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Live Report   

Les coups de griffe de Deströyer 666


Cela faisait un moment que les Australiens de Deströyer 666 n’étaient pas venus au centre de Paris. Ce soir ils défendent leur nouvel opus Wildfire. Connus pour dévaster les salles à coups de solos ultras rapides avec son mélange de black, thrash et death, le combo est accompagné ce soir au Divan Du Monde par les Suisses de Bölzer ainsi que par le one-man-band Trepaneringsritualen.

Dans une salle assez vide et dispersée en ce début de soirée, le leader de Trepaneringsritualen arrive sur scène avec un sac sur la tête comme Jason de Vendredi 13. Une moment assez étrange d’autant plus que le Suédois est épaulé par une simple platine qui sort des sons sombres et brouillons. Un son où le boum-boum et quelques marques de percussions sont de rigueur mais où l’on ne discerne pas grand-chose d’autre. C’est un peu le problème de ce type de samples qui restent somme toute assez brouillons et ne rajoutent pas forcément une patte puissante et intéressante à la musique. Du coup, on tente avant tout de prêter attention au récital de voix du nordiste plutôt qu’au brouhaha derrière lui.

Artistes : Deströyer 666BölzerTrepaneringsritualen
Date : 4 avril 2016
Salle : Le Divan Du Monde
Ville : Paris [75]

Bölzer (Hellfest 2015)

Mais malheureusement pour lui, Thomas Martin Ekelund ne réussit franchement pas à transporter le public qui reste de marbre sans vraiment comprendre ce qui se passe. Au bout de deux morceaux, l’artiste retire son « masque » et dévoile sa longue barbe. Même si le projet Trepaneringsritualen met en avant une identité forte, il n’en demeure pas moins que son univers se révèle être quelque peu inaccessible pour une large partie de l’audience. Pas un mot, pas un sourire pour le Nordiste qui fait son set un peu dans son coin sans vraiment penser au public qui lui fait face. Cela donne une entrée en matière assez bizarre qui aura au moins eu le mérite de ne pas laisser indifférente parce qu’il est clair que la majorité du public ne s’attendait pas à voir une telle performance avant Deströyer 666. Le public partagera tout de même quelques applaudissements en fin de set.

Passons à un style plus rentre-dedans et sans demi-mesure. Ce sont en effet les Suisses de Bölzer qui assurent la transition à l’aide de leur black/death ravageur au son très personnel. Voilà un groupe qui n’a pas encore sorti d’album à proprement parler, mais qui a tout de même à son actif deux EPs et une démo. Sur scène on note seulement la présence d’un guitariste/chanteur, poste occupé par KzR, et d’une batterie assurée par HzR. Ce dernier est entouré par tous les retours comme une protection en guise de cercle sur scène. Bölzer commence par le morceau « Zeus – Seducer Of Hearts » extrait de la démo Roman Acupuncture. Un son appuyé par les blasts beat du batteur et la variation des rythmes rapides/lents. Dès ce premier titre, la guitare sort un son très death mais un peu brouillon et pas toujours très précis. Sur le morceau suivant « Coronal Mass Ejaculation » extrait de l’EP Aura, KzR utilise toutes sa palette technique à la voix, en variant entre chant haut – comme si l’audience se trouvait à un rassemblement religieux – et chant crié notamment sur le refrain. Un son plus black et qui rentre tout de suite dans la tronche de la fosse qui reste statique et concentrée. Bölzer propose une grande richesse dans ses compositions qui font vraiment l’unanimité auprès de l’audience.

Il est vrai que le chanteur/guitariste est plein de charisme et compense très bien le manque d’un ou deux membres supplémentaires. Heureusement, le son du duo va s’améliorer au fil du set, même si on sait que ce type de sons complexes est souvent moins efficace en live que sur disque. Le morceau « Archer » extrait d’Aura, une sortie toujours très bien représentée en live, est un récital de ce que fait de mieux le groupe avec une vraie patte rythmique qui varie dans la structure du morceau. HzR tape sur ses toms comme un sourd et s’aide de la double pédale pour redonner un peu plus de punch au morceau. Comme de coutume, le jeu de lumière est bien sûr très basique pour des groupes de cet univers, lumières bleues et rouges en douches complètes sur les musiciens. Sur « Entranced By The Wolfshook », KzR utilise une autre facette de sa voix (une de plus) en alternant voix très grave (comme du growl à la death mélodique) et un chant plus éraillé (comme un black pur et simple). « The Great Unifier » arrive sur la fin pour achever l’esprit du public grillé par les riffs lourds. Avec un tel charisme, normal que le groupe fasse l’unanimité. Pourtant, on remarquera qu’il n’y a pas eu un seul regard lancé entre les deux compères pendant le set ! Sans doute n’en ont-ils pas besoin… Dans cette optique pas un signe, ni un sourire, ne seront adressés à la foule. Merci quand même pour ce moment sacrément destroy les gars !

