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Live Report   

Coup de nostalgie avec Guns N’ Roses


Après Depeche Mode et Foo Fighters ces dernières semaines, Paris accueille de nouveau une légende de la musique. Le Stade de France est en effet le lieu de la grande réunion d’un groupe mythique : Guns N’ Roses. Qui ne connait pas le logo de ces revolvers cernés par des tiges de roses ? Entre le choc qu’a été Appetite For Destruction et les dizaines de tubes des Guns incarnés par ces icônes de la musique rock que sont Axl Rose et Slash : impossible de passer à côté de Américains. Mais on le sait, depuis la fin des années 90 le groupe s’est séparé de nombreux éléments, notamment de par les frasques d’Axl qui a choisi de continuer l’aventure Guns N’ Roses seul. Sortant ainsi un nouvel album avec un nouveau line-up, l’entité Guns N’ Roses a poursuivi sa carrière avec des musiciens de talent, comme Bumblefoot ou Richard Fortus, mais sans jamais retrouver son aura des années précédentes.

Et pour on ne sait quelle raison (passion ? motivation financière ?), en 2016 a finalement été annoncé le retour d’anciens membres au sein du groupe : Duff McKagan à la basse et Slash en tant que guitariste soliste. A noter également l’arrivée d’une nouvelle claviériste pour cette tournée mondiale, la jeune Melissa Reese. Une tournée au nom de Not In This Lifetime qui donnera au public la possibilité d’assister à un concert de plus de 3H20 !

Artistes : Guns N’ RosesBiffy ClyroTyler Bryant & The Shakedown
Date : 7 juillet 2017
Salle : Stade de France
Ville : Paris [75]

Tyler Bryant & The Shakedown lance les hostilités de manière honorable. Le groupe est connu pour ses ouvertures des plus grands artistes du milieu rock et blues car on les a déjà vu partager les affiches d’Aerosmith, B.B. King, Eric Clapton, AC/DC ou même ZZ Top. Et tout cela avec un seul album et un EP. Ces jeunes américains ont donc une certaine expérience de la scène à partager et plein d’énergie à revendre au public français. En entrant dans le stade, on remarque déjà l’avant-scène prévue pour les Guns ainsi qu’une autre donnée importante : l’événement va se dérouler sous un magnifique soleil. Sautant de partout, et amenant en fin de concert un élément de la batterie pour donner le rythme au public, Tyler Bryant & The Shakedown ne manque pas d’esprit rock’n’roll. Si leur musique n’a rien de véritablement originale, elle correspond parfaitement à ce à quoi on pourrait s’attendre en première partie des Guns N’ Roses. Un esprit bluesy et positif émane de ces compos qui nous amènent définitivement dans les senteurs de l’été. Une musique qui aura fait clapper des mains le public dans une ambiance dansante et rock’n’roll dès les premières notes. Un bon moment.

Biffy Clyro est également un habitué des belles premières parties car on les a déjà vu dans des concerts de Muse ou même des Foo Fighters. Le trio d’écossais partage toute leur sincérité sur scène. Une performance qui sera portée par la guitariste torse nu le plus énergique de ces dernières années : Simon Neil. Un musicien qui se plaindra volontiers du soleil d’été, gâchant les jeux de lumières du concert. De la dure loi d’ouvrir un concert en extérieur en été ! Capable de jouer des titres très énergiques en sautant sur un pied durant ses performances, Simon et sa bande gardent aussi pour le public certains de leurs morceaux les plus doux et abordables, comme « Many Of Horror » ou « Biblical ». Si parfois la musique du trio peut sembler un peu niaise, elle revêt toutefois assez d’énergie pour vous donner envie de vous lancer dans un pogo. Un mélange qui permet au groupe de toucher un plus large public. Et malgré de nombreuses parties électro, ses prestations live ont un esprit et un son bien rock’n’roll qui fait plaisir. Biffy Clyro est une valeur sûre en live qui fera pousser la chansonnette à plus d’un dans le stade. « We love Guns N’ Roses! » criera Simon avant d’entamer le dernier morceau et de dire adieu au public français qu’il promet de revoir prochainement.

