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Interview   

Craig Goldy : gardien du temple de Dio


A bien des égards, le guitariste Craig Goldy semble avoir pris à bras-le-corps la tâche de gardien du temple de Ronnie James Dio, son ami, père spirituel et mentor, depuis que celui-ci nous a quittés le 16 mai 2010 ; celui qui lui a apporté du réconfort durant une enfance difficile, puis une carrière et des leçons de musique et de vie inestimables. Goldy s’attelle à sa tâche de mettre en pratique ce que le maître lui a appris, que ce soit au sein de Dio Disciples ou Dream Child, encaissant parfois les coups avec philosophie et diplomatie, parce que « les gens qui nous détestent pour l’hologramme et ce que nous faisons, ça vient aussi de leur amour pour Ronnie ».

Mais au-delà de faire vivre les manières de Ronnie James Dio, son rapport aux fans, sa manière de composer et son éthique de travail, la mission de Dream Child, nouveau groupe composé de trois ex-membres de Dio, c’est surtout de « re-capturer une vieille époque qu’on pensait perdue à jamais », en cherchant à faire revivre le génie de Rainbow et autre Deep Purple, deux groupes de sa principale influence en matière de guitare : Ritchie Blackmore.

Voilà ce qu’explique Craig Golgy dans l’entretien d’une heure et demie qui a été retranscrit ci-après, partageant avec nous de nombreux moments de vie dans sa carrière, y compris, évidemment, aux côtés de Ronnie James Dio.

« Ce n’est pas de la faute de Diego s’il a été doté du même type de puissance, et de ce type d’inflexions, et de la capacité de jouer avec sa voix, de te faire ressentir la musique et pas seulement l’entendre. C’est un monstre sur cet album, et il mérite qu’on le voie comme un des meilleurs chanteurs au monde, pas seulement comme un gars qui sonne comme Ronnie James Dio. Il est bien plus que ça. »

Radio Metal : Tout d’abord, pour ceux qui ne la connaissent pas, peux-tu nous raconter l’histoire de Dream Child, comment ce groupe a vu le jour ?

Craig Goldy (guitare) : En fait, c’était via une conversation que j’ai eue avec le président de Frontiers, Serafino [Perugino]. Nous discutions d’autres sujets, et j’avais remarqué des commentaires sur YouTube… Je mentionne ceci parce que, plus tard, je vais sans doute parler d’autre chose qui aura un rapport avec ça. Deep Purple et Rainbow étaient mes groupes préférés et Ronnie James Dio était et est mon chanteur préféré. J’ai donc acheté tous les albums de Deep Puple et de Rainbow, et au fil des années, à force de déménager, certains de ces vinyles et CD ont disparu, donc je pense que ça ne pose pas de souci si je vais les écouter gratuitement sur YouTube, car je les ai déjà achetés deux fois [petits rires]. J’ai remarqué en bas, dans la section des commentaires, que de nombreux commentaires disaient : « Ils ne font plus de musique comme ça. » Il se trouve donc que j’ai mentionné ça au passage à Serafino. Il s’est arrêté et a demandé : « Et toi, tu le pourrais ? » J’ai répondu : « Ben ouais ! » Et alors il m’a demandé : « Tu peux m’avoir Rudy Sarzo ? » J’ai dit : « Ouais ! » Heureusement pour moi, Rudy était intéressé et disponible, et il m’a demandé : « Tu peux m’avoir Simon Wright ? » J’ai dit : « Ouais ! » Heureusement, Simon était également intéressé et disponible. Il m’a ensuite demandé : « Avec qui composerais-tu ? » La première personne à laquelle j’ai pensé était Wayne Findlay, parce que lui et moi avons eu un groupe ensemble, et il a joué du clavier et la seconde guitare pour Michael Schenker. Lui et moi avons essayé de monter un projet similaire, pour ramener le bon vieux temps du Deep Purple de Burn, Perfect Strangers, Stormbringer, et puis la version Rainbow Rising et Long Live Rock And Roll de Rainbow, mais faire que ça sonne comme le XXIe siècle. Vieux mais nouveau. Ce projet n’a jamais décollé, mais lui et moi écrivions très bien ensemble. Je l’ai donc mentionné et puis Jeff Pilson, de Dokken et Foreigner, avec qui j’écris bien, Doogie White de Rainbow également, Alessandro Del Vecchio de Frontiers avec qui j’ai déjà écrit des chansons et ça avait bien marché, Chas West de Resurrection Kings, pareil.

Donc je savais que la composition irait bien et il a dit : « Ouais d’accord, ça me paraît bien. Qui tu prendrais pour chanter ? » [Petits rires] Eh bien, il y a sept ans, un ami de Diego Valdez m’a envoyé un MP3 d’une reprise d’une chanson Dio que j’ai écrite pour Ronnie pour l’album Killing The Dragon. Même si je n’étais pas sur l’album Killing The Dragon, Ronnie et moi avons écrit ensemble pour cet album, c’était une chanson qui s’appelle « Push ». C’était effrayant, ça filait des frissons, parce que ça sonnait comme si Ronnie avait repris sa propre chanson. Mais quand on a perdu Ronnie, j’étais dévasté, car nous étions des amis et une famille, et nous avions travaillé pendant tellement d’années ensemble. C’était tout simplement trop tôt pour faire quoi que ce soit de ce genre, j’étais tellement dévasté que pendant un temps je n’étais même pas capable de penser à composer de la nouvelle musique. Mais il fallait que je mette la main sur Diego, je ne pouvais pas le laisser partir. Nous sommes donc restés amis pendant sept ans. Ensuite, ce jour est venu où Serafino m’a demandé : « Qui tu prendrais pour chanter ? » J’ai répondu : « Attends une seconde, laisse-moi t’envoyer un MP3 ! » Il fallait que ce soit Diego. Ce jour est maintenant arrivé, et nous voilà.

En fait, quand Serafino t’a demandé si tu étais capable de faire de la musique comme ça, qu’est-ce qui a fait que tu étais si sûr de toi ?

Ce sont trois raisons. D’abord, comme je l’ai dit, Wayne Findlay et moi avons eu un groupe ensemble – c’était un excellent groupe –, et nous composions de la musique dans cette veine, et c’était très bon. J’étais tellement excité par ce groupe que nous avions monté que j’étais très déçu que rien n’en soit jamais sorti, mais je savais que nous étions capables de le faire. Aussi parce que, de façon similaire, je peux dessiner une photographie, et très bien peindre. Donc lorsque j’apprenais les solos de Ritchie Blackmore note pour note, c’était très semblable à la manière dont je dessine. Si tu étais assis face à moi, Nicolas, et que j’étais sur le point de te dessiner, je regarderais ton visage et j’essayerais de mémoriser les formes de celui-ci, ensuite je baisserais la tête et je contemplerais un morceau de papier vierge. Je commencerais avec le centre de ton visage, le nez, ensuite j’essayerais de déterminer la distance entre tes yeux, il faudrait que ce soit juste comme il faut, la distance entre le bas de ton nez et le haut de ta lèvre devra être juste comme il faut, ou autrement ça ne ressemblera pas à toi. Des choses comme ça. Donc quand j’ai commencé à essayer de composer de la musique, à apprendre la musique et à essayer de jouer des chansons de Deep Purple et Rainbow, j’ai employé une méthode similaire. Je m’enregistrais et face à cet enregistrement vierge, j’étais là : « Ok, je viens d’apprendre un solo de Ritchie Blackmore, mais est-ce que je suis capable de le faire sonner comme lui ? » J’ai passé de nombreuses années à essayer d’y parvenir, sur mon temps libre, parce que j’adorais tellement sa façon de jouer qu’il fallait que j’apprenne à jouer comme lui. Personne ne sera jamais Ritchie Blackmore, c’est le maître, et de la même façon, personne ne sera jamais Ronnie James Dio, parce qu’il est unique, le premier et dernier de son espèce, et c’est le maître. Mais j’ai été doté de certaines caractéristiques qui me permettent de jouer très proche du style de Ritchie Blackmore, et Diego Valdez a été doté de caractéristiques qui lui permettent de chanter très proche de la manière dont Ronnie chantait. Il a la même puissance et il a les inflexions : quand les paroles requièrent de la colère, Diego est capable de jouer avec sa voix et de sonner en colère. Si les paroles requièrent de la tristesse, il sonne triste. Ce genre de choses. Donc tout ça réuni fait que je savais que nous en étions capables, mais je ne pensais pas que ce serait aussi bon. Je savais que ça allait être bon parce que nous avions Rudy, Simon, Diego, Wayne, Jeff Pilson, Chad West, Alessandro Del Vecchio, Doogie White et moi-même à la composition, mais à mesure que chaque chanson prenait forme, ça devenait bien plus que ce à quoi je m’attendais.

« [Ronnie James Dio] m’a montré sa méthode, parce qu’il voulait que je porte le flambeau pour lui, il voulait que sa manière de composer et son éthique de travail lui survivent. »

Ce qui est frappant à l’écoute de l’album, c’est à quel point Diego sonne parfois très proche de Dio. Etait-ce important de conserver cette signature vocale ?

