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Conférence De Presse   

Crucified Barbara : Girl Power à la suédoise au Motocultor


Il n’y avait pas foule lors des conférences de presse du festival Motocultor de St-Nolff cette année. Néanmoins, l’une d’entre elles a fait exception à la règle, celle des Crucified Barbara. Quoi ? Les journalistes de la planète metal et les autres seraient plus enclins à venir se frotter à quatre jolies Suédoises qu’à des hordes de metalleux velus ? Quoiqu’il en soit, les quatre filles Scandinaves les plus Rock de la planète sont venues affronter cette large bande de mâles prête à en découdre avec elles… Mais ne nous y trompons pas, avec les Crucified Barbara c’est très vite l’inverse qui se passe. Car quand on fait face à cette formation de hard rock 100% féminin, ce sont plutôt elles qui mènent les débats. Et gare à celui qui se perd dans de l’humour machiste douteux…

Ces quatre filles là ont un rapport particulier avec la France. C’est l’un des premiers pays dans lequel elles ont connu le succès, et c’est par le biais de la scène qu’elles sont parties à l’attaque du continent européen en commençant vraiment par l’Hexagone, comme l’a affirmé lors de cette conférence Mia « Coldheart » (de son vrai nom Karlsson) : « Quand nous avons sorti notre premier album, la France était le premier pays dans lequel nous avons fait une tournée comme tête d’affiche. » Et l’alchimie avec le public français s’est renouvelée à l’occasion de chaque nouvelle tournée : « A la sortie de chaque album, nous sommes revenues en France, avons joué dans des clubs, des festivals… Le Sonisphère, cet été a été incroyable. » Le groupe a effectivement connu un franc succès à l’occasion du dernier Sonisphère d’Amnéville où il jouait l’après-midi sous un soleil de plomb… et les quatre filles n’avaient pas vraiment rafraîchi l’atmosphère, le public ayant très chaleureusement acclamé les Suédoises !

En fait les Crucified Barbara, qui existent maintenant depuis une quinzaine d’année même si leur premier album n’est apparu qu’en 2005, voient une sorte de connexion spéciale avec notre pays dans la relation avec le public : « Nous recevons un tellement bon retour du public français, que nous voulons leur rendre cet amour. » Avec de telles paroles, pas de doute, le public français risque de rester sous le charme encore un moment. Surtout quand Klara Force (de son vrai nom Rönnqvist Fors), la fondatrice du groupe en compagnie d’Ida Stenbacka (dite « Evileye »), déclare purement et simplement que la France est la « seconde maison » du groupe… Tout se passe donc parfaitement bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’un hurluberlu conséquemment alcoolisé débarque en pleine conférence de presse avec une question machiste du plus mauvais goût et se fasse sérieusement rembarrer, à la fois par la sécurité et par les filles elles-mêmes, qui n’hésiteront pas, après la conférence, à donner une belle leçon publique de savoir-vivre à l’énergumène. Ces filles ne sont décidément pas du genre à se laisser ennuyer par les manifestations hormonales d’un idiot aviné.

«Nous sommes principalement un groupe de scène, nous adorons jouer live.»

De leur passage sur scène au Motocultor, elles garderont pourtant un excellent souvenir : « Nous avons eu l’un des meilleurs publics que nous ayons jamais eu en France. Nous nous sommes tellement éclatées, c’était génial. Cela valait bien les douze heures de trajet pour arriver jusqu’ici ! » Et comme bien d’autres artistes ce week-end, les filles ont été séduites par le public, mais également par le professionnalisme technique du personnel opérant sur le Motocultor, et ça c’est une très bonne nouvelle pour les organisateurs du festival. Elles ont, à l’occasion de leur concert, interprété comme depuis plusieurs années maintenant, leur fameuse reprise de Mötorhead, « Killed By Death ». Et quand on les titille pour savoir si elles envisagent de faire un jour d’autres reprises, la réponse de Nicki « Wicked » Lindströme est sans équivoque : « Nous sommes tout le temps en train de parler de faire une nouvelle reprise sur scène, mais nous ne sommes jamais d’accord sur ce que nous allons jouer. » Une petite dissension au sein du groupe ? Plutôt une histoire de choix des priorités.

