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Interview   

Dans le metal aussi, on a notre « Patriiiiiiiiiiick !!!!! »


Patrick Roy écume les scènes. Après avoir fait un triomphe devant les boeufs (cf. vidéo ci-dessous) de l’Assemblée Nationale, le Député et Maire de Denain est monté sur scène en compagnie de Mass Hysteria lors du festival Les Metallurgicales, qu’il avait lui-même organisé. Il y a poussé la chansonnette et joué de la guitare sur le titre « Furia ».

Patrick Roy a plusieurs fois défendu la diversité culturelle à l’Assemblée Nationale en donnant l’exemple du metal, brandissant un exemplaire de Rock Hard et citant à tout va des noms de groupes internationaux et locaux avec un accent français qui lui est propre. L’homme est un fan de musiques rock et metal et ce, apparemment depuis son plus jeune âge si l’on en croit Yann de Mass Hysteria et d’après les premières discussions que nous avons eues avec le principal intéressé. Et pour ceux qui en douteraient encore et qui verraient ses interventions à l’Assemblée Nationale comme des manoeuvres politiques pour bien se faire voir d’un électorat jeune, nous lui tirerons les vers du nez ce soir à partir de 20h30 dans Anarchy X ! Nous reviendrons sur son parcours musical et professionnel, sur la façon dont ses interventions sont perçues parmi ses collègues et ses opposants ainsi que sur son opinion sur la tournure politico-religieuse qu’a pris la médiatisation du Hellfest. Et, bien évidemment, nous essayerons d’obtenir de lui l’adresse de son tailleur.

L’objectif étant, bien évidemment, que dans un avenir proche, Patrick Roy parle à l’Assemblée Nationale des cheveux de Spaceman, du Journal du Hard, de Body Electric ou encore du mouchard.

Réécoutez l’interview :

Radio Metal : Pourriez-vous nous décrire votre parcours? Comment un fan de metal a-t-il fini par se retrouver maire de Denain ?

Patrick Roy: Cela s’est fait en plusieurs étapes. A la base, j’ai toujours été intéressé par la politique, ce qui m’a amené à adhérer au PS en 1986. Durant quelques années, j’ai évolué dans ce milieu sans qu’il n’y ait rien de particulier à signaler jusqu’au jour où j’ai été désigné par mes camarades comme candidat aux élections du Conseil Général que j’ai gagné. L’année suivante, en 2002, je me présente à une première élection législative que je gagne aussi. Je suis donc devenu député et j’ai également été réélu en 2007. Enfin, il y a 2 ans, dans la ville centre de ma circonscription, je deviens candidat aux élections municipales. Depuis 2008, donc, je suis à la fois député et maire. En politique, j’ai toujours pensé qu’il fallait défendre ses convictions en n’oubliant jamais ses rêves d’enfant ou rêves tout court d’ailleurs. Il se trouve que si j’ai beaucoup de respect pour toutes les musiques, celles qui restent le plus dans mon coeur sont dans un style rock ou metal. J’en ai toujours écouté et je ne vois pas pourquoi je le nierai pour faire bonne figure et rentrer dans un moule. Je préfère le revendiquer pleinement.

Le grand public et le public metal n’a commencé à entendre parler de vous que très récemment lors de vos déclarations devant l’Assemblée. Le faisiez-vous déjà avant ?

Bien sûr, depuis toujours! Lorsque l’occasion se présente, lors de réunions ou avec la presse locale, je n’hésite pas à dire tout le bien que je pense du rock et du metal pour la simple et bonne raison que cette musique est ignorée, voire calomniée et diffamée. J’ai toujours saisi la balle pour en parler. C’est vrai que lorsque j’en ai parlé la première fois à la tribune de l’Assemblée, cela a connu une audience plus forte que d’autres sujets que je pouvais aborder. En même temps, c’est un sujet auquel personne n’a tenté d’aborder donc on peut dire qu’une étape a été franchie.

Comment vous perçoit-on lorsque vous abordez ce sujet dans un cadre politique ?

Dans un premier temps, on voit beaucoup de regards d’incompréhension puisque le sujet n’a jamais été débattu. Comme j’essaie de faire tenir mon argumentation sur des éléments fondés sur la réalité, je vois que le regard d’une partie de mes collègues commence à évoluer.

Avez-vous de l’espoir quant au changement des mentalités par rapport à cette question ?

Très honnêtement, oui. Bien sûr, une partie des gens est bornée et le restera malheureusement toujours mais il reste très intéressant d’ouvrir une fenêtre avec un argument tout simple. Toutes les musiques sont respectables et comme elles le sont toutes, le metal également. Le deuxième point se situe que le metal est un genre varié qui comprend des styles et éléments totalement différents. Du coup, les gens commencent à regarder avec intérêt et lorsque l’on dit que défendre le metal, c’est aussi défendre la diversité culturelle, les arguments allant à l’encontre de ce constat sont très minces. Franchement, je sens qu’une certaine interrogation se profile dans l’esprit des gens.

Avez-vous convaincu certains de vos collègues à écouter du metal (rires) ?

Quelques uns s’y sont mis! Eh oui!

Frédéric Mitterrand écoute-t-il du metal ?

En fait, il m’a donné plusieurs réponses à cause, bien entendu, des vidéos de l’hémicycle qui ont circulées. Je l’ai questionné à plusieurs reprises en commission des affaires culturelles, ses réponses me paraissent plus sincères et plus porteuses d’espoir, contrairement à sa prédécesseur. Il m’a dit qu’il n’y connaissait absolument rien en metal mais pense que ce n’est pas parce qu’il n’en écoute pas qu’il ne faut pas s’y intéresser. Il m’a confirmé à quelques reprises cette opinion. Sa réponse à mon discours à l’Assemblée quant aux questions du Hellfest m’a semblé bien encourageante. D’ailleurs, sa majorité était plutôt en colère contre sa réponse.