Oui et non. Oui parce que Ronnie était et est mon chanteur préféré. Même avant que je ne rencontre Ronnie, j’étais constamment à la recherche d’un gars qui pourrait sonner comme lui, ce qui revient à demander l’impossible [petits rires]. Je n’ai jamais rêvé… Oh si, j’ai rêvé, mais je n’ai jamais vraiment pensé que ça deviendrait réalité, que je serais dans un groupe avec Ronnie James Dio. Quand ce rêve s’est réalisé, c’était genre, oh mon Dieu ! Ça c’était une tout autre histoire en soi, mais c’est la musique que j’adore ! Donc, en tant que musicien, artiste et personne à qui ce type de son manque, je voulais essayer de recréer, re-capturer une époque qu’on pensait depuis longtemps perdue et qui ne reviendrait jamais, et non seulement essayer de re-capturer ça mais en faire quelque chose de nouveau, d’une certaine façon. L’époque de Deep Purple et Rainbow Rising, c’était notre objectif. Le but n’était pas de dire : « Hey, peux-tu sonner plus comme Ronnie ? » Pas une seule fois je n’ai eu à demander ça à Diego. Notre mission était vraiment de ramener la bonne vieille époque et d’essayer de la faire sonner neuve. Ça n’avait rien à voir avec le fait de dire : « Essayons de sonner aussi proche de Dio que possible. » Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. C’est que c’était mon chanteur préféré, Ritchie était mon guitariste préféré. Ronnie était le chanteur sur presque toutes mes chansons préférées, donc ça m’influence énormément. Idem pour Diego. Donc, ce n’est pas un hommage ou une copie, c’était un album « influencé par ».

Malgré tout, n’est-ce pas risqué d’avoir un chanteur qui sonne aussi proche de Dio mais qui, évidemment, n’est pas Dio ? N’avais-tu pas peur qu’on le qualifie négativement de clone de Dio ?

Il y a des gens qui vont le penser, mais il faut bien qu’ils réalisent que j’ai vraiment attendu sept ans, et je comprends pourquoi ça peut poser problème à des gens, mais le reste de l’album… Et surtout Rudy et Simon étaient mes chiens de garde. Je savais à coup sûr que si nous nous rapprochions trop de Ronnie, ils auraient été les premiers à dire : « Craig, mec, il faut que tu calmes Diego, c’est trop ! » Mais ils ont eux aussi commencé à adorer. Diego met sa propre patte là-dedans. Dans l’album, il n’y a que trois chansons que les gens ont entendues jusqu’ici, mais il y en a douze en tout dans l’album. Donc quand on se pose pour écouter de la première à la douzième chanson, on entend Diego être lui-même.

Le line-up est plus ou moins la dernière incarnation du groupe Dio, sauf pour ce qui est de l’absence de Scott Warren. Avais-tu l’impression de reprendre là où vous vous étiez arrêté avant le décès de Ronnie James Dio ?

Ça ne m’a jamais traversé l’esprit, à cause de la façon dont ça s’est fait. Si quelqu’un m’avait demandé de faire ça, j’aurais refusé. Si ça avait été ça la mission, « hey, essayons de réincarner le dernier line-up de Dio avec un gars qui sonne comme Ronnie », si quelqu’un m’avait demandé de faire ça, j’aurais dit non. Comme je l’ai dit, la mission, dans mon esprit, était totalement différente. Quand nous avons intégré Diego, c’était genre : « Wow, ce mec est un monstre ! » Et j’aimais bien quand il sonnait comme Ronnie, parce que c’est mon style de chanteur préféré. Mais il y a pas aussi mal d’éléments renvoyant à Whitesnake dans cet album, il y a des éléments renvoyant aux premiers Van Halen, des éléments de Rainbow époque Joe Lynn Turner, des éléments de Deep Purple. Ronnie n’a jamais été dans Deep Purple, mais il y a du Deep Purple, et même des éléments de Genesis. Il y a donc plein d’ingrédients dans cet album qui n’ont rien à voir avec Dio, si ce n’est que de temps en temps Diego sonne comme lui. Il a été doté de caractéristiques très semblables, et c’est comme ça que les gens devront le voir, parce que c’est la vérité. Le cœur de la chose et la mission ne correspondent pas à l’impression que certaines personnes ont pu en avoir. Ce n’est pas de la faute de Diego s’il a été doté du même type de puissance, et de ce type d’inflexions, et de la capacité de jouer avec sa voix, de te faire ressentir la musique et pas seulement l’entendre. C’est un monstre sur cet album, et il mérite qu’on le voie comme un des meilleurs chanteurs au monde, pas seulement comme un gars qui sonne comme Ronnie James Dio. Il est bien plus que ça.

En termes de composition, était-ce différent de ce que tu as connu avec Dio, ou bien y vois-tu des similarités ?

Non. Le truc est qu’à un moment donné sur la tournée Dream Evil, pendant les répétitions, Ronnie m’a regardé, juste en face de son meilleur ami et assistant de tournée préféré – donc j’ai un témoin, si jamais j’ai besoin de faire appel à lui, ce qui n’a pour l’instant pas été le cas –, et il a dit : « Goldy, je veux te passer le flambeau, gamin. » L’assistant de tournée et moi nous sommes regardés, et il a dit : « Wow, tu sais ce que ça veut dire ? » « Ouais. » « C’est énorme ! » « Je sais ! » Je n’avais pas totalement compris ce que ça voulait dire jusqu’à aujourd’hui. Le réseau de Ronnie était très étendu. J’ai eu la chance de prendre part à des sessions avec des producteurs et ingénieurs qui ont travaillé avec Led Zeppelin, Pink Floyd, John Lennon et Jimi Hendrix, et même si certains de ces artistes ne sont plus parmi nous, ces ingénieurs sont toujours en vie, et Ronnie me permettait d’être dans la même pièce, même quand j’étais dans Rough Cutt (groupe managé par Wendy Dio et que Ronnie James Dio a aidé à développer, NDLR), bien avant que je ne rejoigne Dio. J’étais ami avec Ronnie, j’étais toujours dans les parages. J’ai eu la chance de voir comment lui et Angelo [Arcuri]… Ils employaient des méthodes peu orthodoxes pour obtenir le son qu’ils obtenaient, et Ronnie levait le rideau et me montrait comment les choses fonctionnaient. Il me montrait ses méthodes de composition et d’écriture des textes, comment il trouvait les paroles et les lignes mélodiques. Il disait : « Goldy, il faut que tu penses une chanson soit comme une histoire soit comme une conversation que tu aurais avec l’auditeur dans un environnement musical. Tu dois d’abord trouver une mélodie, et les paroles viennent dans un second temps. C’est très dur, parce que la mélodie dicte le nombre de syllabes que tu as pour raconter ton histoire ou que tu peux utiliser dans cette conversation. » Et il disait : « En plus, il faut que ça rime ! » [Petits rires] Ce n’est que la partie visible de l’iceberg, c’est très dur à faire.

« Depuis que je suis enfant, j’ai toujours eu conscience du royaume invisible, et c’est devenu une part importante de ma vie. C’est pour ça que Ronnie m’avait surnommé Dream Child. »

Il m’a montré sa méthode, parce qu’il voulait que je porte le flambeau pour lui, il voulait que sa manière de composer et son éthique de travail lui survivent. Quand il me montrait ces choses, j’étais encore dans Rough Cutt. Il allait à des réunions chez Warner, et aucun autre membre du groupe n’était invité, excepté moi, et j’étais dans Rough Cutt [petits rires]. Wendy Dio était assistante juridique, donc elle m’a appris comment lire et rédiger des contrats, et l’avocat de Ronnie, Stan Diamond, avait aussi des clients tels que David Bowie et de grands noms, mais il se posait quand même avec moi pendant des heures pour me montrer comment lire, rédiger et négocier des contrats. J’ai donc eu la chance de travailler avec le magicien, et le magicien, en privé, en tête à tête, levait le rideau et me montrait comment il créait sa magie. Il a déversé autant d’informations dans l’éponge qu’était mon cerveau qu’elle pouvait en absorber. Aujourd’hui, je commence tout juste à être capable d’utiliser toute cette information que j’ai recueillie au cours des trente dernières années, et de l’utiliser d’une manière qui, j’espère, le rendrait fier, mais aussi qui fasse perdurer le type de musique que j’adore et que le monde adore. C’étaient les commentaires des gens qui ont lancé tout le truc au départ. Ils disaient : « Ils ne font plus de musique comme ça. » Eh bien, en fait, nous le faisons ! [Petits rires] Ou, tout du moins, nous essayons très fort de le faire.

Quelle est la chose la plus importante qu’il t’ait apprise ?

C’est incommensurable mais je suppose que le plus important est vraiment d’être fidèle à soi-même. Il y a des fois où il y avait plein de gens autour de Ronnie qui disaient : « Tu sais, Ronnie, si tu faisais ça, tu serais bien plus populaire. » Ça venait d’autres musiciens, d’autres agents, même d’autres manageurs et maisons de disques qui pensaient savoir ce qui était le mieux pour Ronnie. Je me souviens de Ronnie se confiant à moi, il y a longtemps, et me disant que Wendy était la seule personne en qui il faisait confiance. Souvent, je voyais comment ils travaillaient ensemble en équipe. Mec, c’était une équipe incroyable quand ils ont construit ce groupe, Dio, de zéro. Parce que lorsqu’il a quitté Black Sabbath… Dans l’industrie musicale, même si tu es tête d’affiche dans des arènes de vingt mille places tous les soirs, quand tu lances un nouveau groupe, peu importe qui tu es, tu recommences tout de zéro. Il a donc dû à nouveau faire des premières parties. Je l’ai vu faire tellement de choses que je trouvais être en dessous de lui, mais Wendy et lui avaient une vision. Il était le visionnaire et elle était le business. Il y est allé et a mis les mains dans le cambouis, a pris la pelle et a ouvert une voie qui n’avait pas encore été explorée, et il a créé ce monde et cet extraordinaire répertoire grâce à son esprit et son imagination sans limites. Tout le monde était le bienvenu dans son monde tant que chacun se comportait bien avec les autres. Mais mec, quels chefs-d’œuvre il a créés ! Il n’a jamais… Ok, bon, le truc de Seattle est arrivé, il n’a pas changé, mais il avait toujours une maison de disques, il avait toujours un super groupe, et il continuait à sortir un album et tourner tous les ans. Jusqu’au jour où cet homme a perdu son combat contre le cancer, il avait toujours une maison de disques et une communauté de fans suffisamment importante pour lui permettre de continuer chaque année, et ça c’est parce qu’il est resté fidèle à lui-même.

