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Live Report   

Crucified Barbara : peut-on faire totalement abstraction du sexe ?


Crucified Barbara avec Trucker Diablo dans ses valises, l’affiche de ce soir est plutôt alléchante. Point question de rester tranquillement assis dans le Divan fut-il du Monde ; les groupes en présence ne devraient pas vous en laisser l’occasion.

Donc, en « Very Special Guest » comme l’indique l’affiche apposée sur les murs de la rue des Martyrs où se situe la salle, Trucker Diablo. Origine : Irlande du Nord. Existe depuis 2010. Ont deux albums à leur actif dont leur tout récent Songs Of Iron encore tout chaud. Composition : quatre solides gaillards.

Ensuite, tête d’affiche, Crucified Barbara. Origine : Suède. Existe depuis 1998 (eh oui) Ont trois albums à leur actif et leur dernière production, The Midnight Chase, a un an – le groupe prend son temps pour sortir ses albums. Composition : quatre jolies suédoises. Intervient alors la question d’introduction qui pose l’épineux problème de l’objectivité sexuelle. Effectivement face à quatre filles plutôt sexy, notre jugement de chroniqueur masculin hétérosexuel (ou de public car ne vous y trompez pas, vous êtes dans le même sac ! si, si) pourrait-il être troublé, enclin à l’indulgence ou à la suffisance de type « pour des filles c’est pas mal » alors que ce même jugement resterait impartial face à quatre mecs ? Aucune honte à avoir si vous avez ce dilemme en tête. C’est humain ! Sachez néanmoins que notre équipe est composée d’hommes et de femmes, humain(e)s certes mais professionnel(le)s et droit(e)s dans leurs bottes. C’est donc en toute objectivité que nous vous proposons de revivre cette soirée…et de voir si des filles savent faire aussi bien que des garçons (oups !).

Artistes : Crucified BarbaraTrucker Diablo
Date : 21 mai 2013
Salle : Divan du Monde
Ville : Paris

Vous aimez le gros rock et le style camionneur ? Voici Trucker Diablo.

Les portes s’ouvrent à 19h00 et les Irlandais du Nord qui arrivent sur scène peu avant 19h40 commencent d’abord par affiner quelques réglages. Sans cérémonial, ils envoient ensuite leur premier titre, ‘Red Light On’, face à un public encore clairsemé. ‘Year Of The Truck’ continue cette entame de concert basée sur le dernier opus sur laquelle la setlist s’appuiera en grande partie. ‘Voodoo’ ou ‘The Rebel’ sont plutôt efficaces. Sur scène, le groupe se dépense sans compter, offrant une prestation plus qu’honnête, et chacun des membres impose une bonne présence.

Le public apprécie à juste titre et chantera avec plaisir sur l’extrait de ‘Proud Mary’, reprise de Creedence Clearwater Revival, que le groupe insère dans sa setlist avant le très enlevé ‘Drink Beer, Destroy’.
Le son est correct, l’attitude irréprochable, les morceaux intéressants – sans toutefois révolutionner l’univers – et quelques jeux de lumière appuient la prestation.

En bon leader, Tom Harte maintient le contact avec le public. « Are you still with us ? » demande-t-il avant d’attaquer ‘Drive’ histoire de battre le fer qu’ils ont très honorablement chauffé tant qu’il est chaud. Plus tôt, il avait expliqué que le titre ‘Not So SuperStar’ parle d’Axl Rose. Bref, il échange et c’est bien. Par contre, l’homme a un sacré accent et il n’est pas toujours évident à comprendre.

‘Evil Marie’, dédiée à Thin Lizzy dont les membres du groupe (en bons rockers irlandais, quoi) sont de très grands fans, conclut cette première partie qui aura duré trois honnêtes quarts d’heure, passés à la vitesse grand V. Celle d’un « Big Truck » lancé à fond les ballons ? En tous les cas, ils auront réussi leur mission, à savoir chauffer la salle mais aussi, au vu de la réaction du public, proposer une prestation appréciée. En toute objectivité asexuée !

Setlist de Trucker Diablo :

Red Light On
Year Of The Truck
Voodoo
The Rebel
The Streets Run Red
Proud Mary (extrait, reprise de Creedence ClearWater Revival)
Drink Beer, Destroy
Not So Superstar
Drive
Shame On You
Evil Marie

Les garçons partis, passons notre impartialité au test des quatre filles…sans voir quatre filles. Côté salle, les quelques « A poil » lancés avant même que le concert ne commence montrent qu’il y a une marge de progrès !

Crucified Barbara : les crinières de feu en action.