Guns N’ Roses
Recevoir un mail expliquant que le concert des Guns allait faire 3H30 était trop beau pour être vrai. Un concert d’une telle longueur est une denrée rare dans le monde de la musique. En effet on est déjà bien content lorsqu’un artiste effectue deux heures lors d’un concert alors que dire de 3H30… Si du coup on aurait pu craindre d’assister à un concert qui s’essouffle, on se trompera en fait lourdement. Bien que le stade ne soit pas sold-out, beaucoup de monde s’est précipité pour cette réunion nostalgique. Axl, Slash et Duff n’avaient pas partagé de scène depuis 1993, ce qui rend cette tournée encore plus importante dans l’histoire du groupe. Les logos finissent par s’afficher sur les écrans géants, nous annonçant qu’il ne reste plus que quelques minutes avant de voir Axl et sa bande. Et sur les coups de 20H, la musique du générique des Looney Tunes résonne dans tout le Stade de France.

Puis c’est au tour d’un des morceaux de la soundtrack du film The Equalizer pour un changement radical de style. Notre esprit balance entre un immense côté enfantin et une détermination de fer. Devant tant de confusion, les musiciens ne tardent pas à débarquer au son de la basse de Duff lorsque le titre « It’s So Easy » ouvre ce concert où l’on remarque d’emblée qu’Axl, malgré les années, n’a pas perdu de sa fougue ou de sa voix. L’ambiance festive arrosée de bière est là avec un public qui chante les hymnes du groupe comme un seul homme. Le groupe enchaîne avec « Mr. Brownstone » puis « Chinese Democracy », les Guns joueront d’ailleurs quatre titres tirés de cet album. Mais, évidemment, les tubes des anciens albums sont avant tout la raison de la venue du public. Huit titres issus de Appetite For Destruction seront d’ailleurs joués ce soir.

Guns N’ Roses
Nous savourons ensemble de grands moments lors de ce set comme lorsque tout le stade reprend « Knockin’ On Heaven’s Door » ou que les deux guitaristes jouent « Wish You Were Here » de Pink Floyd devant un écran géant qui affiche une mer infinie, comme dans le clip de la chanson « Estranged ». L’habituel (très) long solo de Slash qui reprend le thème du film Le Parrain est directement enchaîné sur un « Sweet Child O’Mine » accueilli par un cri retentissant de la foule. Les portables s’allument en nombre durant « November Rain » et si on adoucit les âmes avec « Patience » en acoustique, on les réveille avec « Coma » et son excellent riff. Évidemment la reprise des Wings, « Live And Let Die », est également jouée, elle qui fait partie des standards du rock que le groupe s’est approprié. Juste avant la fin du concert, « The Seeker » des Who et même « Whole Lotta Rosie » d’AC/DC sont interprétés, cette dernière nous rappelant le passage d’Axl chez les Australiens. Et rendant hommage au regretté Chris Cornell, c’est « Black Hole Sun » qui brillera haut dans la nuit du Stade de France. Un concert qui se finit en apothéose avec évidemment l’incontournable « Paradise City ». Accompagnée d’une pluie de confettis, d’explosions et d’effets visuels, la fin du show est riche en énergie avec un Slash qui quitte la foule en marchant sur les mains.

Peu bavard, le groupe aura enchaîné les titres avec un Axl Rose qui changera régulièrement de tenues et qui ira presque jusqu’à se jeter dans la foule pour pousser une gueulante face à la sécurité ou au public. Le contact le plus important que l’on aura avec les musiciens sera en fait en début de concert où Axl demandera au public de reculer de quelques pas, afin que tout le monde ne soit pas tant serré les uns contre les autres. Une délicate attention. On ne s’ennuiera en tout cas pas un seul instant en ce 7 juillet et cette soirée passe très vite en étant placée sous le signe de l’amour de la musique. Avec notamment des riffs entre les morceaux comme « Voodoo Child », « Layla » ou « You Can’t Put Your Arms Around A Memory ». Ce brin de nostalgie qui nous anime lorsqu’on entend le nom de Guns N’ Roses était bien présent ce soir et il ne fait aucun doute que de nombreuses personnes de l’assemblée ont été ramenées dans leur adolescence au cours de ce set. Tandis que les plus jeunes ont pu rattraper le temps perdu.