Quand tu as créé ces chansons pour l’album de Dream Child, est-ce que Ronnie était dans ta tête ou même – je ne sais pas si tu es spirituel – est-ce que tu ressentais sa présence, d’une certaine façon ?

C’est marrant que les gens me demandent ça. Oui ! Bien avant que ceci n’ait commencé, j’ai fait deux chansons en tant qu’hommage personnel à Ronnie. Je crois qu’elles sont disponibles sur iTunes ou via CDBaby. Ça s’appelait Craig Goldy’s 13th Floor, mais un groupe s’appelait 13th Floor ou pensait détenir le nom, donc j’ai dû le renommer et c’est finalement devenu Craig Goldy’s Personal Tribute. Mais ce sont deux chansons, l’une d’entre elles s’appelle « Hole In My Heart » et l’autre « Dark Rainbow ». C’était il y a environ quatre ans, quand j’ai recommencé à écrire de la musique, et j’ai ressenti : « Bon, la première chose que je vais faire, c’est mon propre hommage à Ronnie. » J’ai donc composé deux chansons, et quand Wendy les a entendues, elle était en larmes. Je lui ai dit : « Ça peut paraître étrange mais c’était presque comme s’il était là avec moi en train d’écrire ces paroles et lignes mélodiques, grâce à ce qu’il m’a montré sur sa façon d’écrire. » J’allais le créditer pour ça, et elle a dit : « Non, non, non ! Ronnie ne ferait jamais ça, il n’accepterait jamais quelque chose qu’il n’a pas fait. » Mais ça montre à quel point il était proche de moi. Et encore aujourd’hui, nombre de ceux qui le connaissaient aussi bien se demandent « qu’est-ce que Ronnie aurait fait ? » quand ils font face à une situation donnée. Voilà l’impact qu’il a eu sur nos vies.

Je crois en l’au-delà, et je crois au royaume invisible. J’arpente chaque jour la limite entre les royaumes visible et invisible. Car quand on y pense, le royaume invisible est là où tout se décide en premier. Nos actions, c’est la troisième chose qui se produit. D’abord, on a une idée, or on ne voit pas cette idée. Ensuite on décide sur la base de cette idée, or on ne voit pas non plus la décision, jusqu’à ce qu’on agisse en conséquence. Nos actions sont la version animée du processus de prise de décision qui a lieu dans le royaume invisible. Donc le royaume invisible dirige les choses, et nous ne sommes que la version animée du royaume invisible. Que l’on croie en Dieu ou pas, ce n’est que purement factuel. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours eu conscience du royaume invisible, et c’est devenu une part importante de ma vie. C’est pour ça que Ronnie m’avait surnommé Dream Child, en raison de mon système de croyances… Même si j’ai vécu des moments très difficiles étant enfant, et que j’ai eu une vie très dure, à bien des égards, des choses étranges m’arrivaient et je n’ai jamais compris pourquoi quatre-vingt à quatre-vingt-dix pour cent de mes souhaits se sont réalisés. Quand un cœur pur fait un vœu et remue ciel et terre, et est disposé à abattre la somme de travail qu’il faut afin que sa réussite ou son objectif se manifeste dans le monde physique, des choses se produiront. Voilà pourquoi il me surnommait Dream Child. Parce que, quand j’ai rejoint le groupe, nous donnions des interviews ensemble dans la même pièce – il était sur un téléphone et moi sur un autre – et les gens me demandaient : « Qu’est-ce que ça fait ? » « Eh bien, c’est un rêve devenu réalité ! » Il entendait tout le temps ça, donc c’était mon surnom. Du coup, à mesure que l’album commençait à prendre forme, ce nom semblait de plus en plus convenir.

« Si je racontais à tout le monde certaines des choses qui me sont arrivées, les gens que j’ai croisés et à quel point ils ont été sympas avec moi, c’est presque la version rock’n’roll ou heavy metal de Forrest Gump. »

Ta spiritualité peut donc expliquer pourquoi l’album contient au moins deux chansons – des chansons épiques qui plus est – qui traitent de l’au-delà…

Ouais, l’une spécifiquement parle du royaume invisible… Ouais, il y a au moins deux chansons – une spécifiquement, et une autre qui touche un peu aux deux. « Until Death Do We Meet Again » en parle, et « Light In The Dark ». Car aussi sombre que cela puisse paraître, « Until Death Do We Meet Again » m’est vraiment venue en observant les gens se marier et dire « jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Je crois en l’au-delà, donc ce ne serait pas plutôt « jusqu’à ce que la mort fasse qu’on se retrouve ? » J’ai pensé : « Oh, ça ferait un bon titre un jour ! » J’ai donc attendu d’avoir la bonne musique et les bonnes lignes mélodiques qui iraient avec, et sans surprise j’ai pu l’utiliser. Ça aussi, c’était une des spécialités de Ronnie : aborder un thème très sombre mais avec un message positif.

Sont-ce des choses auxquelles tu as encore plus pensé depuis que Ronnie est mort ?

Eh bien, pas plus… Parfois, c’est presque comme si les chansons m’étaient données. Parce que lorsque je suis dans un état particulier, je suis très conscient du royaume invisible. Il est tous les jours autour de nous. On a un cerveau subconscient et un cerveau conscient, donc on le retrouve là-dedans aussi. Mais j’ai très conscience du royaume invisible et de son influence sur nous. Et certaines chansons me sont presque comme offertes, tandis que pour d’autres, je dois travailler très dur pour les obtenir. C’est presque comme une chasse au trésor : parfois je dois creuser encore et encore, et travailler, et regarder sur la carte. C’est presque comme Indiana Jones, il vit un enfer pour pouvoir trouver ce qu’il recherche, mais il finit par le trouver. Et puis certaines choses viennent toutes seules. C’est très intéressant. Certaines personnes trouvent que je suis plutôt bizarre, mais je fais seulement avec ce que je connais, et ce que je vois, et comment les choses se passent. J’ai eu la chance de travailler avec Ronnie James Dio, j’ai eu la chance de rencontrer Ritchie Blackmore, et j’ai eu une très belle conversation avec lui dans sa loge privée quand nous ouvrions pour Deep Purple. J’ai eu la chance de travailler avec David Lee Roth, j’ai eu la chance de travailler avec Joe Lynn Turner, et jouer avec lui, et composer avec lui, et il est devenu mon ami. David Lee Roth est devenu mon ami. J’ai travaillé avec le producteur de Pink Floyd. Nous avons tourné avec Scorpions, c’étaient ses amis, Iron Maiden, Motörhead…

Je me souviens une fois, quand j’avais mon propre groupe qui s’appelait Ritual, avant mon tout premier album solo, nous répétions au même endroit où Rudolf Schenker – mais ils l’appelaient Rudy, donc ce n’est pas Rudy Sarzo quand je dis Rudy, c’est Rudolf Schenker – faisait une séance photo avec tous ses Marshalls, et il y avait un paquet d’enceintes et têtes d’ampli factices, c’est-à-dire que ça a l’air réel et que ça s’allume, mais il n’y a pas de haut-parleur dedans, et ça ne produit pas de son. C’était pour la séance photo. J’utilisais ce tout petit ampli, j’adorais comment il sonnait, et je le mettais derrière le tas de Marshalls, je le repiquais derrière, et je mettais un micro factice devant la pile de Marshalls [petits rires]. J’étais dehors sur le parking, et je l’ai vu, j’ai dit : « Hey, Rudy ! » Nous avons commencé à parler petit à petit, et j’ai dit que j’utilisais ce tout petit ampli, et il me dit : « Non, non, tu ne dois pas faire ça ! » Donc il m’a prêté ce mur d’enceintes Marshall factices, de façon à ce que, quand nous allions jouer en tête d’affiche au Roxy, ça ait l’air impressionnant. Il me disait : « Fais bien attention à les ramener ! » [Petits rires] Des trucs comme ça et tellement plus. Si je racontais à tout le monde certaines des choses qui me sont arrivées, les gens que j’ai croisés et à quel point ils ont été sympas avec moi, c’est presque la version rock’n’roll ou heavy metal de Forrest Gump. Les gens penseraient : « Non, ça ne peut pas être vrai. Il y a des choses là-dedans qui sont forcément des mensonges ou des exagérations. » Mais non. Ma vie a été remplie de difficultés aussi, parce que là où on te donne beaucoup, on exige aussi beaucoup de toi. Donc afin d’obtenir ces choses, beaucoup a été exigé de moi.

La chanson « One Step Beyond The Grave » parle de gens qui ont frôlé la mort et ont eu des expériences de mort imminente. Est-ce quelque chose qui t’est arrivé ?

Oui, et aussi un ami très proche a eu une tumeur cérébrale, et avant de passer sous le bistouri, il a dû mettre de l’ordre dans ses affaires et dire au revoir à tout le monde, parce qu’il ne savait pas s’il allait en ressortir vivant. Mais quand il s’en est remis, il est revenu en meilleure forme que jamais. Cette histoire m’a donc aussi beaucoup touché. Il y a donc un peu de ça aussi. Ça parle de gens qui ont affronté la mort, l’ont conquise et ont vécu pour raconter le récit, les expériences de mort imminente, le royaume invisible, ce genre de choses. Il y a des paroles qui donnent la chair de poule là-dedans, mais il y a aussi de belles paroles, et certaines de ces paroles m’ont été données pendant que je marchais sous l’équateur séparant les royaumes physique et invisible.

