ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Dancefloor Disaster fait passer la pilule


Le carré VIP du Hellfest propose à ceux qui y ont accès, la presse y compris, des animations exclusives, dont des concerts. L’organisation fait systématiquement le choix de proposer un spectacle qui présente le metal de manière décalée. Après les Pastors of Muppets ou les DJ metal, c’était au tour de Dancefloor Disaster, groupe au nom évocateur, de proposer sa version hardcore des plus grands tubes dancefloor dont vous, lecteurs, êtes certainement friands.

Rencontrés pour l’occasion, les membres du groupe définissent Dancefloor Disaster comme « une gourmandise » purement scénique, libérée des contraintes de la composition et permettant par conséquent toutes les extravagances. Un projet humoristique qui a le mérite d’accrocher immédiatement un public diversifié, faisant notamment « passer la pilule » du metal à un public extérieur s’identifiant à ces tubes.

Le groupe nous présente la façon dont il travaille ainsi que la manière dont il perçoit ces deux univers qu’il s’amuse à égratigner.

« A la base, nous sommes des rockeurs mais l’on peut, d’une certaine manière, égratigner les deux mondes et c’est ce qui nous fait marrer. »

Radio Metal : Pouvez-vous vous présenter, nous dire d’où vous venez et si vous aimez les pâtes ?

Chillykoncarnage (basse) : Effectivement, nous mangeons beaucoup de pâtes et on en a besoin. Nous venons de Nantes et sommes tous musiciens. Cela fait au moins dix ans que nous jouons de la musique sur la région. Nous faisons ou avons tous participé à des projets à tendance rock, metal, fusion. Il y a environ un an et demi, nous avons repris une chanson pour un concert que l’on organisait au Ferrailleur à Nantes. Le but était de faire rigoler les potes puisqu’il était question d’une reprise d’un titre de Corona qui était un gros tube dans les années quatre-vingt dix. A la suite de ce concert on s’est rendu compte que l’idée avait bien fonctionné, que cela avait bien fait rigoler tout le monde et que les gens avaient bien bougé. Ainsi nous sommes partis dans l’optique d’en faire quelques autres du même style en secret et au bout d’un moment nous nous sommes dit avec Mamadouxx (guitare) que l’on pourrait monter un coverband. Nous sommes allés rechercher tous les potes qui avaient participé à la première reprise puis nous nous sommes lancés. Au début, c’était plus sur la thématique de la rigolade, on voulait faire ça pour le fun et puis aujourd’hui nous sommes au Hellfest, on a beaucoup de chance !

Ces reprises que vous choisissez sont-elles à la base des titres que vous aimiez ou est-ce purement pour la blague?

Jan Yovanov Rachid Lee (chant) : On les entendait ; mais de là à dire qu’on en était fan, non. Lorsque j’ai été appelé pour faire partie du projet, l’idée de mélanger la dance avec le metal me branchait mais pas forcément dans l’idée de ne faire que des reprises. Lorsque les gars m’ont fait écouter les morceaux, je me suis rendu compte que cela prenait une dimension différente. Je ne connaissais même pas certains des titres mais je trouvais que, grâce à ce côté rock/metal, cela rendait vraiment bien. Le fait est que même après, lorsque l’on réécoute les originaux, on trouve cela tellement vide que cela en devient rigolo. A la base, nous sommes des rockeurs mais l’on peut, d’une certaine manière, égratigner les deux mondes et c’est ce qui nous fait marrer.

Mamadoux (guitare) : Nous sommes quand même assez ouverts à la pop, nous ne sommes pas des puristes.

Chillykoncarnage (basse) : Il faut reconnaître que ce sont à peu près les mêmes structures dans la musique occidentale et un tube qui fonctionne en version dancefloor n’est pas super difficile à faire sonner. Le morceau est déjà structuré, le refrain fonctionne, donc à nous d’apporter les arrangements metal pour lui apporter une autre couleur, mais le travail est déjà à moitié fait.

Est-ce qu’en étudiant la composition et la manière dont les morceaux que vous caricaturez ont été écrits vous en venez à apprécier les versions d’origine ?

Oui, on prend du plaisir à les réécouter. Quand ils passent à la radio cela nous fait tripper d’entendre l’intro car nous travaillons aussi beaucoup sur cette partie là et on attend que ça pète. Finalement, je pense que maintenant nous entretenons tous un petit lien affectif avec ces morceaux.

« Au début, ce n’était pas évident, il fallait que cela sonne à l’identique mais que l’on retourne quand même le morceau, il y avait toujours une certaine ambivalence. »

Est-ce-que le fait de chercher à donner une autre dimension à des morceaux est plus facile que d’en composer directement ou la difficulté est-elle différente ?

