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Interview   

Dagoba, l’astre résilient


La période récente de Dagoba a été mouvementée. Enregistrant le départ de deux membres, l’iconique batteur Franky Costanza et le guitariste Yves « Z » Terzibachian, on pouvait douter de la faculté de résilience du groupe. Ce serait oublier que la passion de Shawter semble inépuisable, à l’image de son franc-parler.

Dagoba revient avec le successeur de Tales Of The Black Dawn, Black Nova, prévu pour le 25 août. Ce sera le premier album avec deux nouveaux membres : Nicolas Bastos à la batterie et Jean-Laurent Ducroiset à la guitare. Nouveau line-up, nouveaux promoteurs et nouvel ingénieur sonore pour le mix en la personne de Jacob Hansen, Black Nova a véritablement des allures de nouveau départ. Pour Shawter, c’est avant tout le respect de la ligne de conduite de Dagoba : chercher à ne pas se reposer sur ses lauriers et toujours proposer quelque chose de nouveau par rapport à l’effort précédent. Le frontman revient sur le changement de line up et l’impulsion de ce dernier sur la musique du groupe, sans concessions.

« Pour faire une analogie avec le sport, moi, je supporte un club, pas un joueur. Les joueurs passent, le club reste. Pour moi, les gens qui supportent un club et qui demain sont prêts à brûler le maillot parce qu’un joueur est parti, comme on dit, ce sont des footix. »

Radio Metal : L’an dernier, le groupe s’est séparé de Z et de Franky Costanza pour « désaccord professionnel ». Peux-tu nous en dire plus sur ces désaccords ?

Shawter (chant) : Je pense que, plus généralement, la passion pour le groupe n’était plus partagée depuis longtemps. Donc à partir du moment où les intérêts personnels étaient plus importants que les intérêts du groupe, ce que je peux comprendre à un moment ou un autre dans la vie de chacun, je pense que c’est le moment de se serrer la main et se dire bon vent et bonne continuation. Là, c’était clairement le cas, donc il était temps de changer d’air.

Dans son communiqué annonçant cette séparation, Franky disait : « Il y a quelques jours, j’apprenais que le groupe Dagoba souhaitait continuer sans Z et moi. » Ce qui suggère que ce n’était pas réciproque. D’autant que Franky était très investi dans Dagoba. Comment cette décision a-t-elle été prise, en réalité ?

C’est son communiqué et bien souvent, sur les réseaux sociaux, le premier qui l’ouvre a raison. Nous, nous n’avons pas voulu rentrer dans la riposte. Nous, nous savons pourquoi ça n’a pas pu se faire. Nous avions une tournée au Canada qui était prévue de longue date et annoncée partout au mois de juin, donc tu te doutes bien que c’est quelque chose de long à mettre en place et qui se prévoit bien en amont. Et au mois de juin, non seulement nous avons dû annuler la tournée parce que deux d’entre nous ne pouvaient pas la faire, et pour une simple raison : ils avaient un stand de merch à assurer au Hellfest. Les stands de merch au Hellfest, ça se réserve en novembre de l’année d’avant, donc ils savaient très bien… Donc ils nous ont laissé annoncer des tournées au Canada, tout préparer, mis les fans canadiens en attente pour au final annuler pour servir leur intérêt personnel. Donc ce n’est bien entendu pas ça en particulier qui a fait qu’il y a eu séparation, parce qu’on n’efface pas une cause commune de quinze ans sur un coup de tête comme ça, nous ne sommes pas débiles mentaux, ni fous. Mais disons que nous avions plus ou moins la certitude que les intérêts personnels de certains étaient plus importants que ceux du groupe. Là c’était la confirmation. Et pour moi, c’était irrespectueux envers notre public canadien en général. À partir du moment où tu annules pour tenir un stand pour ta marque, c’est que clairement tu as fait ton choix, et ce n’est pas le choix du groupe. Donc nous, nous sommes là pour respecter le choix du groupe.

Pour ceux qui suivent Dagoba depuis longtemps, Franky était une personnalité importante et avait un vrai capital sympathie. En conséquence, cette séparation a choqué de nombreux fans et beaucoup s’en sont pris à toi sur internet, te traitant de dictateur, etc. Comment est-ce que tu as géré ça ?