Quelle était ton expérience de mort imminente ?

En gros, j’ai été impliqué dans un accident de voiture, et j’aurais vraiment pu mourir. Un instant je suis en train de conduire et l’instant suivant on est en train de me réanimer, et ma poitrine me fait mal parce que l’airbag s’était ouvert, et bon sang, si jamais tu vis ça, tu verras que ça te fera mal pendant deux semaines ! L’officier de police m’a fait passer un test, j’ai vu qu’il avait marqué que j’étais clean, ça n’avait rien avoir avec ça. C’était juste que les gens à Los Angeles sont de parfaits trous-du-cul. Ils sont tellement égoïstes qu’ils t’enverraient dans le décor s’il le fallait. J’ai simplement sous-estimé l’espace que j’avais, je ne pensais pas que ce gars irait aussi loin. Nous roulions à environ 110 kilomètre-heure, nous approchions un stop, et il y avait ce gars qui avait absolument besoin de passer devant moi pour je ne sais quelle raison. C’était genre, mec, tu ne vas nulle part, il n’y a aucune sortie avant cinq kilomètres, donc au bout des cinq kilomètres, tu vas te retrouver arrêté à un stop, mais tu vas mettre ta vie et ma vie en danger rien que pour passer devant moi ? Donc je me suis mis à faire : « Oh, vraiment ? » J’étais stupide à l’époque, et puis tout d’un coup, j’ai perdu la bataille [rires]. Mais j’ai vécu pour raconter le récit.

« Etant enfant, j’ai vécu dans une famille très violente […]. Ronnie était la voix vers laquelle je me tournais après avoir été battu ou quand les choses tournaient mal. »

Je sais que tu avais commencé à travailler avec Dio sur le second album Magica avant qu’il ne décède. Qu’est-il arrivé à ces chansons ? Les as-tu utilisées pour cet album ou as-tu l’intention de les utiliser à l’avenir ?

Oh non. Je n’aurais jamais utilisé quoi que ce soit de ce genre pour cet album, je n’aurais jamais fait quelque chose comme ça. Mais il y a une chanson inédite que Ronnie et moi avons écrite et qui n’a jamais pu être terminée avant sa disparition. Je sais que Wendy veut la sortir à un moment donné. Je ne suis pas certain quand. C’est vraiment sa décision. Car il n’a jamais eu l’occasion de finir le pont vocal, mais il a poursuivi l’histoire et narré une portion de l’histoire, et chanté sur quatre-vingt-dix pour cent de cette chanson. Mais le pont vocal, il ne l’a jamais fini. Donc quand Wendy a entendu mes deux chansons hommages, elle était en larmes. « Wow, c’est tellement beau, » disait-elle. Donc elle m’a chargé d’écrire la ligne mélodique et les paroles du pont vocal, et ensuite nous allons trouver quelqu’un de spécial pour chanter ce passage à un moment donné, mais quand, ça je ne sais pas, car c’est en fonction de l’emploi du temps de Wendy. On m’en informera quand ce sera le moment. Mais il faudra que ce soit quelqu’un de très spécial, de très proche de Ronnie ; peut-être Ian Gillan, Glenn Hughes ou David Coverdale. Quelqu’un pour qui ça ferait sens qu’il soit invité à chanter dessus.

Mais comment ça sonne ? Car ça a été fait à un moment très spécial dans la vie de Ronnie…

Quand ça sortira, ayez le cœur bien accroché parce qu’il y a un personnage à propos duquel il chante qui dissimule ce que Ronnie vivait, ce qu’il affrontait chaque jour. Ce ne sera pas difficile pour les gens de lire entre les lignes, de voir de qui ça parle en réalité. Il chante à propos de lui-même. Mais c’est un autre personnage et c’est déchirant. Mais c’est tellement bon, Ronnie était un maître. C’est une très bonne chanson, et j’ai hâte que ça sorte, simplement parce que c’est tellement bon. Même avec ce qu’il vivait… Il y avait un moment – c’est le moment dont je suis à la fois le plus fier et le plus triste – quand le médecin a dit à Ronnie qu’il était en parfaite santé et qu’il pouvait désormais faire tout ce qu’il voulait. Il était encore dans Heaven And Hell, et il aurait très bien pu se contenter de continuer avec Heaven And Hell, parce qu’ils rejouaient dans des arènes de vingt mille places, et ils se faisaient beaucoup d’argent. Il aurait pu juste amasser de l’argent pour sa retraite. Wendy a regardé Ronnie et demandé : « Qu’est-ce que tu veux faire ? » Et il a répondu : « Je veux composer avec Craig. » Voilà d’où vient cette chanson.

Tu as aussi les Dio Disciples et maintenant ce nouveau groupe, toujours basés sur l’héritage de Ronnie James Dio. Sa musique a de toute évidence été très importante pour toi, au-delà même du fait que tu étais son guitariste. A quel point est-ce que ça a été déterminant pour toi étant enfant et en tant qu’homme, et pas juste en tant qu’artiste ?

Wow ! Etant enfant, j’ai vécu dans une famille très violente ; violente verbalement et physiquement. On m’a envoyé la tête la première sur le rebord d’une fenêtre et j’ai dû avoir des points de suture quand j’avais à peine quatre ans. J’ai fait des allers-retours à l’hôpital, j’ai eu des tubes en métal dans certaines parties du corps, ce qui ne devrait jamais arriver quand on a onze ans. Ça fait mal et c’est inconfortable. Mais Ronnie était la voix vers laquelle je me tournais après avoir été battu ou quand les choses tournaient mal. Donc cette musique signifie beaucoup pour moi. En tant qu’homme, cette musique a désormais une autre signification, parce que toute cette époque que j’ai détestée… Je me suis enfui de la maison et j’ai vécu dans une voiture, ensuite, quand Jake E. Lee a rejoint Ozzy, ils ont passé des auditions pour remplacer Jake dans Rough Cutt, et il y avait quelque chose dans ma démo qui a fait que Ronnie et Wendy ont dit : « Il faut qu’on amène de gamin ici, mais comment trouve-t-on un gamin qui vit dans sa voiture ? » [Petits rires] Ils m’ont loué un ampli… Ils auraient pu vraiment se faciliter la vie, car il y avait un tas de guitaristes à Los Angeles. Ils avaient des amplis, des pédales, des habits de scène, des gens qui les suivaient, un endroit où vivre, mais il y avait quelque chose dans ma démo qui a donné envie à Ronnie de me rencontrer. Lui et moi nous sommes bien entendus dès la première seconde de notre rencontre jusqu’au jour où il a quitté cette planète. Lui et moi avions une relation de travail et une amitié très étroites. Ce soir-là, à la fin de l’audition, il n’y avait plus que lui et moi, nous étions assis sur le canapé, nous parlions. Nous faisions tout le temps ça, il m’invitait chez lui, nous étions juste tous les deux, et quand il commençait à se faire tard, il sortait un matelas, mettait des draps et une couverture dessus, et un oreiller, et il me bordait comme un père avec son enfant, et il me donnait un casque pour que je puisse écouter les enregistrements de Holy Diver avant même qu’ils ne soient finis. Il faisait toutes sortes de choses comme ça. Il se mettait en quatre pour moi.

C’était très étrange que mon héros soit mon ami, et fasse des choses comme… J’étais sans domicile fixe, je vivais sur le canapé du groupe Rough Cutt et j’alternais entre chaque membre du groupe chaque semaine. Une semaine, j’étais chez l’un des membres, j’avais acheté une boîte de thon et je me suis fait un sandwich au thon. Ensuite ce gars revient chez lui et pète un câble, en disant : « Hey mec, c’est ma boîte de thon ! » J’étais là : « Mec, c’est qu’une boîte de thon. Je t’en rachèterai une autre. » Mais il a pété un câble si fort que tout le monde a été au courant, et je n’ai pas dit un mot. Le lendemain, je regarde par la fenêtre, et il y avait la voiture de Ronnie qui était garée. Ronnie et Wendy sont sortis de la voiture avec deux gros sacs de courses à chaque bras. Ils ont monté les marches et ont utilisé leur pied pour frapper à la porte, parce qu’ils n’avaient aucune main de libre. J’ai ouvert la porte, ils sont rentrés en trombe et ont balancé les courses sur la table, et ils ont dit : « Ça c’est pour Craig, fous-lui la paix ! » Et ils sont repartis en trombe comme ils sont entrés, pour aller finir les enregistrements de Holy Diver. Ils avaient arrêté les enregistrements de Holy Diver parce qu’ils avaient eu vent de cette injustice sur une boîte de thon [petits rires], ils sont partis au magasin acheter des articles pour l’équivalent de quatre gros sacs de courses, me les ont livrés eux-mêmes et ont dit « c’est pour Craig, fous-lui la paix ! », pour repartir comme ils sont venus et reprendre les enregistrements de Holy Diver. Tout ça rien que pour un boîte de thon !

