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Chronique   

Crematory – Antiserum


Être Allemand et faire du metal industriel c’est presque un pléonasme. Outre-Rhin, le style a la cote. Bien plus qu’en Hexagone. Et chez Crematory, s’il a fallu quelques années pour y arriver, aujourd’hui la bande originaire de Westhofen s’amuse bien avec ses synthés et autres simulateurs ! Jusqu’à son titre d’album, Antiserum, le groupe ne laisse planer nul doute. Ça sent les soirées électro-goth dans les caves berlinoises. Mais que les fans se rassurent, le death metal, veine première du combo n’est pas oublié. Crematory, en 2014, c’est plus que jamais un alliage fait de death burné, de musique électro-indus dansante et de refrains accrocheurs.

Mais poser des sonorités et quelques notes au clavier qui colorent la musique d’une aura indus ne suffit malheureusement pas à faire vivre celle-ci. Et Crematory s’enlise vite, trop vite, dans un schéma générique et particulièrement répétitif. Car là où sur Infinity (2010) les nappes de claviers savaient rester en retrait pour apporter une couche cotonneuse aux compos, sur Antiserum, Crematory surexpose régulièrement son visage indus. « Shadowmaker », par exemple, en devient robotique, sans vraie âme, construit sur un riff efficace, certes, mais aussi d’élans électro téléphonés et, parfois, en surcouche (les effets sur la voix peu utiles). Ce qui anesthésie le death du groupe, part pourtant essentielle du combo. De plus le groupe ne cherche pas spécialement à éviter les clichés, comme sur « Virus ». Par son titre, premièrement, puis par ses sempiternels sons synthétiques, jusqu’à l’overdose. Et malgré quelques bons moments (l’avant-dernier titre « Welcome »), le mal est fait. Pourtant, il y a un dynamisme non négligeable dans cet opus. Pour preuve « Kommet Näher » est un titre qui n’a pas à rougir face aux grands du style tel qu’Eisbrecher.

Crematory a pris quatre ans pour pondre le successeur d’Infinity et semble avoir trouvé un filon sur lequel tirer jusqu’à saturation. Quarante-trois minutes d’aérobic metal que l’on traverse sans retenir grand chose, où certains taperont des mains le temps de deux titres avant de retourner à autre chose. Un résultat au final noyé sous un amas de babioles dispensables et qui rendent le propos lourd, surchargé et brouillon. Preuve d’un groupe en mal d’inspiration.

Ci-dessous les clips de « Kommt Näher » et « Shadowmaker » :

Album Antiserum, sortie le 24 février 2014 chez SPV/Steamhammer



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  • absolument pas d’accord avec cet article… à en croire l’auteur c’est un album insipide.. est-ce l’album de l’année ? peut être pas et le coté « commercial » peut ne pas plaire mais de la à dire que cela ne vaut pas grand chose j’encourage tout amateur de métal de se faire sa propre idée si tout comme moi vous êtes aussi bien capable d’écouter avec le même plaisir du métal sans compromission que des choses en peu plus commerciales. plusieurs titres de cet album continue à me trotter dans la tête bien après écoute, n’est ce déjà pas un signe?
    je passe à chaque fois un bon moment pendant ces 43 minutes et n’est ce pas la l’essentiel?

    [Reply]

    scorpion

    +1000 pour toi 😉

    rien de commercial la dedans,ils ont justes décidés d’accentuer le coté électro indus.mais la ou ils vont gagner les amateurs de ce style,ils vont en perdre du coté des fans de leur death sympho du début.donc je répète,rien de commercial dans la démarche,plutôt une prise de risque,pour moi 🙂

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