Très bien ! En fait, je connais le côté justement passionnel du public metal, dont je fais partie, donc je sais très bien que les gens, surtout le public français, d’ailleurs, sont attachés à la personnalité de l’individu, parfois même au-delà de l’essence même du groupe. Mais moi, je fais partie de cette génération… Pour faire une analogie avec le sport, moi, je supporte un club, pas un joueur. Les joueurs passent, le club reste. Pour moi, les gens qui supportent un club et qui demain sont prêts à brûler le maillot parce qu’un joueur est parti, comme on dit, ce sont des footix. Et ceux-là, libre à eux de s’exprimer, bien entendu, mais ça ne fait pas partie de mes valeurs. Les gens disent ce qu’ils ont à dire. Moi, je n’ai pas voulu ternir publiquement l’image de l’un ou de l’autre, j’ai préféré garder la dignité de chacune des parties intacte. Je ne me suis pas amusé à sponsoriser un post pour dire que c’était fini ou quoi pour juste rameuter du public à ma cause. Et je savais très bien que, de toute façon, ce n’est pas ça qui allait couper les ailes du groupe ou l’inspiration ou l’envie du milieu professionnel de nous faire confiance, preuve en est aujourd’hui. Donc j’ai juste laissé passer l’orage avec sérénité et je me suis plongé dans le travail pour le groupe, comme je le fais depuis vingt ans.

Est-ce qu’il a été difficile de se priver de l’image de Franky ou de faire accepter Nicolas Bastos, malgré son indiscutable compétence à la batterie ?

Non, pas du tout, parce qu’il a une image forte dans le milieu metal français aussi. Et ce qui était important surtout, c’était que nous nous entendions bien avec lui. Nous le connaissions de longue date car nous avions fait plusieurs dates avec lui car il était dans d’autres groupes. Nous nous entendions bien humainement. J’étais très fan de son jeu de batterie, donc ça s’est fait très naturellement. En fait les gens l’avaient déjà intégré comme bon batteur et personnage sympathique quand il était dans d’autres groupes, donc c’était facile !

Lui et Jean-Laurent Ducroiset à la guitare avaient au départ été appelés pour finir la tournée, aviez-vous dès le départ l’idée d’en faire des membres à part entière ?

En fait, tant que nous pensions que nous pouvions assumer cette fameuse tournée canadienne et qu’après ça, nous allions pouvoir continuer avec notre ancien line-up, effectivement, le plan était d’avoir des musiciens qui puissent au moins assurer ces dates-là pour assumer l’attente des fans canadiens, ce qui est la moindre des choses. Après, quand nous avons vu que ça dégénérait complètement et que nous avons compris qu’en fait, nos anciens collègues avaient d’autres plans, quand nous les avons vu faire des photos au Hellfest, avoir leur stand, nous avons bien compris que dans leur tête à eux, du moins, c’était fini. C’est-à-dire que si ça allait se produire là, nous allions avoir peut-être une tournée après encore plus importante dans un autre pays et ils allaient encore nous faire la même pour cette raison ou une autre, tout ça pour défendre des intérêts personnels. Donc à partir de ce moment-là, c’était acté, il nous fallait prendre des membres à part entière, et donc voilà.

« J’ai toujours adoré, depuis que je suis tout gamin les musiques des grands films épiques, […] tous ces thèmes-là, pour moi, il n’y a pas de parole mais ce sont des singles. Donc ça m’a marqué au même titre que des singles de pop ou de metal. »

Tu composes toute la musique, tu écris toutes les paroles, tu produis les albums dans ton propre studio, et on a vu qu’un membre qui, dans l’esprit des gens, paraissait emblématique, Franky, pouvait du jour au lendemain ne plus faire partie du groupe. Du coup, beaucoup de gens voient en Dagoba un côté « projet solo » plus qu’un groupe…

Cette formule est la même depuis les débuts du groupe. Donc je ne sais pas d’où vient le fantasme qu’auparavant l’un ou l’autre composait aussi, que l’un ou l’autre produisait aussi ou écrivait, ça n’a jamais été le cas. Donc pourquoi aujourd’hui il y aurait plus le sentiment d’un projet solo qu’auparavant ? Ça c’est du fantasme de réseaux sociaux qui ne me concerne pas.

