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Chronique   

Cradle Of Filth – Hammer Of The Witches


Cradle Of Filth - Hammer Of The WitchesMême quand on le pense anéanti, même amputé d’un ou plusieurs de ses membres, le mal finit toujours tel une Hydre de Lerne par repousser. C’est ainsi qu’on voyait Cradle Of Filth en bien mauvaise posture, du fait de derniers albums à la qualité inconstante, du départ (une fois de plus) de son guitariste historique Paul Allender ou encore de l’investissement plus récent de son intraitable leader Dani Filth dans le groupe Devilment, dans lequel beaucoup ont lu une préparation du terrain en vue de la fin programmée de Cradle. Le berceau de l’immondice n’a jamais semblé autant en danger, mais c’était sous-estimer les forces restantes du groupe de black symphonique. En effet, harnachée de trois nouveaux membres, les guitaristes Ashok et Richard Shaw ainsi que la claviériste et choriste Lindsay Schoolcraft, la formation d’Ipswich opère au travers de ce Hammer Of The Witches, placé sous les auspices de la Sorcellerie et du Sabbat Noir, un retour à l’esprit des premiers albums – Dani Filth l’avait lui-même annoncé plus proche de Dusk… And Her Embrace, Cruelty And The Beast et Midian. La pochette signée de l’artiste hongrois Arthur Berzinsh, qui s’inspire grandement du tableau « Le Sabbat des Sorcières » de Goya, laisse déjà entrevoir une sérieuse mise au point, à base de stupre et d’une horde de succubes.

Hammer Of The Witches voit en effet le groupe renouer avec l’entrain de ses premières amours, s’agissant de l’accroche globale et de l’agressivité des guitares qui frôle parfois le thrash metal endiablé et roulant, mais aussi dans ce jeu à deux guitares retrouvé qui rehausse l’effort mélodique. Passé l’inquiétante introduction « Walpurgis Eve », renvoyant à la fête néo-païenne de la Nuit de Walpurgis, Cradle démarre pied au plancher avec « Yours Immortally » qui dicte de suite ce rythme aussi belliqueux que fringant. Le plus gothique « Enshrined In Crematoria » transpire le romantisme noir typique des premières heures, bien que le groupe ait opté pour des orchestrations nourries et payantes mais qui se révèlent sobres comparé au style plus atmosphérique déployé sur d’anciens albums tels que Dusk… And Her Embrace. Le groupe n’a pas cherché à rendre celles-ci prépondérantes sur le reste des instruments, et a plus généralement préféré privilégier la qualité à la quantité. Même son chanteur se montre raisonnable et évite salutairement la surenchère lorsqu’il entame ou accompagne les chansons de ses fameux cris aigus et perçants.

Cela faisait longtemps que des titres comme « Deflowering The Maidenhead, Displeasuring The Goddess », et ses sempiternels thèmes de virginité et d’érotisme, agrémenté d’une batterie black metal vindicative et de guitares thrashisantes, mais aussi d’une grandeur épique, n’avaient pas autant bousculé l’auditoire ces dernières années du coté des Anglais. Le très rentre-dedans morceau éponyme de l’album délivre lui-aussi son lot de soufre, bien qu’il soit à rapprocher de l’époque plus plaintive de Godspeed On The Devil’s Thunder, avec son infime orgue baroque et sa narration féminine (comme sur « The Death Of Love »). Cradle brouille par ailleurs les cartes dans des structures plutôt progressives, comme sur le un peu fourre-tout « Right Of The Garden Triptych ». Si le titre démontre l’attachement à l’art religieux européen de Dani Filth avec ce clin d’œil au tableau du « Jardin des délices » de Jérôme Bosch, la construction musicale tend à se montrer décousue malgré des parties qui, indépendamment, accrochent l’oreille. Cradle revient sur le sentier avec un « The Vampyre At My Side » d’abord lancinant et dépressif puis haineux emmené par un Dani Filth déchaîné. Puis vient le temps des derniers gros décibels avec le goguenard « Onward Christian Army » caricaturant la chanson martiale du même nom qui sert d’hymne à l’Armée du Salut, avec en trame de fond la dénonciation de l’influence des sociétés secrètes monastiques qui vivent masquées derrières les grandes institutions.

Hammer Of The Witches se referme sur un instrumental dispensable, mais qu’importe, Cradle Of Filth réussit sa petite cure de jouvence et honore ses engagements en effectuant un retour à ses sources, ce qui ne manquera pas de ravir les plus anciens fans. Un album qui bénéficie sans conteste d’une énergie et d’un enthousiasme renouvelé de la part des nouveaux membres. Une nouvelle ère pour Cradle Of Filth ? Peut-être bien. Un nouveau départ ? Sans doute. Un recentrage sur ses qualités premières ? Assurément.

Ecouter le morceau « Deflowering the Maidenhead, Displeasuring the Goddess » et regarder le clip de la chanson « Right Wing Of The Garden Triptych » :

Album Hammer Of The Witches sortie le 10 juillet 2015 chez Nuclear Blast.



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  • J’ai acheté le CD, comme d’ailleurs, tous les albums de Dani, y compris celui de Devilment. J’aime beucoup, mais j’aime tous les albums… Je suis un fan absolu.

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  • Leur meilleur album depuis Midian . Un sacré retour en forme . Album génial .

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