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Chronique   

Coreleoni – III


Coreleoni a dû composer avec de nombreux changements. Le batteur Hena Habegger a quitté la formation ainsi que Gotthard pour se consacrer à sa famille. Coreleoni l’a remplacé au pied levé par Alex Motta. Surtout, le chanteur Ronnie Romero a décidé de s’investir dans ses autres (nombreux) projets, ce qui a forcé Leo Leoni à trouver de nouveau la perle rare. C’est en regardant l’édition 2018 de l’Eurovision que Leoni a été interpellé par le chanteur albanais Eugent Bushpepa, au CV fourni mais encore méconnu. Coreleoni ne compte désormais plus que Leo Leoni comme membre de Gotthard et si le groupe continue de respecter son dessein originel en fournissant à nouveau des reprises, Coreleoni III est constitué pour l’essentiel de titres originaux. Nouveau line-up et nouveaux objectifs : Coreleoni entend dépasser sa fonction de dépoussiérage.

Selon Leo Leoni, Coreleoni est l’une des dernières formations à composer du hard rock « à l’ancienne », symbolisé par le plug & play d’une Les Paul dans un ampli Marshall. Si l’on peut débattre de la prétendue disparition de cette méthode à l’ère des nombreux revivals, force est de constater que Coreleoni joue le jeu jusqu’au bout. Il y a effectivement une volonté du groupe de se retrouver et de répéter tous ensemble, en limitant le home studio souvent considéré – à tort ou à raison – comme une entrave à l’authenticité. Coreleoni a d’ailleurs réussi à solliciter ses membres malgré les contraintes de la pandémie en profitant d’une situation géographique favorable. « Let Life Begin Tonight » ouvre symboliquement l’opus en tant que véritable injonction à reprendre la vie après le confinement. L’occasion de constater les premières prouesses d’Eugent Bushpepa et l’ampleur de sa tessiture. Leo Leoni ne s’y est pas trompé, le chanteur concentre toutes les qualités nécessaires pour incarner un rock hérité des années 80 et 90, celui des premiers albums de Gotthard – l’esprit de Steve Lee n’est d’ailleurs parfois pas très loin. « Let Life Begin Tonight » le montre à l’aise pour scander des refrains fédérateurs et s’extraire d’un riffing presque grandiloquent. Cette faculté à donner vie aux accroches de Coreleoni est l’un des points forts de l’opus. Le groovy « Purple Dynamite », avec son léger parfum de Whitesnake dans les complets et son refrain à chanter en chœur, reprend là où « Let Life Begin Tonight » nous laisse : Eugent Bushpepa fait deviner ses talents de showman. C’est ce qui autorise justement Coreleoni à multiplier les ficelles d’un hard rock très traditionnel tout en s’accaparant l’attention de l’auditeur, à l’instar du riff furieusement entraînant de « Guilty Under Pressure » qui aurait pu sortir tout droit d’un Dial Hard (1994) et incarne parfaitement la philosophie de Coreleoni III : faire du vieux avec du vieux et un chanteur qui permet de se démarquer. Le « Modern Vintage » dont parle Leo Leoni.

Eugent Bushpepa s’accapare en outre les vieux titres de Gotthard repris sur l’opus, à l’image de « Fist In Your Face » (qui gagne une intro de batterie et quelques parties de talk-box) ou de la ballade « I’m On My Way ». Si l’arrangement des titres a été très légèrement revu, le respect qui transparaît à travers ces réinterprétations vocales montre la pertinence du choix de Leo Leoni. En réalité, ce sont les capacités de Bushpepa qui permettent à la musique de Coreleoni de se diversifier. Le groupe peut évoluer sans peine d’un rock qui doit plus au sleaze qu’il ne veut l’admettre à un rock brut, davantage inspiré d’AC/DC, à l’instar de « Sick / Tired » ou de « Like It Or Not » où le chanteur nous rappelle les élancées de Bon Scott et impressionne lorsqu’il lâche ses aigus à la manière d’un Brian Johnson. Outre ses compositions originales et les traditionnelles reprises de Gotthard, Coreleoni nous gratifie d’une revisite du « Jumpin’ Jack Flash » des Rolling Stones avec Leo Leoni en tant qu’interprète. Ce « Jumpin’ Jack Flash » a le mérite de ne pas trop respecter l’original : la voix rocailleuse de Leo et le riffing largement musclé transforment l’œuvre des Rolling Stones sans l’amputer de ses principaux atouts.

Coreleoni III respecte la philosophie de Leo Leoni quand il a décidé d’amorcer le projet : retrouver le hard rock des premières (et grandes) heures de son groupe principal tout en se protégeant des évolutions inévitables de la musique, de son industrie et de ses technologies. Coreleoni III est peut-être l’acte de naissance d’une véritable formation qui ne se contente plus de dépoussiérer le vieux catalogue de Gotthard. Le public devrait accepter sans peine cette transformation. Certes, tout a été entendu des milliers de fois, mais la qualité et l’amour d’un genre appellent la fidélité.

Clip vidéo de la chanson « Sometimes » :

Clip vidéo de la chanson « Purple Dynamite » :

Clip vidéo de la chanson « Let Life Begin Tonight » :

Album III, sortie le 13 mai 2022 via Atomic Fire Records. Disponible à l’achat ici



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