, Kernschrott et Robocross, qui ont allié leurs robots pour former ce groupe plutôt improbable. Et leurs machines ont atteint un niveau de perfectionnement tel qu’elles sont maintenant en mesure de donner un concert complet, au Big Day Out Festival de surcroît, qui est l’événement Rock majeur d’Océanie. Lemmy regardera sûrement d’un œil curieux la version la plus… métallique qui soit du morceau « Ace Of Spades » et on découvrira également des reprises surprenantes d’AC/DC ou encore Pantera. Dire que l’on ne s’attendait pas à voir cela un jour n’est pas vrai, cependant le voir réalisé porte à réflexion, et soulève bien des questions concernant le futur de la création musicale, ou encore le rôle joué par les hommes et les machines dans les décennies à venir.

Vidéo de reprise de Motörhead par Compressorhead

Le bien-fondé d’une entreprise comme celle-ci semble évident, quand il est exprimé par ces génies d’ingénieurs allemands sur le site officiel de Compressorhead : « Vous êtes-vous déjà demandé quel son aurait Danny Carey (ndlr : le batteur de Tool) s’il avait quatre bras ? » ou encore « Et si Angus Young avait 78 doigts ? ». On avoue aisément que l’on ne s’était pas posé toutes ces questions dans ces termes. Et pourtant, l’aventure ne date pas d’aujourd’hui. Stickboy, le batteur émérite, a été créé en 2007, son compagnon guitariste est lui né en 2009, et ils ont été rejoints par Bones, le « bassiste » en 2012, ce qui leur a donné l’opportunité de pouvoir faire un concert intégral. Finalement, la bio du groupe est assez identique à celle de n’importe quel groupe lambda, à la différence près que ceux-ci risquent bien de s’éviter quelques prises de bec en répét, ainsi que des problèmes de gestion de crises d’ego qui torpillent tant de formations Rock à leurs débuts. Il faudra tout de même que les ingénieurs s’entendent sur les morceaux à faire jouer à leurs interprètes !

Technologiquement, et notamment grâce au MIDI (ndlr : le MIDI est un protocole de communication et de commande permettant l’échange de données entre instruments de musique électronique. Il a été développé dans les années 80 et a permis l’éclosion de la musique électronique, des claviers et autre samplers) on savait que tout ceci était possible et qu’il faudrait simplement le temps que des scientifiques assez passionnés de technologie et de musique se penchent sur le sujet pour créer un groupe comme tel. L’année dernière, le site Metal Insider nous avait déjà présenté une machine-robot créée par un étudiant Néo-Zélandais capable de jouer la ligne de basse de « Hysteria » de Muse, prestation déjà impressionnante, mais loin de la réalisation Compressorhead, en tout cas au niveau du rendu général et de l’impression dégagée.

« Hysteria » de Muse

En effet, ce qui interpelle au plus haut point quand on jette un œil à ces machines allemandes, c’est l’attitude résolument metal (sans jeu de mot) des robots, la fidélité évidente de la reproduction, et l’éventail des possibilités proposé par un tel projet. Depuis l’Allemagne en 1977, déjà, on savait qu’une partie de l’avenir de la musique se jouerait autour de la technologie, grâce aux performances de Kraftwerk et leur titre avant-gardiste « We Are The Robots » qui voyait une utilisation nouvelle des synthés. Synthés dont on avait en premier lieu découvert les nappes avec l’artiste français Pierre Henry et son « Psyché Rock » en 1967…

En quarante-six ans de temps, on est donc passé de l’utilisation de machines à synthétiser des sons existants dans la nature physique, donc des instruments, à des machines capables de jouer de ces instruments, à savoir des interprètes. Si on a été capable en près de cinquante ans, c’est-à-dire dans un laps de temps très court à l’échelle de l’histoire du monde, de remplacer les instruments et les interprètes par des machines, on peut sans problème s’attendre à l’évolution prochaine qui s’attaquera à l’essence même de la musique: la création musicale ! On n’y est pas encore, mais l’utilisation d’algorithmes et de modèles permettant la création par des machines de suites de notes, de thèmes musicaux, voire de riffs de guitare est à portée de crayon de quelques ingénieurs bien inspirés… ou pas.

Pantera repris par Compressorhead

Car là se pose la crainte liée à toute évolution technologique majeure et qui voit l’humanité redouter d’être supplantée par quelques morceaux de ferraille dans ce qui fait son caractère unique, à savoir sa capacité à penser et à créer. Mais finalement, ces interrogations sont les mêmes que celles qui taraudaient les Hommes lorsque sont arrivés les robots joueurs d’échecs… et qu’on a constaté que, malgré les immenses possibilités de calcul des ordinateurs, ceux-ci peinaient toujours à dépasser les capacités de réflexion du cerveau humain. Pas de panique, donc, Lemmy peut dormir sur ses deux oreilles. De l’eau coulera sous les ponts avant que le public ne préfère aller voir les Compressorhead, leurs 6 tonnes de metal et leur reproduction parfaite des notes, plutôt que les frasques scéniques d’une bande de Rockers mal embouchés, qu’au final on trouve beaucoup plus intéressants bien qu’imparfaits. Et si le Rock était une science exacte, ça se saurait…



Laisser un commentaire

  • Bon pour Ace of Spades pourquoi pas, c’est marrant…

    Mais la reprise Becoming de Pantera est odieuse : jouée plus doucement ce morceau est carrément méconnaissable…

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  • C’est un bon vieux truc de Geek, mais il faut bien reconnaitre qu’il y a des milleurs d’heures de travail derrière tout ça pour que cela fonctionne parfaitement.

    Toujours des solutions d’avant-garde ces allemands!

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  • perso je trouve ça vraiment cool! mais faut pas s’inquiéter, ils vont pas nous supplanter. À part reproduire ce que nous faisons ces robots ne font rien, ils ne composent pas de musique (pas encore…). Ils ne pourrons donc pas supplanter le fibre artistique humaine!

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  • Trashwinkle dit :

    La prouesse technique est impressionnante, mais une fois l’effet de surprise passé…

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  • Tout à fait le genre de concert que j’irais voir avec joie !
    Et vue comment certains artistes sont statiques sur scene ça serait surement plus marrant.

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  • C’est très intéressant, et la coordination du robot batteur est vraiment impressionnante. Il ne manque plus qu’un robot capable de synthétiser une voix pour faire chanteur !

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    DeMoN

    En Asie les chanteuses et chanteur virtuel existe déjà depuis un moment, donc ça devrais pas poser trop de problèmes.

    BrocasHelm

    Exact, j’avais oublié. Elle s’appelle comment déjà la chanteuse holographique qui fait un tabac au Japon ?

    peikk0

    Hatsune Miku 🙂

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