Werther devient, avec le départ de Franky, le musicien le plus ancien du groupe à part toi. Comment décrirais-tu ta relation avec lui ?

C’est plus qu’un ami ! C’est comme je l’appelle : mon petit frère. Je tuerais pour lui. Il faut savoir, comme tu disais, que moi on m’a traité de tous les noms d’oiseaux parce que je suis frontman donc je suis peut-être plus mis en avant, mais celui qui était vraiment prêt à continuer dans cette ambiance délétère avec des gens qui ne sont plus intéressés par le groupe, c’était moi. J’étais prêt à continuer à le faire pour le bien du groupe parce que je savais très bien que nos fans étaient attachés à certaines autre personnalités. A vrai dire, j’ai vraiment respecté plus l’avis de Werther qui lui n’en pouvait plus de cette situation. Donc pour moi, entre choisir quelqu’un qui est à la vie et à la mort tatoué Dagoba et quelqu’un qui est, certes, très fort techniquement, mais qui n’en a plus rien à foutre, c’est facile.

Black Nova est le premier album avec ce nouveau line-up. Même si l’agressivité est toujours là, cet album sonne plus ouvert, groovy et accrocheur que ne l’était Tales Of The Black Dawn. C’était important après un album aussi virulent de rouvrir votre spectre ?

En fait, ce qui est important pour nous à chaque fois que nous sortons un album est de faire un album différent de ceux qui l’ont précédé. Donc effectivement, le discours sur Tales Of The Black Dawn était de proposer un album brut et brutal. Du coup, pour ceux qui nous connaissent depuis le début, ils pouvaient s’attendre à un discours différent sur Black Nova. C’était la ligne directrice. Après, le fait qu’il soit plus ouvert ou plus ceci ou cela, on va dire, pas que c’est un fait du sort mais c’est comme ça que l’inspiration est venue.

Ce qui frappe d’entrée de jeu en écoutant l’album, c’est le côté plus épuré de la rythmique qui permet de mettre plus en valeur le côté massif et martial des arrangements…

Disons qu’auparavant, nous avions une section rythmique qui voulait beaucoup être mise en avant. Aujourd’hui, nous avons notamment un batteur qui est plus dans le délire de servir la musique plutôt que de servir son instrument à lui. Ce sont d’autres musiciens qui jouent maintenant dans Dagoba, donc ça a une influence certaine qu’on peut entendre sur Black Nova, notamment au niveau d’être chacun à sa place, il n’y en a pas un qui veut à tout prix se mettre en avant, qu’on entend plus que les autres, etc. Donc ça a amené une cohésion plus importante à la musique et effectivement, ça donne un groove et une finesse de composition qui est davantage creusée. Après, oui, l’essence même de Dagoba, c’est de proposer une musique massive. Après, il faut rendre à César ce qui est à César, Bastos, notre nouveau batteur, a à merveille servi les intérêts de la composition, et donc du groupe. C’est peut-être quelque chose que nous avions du mal à exprimer, cette finesse de composition, auparavant, de part peut-être un martèlement trop systématique. Et aujourd’hui, nous sommes vraiment sur une exploitation totale des riffs et des lignes harmoniques.

Sur ce nouvel album, vous exprimez plus fortement qu’auparavant vos influences indus ainsi qu’un aspect plus cinématique. Tu as cherché à approfondir ces aspects ?

Ce sont des éléments que nous avons toujours inclus dans notre musique, depuis nos premiers albums. Après, c’est vrai qu’avec le savoir-faire et les nouvelles technologies, ça nous a permis de creuser et proposer quelque chose de plus pointu dans ces deux aspects, donc autant le côté symphonique qu’électro-indus. Et comme d’habitude, nous n’avons pas de barrière, donc nous sommes allés aussi loin que nous le voulions dans ces deux aspects-là.

Tu es passionné par le travail de compositeurs de musiques de films tels que John Williams ou Hans Zimmer. On entend clairement dans l’album une envie d’inclure ces influences dans la musique de Dagoba et lui donner un côté plus épique. As-tu repensé ta manière d’écrire pour arriver à cet objectif ?

