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Live Report   

Cult Of Luna : la diversification Vertikal


Quand retentissent les premiers coups sourds métalliques de « The One », premier titre de Vertikal, le nouvel album des très attendus Cult Of Luna, le Divan Du Monde plein à craquer est déjà totalement hypnotisé par l’enjeu.

A ce stade, l’audience ne sait plus mauvais gré aux tenants de la salle parisienne de l’avoir fait patienter pas loin d’une heure dans le froid glacial de ce début de soirée parisienne.

Les participants de cette orgie post-core qui s’annonce ont peut-être déjà oublié le set pourtant très appliqué des Suisses d’Abraham,qui ont délivré leur univers sans anicroche majeure, mais restent néanmoins tributaire d’un catalogue de titres qui ne les distingue pas particulièrement de la meute post-core qui s’inspire des passés Isis ou de Cult Of Luna, justement. Certains verront une entrée en matière parfaite pour une soirée dédiée aux Suédois, d’autres regretteront d’avoir eu une mise en bouche un peu dénuée d’originalité. Ce qui est sûr, c’est qu’Abraham a bénéficié d’une constante de la soirée : un son excellent et parfaitement audible dont l’auditoire a pu également profiter, élément qui sera encore bonifié lorsque arriveront sur scène les Cult Of Luna.

Artistes : Cult Of LunaAbraham
Date : 24 janvier 2013
Salle : Divan du Monde
Ville : Paris

Un public venu en rangs serrés pour Cult Of Luna.

Au vu de ce Divan Du Monde qui menace d’exploser tellement la foule y est compacte, l’assemblée peut dignement se demander pourquoi le groupe n’a pas garni une salle parisienne un peu plus grande. Une programmation peut-être un brin timorée, ou une crainte du groupe de ne pas remplir une salle plus conséquente ? Pourtant le rôle que jouent maintenant les Suédois auprès du public post-core, stoner et plus largement metal est devenu important, ce qui est clairement identifiable en raison de l’attente du nouvel album Vertikal sorti ce mois-ci.

Et c’est d’ailleurs ce que Johannes Persson et ses sbires sont venus faire dans le froid parisien : présenter ce nouvel opus et son univers industriel sombre aux incursions électroniques, qui tranche avec le reste de la discographie du groupe sans en perdre la cohérence. Car au grand dam d’une partie du public qui veut entendre ses morceaux préférés en concert et regrettera de ne pas entendre certains des titres des anciens albums, Cult Of Luna n’est pas là pour cela. Il vient servir le propos musical de Vertikal à travers pas moins de sept titres sur dix joués ce soir pour seulement deux représentants d’Eternal Kingdom et un seul du Somewhere Along The Highway de 2006.

Une grande partie de l’auditoire découvrait donc les titres de ce Vertikal à l’occasion de ce concert et fut apparemment séduit d’entrée par l’intensité du couple « The One » et « I: The Weapon » introduisant le concert comme l’album, si l’on en croit les applaudissements nourris qui suivirent ces deux titres. Les Suédois ont finement joué le coup en se rappelant au bon souvenir de ceux qui les suivent depuis plusieurs albums déjà en interprétant un « Ghost Trail » forcément épique qui sera acclamé dès les premières notes et qui terminera en apothéose par un clignotement surpuissant de lumières sur l’épilogue du titre.

Les organisateurs du concert avaient pourtant prévenu par une affichette à l’entrée de la salle : les épileptiques étaient priés de rentrer chez eux. Et c’était là l’un des points forts de la soirée, un jeu de lumière en total accord avec le côté très hypnotique de l’univers de Cult Of Luna, qui effectivement peut emmener le public dans une certaine transe visuelle, uniquement interrompue par le chant agressif de Persson, qu’on a senti très concerné toute la soirée. Qui, par ailleurs, ne tient toujours pas à communiquer avec son public entre les titres. Peut-être pour ne pas faire retomber l’ambiance pesante, quasi-sinistre des titres de Vertikal, dont ce « Mute Departure », avec son jeu sombre sur les toms de batterie et ce chant presque liturgique au cœur d’épopées beaucoup plus violentes. En tout cas, l’audience est conquise et se connecte quasi-instantanément à l’univers du nouvel opus que les musiciens présentent avec un enthousiasme non feint.

