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Chronique   

Cradle Of Filth – Cryptoriana: The Seductiveness Of Decay


On peut évoquer une renaissance pour Cradle Of Filth, survenue avec l’opus Hammer Of The Witches (2015). Fort d’un nouveau line-up incluant deux nouveaux guitaristes, la formation de Dani Filth brisait le sentiment de déclin qui l’environnait. Aujourd’hui, Cradle Of Filth n’a plus de complexe à assumer son statut de figure « abordable » et grand public de la scène black/death. Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay est avant tout l’album d’une consolidation. En grande partie composé lors d’une semaine à Brno en République Tchèque, ville d’origine d’Ashok et Martin respectivement batteur et guitariste du groupe : Cryptoriana célèbre une stabilité nécessaire à la pérennité du succès. Preuve en est, Scott Atkins est une nouvelle fois aux manettes. Surtout, il démontre que Cradle Of Filth est revenu à l’essentiel : exit la surabondance d’orchestrations, Cryptoriana est un album centré sur les chansons et le jeu de guitare avant tout.

C’est peut-être ce qui est à l’origine de la comparaison sans cesse invoquée avec Cruelty And The Beast (1998). Il y a effectivement une recherche similaire dans l’harmonie des guitares. Pour autant, mis à part « Achingly Beautiful » qui rappelle le Cradle Of Filth des premiers temps avec ses blasts occasionnels et ses screams parcimonieux, les similitudes ne vont pas vraiment plus loin. Cryptoriana bénéficie d’une identité très marquée, inspirée par l’atmosphère gothique qui environne l’époque victorienne. Il est question d’une période fascinée par le surnaturel qui sied on ne peut mieux à l’imagerie et aux ambiances du combo. L’intégralité des arrangements qui parcourent l’album vise à inspirer l’Angleterre du XIXe siècle, y compris dans les titres les plus enlevés tel que « Wesper Vespertine » et son approche thrash, nuancée par la voix de la claviériste Lindsay Schoolcraft qui intervient lors du pont soutenue par quelques notes de piano. Cradle Of Filth se complaît certainement moins dans des instrumentations alambiquées sur Cryptoriana mais il conserve ce sens de la grandiloquence. « Wesper Vespertine » est d’ailleurs le titre qui est le plus sujet aux orchestrations. Le groupe se repose majoritairement sur la performance du duo de guitaristes Ashok et Rich Shaw et fait de Cryptoriana un album aux consonances heavy très présentes. L’introduction massive de « The Seductiveness Of Decay » semble être tirée d’un album récent de Paradise Lost, avant d’emprunter un apparat tantôt thrashy, tantôt plus black metal porté par les blasts de Martin Skaroupka, avant de s’élancer dans des mélodies typiquement NWOBHM. Mention spéciale au riff de « Death And The Maiden » qui démontre que sur des tempos plus mesurés, Cradle Of Filth est toujours capable de s’illustrer avec conviction.

Réalisé avec un soin remarquable sur les ambiances et le jeu de guitare, Cryptoriana semble au premier abord marquer l’avènement d’un opus au moins aussi abouti que son prédécesseur. Les écoutes prolongées de l’album font néanmoins émerger des failles dans la « nouvelle » recette de Cradle Of Filth. Blâmer Cradle Of Filth pour avoir accouché d’un album très proche d’Hammer Of The Witches est malaisé, la volonté n’était pas de modifier le processus de composition mais de le renforcer justement. Cependant, l’impression de répétition apparaît en filigrane avant de devenir un véritable constat. Cradle Of Filth fonctionne avec le même pattern sur l’intégralité de Cryptoriana : un riff en ouverture, une évolution mélodique qui doit amener de la crédibilité à la thématique victorienne et une conclusion pseudo-épique succédant aux soli. Si l’exécution et la production sont irréprochables et que la formule n’a pas de défauts en soi, elle crée une certaine redondance. Ainsi la conclusion de « Heartbreak And Seance » avec ses nappes de claviers et ses leads de guitare rappelle celle de « The Seductiveness Of Decay », qui rappelle elle-même celle d’ « Achingly Beautiful »… Loin d’être un procédé de copier-coller, la composition de Cradle Of Filth force néanmoins l’auditeur à chercher les spécificités de chaque chanson. Heureusement, ils existent.

Ceux qui ont apprécié Hammer Of The Witches seront probablement convaincus par ce Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay. Il confirme que Cradle Of Filth sait construire une atmosphère et lui conférer de la crédibilité, en l’occurrence les fantasmes morbides de l’époque victorienne. Reste que la redondance qui apparaît sur le long terme vient ternir une prestation à la hauteur du statut de Cradle Of Filth. Cradle Of Filth est aujourd’hui le « black » qui s’adresse au plus grand nombre car il s’en éloigne indéniablement, tout en se concentrant sur l’essentiel, soit les guitares, privilégiant bel et bien les aspects heavy metal de sa musique.

Lyric-vidéo de la chanson « Achingly Beautiful » :

Lyric-vidéo de la chanson « You Will Know The Lion By His Claw » :

Clip vidéo de la chanson « Heartbreak And Seance » réalisé par Arthur Berzinsh :

Album Cryptoriana: The Seductiveness Of Decay, sortie le 22 septembre 2017 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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  • Pour avoir délaissé Cradle depuis Midian (pfiou ça date) j’ai été surpris par HOTW, et cet album confirme leur retour, avec de bons riffs, et une belle agressivité. il n ‘y a que la pochette qui est ratée….

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  • très bon album qui confirme le retour en force de CoF depuis Hammer Of The Witches . L’apport des deux nouveaux guitaristes est un pari gagnant .

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