Je n’ai pas repensé ma manière d’écrire mais disons qu’auparavant, je savais que si j’allais trop loin là-dedans, il y aurait eu une partie du groupe qui aurait peut-être un peu tilté. Donc ça me freinait un peu dans ces envies-là. Aujourd’hui, je sais que tout le monde est raccord sur, justement, cet aspect-là de la musique du groupe, et donc ça permet d’exploiter pleinement ces désidératas musicaux.

« Nous avons toujours fait la musique que nous voulions entendre et que nous n’entendions pas chez les autres. Et pour ça, nous sommes prêts à prendre tous les risques pour garder intact notre sincérité. »

D’ailleurs, est-ce que tu peux nous parler de ta relation aux compositeurs de musiques de films ?

Ca date depuis toujours ! J’ai toujours adoré, depuis que je suis tout gamin, les musiques des grands films épiques, comme Conan Le Barbare, ou même tous les films de gamin, les Rocky, les Retour Vers Le Futur, même les Jurassic Park, tous ces thèmes-là, pour moi, il n’y a pas de paroles mais ce sont des singles. Donc ça m’a marqué au même titre que des singles de pop ou de metal. C’est tout simple : je suis mélomane de tout style et mettre une influence provenant de gros singles metal ou de gros singles de musiques de films, pour moi, ça paraît tout à fait naturel, et je n’ai pas envie de m’en priver.

À quel moment dans le processus ces arrangements électroniques et orchestraux interviennent ? Est-ce que ça fait partie intégrante du processus de composition ou bien ça intervient à la fin ?

En général, c’est pensé dès le départ. En fait, c’est vraiment qu’un riff de Dagoba ne peut pas être le même sans tous ces apports électroniques et symphoniques. Et inversement, que le côté machine de Dagoba ne peut pas fonctionner sans les riffs de Dagoba. Donc c’est une vision globale que j’aime bien avoir au départ de la composition. On va dire qu’à quatre-vingt-dix pour cent, ça fonctionne comme ça, et à dix pour cent, c’est de l’ajout à la fin, on va dire la cerise sur le gâteau, car en écoutant les pré-productions, je me dis « tiens, peut-être qu’on pourrait rajouter ci ou ça », et distiller encore quelques petites retouches. Mais sinon, c’est au départ que les riffs sont pensés pour être agrémentés par des machines.

On peut notamment entendre des éléments qui rappellent le dubstep dans l’album, donc on pense forcément aux collaborations qu’à fait Korn, par exemple… En termes d’électronique, quels sont tes artistes de référence, qui t’inspirent ?

En dubstep pur, je ne suis pas très pointu. Après, de toute façon, tout ce qui est électro, de façon générale, j’en écoute beaucoup, mais dupstep pur et dur, non, je ne suis pas très pointu. En termes d’électronique, pour ce qui est du plus récent, j’aime bien Gesaffelstein, j’ai bien aimé le dernier album de Jamie xx. Bref, toutes ces scènes-là un peu différentes du metal.

Ce que l’on remarque aussi dans l’album, c’est ton travail du chant qui s’est également étendu. Les parties agressives sont plus agressives que jamais et les parties mélodies, à contrario, sonnent presque pop par moments. C’était une volonté de ta part de te pousser dans tes retranchements vocalement ?

Ça, je pense que c’est la base de notre métier, qui est un métier de remise en question, de passion. Il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers et sur ses acquis. Donc effectivement, à chaque nouvelle production, je me remets en question, j’essaie de proposer quelque chose de frais et plus performant que ce que j’ai fait auparavant. Après, je suis un grand fan de Queen et de Freddie Mercury qui est pour moi notre maître à tous. Donc tout ce travail d’arrangement harmonique sur les voix, c’était quelque chose que j’avais vraiment envie d’exploiter et ça, le fait d’aller mixer chez Jacob Hansen, ça a permis justement de mettre en avant tout ce travail. Il a su sublimer cette facette-là du groupe.

