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Chronique   

Danko Jones – Wild Cat


Ah, Danko Jones. Cette sensation étrange de savoir exactement à quoi s’attendre avant même de lancer le CD. Étrange, car si la plupart du temps ce sentiment pourrait blaser, on souhaite que certains groupes ne changent jamais leur ligne de conduite (le « Airbourne lifestyle » en quelque sorte). C’est un peu le cas de Danko Jones. Depuis 1998 et leur opus éponyme, les canadiens prônent un hard rock festif aux teintes punk (voire pop-punk) et ne semblent pas vouloir lever le pied. À peine deux ans après l’efficace Fire Music (2015), le trio revient avec Wild Cat. Et sans surprise… Danko Jones livre de quoi entraîner les foules à l’unisson.

Wild Cat respecte la ligne de conduite de Danko Jones. Le rock, toujours le rock, rien que le rock. En témoigne le titre d’ouverture « I Gotta Rock » qui perpétue la tradition des 179 titres contenant le mot en R- instaurée par le groupe (« Rock Shit Hot », « Do You Wanna Rock ? », « Rock ‘n’ Roll Proletariat », « Rock ‘n’ Roll Is Black And Blue »…). Ceci dit, Danko Jones en veut. Vraiment. Littéralement même, le frontman vociférant « I Want It Now » dès les premières minutes de l’album. Le rock est perçu comme une nécessité par le groupe et Wild Cat le fait parfaitement sentir. Le refrain d’ « I Gotta Rock » donne le ton : le songwriting et les mélodies de Danko Jones n’ont rien perdu de leur superbe et de leur tranchant. Les canadiens donnent le sourire sans sombrer dans une soupe aux accents pop sucrée ou l’extrême parodie à l’instar de Steel Panther. On se surprend à chanter à tue-tête le refrain de « My Little RnR » : « …and no matter what you do I’m gonna tattoo you on the back on my left shoulder » sans complexe.

En effet, la principale différence avec Fire Music est l’attrait de chansons davantage portées vers le « romantisme », en témoignent des titres comme « You Are My Woman », « She Likes It », « Success In Bed » ou encore « Revolution (But Then We Make Love) ». Danko Jones sait composer des titres « feel-good », peut-être plus parlants que les thèmes développés sur Fire Music – il se fait notamment moins bagarreur et sale gosse. D’une certaine façon, Wild Cat se veut plus… sensuel. « You Are My Woman » est un exemple parfait d’alchimie entre hard rock et pop, aux airs flagrants (et volontaires) de Thin Lizzy. Que les fans de la première heure se réjouissent, la fougue fait toujours partie du vocabulaire musical de Danko Jones, avec un « Wild Cat » aux faux airs de « Stone Cold Crazy » de Queen ou allant piocher dans une rythmique à la Motörhead sur « Let’s Start Dancing » (Danko Jones montre des prouesses d’articulation, même à débit très rapide), les cloches en plus. On retrouve toujours des titres plus sauvages, justement comme « Going Out Tonight », mais force est de constater que Danko Jones a décidé de ne plus exclure mutuellement agressivité et sensibilité (aucune power-ballad sur l’album, malgré les thèmes abordés).

Danko Jones livre un opus qui donne l’impression d’enchaîner les hits. « Do This Every Night » laisse facilement deviner ce que donnera le titre en prestation live. D’une manière surprenante, on trouve en outre une palette rythmique plutôt variée ; mention spéciale au titre éponyme qui rappelle les grandes heures du rock pur. Le spectre d’AC/DC n’est jamais très loin. En fait, Wild Cat semble cocher toutes les cases d’un très bon album de rock, sans prise de tête, aux refrains ravageurs. Pourquoi « semble » ? Parce qu’il faut prendre un tantinet de recul. Si évidemment personne ne va demander à Danko Jones de se mettre au grindcore, il faut garder la tête froide et reconnaître que ce dernier se recycle. Plaisant certes, mais le chat tourne en rond et n’est pas loin de se mordre la queue. Pourtant, non sans se sentir coupable, on s’en moque légèrement…

« Cet album de Danko Jones sonne comme du Danko Jones ». Ce constat premier-prix pourrait clôturer n’importe quel avis sur les opus des canadiens. Wild Cat dégage toutefois une certaine singularité. Le songwriting diffère du précédent opus, les accents stoner sont moins prononcés. Ironiquement, le « chat » de Danko Jones se montre presque moins sauvage et plus docile. Surtout pas moins adorable en revanche. Au final, comme le clame si bien Danko au terme de l’album, faire la révolution, c’est bien, mais ce qu’on veut vraiment, c’est faire l’amour.

Chanson « My Little Rock’n’Roll » en écoute :

Album Wild Cat, sortie le 3 mars 2017 via AFM Records/Bad Taste Records. Disponible à l’achat ici



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