Le groupe enchaîne les titres quasiment sans pause et donc sans un mot, avec le très progressif « Vicarious Redemption » et son ambiance électronique par endroit, avec ce son de basse Electro étrange qui en fait un morceau vraiment à part dans le catalogue des Suédois. Autant dire que ceux qui découvraient l’album ce soir en ont eu pour leurs frais, mais ont cependant donné l’impression d’adhérer totalement à ces titres, remuant copieusement la tête, même si les breaks en ont surpris plus d’un, donnant lieu à des applaudissements alors que les titres n’étaient pas terminés…

Cult Of Luna est venu présenter les ambiances sombres er froides de Vertikal.

Un plus traditionnel « Owlwood », titre d’ouverture d’Eternal Kingdom, viendra faire redescendre tout le monde sur des terres plus familières, celles d’un Cult Of Luna avec ses méandres de guitares mélodiques, avec le final en son clair qui fait quelque peu retomber la tension. Avant de replonger dans Vertikal et l’émotionnel « Passing Through » et ce chant clair très maîtrisé sur des cloches de batteries délicates qui créeront une atmosphère vraiment particulière auquel le public parisien sera sensible. Et à la surprise des novices de Vertikal, le morceau ne décollera pas, mais ira directement sur un autre intermède, très court celui-ci, « Disharmonia », porte d’entrée vers le bouquet final « In Awe Of », ses harmonies de guitares un peu folles et son jeu de batterie qui s’unissent et s’opposent constamment. La synchronisation des deux batteries est par ailleurs l’un des aspects les plus singuliers de Cult Of Luna en concert, qui étonne son monde par tant de complémentarité et d’inventivité rythmique.

La coupe est pleine pour les Suédois qui quittent le public parisien sur ce titre et sa fin grandiloquente qui laissera place à de très nombreuses acclamations. L’auditoire semble ravi de ce set plein qui aura fait la part belle à Vertikal et son univers industriel, l’importante présence de l’électronique et d’un travail sur les voix qui a encore évolué sur ce dernier opus. L’hypnose a fonctionné jusqu’aux dernières notes et un retour à la réalité qu’un grand nombre aurait souhaité plus tardif. Cult Of Luna, depuis la chute d’Isis, est le chef de file d’un mouvement où il possède beaucoup d’émules mais reste sans conteste aux commandes de l’originalité créative et de la performance live pointilliste.

Setlist de Cult Of Luna :

The One
I: The Weapon
Ghost Trail
Finland
Mute Departure
Vicarious Redemption
Owlwood
Passing Through
Disharmonia
In Awe Of

Photos : Julien Perez

A voir également :

Galerie photos du concert de Cult Of Luna.



Laisser un commentaire

  • « un son excellent et parfaitement audible dont l’auditoire a pu également profiter »

    J’ai pas du avoir de bol devant pour entendre la guitare de droite pendant Ghost Trail et Vicarious Redemption sur les parties les plus intéressantes 🙁

    [Reply]

  • j’ai vu pour ma part Cult of Luna vendredi dernier à Vannes. N’étant pas fan de post-core, j’y suis allé en curieux et aussi par défaut car les concerts de métal au sens large ne sont pas légion sur le secteur.
    Je suis sorti un peu circonspect : si les qualités musicales et l’originalité du groupe sont indéniables, le côté planant ou hypnotisant m’a laissé de glace. De plus, j’ai trouvé la voix gutturale du chanteur en décalage avec la musique. Bref, je me suis un peu ennuyé.
    Je précise que j’écoute du métal depuis au moins 25 ans, j’ai vu un centaine de concerts et suis normalement assez ouvert aux découvertes.

    [Reply]

    BLS44

    J’étais également présent à l’Echonova et je reste sur la même impression. Les compos ne sont pas inintéressantes mais le rendu en live est plus hypnotique que transcendant et au vu de l’attitude statique d’une grande partie du public je n’étais pas le seul à penser ça. Bref je reste sur ma fin.

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