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Chronique   

Danko Jones – Fire Music


Danko Jones, c’est avant tout un savoir-faire. Celui qui mêle blues, punk et hard rock pour aboutir à une sorte de cocktail hybride et souvent plus subtil qu’il n’y paraît. C’est aussi un credo : celui du live et de l’authenticité ; pas question de se perdre dans des artifices et arrangements superficiels. Le groupe revient avec un nouvel opus, Fire Music, qui succède au Rock And Roll Is Black And Blue (2012). Avec Danko Jones, le renouvellement n’est pas nécessairement à l’honneur. Perpétuer un héritage est le premier impératif.

Le combo canadien est effectivement l’un des groupes de rock « à l’ancienne » qui ne se contente pas d’exécuter les canons du genre sans réelle recherche dans la composition. Mais, à priori, Fire Music ne déstabilisera pas les habitués de leur discographie. Au contraire, il les confortera.

Danko Jones bénéficie d’un son plus massif, entretenant d’ailleurs plus de parenté avec le rock/stoner que le punk. La parenté d’un « Live Forever » avec des ténors du genre tel que l’excellent Truckfighters apparaît immédiatement. À croire que Danko Jones a réemprunté les mêmes arrangements de lead-guitar que ces derniers, sans jamais les plagier. « Wild Woman », titre d’ouverture, semble avoir été composé avec le même esprit et propose d’emblée ce qui sera l’un des refrains les plus entêtants de l’album. La ligne mélodique du pont est un archétype de simplicité tout en étant très pertinente. Danko fait étalage de ses capacités vocales qu’il a un peu élargie ces dernières années et qui sont sans doute parmi les plus prisées du genre à ce jour, sans oublier son éternelle tchatche et son côté sale gosse bagarreur. Et, justement, Fire Music n’a rien abandonné des influences punk du groupe : « Body Bags » et « Gonna Be A Fight Tonight » inspirent autant la bonhomie (paradoxal, mais pourtant…) que l’envie de mettre une salle de concert à sac. Nul doute que ces titres feront très vite leur effet pour une expérience live détonante. Le pont de « The Twisting Knife » et l’outro de « She Ain’t Coming Home » sont purement et simplement destinés à être des hymnes et soyons francs : tout le monde les reprendra.

Fire Music n’est pourtant pas qu’un récital à l’identique de ce que le groupe a déjà démontré auparavant. « Watch Your Slide », bien que dans la pure veine des rythmiques punk, propose une introduction inspirée de la musique country. « Getting Into Drugs » et son « blowin’ my mind » scandé avec légèreté flirte avec le glam-rock pour un résultat aussi bienvenu qu’hilarant malgré l’ironie de la thématique. Fire Music a cependant quelques travers : il peut s’avérer rébarbatif au terme de plusieurs écoutes. Bien que les chansons globalement réussissent sans mal à entraîner l’auditeur, il peut parfois être difficile de réellement les démarquer les unes des autres, avec certaines qui finissent par passer sans laisser d’emprunte. Simplement parce que l’homogénéité est trop prégnante, à l’inverse d’un 7 Weeks, par exemple, où la recherche de différentes atmosphères donne un second souffle à un genre présumé monolithique. L’identité beaucoup plus punk de Danko Jones n’y est sans doute pas anodine.

Difficile d’être dépaysé par ce Fire Music. Danko Jones propose un concentré d’énergie rock et de ce qu’il sait faire de mieux, en se payant le luxe de proposer quelques variations, bien qu’en fin de compte trop discrètes. Cet opus résume à lui seul le terme d’ « efficacité ». On peut évidemment revenir sur les nombreux aspects répétitifs et le manque de cachet de certaines compositions, mais ce serait oublier qu’au final Danko Jones c’est une expérience à vivre en concert avant tout. De fait, nul doute que Fire Music sera un support plus que bienvenu à des performances rock parmi les plus appréciées. L’héritage est bien gardé.

Ecouter « Do You Wanna Rock » et regarder le clip de « Gonna Be A Fight Tonight » :

Album Fire Music, sortie le 9 février 2015 via Verycords.



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