Puisque tu produis toi-même l’album, comment parviens-tu à avoir un regard objectif sur ce que tu fais ?

Il n’est pas objectif. Il est subjectif. Je fais complètement abstraction de l’avis des gens ou de savoir si cet album va plus plaire ou moins plaire. Ce n’est pas quelque chose qui rentre en ligne de compte. Nous avons toujours fait la musique que nous voulions entendre et que nous n’entendions pas chez les autres. Et pour ça, nous sommes prêts à prendre tous les risques pour garder intact notre sincérité.

Après deux disques mixés et masterisés par Logan Mader, comme tu l’as précisé, vous vous êtes cette fois tourné vers Jacob Hansen. Pourquoi se séparer de Logan ?

En fait, nous ne nous sommes pas séparés de Logan Mader. A un moment, nous avions le disque en boite et nous avons commencé à chercher chez quel producteur nous voulions mixer l’album. Logan Mader était aussi sur la short list, nous étions très contents de son travail, mais avec Werther et également avec le nouveau line-up, nous nous sommes dits que c’était peut-être le moment de proposer quelque chose de complètement neuf ; nouveaux visages, nouvelle interprétation, nouvelles compos, nouveau label, pourquoi pas changer aussi le mixeur. Werther est arrivé avec le nom de Jacob Hansen dont nous avons vraiment apprécié le travail, notamment sur les derniers Evergrey. Nous l’avons contacté et lui était vraiment emballé par faire Dagoba. Donc après, ça s’est fait tout naturellement.

L’artwork de Seth Siro Anton revient sur la thématique aquatique. Je sais que sur Post Mortem Nihil Est, c’est quelque chose qui te tenait à cœur. Tu dirais que c’est une part importante de votre identité ?

En ce qui me concerne, oui. Je suis apnéiste, je vis à Marseille, je ne pourrais pas vivre ailleurs que près de l’eau. C’est très important, même si là, le message de l’album et de la pochette n’est pas vraiment relié à l’eau, c’est plus le fait de rejeter quelque chose, cette boule noire. Et après, c’est l’inspiration de Seth qui fait que ses œuvres sont à chaque fois marquantes et magiques.

« [Un Wall of death] c’est franc du collier mais à la fois, voilà on s’est rentré dedans mais après on va aller boire une bière. J’aime bien ces rapports-là. »

Est-ce que tu peux nous parler de ta relation à la mer ?

Je suis né là-dedans, c’est mon milieu, je m’y sens bien. Quand j’y suis, je coupe tout. Il n’y a même plus de musique, c’est une autre dimension, c’est un autre monde, c’est mon autre monde. Même si je le fais en silence de mon côté, je milite pas mal aussi pour l’environnement, pour préserver notre milieu naturel. Aujourd’hui, je suis très content parce qu’à Marseille, on a le plus grand parc national sur toute notre côte. On voit pas mal d’animaux qu’on n’avait plus depuis longtemps, fréquemment dans la rade de Marseille, des dauphins, des baleines, c’est magnifique. Tu reviens à l’eau, l’eau c’est la source de la vie.

Le noir et la notion de néant reviennent très souvent dans tes thématiques et les titres d’albums. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

En fait, une nova, c’est une étoile qui explose et finit par retrouver son éclat originel. Donc c’était assez symbolique du tournant que prend notre carrière. Et après, tous les titres sont des métaphores de vie, avec des allusions cosmiques : « Inner Sun », le soleil, « Stone Ocean » ce sont les océans de pierre, les anneaux de saturne, « The Infinite Chase », l’infini, « The Grand Emptiness », le grand vide, c’est l’espace… Donc ouais, c’était une thématique qui me permettait d’aborder des sujets qui peuvent toucher à la fois à l’immensément grand et notre condition humaine d’immensément petit dans cet univers gigantesque. Donc c’était assez intéressant et ça m’ouvrait pas mal de possibilités, donc je me suis engouffré là-dedans.

Après deux albums chez Verycords vous êtes passés chez Sony Music et Century Media. Pourquoi la relation avec Verycords s’est-elle arrêtée là ?

Nous étions en fin de contrat, tout simplement !

