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Chronique   

Cynic – Kindly Bent To Free Us


La sortie d’un album de Cynic a toujours suscité une attention particulière, depuis que Focus en 1993 avait posé certaines marques d’un metal progressif à l’américaine. Le côté « légendaire » du groupe a été cultivé par son absence due à un hiatus de douze années avant de revenir en 2006. Mais depuis, le groupe est parvenu à maintenir l’attention sur lui via des sorties plus régulières. Et si Kindly Bent To Free Us n’est que le deuxième album du groupe depuis sa reformation, il arrive toutefois deux ans après Carbon Based Anatomy, un EP ouvert et expérimental.

On retrouve dans ce nouvel opus les ambiances jazzy qui donnent à l’univers de Cynic cet aspect « cosy » si particulier, mais partant dans un monde plus proche d’un space rock ou d’un rock progressif sophistiqué que vers le metal alambiqué aux influences death des débuts. Cynic se penche davantage sur le bord atmosphérique de son art, comme avec ces étranges et planantes vocalises sur « Moon Heart Sun Head ». Mais voilà : tout ou presque dans cet album se réfère à des éléments déjà expérimentés dans le passé de la carrière de Cynic, ce qui engendre une certaine absence de surprises.

Cependant, Cynic se pare toujours des mêmes attraits : une capacité à passer d’émotions vocales délicates à d’intenses ambiances guitaristiques dans un même morceau (« Moon Heart Sun Head »), des passages rythmiques ébouriffants de mise en place (« Kindly Bent To Free Us ») grâce à un couple basse-batterie techniquement extatique, et des sommets de composition dans des ambiances proches de King Crimson (« Gitanjali »), avec un Paul Masvidal au somment de son art vocal dans des diatribes mélodiques réminiscentes d’Aeon Spoke (« Endlessly Bountiful »), un autre de ses projets accompagné du batteur Sean Reinert, où il retrouve à l’occasion, sa technique caractéristique légèrement teintée de vocodeur.

Mais le son un peu flou, sans doute délibérément pour appuyer le penchant atmosphérique, de cet album ne sert pas forcément Cynic dans sa cause technique. La basse du virtuose Sean Malone, pourtant toujours aussi délectable, perd en épaisseur. Une production minimaliste, un son de guitare au relief incertain et un étrange mix approximatif… Cynic a fait le choix du diamant brut à peine poli, ce qui risque d’en rebuter certains. Mais serait-ce pour qu’on en cerne mieux la beauté naturelle ?

Ci-dessous les lyric-vidéos des titres « True Hallucination Speak » et « Kindly Bent To Free Us » :

Album Kindly Bent To Free Us, sortie le 14 février 2014 chez Season Of Mist



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