« Ça m’a attristé, pour être tout à faire franc [quand j’ai vu le nouveau Rainbow]. Il avait cette énorme scène et il y a mis ce tout petit groupe dessus, dont un gars qui a l’air d’être en pyjama. C’était bizarre. »

En tant qu’homme, avec les Dio Disciples, quand je descends de scène après un concert, je vois les yeux emplis de larmes des fans de Dio qui l’aiment et à qui il manque autant que nous. Donc désormais, j’ai l’occasion de les traiter comme il les traitait. Si je les vois sous le soleil brûlant dehors, pendant les balances, à attendre pour obtenir un autographe, je fais ce que Ronnie ferait, je les invite à l’intérieur pour les soulager de la chaleur dans une pièce avec de l’air conditionné, ou s’il fait glacial, pour les abriter du froid et les amener dans la salle où il fait chaud. J’en fais plus pour les traiter avec amour et respect, et je prends le temps. Parce que de nos jours, les groupes ne font pas ça. Il y a des meet and greets payants, ils signent des autographes et puis au suivant, et ouais peu importe. Certains ne traînent même pas avec les fans. Ronnie ne ferait jamais ça. Donc maintenant, en tant qu’homme, je peux essayer de faire perdurer ses manières, et sa façon d’être avec le groupe, et c’est ce que je préfère dans les concerts de Dio Disciples, et en tant que Craig Colgdy, l’homme. Quand je monte sur scène, je ne suis qu’un fan. Je ne suis qu’un fan qui a intégré le groupe, et une fois que je suis sur scène, je suis leur égal, tout comme Ronnie l’était, il traitait tout le monde comme son égal. D’après Ronnie, être fan faisait de toi un ami, et ses amis étaient sa famille, donc ça faisait de toi sa famille. Donc chaque concert de Dio Disciples était comme une réunion de famille et une commémoration sous la forme d’un concert de rock. Je veux dire que je voyais des lettres que Ronnie recevait de la part de militaires, le remerciant d’avoir écrit ce type de musique qu’ils utilisaient afin de leur donner le courage nécessaire pour aller sur la ligne de front durant la guerre, et affronter l’inimaginable.

Comment t’es-tu retrouvé sur seulement trois albums de Dio, compte tenu de la relation que vous aviez ?

C’était la vie, tout simplement. Tous les jours je dresse une liste de choses que j’ai besoin de faire, mais la vie ne tient pas compte de ces listes ! [Petits rires] Donc parfois la vie se met en travers du chemin. Comme Dio était géré comme une famille, la plupart des fois où j’étais hors du groupe était parce que quelque chose se passait, ou un membre de ma famille avait besoin de moi, ou il se passait quelque chose dans ma famille, et il fallait que je m’occupe d’eux, et Ronnie était là : « D’accord, va faire ce que tu dois faire. » Je rêvais que j’étais de retour dans le groupe, et tout d’un coup, le lendemain, je recevais un appel téléphonique de Wendy, disant : « Ronnie veut que tu reviennes dans le groupe, saute dans un avion. » Nous sommes toujours restés amis, même quand il était dans Heaven And Hell, il m’appelait chez moi et me lisait ses paroles par téléphone [petits rires]. Il faisait tout le temps ça. Quand nous tombions par hasard l’un sur l’autre, nous laissions tomber tout ce que nous faisions, Wendy se retrouvait coincée en voiture avec la fille avec qui je sortais pour aller en after, et Ronnie et moi étions dans sa voiture pour également nous y rendre, mais nous faisions un détour par son bureau pour qu’il puisse me faire écouter le nouvel album, que ce soit The Last In Line, ou Sacred Heart, et il me demandait : « A ton avis, ça veut dire quoi ? » « Eh bien, on dirait que tu dis ci, mais en fait tu dis ça… » « Ouais, exact, exact, mais personne ne me comprend comme toi tu me comprends. » C’était ce genre de truc. Donc je recevais un coup de téléphone : « Goldy, il faut que tu écoutes ça, parce que quand je l’ai écrit, j’ai pensé à toi. » Et c’était la musique de Heaven And Hell, qui était en gros le line-up époque Mob Rules de Black Sabbath. Nous n’avons jamais cessé d’être amis, nous sortions et peut-être allions dîner, ou prenions une bière ensemble, ou parlions au téléphone, etc.

Un autre groupe prétend re-capturer une vieille époque : Last In Line avec les membres originaux de Dio Vivian Campbell et Vinny Appice, ainsi qu’initialement Jimmy Bain qui nous a malheureusement quittés depuis. Leur but était de retrouver l’alchimie du groupe originel. Quel est ton sentiment sur ce qu’ils essayent d’accomplir ? Penses-tu que vos intentions soient comparables ?

Eh bien, [réfléchit] je n’ai rien contre ces gars, j’adore travailler avec Vinnie Appice. C’est un super mec. Lui et moi sommes devenus de très bons amis. J’ai travaillé avec Jimmy Bain dans un groupe qui s’appelait Hollywood Allstarz, où Chas West était le chanteur, mais il a dû se désister, donc Andrew [Freeman] l’a remplacé. C’est là qu’il a connu Andrew. J’adore la voix d’Andrew. Je n’ai rien contre Vivian, mais j’aurais juste aimé que leur rancune qui a perduré pendant trente ans cesse, c’est tout. Mais je n’ai plus vraiment envie d’en parler, parce que je l’ai évoqué de façon très détaillée, et je n’ai récolté que des ennuis. Je comprends les deux parties, je sais ce qu’il s’est passé et j’ai essayé de raconter l’histoire de la manière la plus juste possible, mais j’ai fini par devenir la cible piques trempées dans la haine. Ce n’est pas que je ne te fais pas confiance pour écrire ce que je dis, c’est juste que je suis très réticent à dire quoi que ce soit au sujet de Last In Line. La dernière fois que j’ai dit quelque chose, on a rebondi sur mes propos et les gens m’ont balancé des piques. Je n’ai aucune rancune à l’encontre de qui que ce soit. Je sais ce qui s’est passé, j’ai déjà donné mon point de vue, et je vais en rester là. Tout ce que je peux dire est qu’ils étaient les membres originaux ; ils avaient tous les droits de dire : « Hey, nous sommes les gars d’origine et nous allons faire un album. » Je ne crois pas que leur mission était de recréer, je pense qu’ils étaient plus là : « Hey, faisons un album ensemble », car une bonne partie de cette musique ne sonne pas vraiment comme Dio, mais ça reste de la très bonne musique.

Tu as déclaré que les gens te comparent tout le temps aux autres guitaristes de Dio, et tu as conscience de ne pas être le guitariste préféré de chaque fan de Dio. As-tu souffert d’être comparé aux autres guitaristes de Dio ?

Souffert ? Non. J’étais toujours en mode apprentissage. Rowan [Robertson], bon Dieu, ce gosse avait déjà tout à un jeune âge. Cet album, Lock Up The Wolves, il a tellement bien joué dessus ! Doug Aldrich avait tout pour lui quand il est arrivé : c’est l’un des meilleurs guitaristes au monde ! Il avait déjà son propre truc. Pareil pour Tracy G, pareil pour Vivian. Vivian est le vrai guitariste Dio emblématique et parfait. Il y a plein de trucs de moi sur YouTube, et franchement, ce n’est pas très bon. Souvent les promoteurs essayaient d’économiser de l’argent, ils nous donnaient des amplis merdiques, et si tu as un ampli merdique, et que comme Brian May tu obtiens ton son en grande partie avec ta façon d’attaquer les cordes, et tu as un set de deux heures… Parfois il me faut une heure et demie avant de comprendre comment diable je vais réussir à me trouver un bon son avec un ampli merdique. Et c’est ça la vidéo qu’on trouve sur YouTube ! Donc si j’étais celui qui voyait cette vidéo pour la première fois, je dirais : « Ce gars Craig Goldy est naze ! » [Petits rires] Mais je sais de quoi je suis capable, je sais ce que Ronnie pensait de moi – je suis un des meilleurs guitaristes au monde. Ça ne veut pas dire que je vais me faire pousser un troisième bras avec lequel je vais me tapoter le dos, parce qu’il y a plein de grands guitaristes : George Lynch, Jake E. Lee, Warren DeMartini, Al Di Meola, Yngwie Malmsteen, Neil Schön, la plupart des gars présents dans le clip de « We’re Stars ». Il y a plein de grands guitaristes, et presque chacun d’entre eux est l’un des meilleurs guitaristes au monde. C’est sympa quand on me met dans cette catégorie, parce que je sais que je me suis construit sur le tard.

« Parfois j’ai moi-même des sentiments partagés [au sujet de l’hologramme]. La chose la plus dure par rapport à ça est le fait d’entendre la voix de Ronnie sortir des enceintes, réentendre sa voix et jouer avec sa voix, c’est ça le plus dur – pas l’hologramme. »

Mon premier album solo, qui s’appelait Craig Goldy’s Hidden In Plain Sight, était pas loin d’être la première fois où les gens ont pu vraiment entendre comment je joue réellement, et comment je préfère être enregistré. Maintenant, j’ai l’occasion d’utiliser dans Dream Child tout ce que j’ai appris au fil des années, afin d’affirmer une autre identité. J’ai pu prendre part aux paroles, aux lignes mélodiques, au clavier, à la guitare, la basse, la batterie. Nous avons tous travaillé ensemble comme une équipe, et tout le monde a donné le meilleur de lui-même. Je suis peut-être un tardif, mais… Ça ne me dérange pas de ne pas être le guitariste préféré de tous les fans de Dio. Je n’aimais pas particulièrement certaines choses que j’ai faites dans l’album Dream Evil. Et c’était en grande partie à cause du son – j’avais à l’origine choisi un autre ampli que celui que m’a donné Ronnie. Donc, le son que j’ai sur « Time To Burn » était l’ampli que j’avais choisi, par exemple, et là il y a un très bon son de guitare. Mais l’ampli que Ronnie a choisi pour l’album Dream Evil était atroce, mais c’est ce qu’il voulait, et j’ai encaissé le coup. Il n’empêche que j’aime beaucoup cet album parce qu’il a une influence de Rainbow, et une grande partie de ce que j’ai fait avec Ronnie était à la demande de Ronnie. Maintenant, ce n’est que le début, cet album de Dream Child, je peux faire les choses comme j’aurais aimé qu’elles aient été faites. Je n’en veux pas à Ronnie, car je suis reconnaissant de ce que j’ai appris grâce à lui. J’étais en mode apprentissage quand tous les autres gars étaient déjà formés. Désormais, c’est à moi de dire : « Ok, voilà ce que j’aurais fait. »

Tu as dit tout à l’heure que quand Ronnie est mort, tu étais « tellement dévasté que pendant un temps [tu] n’étais même pas capable de penser à composer de la nouvelle musique ». Qu’est-ce qu’il a fallu pour que tu retrouves ton inspiration ?

