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Nouvelles Du Front   

Cro-Mags : qui croire ?


Il y a 24 heures, on aurait pu classer cet article dans la catégorie « On Nous Prend Pour Des Cons » tant on pouvait avoir l’impression dans la suite de l’affaire de l’assaut à l’arme blanche par Harley Flanagan contre les actuels membres de Cro-Mags, son ancien groupe, qu’on nous prenait pour des agneaux de trois jours. Dans une déclaration au site NYNatives.com, l’avocat du bassiste affirmait que les blessures infligées par Flanagan à William Berario et Michael Couls ne l’ont été que dans une situation de « légitime défense ».

Évidemment, on veut bien lui accorder la présomption d’innocence à laquelle il a droit tant qu’il n’a pas été jugé coupable par un tribunal mais de nombreux témoignages ont quand même eu l’air de le désigner comme l’agresseur. Ce qui, en plus, ne devrait pas l’aider pour faire valoir cette version, c’est la raison pour laquelle il a amené un couteau à ce concert. Allez, mettons-nous un peu de son côté : New York est sans doute un vile dangereuse et c’est pour ça qu’il se trimballe toujours avec un couteau dans la poche (en plus d’être un artiste martial de haut niveau). Je n’ai jamais mis les pieds dans la Grosse Pomme mais j’ai vu les trois quarts des films Die Hard et aussi pas mal de films de Scorsese, alors je veux bien lui accorder ça.

Mais tâchons de rester sérieux. Pas facile tout de même quand ensuite on lit dans le New York Daily News que Flanagan s’était rendu à ce concert pour « tendre la main en un geste d’amitié » de ne pas vouloir lui répondre que tendre ainsi la main a toujours l’air plus amical quand celle-ci ne contient pas une lame de 12 centimètres. Détail sur lequel il ne tient pas à faire de commentaires. Tout ça ne nous aide pas à comprendre pourquoi cette rencontre à tourner en épisode hardcore.

Et revoilà le site NYNatives.com qui nous revient dans cette affaire avec, cette fois, une interview de Flanagan agrémentée de photos de l’homme, un beau coquard à l’œil et trente points de sutures à la jambe, qui se présente en victime d’un guet-apens, lui qui n’avait que les « meilleures intentions » en entrant dans la loge du groupe : « Quand on a claqué cette porte derrière moi, je me suis littéralement battu pour ma vie. J’avais peur que ces mecs me tabasse jusqu’à ce que je sois à moitié mort, me fassent rouler dans les escaliers derrière l’immeuble et personne n’aurait rien vu… et il n’y aurait eu aucun témoin et c’est comme ça… Je n’avais qu’une chose en tête : réussir à rentrer à la maison, auprès de mes enfants… Je voulais sauver ma vie, me protéger et ces gars ont essayé de m’avoir. »

A aucun moment Flanagan ne parle du moment où il aurait blessé les membres de Cro-Mags. A se demander à quel moment et comment les coups de couteau sont partis. Son récit n’en fait jamais mention. On dirait qu’on est passé directement du moment où il entre dans les loges – où il a pu pénétrer parce qu’il y a été invité et parce qu’il possédait un pass VIP, sans doute obtenu en tant qu’intervenant sur le festival CBGB, ayant participé la veille à la projection d’un film sur l’histoire du hardcore américain – au moment où la sécurité lui saute dessus en masse : « Il y a ce type, ce gros type qui se tient sur mon dos, avec ses deux pieds sur mon dos… Et un autre type qui me regarde et me serre le cou et m’étrangle… […] Un mec me regarde et me dit : ‘Je vais te tuer, fils de pute. Je vais t’éclater la tête à coups de pieds jusqu’à ce que tu crèves, fils de pute, arrête de bouger. »

Puis la police arrive enfin, on découvre que sa blessure à la jambe est le résultat d’un coup de couteau ; il pisse le sang avec les tendons qui pendent à l’extérieur de la blessure. Aujourd’hui, il est accusé d’agression au second degré (y a-t-il un juriste dans la salle ?) et de port d’arme prohibé. Mais on ne voit fichtrement pas à quel moment dans le récit de Flanagan celui-ci est l’agresseur.

Dans cette même interview, il défend encore l’idée qu’il était là avec des intentions amicales : « En fou sentimental que je suis, j’ai pensé qu’en voyant vraiment John [Joseph McGowan, chanteur de Cro-Mags] en face à face et en lui parlant, peut-être qu’on aurait pu ranimer un peu de notre amitié. » Il avait même pensé emmener ses fils avec lui pour que, peut-être, en leur présence McGowan pense à faire ce qu’il y a de mieux pour tous : « J’ai reçu beaucoup de prières de fans que je connaissais ou non… Une partie de moi pensait qu’il y avait une possibilité que ça se fasse, tout particulièrement parce que je possède les droits sur Cro-Mags pour sortir des CD ou des DVD. […] J’ai pensé que si je faisais moi-même l’offre, de manière positive, pas par téléphone ou ordinateur interposé, si on pouvait vraiment se regarder et discuter, j’aurais pu dire : rien à faire du passé, j’écris des chansons comme un dingue, on pourrait faire un album, nous pourrions rendre tout le monde heureux. On pourrait se faire de l’argent. On n’est pas obligés de s’aimer pour marcher ensemble, se respecter, mettre ça de côté plutôt que de garder les choses dans l’état dans lequel elles sont maintenant. De toute évidence, j’étais le seul à penser dans ce sens et c’est triste. »