« Nous voulons étendre notre musique, essayer des choses différentes […] Nous pouvons faire tout ce que nous avons envie de faire. »

Car la priorité des quatre filles aujourd’hui, c’est de se lancer dans un nouvel album, un an et quelques mois seulement après la sortie du dernier en date, The Midnight Chase. Et visiblement, ça s’annonce bien comme le laisse entendre Mia : « Nous sommes déjà en train d’headbanger pendant les répètes, ce qui est bon signe ! », soutenue par Klara qui précise la créativité qui les anime en ce moment : « Je crois que nous n’avons jamais été autant inspirées que pour l’écriture de ce nouvel album. Nous prenons beaucoup de plaisir à travailler dessus actuellement. » Et pas question de changer leur fusil d’épaule : « Il y a toujours comme un évolution naturelle. Mais ce sera du hard rock et vous reconnaîtrez Crucified Barbara. » Ida ajoute même : « Je crois surtout que vous verrez encore plus de nous-mêmes. » Dans l’écriture en tout cas, elles revendiquent une certaine liberté, qui leur est donnée, notamment par le style de musique qu’elles jouent, comme l’explique Klara : « Nous voulons étendre notre musique, essayer des choses différentes… Nous avons de la chance, quelque part, car le genre de musique que nous jouons n’est pas limité à un schéma spécifique. Nous pouvons faire tout ce que nous avons envie de faire. Nous pouvons faire en fait tout ce qui nous semble bien sonner. »

« Quand tu vois que certains groupes ont du succès, cela pousse les jeunes à commencer à jouer de la musique et à penser que si ces groupes peuvent le faire, eux peuvent le faire aussi. »

Et à propos de cette scène suédoise si active qui voit tant de groupes réussir dans le rock et le metal ? « Je crois qu’une chose mène à une autre », explique Klara, « quand tu vois que certains groupes ont du succès, cela pousse les jeunes à commencer à jouer de la musique et à penser que si ces groupes peuvent le faire, eux peuvent le faire aussi. » Mais selon elle, il y aussi une logique éducative à cela, car en Suède, on pousse très tôt les enfants à la musique : « Quand nous étions petites, tout le monde pouvait pratiquer un instrument, et c’était gratuit. Je crois que cela à amené beaucoup de gens à jouer d’un instrument. » Sur quoi Mia rebondit : « Aujourd’hui il y a toujours un bon soutien pour les jeunes qui jouent de la musique, apprennent un instrument et pour qu’ils trouvent un endroit pour jouer. Donc je pense que c’est l’une des raisons. » La Suède aide donc ses jeunes dans leur créativité, mais une fois les jeunes groupes lancés, il existe une vraie solidarité entre les groupes suédois, comme l’explique encore une fois Klara : « Un autre élément très positif aussi c’est que, par exemple, nous venons de Stockholm, nous connaissons beaucoup de gens qui jouent dans différents groupes là-bas, et nous nous soutenons beaucoup les uns les autres, nous parlons des autres groupes pendant les différentes interviews, pour essayer, au lieu d’être en concurrence, d’être solidaires, en quelque sorte. » Education et solidarité seraient ainsi les deux piliers de la réussite musicale suédoise…

« Nous venons de Stockholm, nous connaissons beaucoup de gens qui jouent dans différents groupes là-bas, et nous nous soutenons beaucoup les uns les autres [..] au lieu d’être en concurrence, d’être solidaires, en quelque sorte. »

Et ce succès des groupes suédois amuse les quatre filles : « Nous avons fait un festival en République Tchèque il y a quelques années, et j’ai compté : il y avait 80% des groupes qui étaient suédois ! C’est un bon moyen de voir ses potes en fait ! » L’année passée, les Crucified Barbara sont allées jouer en Amérique du Nord et du Sud, ce qu’elles n’avaient jamais fait auparavant et cela reste « un gros truc » pour elles. Quant à l’avenir ? Elles veulent jouer et faire de la scène avant toute chose, car c’est leur vocation : « Nous sommes principalement un groupe de scène, nous adorons jouer live. » Même pour jouer dans des bars ? « Bien sûr ! », répondent-elles en choeur. Mia, pour achever cette conférence, se souvient d’ailleurs d’une récente expérience à New York, où les quatre filles n’ont que récemment commencé à tourner : « Nous devions jouer devant plusieurs centaine de personnes, il a fallu que nous construisions nous-mêmes la scène. La seule lumière qu’il y avait sur scène était celle la lumière qui venait des toilettes en laissant la porte ouverte ! Et ça s’est terminé en concert très fun. » Pas de doute, pas grand chose n’arrête ces quatre filles vêtues de noir dans leur insatiable conquête de l’univers du rock.



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