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Live Report   

Un coup de nostalgie avec Doyle


Difficile de ne pas penser aux Misfits lorsqu’on parle de Doyle. Ayant été le guitariste du groupe pendant un moment, de l’époque glorieuse avec Glenn Danzig dans années 80 mais également la reformation avec Michale Graves dans la seconde moitié des années 90, puis après quelques apparitions live aux côté de Danzig, il était temps que Wolfgang Von Frankenstein vole pour de bon de ses propres ailes, en créant son projet solo : Doyle. En 2013 sortait donc Abominator, et sentant déjà l’éloignement par rapport au punk, Doyle enchaîne avec un second album, lequel sortira en mai prochain, après la tournée.

Une manière assez étrange de promouvoir un album, mais voir le groupe sur scène n’est pas quelque chose dont on se plaint. La tournée prend fin par un concert expéditif, punk dans l’âme, au Glazart parisien, pour l’homme à la musculature imposante et la célèbre mèche.


Artistes : Doyle – The Black Zombie Procession
Date : 27 février 2017
Salle : Le Glazart
Ville : Paris [75]

Afin d’ouvrir pour Doyle c’est un groupe vieux d’une dizaine d’années, originaire de Besançon, qui vient nous mettre dans l’ambiance pour un peu plus d’une demi-heure : The Black Zombie Procession. Groupe qui reste cohérent avec Doyle et les Misfits, étant donné son aspect visuel de pochette puisant son inspiration dans la série Z des films d’horreurs. Des pochettes à base de néons, de corps décomposés, de couleurs flashy… Bref, imaginez les thèmes de Cannibal Corpse rejoignant le visuel de Municipal Waste.

Une prestation classique mais sincère, le groupe nous réveille et offre aux quelques personnes devant la scène des morceaux de crossover thrash, horror core, avec un parfum punk, appelez ça comme vous le désirez, retenez juste que c’est efficace. Des prestations d’un style qu’on ne peut voir que dans des salles telles que le Glazart. Cette ambiance punk, l’aspect brut et improvisé du concert, voir les membres du groupe discuter avant le concert parmi la foule, les effets de lumières approximatifs et les applaudissements timides en fin de morceau, pour un groupe qui les mérite pourtant. Mais il y a tout de même ce côté professionnel, et on remarque les efforts apportés, tels que l’introduction du concert à la batterie, avant que la totalité du groupe ne débarque. Ainsi que l’intention de faire bien qui se voit sur le visage des musiciens qui s’activent et veulent faire vibrer le public le plus possible. Et ce dernier de manque pas de remarquer la qualité de la prestation, car les applaudissements se font de plus en plus fournis.

Un groupe qui intrigue fortement, principalement par son esprit visuel et son univers, car parmi le merchandising se trouvaient notamment plusieurs vinyles et des romans liés au groupe. Une prestation au feeling, sans setlist, avec juste de la passion et de l’émotion, et c’est bien ce qui compte.

Mais il est temps de réveiller le punk qui est en nous, aussi stupide soit-il, et de faire ressurgir un fantôme du passé : Misfits. Car bien que le projet de Doyle soit très différent de la formation punk, impossible d’enlever cette image que l’on a de lui. Alors après une introduction du concert à la batterie, le groupe arrive, un bassiste, un chanteur intrigant aux multiples tatouages de têtes sur son bras (King Crimson, Misfits, Ghost…), et bien évidemment Doyle que l’on n’imagine pas aussi impressionnant malgré les images que l’on a pu voir. Du haut de ce qui peut sembler être deux mètres quand on est en bas de la scène, maquillé de blanc et sa célèbre mèche mise en place, on comprend très rapidement pourquoi son surnom est « Wolfgang Von Frankenstein ». Une bête de muscle qui n’aura de cesse de frapper sa guitare en jouant, sa fameuse « Annihilator », et de faire éclater des bulles du chewing gum qu’il mâche sur scène.

Un monstre qui ne dit pas mot, et qui se contente de jouer de la guitare et faire ses quelques solos. Et même si les compositions solos de Doyle sont présentes et amènent une touche thrash au concert, ce que le public veut principalement entendre, ce sont les titres des Misfits. La moitié de la setlist sera donc composée de chansons de la célèbre formation punk, avec notamment les classiques « Where Eagles Dare », « Last Caress » ou encore « Queen Wasp ». Et ce sont des morceaux du genre qui vont déclencher les pogos dans la salle. Tous ces éléments créent une ambiance de véritable concert punk, dans une salle loin d’être immense, où quelques personnes suffisent à former cette masse pogotante, dans une énergie nostalgique. Le chanteur, Alex Story pour les intimes, est un élément à part du concert. Barbe complète mais sans le bouc, cicatrices de scarifications sur le bras, regard à la fois vide et pourtant vif, et surtout énergie folle. Un humour décalé, présentant Doyle comme étant un ancien membre de Kiss, et démarrant tous les morceaux d’un « it’s a love song, you can dance to it, if you like », sans oublier sa prestation déchaînée sur le morceau « Die Die My Darling » où, à la fin de la chanson, il se mettra à se rouler au sol en criant ses tripes dans son micro, dans une caricature à peine masquée des rockstars.

Une setlist qui aura plu aux fans des compositions de Doyle, ainsi qu’aux nombreux qui ont voulu entendre des titres des Misftis, bien que l’on regrette l’absence d’un hit comme « Halloween“. Mais on a pu entendre un solo de batterie, voir Doyle, pogoter sur des titres phares, avec un son malgré tout très moyen. Une petite salle, où toutes les générations sont là pour un concert qui n’aura eu que très peu de promotion, cela fait du bien de voir un public toujours au rendez-vous. Peu de contact avec le public finalement, une fin sèche, pour un concert qui nous aura frappé comme la première fois où on a écouté du punk. Le style étant très rapide, même si la setlist a l’air plutôt bien fournie, elle passe bien vite. « And in the end, I hope that hell is warm » nous dit le chanteur avant de jouer le dernier morceau.

Ce concert de Doyle agit comme un fantôme. Le groupe basé sur le mythe qu’est Misfits, frappant efficacement, les souvenirs nous traversent. Toutes les générations de fans de musique se rejoignent pour partager un seul et même mouvement : le pogo. Sur un simple et rapide « Goodbye », le chanteur nous laisse, et Doyle, qui n’aura pas décroché un mot de la soirée, s’en va vers les coulisses. Pas de rappel, et sur les coups de 21h30, on quitte la salle. Bien qu’on aurait plusieurs raisons d’être déçu, par la courte durée du concert, et par le son approximatif, on s’aperçoit que notre sourire, durant le concert, ne nous a jamais quitté.

Setlist :

Abominator
Head Hunter
Learn To Bleed
Queen Wasp (Misfits)
Where Eagle Dare (Misfits)
Devil Lock (Misfits)
Valley Of The Souls
Mark of the Beast
Cemetary Sexx
Green Hell (Misfits)
Blood Feast (Misfits)
Last Caress (Misfits)
Dreaming Dead Girls
Strutter (Kiss)
TV Casualty (Misfits)
Skulls (Misfits)
Die Die My Darling (Misfits)
Hope Hell Is Warm



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