ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Blow Up Your Video   

Convicted Skies : l’attaque-attaque du crabe russe


Le crabcore, genre musical popularisé par un seul groupe : Attack Attack ! Le crabcore, vilain petit canard quasi mort-né (même si personne n’a encore reçu le faire-part) de la scène metal qui ne cesse de s’attirer les foudres des metalheads pour s’être fait la frange du côté émo. Raillé, moqué, voire littéralement renié, ce style souffre clairement d’une mauvaise pub. Pourtant, Convicted Skies et son titre « Jane Eyre » (Джейн Эйр), crabcore russe (toi, au fond, cesse de rire) est là pour vous dérider en vous montrant tout son savoir-faire (à son niveau, certes). Il est là pour rappeler que le crabcore c’est sérieux (après tout, sa naissance est liée au crabe-panda-guitariste-chanteur d’Immortal) !

Alors si musicalement ce courant peut s’apprécier selon les goûts de chacun (mais de préférence avec de la mayonnaise), c’est avant tout l’attitude scénique de ses représentants qui pousse le plus à sourire ou à carrément leur tourner le dos. Car avant d’avoir le son, on avait l’image (oui, celle d’un crabe avec une guitare entre ses pinces, m’voyez) et celle-ci s’est profondément inscrite dans l’inconscient collectif des métalleux avec pour légende « à ne pas reproduire chez soi ». Mais, se devant d’être un minimum curieux dans la vie, il n’est jamais déconseillé de se pencher sur un groupe de crabcore et surpasser (autant que faire se peut) ses propres clichés et appréhensions vis-à-vis de ce style. Car si le froid sibérien est propice à l’émergence de quelques bons combos d’extrêmes, pourquoi ne pourrait-il pas pondre un groupe de crabcore, ne serait-ce que correct ?

Tout commence par un plan incrustant en fond le visage d’une jeune femme (disons même une adolescente) dans un décor enneigé, de jour avec des arbres perdant leur feuillage. Ce sont probablement les premières heures de l’hiver. Un public applaudit. C’est peut-être même une véritable foule en délire. Cependant, on ne la voit pas. Le grain de l’image ne laisse d’ores et déjà que peu de doute sur le travail amateur fait sur cette vidéo (en mettant sur pause on voit encore mieux les découpages effectués pour l’incrustation). L’appréhension monte et nous n’en sommes qu’à trois secondes au compteur. La jeune demoiselle a de jolis yeux bleus, fixant la caméra. Elle les ferme (ne jouerait-elle pas la tristesse ?). Calque noir et blanc incrusté, et bim ! Voilà le groupe… et son son.

Dix secondes après la première montée de stress, la seconde explose sans crier gare. Malheureusement celle-ci est radicale, ou presque. Au-delà d’une musicalité relativement limitée, le clip est un condensé de clichés agaçants (notamment ces petits sautillements du groupe dans leurs jolies baskets). Et puis, le crabcore arriva (oui, on va vite mais il est vraiment arrivé trop vite lui aussi). La position ultime – particulièrement utile pour un remake version nanar de la scène de l’escalier dans l’Exorciste de Friedkins -, met définitivement le groupe sur l’orbite des groupes à oublier.

Et quand en plus le tout est garni d’un frontman chantant particulièrement faux (sans parler de sa guitare top rock avec ses éclairs bleutés ou de son jeter de guitare stylisé) des paroles dont on ne comprend pas même un centième (et c’est pas ça qui va nous pousser à nous mettre à la langue de Boris Eltsine), on obtient donc un clip sans sens (la seule chose de sûre c’est que la demoiselle est triste – pourquoi ? là est la question), mal fichu, avec un son et une composition qui empiètent sur une écoute sereine, le tout rejaillissant encore sur le clip (qui en plus s’avère vide de sens ; oui, on l’a déjà dit), on peut appeler ça se loger une balle dans le pied.

Bref, vous l’aurez compris, les détracteurs du crabcore auront de quoi critiquer. Et malheureusement, il est peu probable que les fans du genre s’y retrouvent également tant l’amas excessif de clichés rebute. Finalement, à l’image de la demoiselle à la fin du clip (on spoile un peu mais on le fait pour ceux qui n’auront pas osé aller jusqu’au bout), on se retrouve piqué devant le groupe avant de définitivement rendre les armes (ou le micro, au choix) !



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Rival Sons + MNNQNS @ Cenon
    Slider
  • 1/3