Du temps, et petit à petit… Ces deux chansons que j’ai faites, en tant qu’hommage personnel à Ronnie, est ce qui a relancé les choses, et ensuite c’est devenu un groupe qui n’a jamais décollé, qui est lui-même ensuite devenu Resurrection Kings. Ensuite le projet Eisley / Goldy est arrivé – il y a de bonnes chansons là-dedans, mais malheureusement, avec ça aussi il s’est passé des trucs. Les gens n’en finissent pas de me surprendre, ces derniers temps, avec ce dont ils sont capables, et les ego qu’ils peuvent cacher pendant si longtemps. Resurrection Kings a beaucoup fait pour moi, parce que je peux peindre et dessiner, mais même si tout le monde voulait que je sois un artiste, quand j’obtenais un boulot d’artiste, ça me donnait des migraines. Donc, quand on me disait : « Ok, c’est ton tour d’enregistrer tes guitares », on me laissait seul à enregistrer les guitares comme je le ferais. Ensuite ils disaient : « C’est bien, mais peux-tu essayer comme ça ? » Mais avec chaque chanson que je leur livrais, ils disaient : « Wow ! » J’ai donc continué, et petit à petit, j’ai commencé à pouvoir utiliser une méthode d’enregistrement qui était un hybride de ce que j’avais appris et de ce que j’ai toujours voulu essayer. La meilleure façon pour moi de le décrire est de dire que, pour la première fois, j’étais capable de peindre avec ma guitare, et ça a beaucoup fait. Et quand nous donnions des concerts avec Dio Disciples, le fait de voir le public, la façon dont ils réagissaient, et puis nous avons commencé à écrire de la nouvelle musique pour Dio Disciples… Il est prévu qu’un album de musiques originales sorte bientôt. Donc, petit à petit, les choses ont commencé à se mettre en place. C’était une combinaison de choses, il n’y a pas eu un interrupteur qui s’est soudainement enclenché. Mais ça a bien commencé avec ces deux chansons que j’ai faites pour rendre un hommage personnel à Ronnie.

Tu viens de dire que de la musique originale de Dio Disciples devrait bientôt sortir : ces deux entités ne risquent pas de se marcher dessus ?

D’une certaine façon, c’est ce que les gens peuvent penser, et je peux comprendre pourquoi, mais, en gros, c’est la mission. Jeff Pilson et moi avons beaucoup écrit pour la démo de ce groupe. Lui et moi avions un groupe ensemble il y a longtemps, et je le surnommais le Professeur, et son studio, le Laboratoire. Il a un esprit tellement extraordinaire, et il a marqué l’histoire de Dio. C’était le premier… Je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais sur chaque album de Dio, là quelque part, il est marqué que toutes les mélodies et paroles sont de Ronnie James Dio. Mais il y avait une chanson, qui s’intitule « Stay Out Of My Mind », sur laquelle nous avons travaillé quand Jeff et moi avions un groupe ensemble et qu’il a été appelé pour rejoindre Dio. Ronnie a tellement aimé cette chanson que c’était la première fois qu’il s’est retrouvé à utiliser les lignes mélodiques et paroles de quelqu’un d’autre pour une chanson de Dio, et ça c’était à cause de Jeff Pilson. Il était aussi sur l’album Master Of The Moon. Donc il comprend très bien l’esprit de Ronnie. Ainsi, la mission de Dream Child est vraiment de re-capturer une vieille époque qu’on pensait perdue à jamais, et d’essayer de la rendre neuve à nouveau, alors que Dio Disciples, c’est plus une nouvelle ère, un nouveau chapitre. Les chansons que nous avons écrites pour cette démo sont un peu une nouvelle ère. Même s’il peut sembler que ça reste sous la même bannière, c’est vraiment la mission et le cœur qu’il y a derrière qui font toute la différence. C’est la vision aussi. Il y a deux visions différentes, deux missions différentes, deux groupes différents. Les seules choses qui sont identiques, c’est moi et le batteur. Ce serait comme si Ritchie Blackmore et Roger Glover se réunissaient et décidaient de faire ce line-up de Deep Purple la première partie de l’année 2019, et ensuite Roger Glover et Ritchie Blackmore se réunissaient avec Joe Lynn Turner et faisaient Rainbow pour la seconde moitié de 2019. Je ne crois pas que ça poserait problème à quiconque. Ce sont clairement deux groupes différents, mais avec deux membres en commun. C’est donc comme ça qu’il faut les voir.

D’un autre côté, n’as-tu pas peur de t’enfermer dans l’héritage de Dio, d’avoir cette image qui te colle à la peau, aux yeux des gens ?

[Rires] Eh bien, c’est ce que j’aime dans le groupe Dream Child. Serafino m’a appelé à la maison et a dit : « Craig, c’est ton groupe, et je veux essayer autant que possible d’en faire une réussite. » Non, je n’ai pas envie qu’on me voie comme ça. Cette musique a tellement fait partie de moi que l’album de Dream Child, c’est plus mon groupe et ma façon de faire ce type de musique. Mon type de musique favori, c’est Rainbow et Deep Purple. Ça n’a rien à voir avec Dio. Dio Disciples, oui ça a tout à voir avec Dio, et ensuite ils ramènent des chansons de son passé, de Rainbow, de Black Sabbath, mais c’est sous la bannière de Dio, pas de Rainbow, Black Sabbath ou même Deep Purple, car Ronnie n’avait rien à voir avec Deep Purple. Donc Dream Child, c’est plutôt ma meilleure version de ce type de musique que j’aime le plus, et essayer de recréer ce que j’aime le plus, et y mettre ma propre marque et en faire quelque chose de nouveau, quand bien même le chanteur sonnerait beaucoup comme Ronnie. Je l’aurais pris quoi qu’il arrive, car avec chaque album que j’ai fait, j’ai essayé de trouver quelqu’un ayant une sonorité rauque similaire à Ronnie, parce que c’est juste le type de voix que j’aime. J’adore Paul Rodgers, j’adore Joe Lynn Turner, j’adore Lou Gramm, j’adore Steve Perry, j’adore David Coverdale et Glenn Hughes, mais mon type de son préféré est celui de Ronnie James Dio. C’est ce que j’aime le plus. C’est le type de musique que j’ai envie de faire. A un moment donné, il n’est pas impossible que j’en dévie, parce que qui sait ? Je veux dire que Diego Valdez, les gens commencent à peine à le découvrir. Qui sait ce qu’il fera dans cinq ans ? J’adorerais penser que lui et moi avons encore quatre albums à faire ensemble – ça serait génial ! Mais je ne peux pas le contrôler, il se peut qu’on me le pique [rires], parce qu’il est tellement bon, je ne sais pas.

« Ce n’est pas une menace, mais les gens qui me traitent de pute, de pompe à fric, tous ces trucs, venez au concert, vivez-le par vous-mêmes et venez me parler face à face, et à ce moment-là si vous êtes encore capables de me le dire au visage, alors qu’il en soit ainsi. »

Mais je comprends ce que tu veux dire, ta question à l’origine était : « Te sens-tu coincé sous la bannière de Ronnie James Dio ? » De bien des façons, c’est ce qu’il pourrait se passer. Si je ne visais aucune originalité, alors ouais, je pourrais facilement rester coincé ainsi. Si je ne m’efforçais pas de créer quelque chose à moi, ouais, je pourrais rester coincé. Mais j’ai appris de lui, étant son ami, sa famille… Et comme je l’ai dit, c’est mon chanteur préféré, c’est le chanteur qui apparaît sur presque chacune de mes chansons préférées, donc ça fera forcément ce qui influencera ma musique originale. Il y aura donc toujours une part de ça. Je ne vais pas un jour, tout d’un coup, sortir un album qui sonnera comme ELO, qui est super, mais ce n’est pas ma musique préférée. Je ne vais pas soudainement sortir un album qui sonne comme Journey, même si Giuffria l’a fait, mais c’était à cause de Dave [Glen Eisley] et Gregg [Giuffria]. Mais il y avait pas mal de musique sur ce premier album qui n’avait rien à voir avec Journey, c’était un groupe de rock. Je ne vais pas tout d’un coup me mettre à faire un album qui sonne comme Pink Floyd. J’adore Pink Floyd ; j’aimerais utiliser certaines de ces atmosphères, des choses qu’ils ont faites… Enfin, tu vois ce que je veux dire.

Comme tu l’as dit, la mission de cet album est de « re-capturer une vieille époque qu’on pensait perdue à jamais ». Qu’y avait-il dans cette vieille époque qu’on ne trouve plus aujourd’hui ?

C’est le soin qu’ils ont mis à faire un album comme Rainbow Rising. Il n’existe aucun autre album semblable à Rainbow Rising, il n’existe aucun autre album semblable à Long Live Rock And Roll, il n’existe aucune autre chanson semblable à « Gates Of Babylon » ou « Stargazer », il n’existe aucune autre chanson semblable à « Burn », « Stormbringer » et un paquet de trucs que Deep Purple a faits, il n’y a rien de comparable aux solos de Jon Lord. Certaines personnes ont réussi à avoir le même type de son parce qu’ils utilisaient le même instrument, mais personne ne jouait comme Jon Lord, tout comme personne ne jouait comme Ritchie Blackmore, personne ne chantait comme Ronnie James Dio, même si Rainbow a fait de la super musique avec Joe Lynn Turner, Graham Bonnet et Doogie White, car Ritchie avait plein de styles de musique différents en lui, donc il ne pouvait se contenter d’utiliser un seul chanteur et un seul groupe, ça aurait été impossible, mais ce qu’il a fait n’était pas un échec. Je ne crois pas qu’un seul album de Rainbow ait été un échec. Peut-être qu’aujourd’hui il n’est plus capable de faire les mêmes choses. Ça reste Rainbow, mais il n’y a plus la même flamme – je ne m’attends pas à ce qu’il puisse jouer avec la même flamme aujourd’hui qu’il y a trente ans, mais ça reste Ritchie Blackmore, c’est toujours le maître, c’est encore lui qui l’a créé.