Guns N’ Roses
Slash n’est pas le guitariste le plus précis du monde. Axl, bien qu’en forme, a une voix un peu vieillissante sur les ballades. Et l’ordre et choix de certains morceaux sur la setlist peuvent laisser à désirer. Mais bon… qu’il est rare de passer un concert de 3H20 sans s’ennuyer une seule seconde ! On ne sait pas encore si le groupe restera dans cette formation encore longtemps (Steven Adler y prendra-t-il part ?), ni même si d’autres tournées ou un nouvel album studio sont prévus. Mais les Guns nous ont montré ce soir qu’ils ne sont pas morts. Alors quand le public quitte l’enceinte au son de « You Know My Name » de Chris Cornell on se dit que, oui, ce soir l’herbe était verte et les filles bien jolies.

Setlist :

It’s So Easy
Mr. Brownstone
Chinese Democracy
Welcome To The Jungle
Double Talkin’ Jive
Better
Estranged
Live And Let Die (Reprise de The Wings)
Rocket Queen
You Could Be Mine
New Rose (Reprise de The Damned)
This I Love
Civil War
Yesterdays
Coma
Sweet Child O’Mine
My Michelle
Wish You Were Here (Reprise de Pink Floyd)
November Rain
Black Hole Sun (Reprise de Soundgarden)
Knockin’ On Heaven’s Door (Reprise de Bob Dylan)
Nightrain
Sorry
Patience
Whole Lotta Rosie (Reprise de AC/DC)
Don’t Cry
The Seeker (Reprise de The Who)
Paradise City

Live reports : Matthis Van Der Meulen
Photos Tournée 2017 : GunsNRoses.com



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  • Moi j’ai pris une claque comme rarement, déjà effectivement l’émotion de revoir enfin le (quasi) combo de l’époque, rien à voir avec la soupe Gn’R que j’avais pu voir au Hellfest. Et puis la durée du set quoi 3h20, je n’avais encore jamais vu ça ! Il m’a juste manqué la reprise sympathy for the devil et ça aurait été un 20/20 pour ma part! Inoubliable en tout ca

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  • Sergeï "Cercueil" Poète dit :

    J’adore les Guns ‘N’ Roses !! Surtout leur culte « Appetite For Destruction » !! Bon, ils sont plus connus pour leur comportement assez rock ‘n’ roll que leur musique, mais ils sont quand même géniaux !! Je voudrais trop aller les voir avec nos deux amis : Axl et Slash !! Welcome To The Jungle !!

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    « ils sont plus connus pour leur comportement assez rock ‘n’ roll que leur musique »
    N’importe quoi.

    T'as la motte enflammée

    +1 !! Pauv’tocard !!

  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    excellent compte-rendu encore une fois !
    Et sur le fait qu’Axl ait demandé aux fans de reculer : en 1988 aux Monsters of Rock de Donington, il l’avait aussi demandé et cela n’avait pas totalement marché, cette journée ayant eu à déplorer 3 morts ecrasés par la pression de la foule…

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  • Je rejoins complètement l’article : très peu de contact entre le groupe et le public et c’est bien dommage.
    Il y avait même parfois des vraies coupures pendant lesquelles on aurait apprécié un petit mot d’Axl mais non…
    En tout cas, tous les classiques sont là et ça fait du bien !!
    Deux petits soucis toutefois :
    d’abord, étant placé en virage opposé, il y avait un décalage entre le son et l’image (écrans géants) qui était particulièrement désagréable, au moins pendant le temps de s’y habituer. Ils y sont pour rien les pauvres, mais ça gache un peu.
    Aussi, je rajouterai une possible autre motivation pour Slash : « je reviens que si je peux coller un solo au milieu et après chaque chanson ! ». C’est sympa de le voir jouer, mais trop de solo tue le solo, du moins c’est mon avis.
    Dernier petit point (quand on aime on chipote), le fait de commencer à 20h en juillet, il faisait encore jour, et c’est pas l’idéal. Le concert a en tout cas pris une autre tournure quand la nuit est tombée, c’était vraiment mieux.

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