J’ai lu Werther dire que vous aviez souffert par le passé de votre relation avec certaines maisons de disques, que vous aviez dû vous battre contre elles. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Notamment sur notre album Poseidon. Nous étions chez XIII Bis Records qui a tout simplement mis la clef sous la porte. Donc nous nous sommes retrouvés avec des albums qui ne pouvaient plus être distribués, ce genre de choses. Donc nous avons dû nous battre un peu en justice pour récupérer les stocks d’album pour pouvoir encore les vendre, ne serait-ce qu’au merch lors des concerts. Mais aujourd’hui, nous avions la maturité et aussi l’envie de passer producteur, donc nous sommes désormais producteur de notre musique, nous prenons tous les risques au niveau artistique, financier et autre. Et c’est très bien comme ça. Des maisons de disques nous suivent pour distribuer et marketer l’album, pas des moindres : Sony, Century Media, Ward Records au Japon. Donc pour l’instant tout va bien et je pense que nous avons fait le bon choix.

Le Wall of Death que vous avez déclenché lors de votre prestation au Hellfest 2014 est maintenant si populaire que ça en devient un mème internet. Que représentent pour toi les « traditions » spécifiques au metal en ce qui concerne la fosse : le pogo, le wall of death, etc. ?

Déjà, il faut rendre à césar ce qui est à césar : ce n’est pas nous qui avons foutu un Wall of Death, c’est le public. C’est eux la musique vivante, c’est eux les acteurs de la scène. Après, ce que ça représente tous ces, un peu, clichés metal, ça m’est très cher parce que ça représente une forme de rébellion, une force brute mais toujours dans la fraternité. Et ça, c’est quelque chose que je trouve assez unique, hormis dans certains sports, ou dans l’olympisme par exemple, où c’est de la confrontation mais quand même avec un respect et un certain fair-play, et ça c’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur. C’est franc du collier mais à la fois, voilà on s’est rentrés dedans mais après on va aller boire une bière. J’aime bien ces rapports-là. Je ne crois pas à un monde tout beau, tout lisse, mais par contre, ce que je sais, c’est que quelle que soit la confrontation, on peut après rendre les choses meilleures ou être quand même fraternels entre nous.

Le public metal est connu pour être extrêmement respectueux et attentif à ce que personne ne se blesse lors de ces moments énergiques. Ceci dit, t’est-il arrivé d’être inquiet pour votre public ?

Oui, j’ai eu parfois quelques inquiétudes mais c’était vraiment isolé. Des slams qui finissent avec une arcade cassée… Des fois, des personnes en fauteuil roulant qui étaient un peu trop chahutées, je les ai fait monter sur scène avec nous. Ce genre de choses, mais on sort tous ailleurs que dans les concerts metal, et on voit bien la violence qu’il peut y avoir dans les rapports entre êtres humains dans les autres salles de concert ou les bagarres à la fin d’une soirée en boite de nuit ou autre. Donc non, c’est vraiment isolé, et ça n’a rien à voir avec de la violence, c’est plus de la maladresse ou un acte malencontreux, on va dire.

Interview réalisée en face à face le 8 juin 2017 par Aline Meyer.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt & Philippe Sliwa.
Introduction : Thibaud Bétencourt.
Retranscription : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Dagoba : www.dagobamusic.com/.

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  • Tiens un gars de DIH , j’ai entendu que du mal sur sa bande de cretin…
    Il va encore avoir le melon le gars.

    [Reply]

  • « Le public metal est connu pour être extrêmement respectueux et attentif à ce que personne ne se blesse lors de ces moments énergiques » => LOL!! On n’a pas du fréquenter les mêmes endroits…

    [Reply]

    Amaury Blanc

    Je pense oui car perso ça fait 20 ans que je fais des concerts de metal et 95% du temps je n’ai vu que des publics respectueux…

    Rififi

    @fifi
    C’est une généralité. Et comme dans toute généralité, il y a des exceptions. Il ne faut pas faire de ces exceptions une généralité.

    Comme le mythe comme quoi le public metal serait plus respectueux / tolérant à l’instar des autres ziks. Totalement faux. Enfin si ça peut aider une poignée de chevelus à y croire pour dormir la nuit, grand bien leur fasse.

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