D’ailleurs, que penses-tu de la nouvelle incarnation de Rainbow avec Ronnie Romero ?

Ça m’a attristé, pour être tout à faire franc. Un gars a dit dans un commentaire YouTube : « C’est très quelconque, désolé pour la nouvelle chanson. La seule raison pour laquelle on trouve ça remarquable est parce que c’est Ritchie Blackmore. Autrement, si ça avait été quelqu’un d’autre, on aurait trouvé ça tout à fait quelconque. » [Petits rires] Lorsque je l’ai vu faire « Highway Star », ça m’a brisé le cœur qu’il ne puisse pas faire ce solo en double attaque. Il avait cette énorme scène et il y a mis ce tout petit groupe dessus, dont un gars qui a l’air d’être en pyjama. C’était bizarre. Le chanteur est bon, mais ce n’est pas un monstre, il n’est pas fort. Joe Lynn Turner… Et je sais pourquoi, et je n’ai pas envie d’entrer là-dedans non plus, parce que je vais encore m’attirer des problèmes [rires]. Mais c’était très triste, pour moi. Ça faisait quand même du bien de le voir de retour, parce que je trouvais qu’il méritait de revenir sur une grande scène, d’être en tête d’affiche de Monsters Of Rock, et il manquait aux gens. Mais d’une certaine façon, son absence m’a donné une chance de me développer.

Pourquoi dis-tu ça ?

Parce que le maître n’était plus là. Tout le monde pensait qu’il était perdu dans le soutien-gorge de sa femme pour l’éternité, et qu’il allait continuer à faire toute cette musique de la Renaissance. Je suis sûr que c’est de la bonne musique – certains trucs que j’ai entendus me paraissent un peu loufoques, mais je suis sûr qu’il y a plein de bonnes choses, c’est juste que je ne les ai pas entendues, dans ce qu’il fait avec Blackmore’s Night. Il a un peu disparu et déçu plein de gens quand il a fait ça. Pendant ce temps, je commençais à me relever, avec Resurrection Kings, et Dio Disciples. J’ai découvert les guitares ESP et les amplis Engl que j’utilisais pendant nos concerts, et ils étaient magiques. Il y avait un groupe qui s’appelait Black Knights Rising, avec Elliott Rubinson – il n’est plus de ce monde, c’était un homme merveilleux –, nous faisions plein de musiques de Rainbow et Deep Purple, et le charme de ce groupe était que nous n’avions pas de claviériste, donc je devais faire tous les solos de clavier à la guitare, et c’est ce qui a attiré l’attention de Joe Lynn Turner. Parce qu’il a chanté avec nous, nous avons fait « Highway Star », et il m’a regardé et a dit : « Mec, tu as joué le solo de clavier à la guitare, c’est cool ! » Donc lui et moi avons commencé à travailler ensemble.

Il y a une vidéo du YouTube, filmée depuis ce qu’on appelle l’agora, c’est Vinnie Appice, John West, moi-même, et Elliott Rubinson, jouant ma version de « Mistreated ». C’est un mélange de la version studio, celle du Made In Europe et celle de Rainbow On Stage, avec ma petite touche. J’ai eu l’occasion de faire mon imitation de Ritchie Blackmore. Aussi, j’ai donné des concerts dans le cadre de ce truc baptisé The Classic Rock All-Stars en Russie, avec Bobby Rondinelli et Greg Smith, tous deux de Rainbow. Quand nous jouions des chansons de Rainbow, Bobby Rondinelli et Greg me faisaient des commentaires du style : « Bon sang, tu joues Blackmore mieux que Blackmore ! » C’est parce que j’imitais très bien Ritchie Blackmore, or avant, je n’avais jamais vraiment eu la chance de faire écouter au monde mon jeu comme ça. Donc ça m’a donné cette chance. Et ensuite, j’ai commencé à me construire sur cette base, avec Resurrection Kings, et maintenant Dream Child. Par rapport à l’album de Dream Child, cette musique avait commencé à être composée avant le retour de Ritchie. Autrement on aurait dit : « Voilà Goldy qui essaye d’être comme Ritchie pendant que Ritchie fait du Ritchie. » Il est celui qui m’influence. C’est le maître, mais son absence m’a offert une chance de me développer.

« Je suis très loin d’être l’homme qu’était Ronnie James Dio, mais plutôt mourir que de laisser ses manières mourir avec lui. »

Tu as défendu le très controversé hologramme de Dio. Comprends-tu que tant de gens l’aient condamné ?

Ouais. Je vais essayer de faire très court, parce que chaque fois que je dis quelque chose, encore une fois, je deviens une cible et ils m’envoient des piques pleines de fiel. Fut un temps où Ronnie était parmi nous, et tout le monde savait ce qui était le mieux pour Ronnie. Wendy et Ronnie étaient une super équipe. C’était eux qui menaient la barque, car au bout du compte, c’est Ronnie qui décidait. Je me souviens, nous étions en pleine réunion, et tout le monde était là : « Si tu faisais ci, tu gagnerais en popularité, si tu faisais ça… » Ronnie me regarde, et sarcastiquement, il dit : « Je n’ai pas le droit de vote ? Je n’ai pas mon mot à dire ? » Voulant dire : « Hey, les gars, vous parlez de ma carrière, laissez-moi décider ce qui est le mieux pour moi. » Souvent, ces conversation chauffaient vraiment, parce que ça venait de l’amour profond qu’ils avaient envers Ronnie. Certains des plus chers amis de Ronnie ne se parlent plus. Certaines personnes qui ont travaillé de façon très rapprochée avec Ronnie et Wendy ne se parlent plus. Et c’était déjà comme ça quand Ronnie était parmi nous. Parce que tout le monde pensait savoir ce qu’il y avait de mieux pour Ronnie, et donc quand ils se disputaient, c’était violent. Ça détruisait des amitiés, parce qu’il était vénéré. Donc, maintenant qu’il est parti, c’est très comparable à quand Jésus, dans la Bible, est entré dans le temple, a vu les changeurs, s’est énervé et a dit : « Hey, attendez une seconde, c’est un temple d’adoration, pas un marché. » Il était furieux et a renversé les tables de changeurs. Beaucoup de monde nous perçoit comme les changeurs dans le temple de Dio. Donc les gens qui nous détestent pour l’hologramme et ce que nous faisons, ça vient aussi de leur amour pour Ronnie. Ils pensent savoir ce qui est le mieux, comment mieux préserver l’héritage de Ronnie. Ronnie a une énorme discographie, c’était quelqu’un de tellement génial, on se souviendra de lui de toute façon sans que quiconque ait à bouger le petit doigt. Mais ce que les gens ne réalisent pas est que c’était notre ami, c’était notre famille. Quand un membre de la famille meurt, les membres restants font souvent des choses pour préserver sa mémoire.

Quelque chose de beau que j’ai vu ressortir de l’hologramme concernait la nouvelle génération de jeunes gamins. Ca me file des frissons rien qu’à y penser. A un concert que nous avons donné, je crois que c’était en Allemagne, il y avait un vieil homme aux cheveux gris, c’était vraisemblablement un grand-père, et son fis se tenait juste devant lui. Donc le grand-père avait ses mains posées sur les épaules de son fils, et son fils avait ses mains posées sur les épaules de son propre fils, qui était donc le petit-fils. Il y avait donc trois générations de fans de Dio, et le regard sur le visage de l’enfant… Il était clairement bien trop jeune pour avoir pu un jour voir Ronnie quand il était en vie, mais il regardait cet hologramme, genre : « Wow, c’est incroyable, regarde ça ! » Pour eux, c’est comme le graphisme d’un jeu vidéo mélangé à un groupe live. C’est ainsi que les jeunes voient ça, la nouvelle technologie. Ce n’est pas de notre faute, ça arrivera qu’on le veuille ou non. Ça a commencé avec 2Pac, et c’est juste l’avenir. Ronnie était toujours à la pointe de la technologie, de ce qui était nouveau, et de ce qui allait venir. Il n’était jamais esclave des tendances. C’est ce qui faisait qu’il était à part. Les gens voient cet hologramme comme la dernière mode, et c’est donc pour ça qu’ils pensent que Ronnie ne l’aurait jamais fait. Non, Ronnie n’était jamais esclave des modes, mais c’était un innovateur ; il aurait été le gars qui l’aurait créé en premier. Car plein de musiciens disent : « Ouais, si l’opportunité se présente, ça m’intéresserait de faire tel truc. » Très bien, mais Ronnie et Wendy étaient le style de personnes à construire l’opportunité de zéro. Ce sont deux choses différentes.

Ronnie était un visionnaire qui savait comment construire l’opportunité qui fait une carrière. Un dragon de cinq mètres de haut crachant du feu, une araignée, des explosions, un mur de feu… Et pourtant ils n’ont jamais augmenté le prix des billets. Pour le même prix qu’un concert de Mötley Crüe, on pouvait aller voir Dio, mais ce qu’on voyait à un concert de Dio était complètement différent, de par ce que Ronnie offrait aux fans. C’était sa façon de leur rendre la pareille. C’est un geste, et les gens disent souvent : « Un geste ne devrait pas avoir de prix. » Eh bien là c’est pareil, ça n’avait pas de prix. On n’augmente pas le prix des billets pour que vous puissiez voir l’hologramme, c’était une progression naturelle. Parfois j’ai moi-même des sentiments partagés à ce sujet. La chose la plus dure par rapport à ça est le fait d’entendre la voix de Ronnie sortir des enceintes, réentendre sa voix et jouer avec sa voix, c’est ça le plus dur – pas l’hologramme.

