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Chronique   

Corrosion Of Conformity – No Cross No Crown


« Il est de retour ». C’est ce que peuvent légitimement se murmurer les aficionados de Corrosion Of Conformity quant à l’annonce du retour de Pepper Keenan au sein de la formation, ce qui n’était plus le cas depuis douze ans et le plébiscité In The Arms Of God (2005). Lorsque ce dernier a entrepris une tournée avec le trio habituel formé de Woody Weatherman, Mike Dean et Reed Mullin, l’espoir d’assister à la reformation du line-up le plus marquant de la discographie de Corrosion Of Conformity était vif. L’attente n’est plus, No Cross No Crown entérine la réintégration de Pepper au sein de C.O.C, rappelant non sans plaisir et nostalgie les riffs suintants de Wiseblood (1996) et Deliverance (1994).

C.O.C semble ne pas avoir changé d’un iota. No Cross No Crown nous ramène presque intégralement là ou In The Arms Of God nous avait laissés. On se rappelle alors à quel point C.O.C est synonyme de groove, avant toute chose. L’enregistrement de l’album s’est effectué avec des amis de longue date du groupe que sont Mike Fraser (ayant déjà opéré sur Wiseblood) au mix et John Custer de nouveau producteur. C.O.C est aux antipodes d’une vision décharnée et stérile de la production. No Cross No Crown donne en premier lieu l’impression d’être un gigantesque jam inspiré, spontané et bien agencé. La fibre live du groupe est sans cesse présente et cette authenticité est sans aucun doute son principal attrait. L’introduction « Novus Deus » et cette pulsation cardiaque amenant élégamment le riff viscéral de « The Luddite » permet à l’auditeur de prendre immédiatement ses marques. « Wolf Named Crow » rappelle le jeu de guitare atypique (« King Of The Rotten » n’est pas loin…) tout en accroches rythmiques d’un « Señor Limpio » par exemple, suivi de leads languissants et bluesy dont Keenan a le secret. No Cross No Crown conserve en outre cette brutalité inhérente au passif punk de C.O.C à l’instar de « Cast The First Stone », il la tempère justement par ce souci constant de l’accroche mélodique, omniprésente malgré une musique essentiellement portée sur les gimmicks rythmiques (omniprésents sur « Forgive Me » qui a des airs d’ « Albatross »).

Ce talent pour la mélodie est latent lors de titres bluesy et mélancoliques tel que « Nothing Left To Say » et son introduction vaporeuse. C.O.C. jalonne son disque d’interludes cryptiques et minimalistes (« No Cross », « Matre’s Diem », « Sacred Isolation ») qui confère davantage d’ampleur et de sens à No Cross No Crown et aide à construire une forme d’anticipation autour des véritables compositions. Le quatuor n’a pas simplement livré une pléthore de riffs s’enchaînant les uns les autres, il les insère dans une atmosphère teintée de mystère et d’ambivalence. Le titre ambiant « No Cross No Crown » va d’ailleurs dans ce sens, composé de mélodies de guitares intimistes s’enchevêtrant et accompagnant une voix gutturale à peine discernable. Il s’enchaîne justement avec le très sludge « A Quest To Believe (A Call To The Void) » et son final épique où les leads de guitares chantent ce qui s’apparente à une véritable complainte.

Corrosion Of Conformity reprend des airs de Black Sabbath lorsque Pepper Keenan se joint au trio principal. No Cross No Crown n’apporte rien de neuf, ceux qui cherchent des marques d’innovation chez C.O.C peuvent rebrousser chemin. Au contraire, il y a une recherche de ce qui a fonctionné par le passé et la volonté de le magnifier. Ceux qui ont connu le Corrosion avec Pepper Keenan peuvent se réjouir, il est à la hauteur de l’attente et si on lui laisse le temps, va même au-delà.

Clip vidéo animé de la chanson « Wolf Named Crow » :

Chanson « Cast The First Stone » en écoute :

Album No Cross No Crown, sortie le 12 janvier 2018 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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