21h00, les lumières s’éteignent et le public, qui remplit désormais plus qu’honnêtement le Divan, manifeste sa joie. Les Suédoises arrivent sur scène une à une et entament leur set par ‘Crucifier’, titre issu de leur dernier opus. Le démarrage du concert frappe par l’énergie que les filles déploient, par leur prise d’assaut immédiate de la scène, au plus près du public. Attitude percutante qu’elles garderont tout au long de leur prestation, sans baisse de régime. Klara Force, à la guitare rythmique, assure la majeure partie de la communication avec le public même si chacune des musiciennes aura l’occasion, comme on le verra plus tard, d’échanger avec les fans qui sont ravis de la prestation comme le montrent quelques slammeurs enthousiastes. Certains atteignent la scène et gardent un bon esprit en sautant assez rapidement pour libérer la place.

Mené tambour battant, le concert enchaîne les titres issus de The Midnight Chase et de In Distorsion We Trust. ‘If I Hide’ chanson sur l’amitié, ‘Rock Me Like The Devil’, autant de titres du dernier album plus qu’agréables à entendre. Sur le très enlevé ‘Motorfucker’, Ida EvilEye, la bassiste, se place côté gauche de la scène, à genoux devant le public. Rock’n’roll attitude, non ? Sens plutôt efficace de la mise en scène en tous les cas. Ce que les filles démontrent aussi sur l’introduction de ‘Losing The Game’ où elles se postent côte-à-côte devant la batterie. Joli tableau.

La débauche d’énergie est toujours là, Ida et Klara headbanguant furieusement, leur chevelure blonde prenant l’aspect de crinière en feu sous l’effet des lumières.

Le sex-appeal : dévastatrice arme rock’n’roll.

Au niveau son, tout est bon. A peine pourrait-on arguer que la voix de Mia se casse un peu parfois, comme sur ‘Losing The Game’ justement. Variant les plaisirs, le titre suivant est lancé dans le noir, les Suédoises ayant quitté la scène, avec juste un éclairage sur les pieds de micro. Ida revient seule et entame un court solo de basse distordu avant que la batterie ne démarre la très bonne introduction de ‘Rules & Bones’. Excellent titre où les deux blondes headbanguent de concert tandis que Mia décoche son solo.

Évidemment, les plans décrits jusqu’à présent sont l’apanage de nombreux concerts que vous avez déjà pu voir. Rien de bien nouveau jusqu’à présent pourriez-vous donc avancer. Sauf qu’avec nos poupées gonflables crucifiées (barbara signifierait poupée gonflable en suédois), la spontanéité d’exécution, le plaisir manifeste qu’elles ressentent et la qualité de la musique font la différence.

A propos de qualité, l’enchaînement ‘Rules & Bones’ / ‘Jenifer’ et son introduction plus calme est bien senti. Il ne vous aura pas échappé, attentifs que vous êtes, que ‘Jenifer’ est le premier titre issu du second album Til Death Do Us Party.

‘Into The Fire’ avec son début à la batterie et son excellent final ainsi que ‘Rock’n’Roll Bachelor’ avec ses riffs lourds et le soutien du public remettent la soirée dans un rythme plus enlevé avant que la bassiste ne s’adresse aux fans, en français s’il vous plaît. « Santé, les amis. Ça va ? Nous sommes très heureuses de jouer à Paris pour vous ce soir. J’aime Paris, j’aime la France » dit-elle avant de continuer à haranguer le public en anglais et de finalement laisser la main à Klara qui annonce ‘Killed By Death’, reprise de Motörhead. La version des Suédoises est très fidèle à l’original dont elle n’a pas à rougir. Elle fouette le public qui reprend le refrain et recommence les slams. Et forcément enfonce le clou de l’analogie avec Girlschool car la formation suédoise est clairement dans la lignée de ses ainées anglaises. Il y a l’évidence du groupe de quatre filles. Facile. Mais il y a aussi une certaine rugosité dans la musique et une sincérité qui transparaît sur scène. Mais un Girlschool avec un côté charme indéniable auquel le public masculin et hétérosexuel ne peut pas rester insensible. Il y a les épaules dénudées de Mia mais aussi le haut en résille de Klara qui laisse voir un soutien-gorge noir et un ventre plat des plus jolis. Il serait bien hypocrite de nier que cet atout charme n’est pas un plus de la formation suédoise. Évidemment sans tout le reste, il n’a pas grand intérêt. Pour terminer avec cette reprise de Motörhead, elle ouvre la porte à de doux fantasmes. En effet au Sonisphère, les deux groupes jouent le même jour. Un petit bœuf serait du plus bel effet !

Crucified Barbara, faut pas les prendre pour des poupées !

En attendant, le Divan a chaud et ‘In Distortion We Trust’ n’est pas prévu pour refroidir l’atmosphère tellement ce titre invite à headbanguer. Peut-être la pause rappel qui intervient ensuite aura-t-elle cet effet.