Tu as fait un parallèle avec Jésus et employé cette métaphore du temple de Dio. Vois-tu Ronnie James Dio comme une icône religieuse, un prophète ?

Non, c’était juste pour illustrer comment la colère et la haine peuvent venir de l’amour, ou la vénération. La vénération que Jésus avait pour le temple de Dieu est la même que celle que les fans ont pour Ronnie. C’est juste une illustration. Ronnie était tellement vénéré et aimé partout dans le monde, même quand il était parmi nous, que les gens pensaient savoir ce qui était mieux pour lui, même quand il n’était pas d’accord [rires]. Les gens sont comme ça, c’est tout. On ne satisfera jamais tout le monde tout le temps. Certaines personnes pensent que nous dansons sur sa tombe. Mais s’ils me connaissaient… Ce n’est pas une menace, mais les gens qui me traitent de pute, de pompe à fric, tous ces trucs, venez au concert, vivez-le par vous-mêmes et venez me parler face à face, et à ce moment-là si vous êtes encore capables de me le dire au visage, alors qu’il en soit ainsi.

« Les mêmes personnes qui me détestent, qui me traitent de pute, Ronnie les aimait. Ils sont ma famille, ce sont mes frères et sœurs, donc je vais faire de mon mieux [pour les convaincre]. »

Il y avait un gars qui m’a pris au mot, et je ne l’avais pas réalisé, mais il était coincé dehors dans le froid glacial, et il se trouvait que j’étais dehors pour fumer une cigarette – à l’époque je fumais mais plus maintenant. Je ne savais pas qui c’était, mais il était là suite à mon invitation, quand j’ai dit : « Dis-le moi en face, traite-moi de pute en face à face. » Donc il s’est rendu au concert, il s’est retrouvé coincé dehors et il s’est trouvé que j’ai été dehors, et nous avons parlé, et j’ai eu l’occasion de le traiter comme Ronnie aurait traité n’importe quel fan, je l’ai amené à l’intérieur où il faisait bon et chaud. Je n’avais aucune idée de qui était ce gars. Il n’a pas eu le cœur de me dire ces choses parce qu’il a vu mon cœur et mes yeux, et il a vu mon cœur et mes actions, il a vu mon cœur quand je jouais sur scène. Il a entendu la musique jouée par les membres du groupe que Ronnie avait choisis personnellement. Il avait, de son vivant, personnellement choisi Ripper Owens comme son protégé. Il adorait Ownie, c’était un grand ami à lui. Ceux-ci sont tous des gens que Ronnie aimait.

Donc, je vous mets au défi de venir à un de ces concerts, prêter attention, regarder autour de vous dans le public : ils pleurent et chantent à tue-tête. Certains célèbrent, d’autres font encore leur deuil, d’autres ressentent le manque. Il y avait un ami à moi d’une station de radio qui était là, et il a dit : « Mec, c’était tellement extraordinaire de s’asseoir et regarder le public : certains pleuraient, certains chantaient à n’en plus pouvoir, certains se topaient dans les mains, certains disaient ‘c’est pas possible, c’est génial’ », parce que ce sont les chansons qu’ils adoraient, qui ont joué un rôle important dans leur vie, elles passaient à fond dans les enceintes, le son était énorme, le groupe était bon, et puis nous venons les voir après et j’ai l’occasion de traiter tout le monde avec le même cœur, amour et respect que Ronnie éprouvait pour eux. Quoi qu’il arrive, ses manières ne mourront pas avec lui. Je suis très loin d’être l’homme qu’était Ronnie James Dio, mais plutôt mourir que de laisser ses manières mourir avec lui.

Comment t’es-tu rendu compte que ce gars avait initialement répondu à ton invitation, si au final il n’a pas eu le cœur de te dire ces choses ?

Parce que plus tard, il a été sur Facebook et a fait un post. Il a dit : « J’étais un hater, et je l’ai traité de pute, je détestais tout dans cette idée d’hologramme. » Il disait qu’il n’était toujours pas très sûr de quoi penser de l’hologramme, mais il a dit : « Je ne vais plus jamais traiter Craig Goldy de ce genre de chose. J’ai eu la chance de lui parler, lui et moi sommes devenus amis, et s’il lit ce post, alors il saura qu’il m’a fait changer d’avis. » Ça s’est souvent produit. Certaines personnes pensent que je perds mon temps à parler à ces gens sur Facebook. Tout le monde dit : « Pourquoi tu perds ton temps avec ces gars ? Ils vont te détester quoi qu’il arrive ! » Pas tous, parce que je sais que ça vient de leur amour pour Ronnie. Il y avait un gars qui était absolument impitoyable, il me traitait de tous les noms d’oiseaux, me traitait de pute, et lui et moi avons eu une petite conversation sur Messenger, et tout à coup, il était là : « Mec, je suis en larmes, mon cœur est en train de flancher, parce que Dream Evil est un de mes albums préférés, et me voilà en train de te traiter de pute. Je suis vraiment désolé. » Il a éclaté en sanglots, et nous avons pu parler, de fan à fan, homme à homme – je ne suis qu’un fan qui a rejoint dans le groupe. Nous sommes devenus très bons amis après ça. Plein de gens qui me détestaient le plus, une fois qu’ils ont eu la chance de me parler, que ce soit sur Facebook, en tête à tête, ou face à face, sont devenus mes plus grands soutiens, parce qu’ils voient notre véritable cœur. Il y a une citation dans la Bible : « On ne peut pas changer la ville tant qu’on ne change pas le cœur des gens dans la ville. » Et ça ne peut se faire que un par un. Pour moi, ça vaut la peine de prendre le temps, parce que Ronnie les aimait, les mêmes personnes qui me détestent, qui me traitent de pute, Ronnie les aimait. Ils sont ma famille, ce sont mes frères et sœurs, donc je vais faire de mon mieux. Ce n’est pas une menace, mais je vous mets au défi, venez à un concert de Dio Disciples, et quand c’est fini, venez me traiter de pute en face si vous le pouvez.

Tu as parlé de l’album de Dio Disciples. Quand est-il prévu qu’il sorte ?

Nous ne savons pas grand-chose à sujet pour le moment, la balle est dans leur camp aujourd’hui. Nous leur avons montré le type de musique que nous ferions, ils sont venus nous voir et ont dit que ça allait être super, et donc la balle est dans leur camp. Il y a quelques soucis contractuels qui devaient être réglés, et je n’en ai plus trop entendu parler depuis. Je suis moi-même dans l’incertitude pour l’instant. Mais il verra le jour d’une façon ou d’une autre.

Vu ce que tu disais au sujet de la différence entre Dio Disciples et Dream Child, dirais-tu que l’album de Dio Disciples sera plus comme un successeur de Master Of The Moon ?

Ce sera plus une nouvelle ère. C’est la meilleure explication que je puisse donner. Non seulement nous faisons notre deuil de l’homme et de la musique qu’il a faite, mais nous faisons aussi notre deuil de ce qu’il aurait fait. Donc, de bien des façons, Jeff Pilson est l’homme de la situation, parce qu’il est celui dont Ronnie a utilisé les paroles et lignes mélodiques sur un album de Dio. Ça montre à quel point il est doué. Il est resté très bon ami avec nous tous. Jeff et moi sommes bons amis, nous étions dans un groupe avant. La plupart des gars dans le groupe ont de super idées : Oni [Logan] est un excellent compositeur, Tim [Owens] est extraordinaire. Tous les paramètres sont là pour que ça devienne un super album, mais la mission est différente. C’est plus comme créer une nouvelle ère. Une des chansons que Jeff et moi avons écrite ensemble est vraiment spéciale, c’est très neuf et différent, mais ça reste sombre, effrayant et cool. Mais ça ne sonne pas comme une chanson de Dio qui ait déjà été composée, ça sonne peut-être comme ce qui aurait pu être composé. C’est ça la différence.

Interview réalisée par téléphone le 4 septembre 2018 par Nicolas Gricourt.
Transcription : Julien Morel.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Facebook officiel de Dream Child : www.facebook.com/DreamChildRock
Facebook officiel de Dio Disciples : https://www.facebook.com/DioDisciples

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  • Je sais que jamais il ne le saura mais :

    Tu es une sangsue qui s’accroche à l’ombre de Dio car tu es incapable de vivre par toi même.
    Cet hologramme n’est qu’un de tes camouflets capitaliste à sa mémoire ! Tout comme tes soi disant Dio Disciple !
    (bouffon va!)

    ah.. ça fait du bien !

    [Reply]

    Spaceman

    Je pense qu’il a indirectement connaissance de ton commentaire, vu que tu n’es pas le premier, et d’ailleurs, en quelque sorte, il parle un peu de toi dans l’interview. Tu n’as plus qu’à accepter son invitation pour le lui dire en face 😉

    Pok

    j’ai bouilli en lisant l’interview justement c’est ce qui m’a fait réagir (donc bonne itw).
    Par contre lui dire en face ? Par le biais d’un Meet and Greet hors de prix ? Ou lors d’un duel d’hologramme ?
    Ou alors faudra que je me fasse une pancarte « you’re dishonoring Ronnie’s memory » pour l’attendre à la sorti d’une salle haha (plus quelques cosplayeuses déguisées en shame nun)

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