Jan Yovanov Rachid Lee (chant) : C’est vraiment différent. En tant que chanteur, je reconnais que c’est un travail exigeant. C’est tellement surproduit, il y a énormément de chanteurs et de chanteuses qui ont quand même des voix très impressionnantes ! Au début, je pensais que ça allait être simple mais en réalité tenter d’adapter un morceau à la sauce metal et faire en sorte que cela donne l’impression d’être simple n’est pas si évident. Ceux qui font les instrumentations ont vraiment la magie pour que cela coule, ils arrivent à trouver les arrangements qu’il faut pour que cela sonne bien. Dancefloor Disaster me branche parce qu’il y a les guitares et ça ne me dérange pas d’écouter les tubes d’origine mais je ne peux pas non plus dire que j’en suis fan, ça me fait marrer.

Mamadoux (guitare) : Pour en revenir à la question, je pense que maintenant que nous avons trouvé notre identité nous avons créé nos propres codes et l’on sait à quoi s’en tenir.

Chillykoncarnage (basse) :Nous avons un schéma de base et nous savons maintenant comment appréhender les morceaux. Au début, ce n’était pas évident, il fallait que cela sonne à l’identique mais que l’on retourne quand même le morceau, il y avait toujours une certaine ambivalence. Cependant, c’est plus facile que de composer car la composition en groupe est vraiment compliquée, il faut que tout le monde soit d’accord et que tout le monde aille dans le même sens. Là, on sait où l’on va, on connaît le morceau et sa structure alors c’est plus simple mais il aura d’abord fallu trouver la recette.

Le nom « Dancefloor Disaster » est-il un moyen de symboliser ce clash entre la dance et le côté plus arraché du metal ?

Exactement. Ces deux mots vont bien avec le délire. « Dancefloor » parce qu’on éclate les pistes de danse et l’idée du « désastre sur le dancefloor » nous fait marrer. C’est un moyen de montrer les deux univers qui nous composent.

C’est un projet assez délirant mais n’est-ce pas un peu ennuyeux de ne faire que ça ? Est-ce que ça ne vous manque pas de faire des choses un peu plus sérieuses ? Comment vous sentez-vous par rapport à ça ?

Je prends énormément de plaisir à faire de la musique avec le sourire, à vanner. Mais je pense qu’individuellement nous avons tous besoin de faire à côté des choses plus profondes et c’est donc pour cette raison que nous avons tous des projets dans divers univers allant du hip-hop au rock en passant par le thrash et peut-être que c’est cela qui nous permet de nous exprimer plus en profondeur. C’est un équilibre qui est super agréable à avoir.

Mamadoux (guitare) : C’est un groupe où globalement nous travaillons plus la forme que le fond. C’est un peu le même délire avec Ultra Vomit où ils vont davantage travailler le côté scénique et le côté blague que le fond véritable du morceau, on ne se crée pas un univers propre en faisant ça.

Chillykoncarnage (basse) : C’est aussi un projet de scène et cela permet toutes les extravagances, on a le droit de faire ce que l’on veut. Pour l’instant cela ne nous ennuie pas et on prend beaucoup de plaisir.

« A notre plus grande surprise – et c’est ce que l’on adore constater – nous avons un public très varié qui peut aller de sept à soixante-dix-sept ans ou du mec qui écoute Fun Radio à longueur de journée jusqu’au puriste métalleux. C’était un peu le but caché du projet. […]Cela fait passer une pilule »

Quelles sont vos ambitions pour le groupe ?

Jan Yovanov Rachid Lee (chant) : De dénicher la plus grosse boule à facettes !

Chillykoncarnage (basse) : Nous avons pour objectif de faire un album. Comme les titres sont hyper-produits, on aimerait bien faire un disque à leur image mais avec notre son et pouvoir se faire véritablement plaisir pendant l’enregistrement. Nous aimerions ensuite enchaîner avec un maximum de dates. Comme nous le disions tout à l’heure, c’est un projet de scène, je pense qu’il faut que l’on s’éclate partout sur scène, que l’on aille faire tripper les gens. Ce sont nos objectifs à court terme, pour ce qui est du long terme, on ne préfère pas se projeter. On verra bien comment cela tourne. Nous voulons faire un disque, tourner avec, faire des dates et pour le reste on a le temps de voir venir.

Musicalement parlant la recette de Dancefloor Disaster consiste simplement en un mélange de metal avec des éléments un peu plus dansants, alors est-il possible que vous fassiez des compositions dans cet esprit-là ?

Chillykoncarnage (basse) : L’avenir le dira. On en parle souvent mais comme nous le disions précédemment, le fait de composer demande une autre énergie et une autre façon de travailler. Nous n’en sommes pas encore là. De plus, on s’autoproclame cover band et pour l’instant on voudrait le rester et garder le concept ainsi. Cependant, comme nous composons tous à côté, ça viendra peut-être un jour.