Nicki Wicked, la batteuse, revient sur scène pour filmer les fans et les secouer encore un peu. « You want some more ? » demande-t-elle. Vous voyez, chaque musicienne a son moment d’échange avec le public. La musique revient comme Klara, assise devant la batterie, lance l’introduction calme de ‘Count Me In’, soutenue par les applaudissements de la salle. Sur ce titre, la voix de Mia donne des frissons. Quel morceau ! Suit ensuite ‘Sex Action’, second titre issu de Til Death Do Us Party, très efficace, qui est finalement assez représentatif de la musique des Suédoises : « dans ta face » avec des rythmiques appuyées et imparables mais saupoudrée d‘une certaine douceur dans les refrains.

22h20, le concert se termine mais les musiciennes invitent les fans à prolonger la fête avec elles au Black Dog, célèbre bar metal parisien. Un dernier salut et la salle se rallume, les portes s’ouvrent libérant des fans ravis. Normal, ils ont assisté à une prestation de qualité avec des filles à fond et un metal des plus efficaces. Certes, il manque peut-être à Crucified Barbara un album ou même un titre qui récolte l’adhésion du plus grand nombre, leur Black Album ou leur Highway to Hell à elles en quelque sorte afin qu’elle passe en division supérieure mais sans aucune hésitation, ces quatre filles méritent d’ores et déjà toute votre attention. Et indépendamment de votre sexe ! Alors la prochaine fois, ne les loupez pas !

Setlist de Crucified Barbara :

Crucifier
Play Me Hard
Shut Your Mouth
If I Hide
Rock Me Like The Devil
MotorFucker
Losing The Game
Rules & Bones
Jennyfer
Into The Fire
Rock’n’Roll Bachelor
Killed By Death (reprise de Motörhead)
In Distortion We Trust

Rappels :
Count Me In
Sex Action
ROLF

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du concert de Crucified Barbara
Galerie photos du set de Trucker Diablo



Laisser un commentaire

  • Bonne chro, très représentative de l’ensemble des concerts de cette tournée française qui a récolté un franc succès ! Juste un commentaire : manifestement, le concert de Paris n’a pas été apprécié plus que celà par les musiciennes qui ont trouvé le public un peu trop « violent » à leur gout, les obligeant à être plus concentrées sur la sécurité qu’à l’accoutumée…
    Amicalement !

    [Reply]

    Rififi

    Trop de slammeurs!!!
    C’est déjà chiant pour le public qui se prend un mec sur le coin de la gueule parce qu’il VIT son concert dans l’égoïsme le plus total.
    D’ailleurs il y avait un mec assez costaud dans la fosse qui mettait au sol les slammeurs qui avait le malheur de passer près de lui. Il a eu à quelques reprises des discutions tendues avec certains d’entre eux.

    Le pied de micro qui tombe, fil débranché… c’est pénible pour le technicien, les musiciennes, et le public à cause de quelques c******s.

    D’un autre côté Mia aurait pu glisser un petit mot, du genre calmez-vous un peu.
    A part sourire, et dire que vous êtes « crazy » montre qu’elle a apprécié l’énergie du public, et sa réaction vis à vis de leur musique.

    Hélas, la configuration du Divan du Monde permet aux slammeurs de s’en donner à coeur à joie. Je l’interdirais pour la sécurité du groupe, du public, et des slammeurs (quelques uns se sont bien pétés le tibia en arrivant sur les enceintes)et le 1er que j’attraperais, direction la sortie.

    On qualifie souvent le public parisien de blasé, et quand il se bouge, il est « violent ». A croire qu’il n’y a que 2 extrêmes 🙂
    CB joue quand même une musique énergique (c’est pas notre Jenifer nationale), et c’est au groupe de calmer son public, comme il doit le (re)booster.

    Rako

    Oui certes, mais ne riez pas ^^), franchement je crois que Mia est trop timide pour dire ça, sincèrement…et puis globalement, ce phénomène n’est arrivé que sur la date de Paris 😉
    Salutations, et vivent les Barbs <3

  • Heavybourrin dit :

    Ce groupe est super !
    ça prouve que tout le monde peut faire du métal (au sens large) de qualité

    [Reply]

  • Par rapport à votre setlist, le groupe a joué « everything we need ».
    Aurais-je rêvé ? Elles n’ont pas joué « killer on his knees » ? Il me semble…

    THE MIDNIGHT CHASE est un album calibré pour la scène. Le plublic était davantage à fond sur ces titres.
    J’aurais échangé volontiers « Jennyfer » (que je déteste) contre « my heart is black » (au moins cette chanson aurait marqué une vraie pause, et elle est de bien meilleure qualité).

    Bonne ambiance, bonne énergie. Un groupe à voir et / ou à revoir.

    [Reply]

    micka

    je ne partage pas spécialement cet avis, les morceaux des 2 précédents albums sont plus pêchus et accrochent mieux en live de même que leurs refrains restent en tête, j ai tres moyennement aimé le dernier opus.
    Par contre je suis d’accord au sujet de « Jennifer », j aime pas du tout.

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