Même s’il s’agit de la version de l’acteur principal de cette affaire, ce n’est, tout de même, jamais qu’une version de plus et il ne faudrait pas considérer que ce soit là toute la vérité. Toutes les versions ont leur part de vérité mais aucune ne la contient entièrement… surtout quand il manque toute cette partie (oui, on le répète) sur ce qui a causé les blessures des autres musiciens ce soir-là. Car il n’est pas exclu qu’il les ait vraiment agressés. L’auteur Steven Blush, spécialiste de l’histoire de la scène hardcore américaine (et co-réalisateur de ce film qu’était venu présenté Flanagan la veille de cet incident) décrit d’ailleurs l’ancien bassiste de Cro-Mags comme un homme de nature sauvage, un gamin des rues de New-York qui a dû apprendre à survivre, grandissant seul au milieu la scène punk de la fin des années 70. La veille de cette agression au Webster Hall il l’avait vu énervé par ce concert qui allait avoir lieu sans lui et il lui fallait faire quelque chose : « Le gars pense comme un ninja, dit Blush au site Papermag, et il pensait qu’il allait entrer dans un nid de vipères, alors il est venu paré au combat. Il a utilisé son accès au festival et a rusé pour aller en coulisses pour voir ce que ses ennemis étaient sur le point de faire, peut-être les effrayer un peu, avec un peu de chance rapporter un morceau de John et aussi bizarre que ça puisse paraître, voir le concert. Harley est ceinture noire de Jiu Jitsu brésilien, alors le couteau n’était qu’un dernier recours. »

Pas vraiment le genre de déclaration qui va aider Flanagan. Et alors qu’on s’apprête à conclure cet article, voici que tombe la version des faits de McGowan qui, bien sûr, vient contredire la version du bassiste et le laisse encore seul contre tous. Morceaux choisis :

« Il a vu trop de films de science-fiction. D’abord, Harley n’était PAS invité au concert. [Les organisateurs] lui ont dit à plusieurs reprises de ne PAS venir. (j’ai tous les SMS et les e-mails envoyés au CBGB et à la sécurité) »

« A 18h, il a envoyé un message à Louise du CBGB pour lui demander à quelle heure nous commencions. Elle ne lui a pas répondu et m’a prévenu. Du coup, j’ai prévenu la sécurité pour qu’ils gèrent ça. […] Il s’est montré 20 minutes avant, il s’est caché dans la foule à l’extérieur de notre loge avec un sac à dos et un COUTEAU, il n’a pas frappé à notre porte pour dire ‘Hey, les gars… on peut parler ?’. Il a aussi été entendu dire dehors qu’il allait mettre fin au fait qu’on joue sa musique (sa musique ?). »

« On a demandé à la sécurité de venir et ils ne l’ont jamais fait. Sachant que ce mec transporte toujours des armes. […] Quand Harley a été fouillé, le combat a suivi et ces trois-là l’ont mis à terre quand il a sorti son couteau et commencé à frapper les gens.Quand la sécurité est enfin arrivée, il n’allait pas lâcher son couteau et ILS l’ont cogné, pas ces trois-là. Là encore, il y a des dizaines de témoins. »

« De toute évidence, quiconque connait le passé […] sait qu’il a un problème avec moi. Il dit de la merde sur moi tout le temps – pas moi. Il sait où j’habite, il n’a qu’à venir appuyer sur la sonnette. Il n’a JAMAIS appuyer dessus une seule fois. […] Si vous voulez croire tous les mensonges et les conneries que ce mec publie, c’est votre choix. La vérité est totalement différente. Votre compassion devrait être dirigée vers ceux qu’il a poignardé, pas celui qui tenait le couteau et à causer tous ces problèmes. Alors, arrêtez les ragots et allez de l’avant – nous, c’est ce que nous faisons. »

C’est donc ce que nous allons faire, en attendant d’avoir le fin mot de cette affaire, sans doute devant un tribunal…



Laisser un commentaire

  • quand je pense qu’à l’époque Harley Flanagan était un dieu pour certains d’entre nous, avec sa « philosophie » Krishna, le super album métal qu’il avait écrit tout seul (sur lequel était le soi-disant batteur de Madona, un musicos de studio hard-coreux : énorme son d’ailleurs !). On avait pu même voir le groupe au complet à Bordeaux en 1991 ou 92

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  • « à + infinitif » au lieu de « a + participe passé », au moins deux fois dans le même texte, ça pique…

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  • One Eyed Wisdom dit :

    Dans le doute on a qu’à accuser Randy Blythe… Ah bah non merde!

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  • « New York un vile » ?
    Y a pas une p’tite incohérence là ? xD

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