Mamadoux (guitare) : Il y a aussi dans ce projet un côté tout public car il y a cette identification aux tubes qu’ils connaissent. Cela peut faire marrer les métalleux et intriguer le « tout public ».

Apocalyptica a construit sa carrière en faisant des reprises puis ils s’en sont éloignés pour créer leurs propres compositions.

Oui, mais c’était moins décalé. Si l’année dernière en se pointant au Hellfest quand on a fait nos premiers live on n’avait joué que des compositions, les gens ne se seraient pas identifiés et je ne sais pas comment ça serait passé.

Jan Yovanov Rachid Lee (chant) : Il y a quelque chose de marrant dans les réactions concernant le mélange car les gens qui n’écoutaient pas de metal aiment ce metal qu’on leur propose et le fait qu’il soit question de tubes aide à faire passer la pilule. Même au Hellfest un DJ va alterner un morceau metal avec un morceau dance, c’est vraiment fait pour le fun. Ce groupe est de la gourmandise, ça écorche quand même mais c’est fun.

« De là à dire que l’on souhaiterait que le metal soit plus pop ou, du moins, plus médiatisé, non, je n’en ai personnellement pas le souhait. Le metal, c’est ainsi qu’il existe, il est plus underground. »

Votre public est plutôt composé de metalleux ou de personnes fans des titres que vous reprenez ?

Chillykoncarnage (basse) : A notre plus grande surprise – et c’est ce que l’on adore constater – nous avons un public très varié qui peut aller de sept à soixante-dix-sept ans ou du mec qui écoute Fun Radio à longueur de journée jusqu’au puriste métalleux. C’était un peu le but caché du projet car nous écoutons tous beaucoup d’autres choses à côté, on est assez ouvert musicalement et on avait vraiment envie de toucher un maximum de gens. J’assume entièrement le fait que cela « popise » peut-être un peu le metal mais d’une certaine manière cela le rend un peu plus accessible à des gens qui n’auraient pas fait l’effort d’en écouter. Les gens qui vont oser pousser la porte de ce registre-là iront peut être ensuite écouter d’autres trucs. Nous avons déjà eu ce genre de retour alors si l’on peut servir à ça, c’est tout gagné !

Aimerais-tu que le metal soit davantage écouté par le grand public ?

Jan Yovanov Rachid Lee (chant) : C’est juste qu’ils ont une vision différente du truc, ils le prennent beaucoup plus au sérieux et ça c’est intéressant. Cela fait passer une pilule mais ça n’était pas le but premier et on le découvre au fur et à mesure des réactions. Les gens se posent des questions sur le metal, ils voient que les musiciens sont énergiques, qu’ils se donnent et qu’ils ont le sourire. Ils se disent que, finalement, comparé aux clichés que l’on peut avoir sur cette musique, les musiciens ne sont pas des crétins. Nous ne sommes pas des représentants du metal mais ça fait plaisir car c’est un style que l’on aime.

Chillykoncarnage (basse) : De là à dire que l’on souhaiterait que le metal soit plus pop ou, du moins, plus médiatisé, non, je n’en ai personnellement pas le souhait. Le metal, c’est ainsi qu’il existe, il est plus underground. Cependant, si de plus en plus de gens sont touchés par cette énergie-là – car nous c’est l’énergie qui nous branche dans cette musique – ça fait plaisir car on peut discuter avec plus de monde, même avec la famille et les petits frères.

Pendant vos concerts les gens dansent ou pogotent ?

Les deux ! Ils font de tout, ils rampent, il y a des braveheart sur du Black Eyed Peas, certains jouent au ballon, d’autres font la « Macarena », on voit de tout ! Des mecs viennent habillés avec des lunettes de soleil fluo, des trucs fluo, ils viennent tripper avec nous, ça danse, ça bouge son cul n’importe comment et c’est ça qui nous plaît.

Serait-il envisageable pour vous d’imaginer de faire exactement l’inverse de ce que vous faites actuellement c’est-à-dire de « démétaliser » des morceaux de metal et d’en faire des morceaux dancefloor ?

C’est une super question ! Nous n’y avions pas pensé mais on va y réfléchir car ça peut être très intéressant.

Interview réalisée en face-à-face le dimanche 17 juin au Hellfest (Clisson)
Retranscription : Isa

Page Facebook officielle du groupe : www.facebook.com/dancefloor.disast3r



Laisser un commentaire

  • :O Je veux la même guitare !!!

    [Reply]

    destroyer

    Pour attirer les petites filles de 7 ans et les violer ? 😛

  • Arrow
    Arrow
    In Flames @ Lyon
    Slider
  • 1/3