Setlist :

Zeus – Seducer Of Hearts
C.M.E.
Steppes
Archer
Entranced By The Wolfshook
Chlorophyllia
The Great Unifier

Deströyer 666 (Hellfest 2014)

Suit une pause d’une grosse demi-heure afin de laisser la décoration scénique se mettre en place avec notamment des pieds de micros en forme de chaînes ainsi qu’un backdrop au fond de la scène. Les lumières s’éteignent et les quatre Australiens de Deströyer 666 font leur apparition sur le nouveau et thrashy « Wildfire ». Un premier extrait du nouvel opus éponyme qui sème le chaos dans le pit dès les premières notes. On enchaîne avec un autre morceau du nouvel album, « Traitor », qui reste sur la même base ; rythme rapide et thrashy, courts solos exécutés rapidement et puissance de voix donnée par l’intraitable K.K. Warslut. Le plus black « A Breed Apart » et le majestueux « I Am The Wargod (Ode To The Battle Slain) » sont deux classiques assurés à la perfection malgré un son pas toujours des plus optimal par moment. « I Am The Wargod » est une composition très épique où la guitare est omniprésente et dont la mélodie entraine tout le public vers une autre galaxie !

Ce récital de riff à 180 Bpm minimum se poursuit. Les deux morceaux qui arrivent sont eux aussi extraits du nouvel opus, « Live And Burn » et « Hounds At Ya Back ». On revient donc vers un son plus thrash avec notamment des chœurs très appuyés, ce qui donne une puissance supplémentaire aux morceaux. Avec un début à la Slayer sur le charlé, « Sons Of Perdition » vient marquer la salle par sa puissance et sa vitesse démentielle qui laisse tout le public sans voix et le pit en feu. Le charismatique leader K.K. Warslut intervient avec bonne humeur avant de lancer le hit des loups australiens, « Satanic Speed Metal », qui est bien sûr repris en chœur par le public. Le groupe fait bien attention à soigner ce morceau de prestige que tout le monde connaît à la perfection. Forcément, on ne pouvait pas passer à côté d’un nouvel hommage pour Lemmy, disparu en toute fin d’année dernière. Et c’est sur le titanesque « Iron Fist » que le groupe peut rendre son hommage à la légende du rock’n’roll qu’était Mr. Kilmister. Après cette belle et émouvante exécution, « Black City – Black Fire », un autre hit du groupe, est joué. Ce morceau extrait de l’album Cold Steel… For An Iron Age prend aux tripes et comme « Satanic Speed Metal » est chanté par les fans en sueur. Juste avant le rappel, la mélodie de guitare de « Trialed By Fire » résonne dans la salle, histoire de faire headbanger comme des fous les plus fervents toujours en feu.

Un petit rappel et c’est le moment pour les quatre compères de jouer le dernier morceau de la soirée, « Lone Wolf Winter ». Un très bon dernier moment pour les adeptes du pit. Des salutations chaleureuses et sympathiques et le groupe quitte les planches du Divan Du Monde en laissant derrière lui une foule dévastée par ces bêtes australiennes qui nous auront bien retourné le cerveau. Très belle prestation d’un des patrons de la scène metal extrême qui, malgré son statut de second rôle, assure toujours autant sur scène en donnant la banane aux spectateurs.

Setlist :

Wildfire
Traitor
A Breed Apart
I Am The Wargod (Ode To The Battle Slain)
Live And Burn
Hounds At Ya Back
Sons Of Perdition
The Calling
Satanic Speed Metal
Iron Fist (reprise de MOTORHEAD)
Black City – Black Fire
Trialed By Fire
Rappel :
Lone Wolf Winter

Live report : Philippe Dory.
Photos : Nicolas Gricourt (Hellfest 2014) et Lost (Hellfest 2015).



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