On voit sur la vidéo de ce discours qu’il règne un fort chahut du côté de vos collègues. A quoi est-ce dû ?

Il y a 2 raisons. Déjà, il faut noter que le fort chahut organisé se situait du côté de la majorité. La première raison vient donc du fait que je suis un membre de l’opposition plutôt actif et virulent. J’ai toujours fait savoir que je n’aimais pas le gouvernement actuel, la majorité me rend d’un certain côté la monnaie de ma pièce. Deuxièmement, commencer en disant « Je veux vous parler de metal », on ne peut pas dire que cela contribue à les calmer…

Désolé, je vous coupe. Mais est-ce que vous faites pareil quand eux, ils parlent ?

Tout dépend des sujets. Si ceux-ci m’irritent et méritent qu’ils soient interpelés, je le fais bien sûr.

N’est-il pas un peu étrange d’empêcher quelqu’un de prendre la parole et de ne pas l’écouter, surtout dans le cadre où vous êtes censés représenter l’ensemble des citoyens français ?

C’est une vieille tradition qui remonte à la Révolution Française. Le droit de parole est extrêmement libre, mis à part l’interdiction d’injurier l’autre. On est donc en droit d’interpeller si l’on n’est pas d’accord. Le problème dans cette situation était que eux étaient 300 alors que moi, j’étais seul.

N’avez-vous pas peur que si vous parlez d’un style de musique marginal comme le metal de façon régulière, vous soyez également marginalisé et donc plus du tout écouté ? Décrédibilisé en quelque sorte…

La question est très bonne. Certaines personnes m’ont demandé à l’issue de tout cela si il n’y avait pas des sujets plus importants à aborder que Metallica, Gojira, le Hellfest… La réponse est essentiellement positive. Je vous invite à regarder le site, très complet, qui répertorie le classement d’activités des différents députés. Vous verrez que je suis tout de même classé en dixième position sur 577. Cela veut dire que je travaille également sur d’autres thèmes plus importants. Comme je suis très actifs, depuis 2007, j’ai dû faire environ 300 commissions dont seulement 6 sur le metal. C’est pour cela que je peux me permettre de me préoccuper de la question sur le metal. Je ne m’occupe pas que de celle-ci donc je peux paraître plus crédible puisque je traite également de sujets plus à même d’intéresser tous les Français, comme la réforme des retraites par exemple.

Et cela ne vous gêne-t-il pas que l’on vous médiatise essentiellement sur ce sujet du metal ?

C’est un peu surprenant et même un peu démoralisant par rapport à la démocratie puisqu’il y a d’autres sujets très sérieux qui méritent plus de reconnaissance.

Quelque chose m’a beaucoup frappé la première fois que l’on a pu vous voir parler de metal à l’Assemblée Nationale. Des metalleux ont plutôt pris négativement la chose en pensant que vous faisiez cela pour vous faire bien voir parmi les jeunes. Est-ce que cela est systématique de se faire passer pour un démago lorsque l’on veut faire ce genre de discours populaire ?

On pourrait effectivement croire que je tiens ce discours pour me donner un côté jeune. Je comprends très bien que certains puissent le penser. Ce n’est pas du tout le cas, malgré tout. C’est une conviction qui est très forte pour moi. Lorsque j’avais 20 ans, je n’aurais jamais imaginé me retrouver maire ou député. Mais je me disais que si un jour, j’étais à leur place, j’aurais des causes à défendre. Des choses importantes bien sûr mais je trouve qu’il ne faut pas négliger cette petite chose agréable de la vie qu’est le rock et le metal. Je ne me sentirais peut-être pas aussi bien si je n’en écoute pas aussi régulièrement. Je pense vraiment que cette musique mérite d’être défendue et je suis l’un des seuls élus à pouvoir le faire. J’ai donc saisi l’occasion et continuerai à le faire.

On peut vite voir que vous avez votre style bien à vous. Comme vous le disiez, vous êtes assez virulent mais cela se ressent également à votre tenue, ce fameux costume rouge. Pensez-vous que pour faire diffuser ses idées à l’heure actuelle, il faille nécessairement choquer les esprits ?

Choquer est un terme qui ne me plaît pas beaucoup… Par contre, il faut pouvoir se montrer, être vu et entendu. Si l’on se retrouve à l’Assemblée en se fondant dans la masse, on ne fait qu’assister à la séance. Autant aller dans les rangs du public, ce sera aussi efficace. On a clairement besoin d’être vu et entendu pour que les personnes ayant les pouvoirs de décisions puissent écouter ce que l’on a besoin et envie de dire.

Donc, le choix de votre veste rouge a été pensé au préalable pour vous démarquer ?

Pas vraiment. Je ne m’habille pas spécialement dans des tenues réellement provocantes. En fait, le costume noir et chemise blanche ne m’attirent pas, je préfère amplement les tenues plus colorées et rock’n roll. Je m’habillerai comme un metalleux, je ne pourrais même pas rentrer à l’Assemblée mais on a quand même le droit de porter un peu de couleurs. La conséquence fait que cela permet d’être très visible et donc très entendu quand on a des messages à passer, dans le metal ou ailleurs. C’est tout de même extrêmement utile. On est quand même en ce moment en plein débat sur les retraites, il ne fait aucun doute que c’est très important d’être entendu sur ce genre de sujet.

En parlant de sujet important, il y a un élément qui fait débat à la veille du Hellfest : le metal en opposition à certains organismes catholiques. Comment voyez-vous cela ?

J’ai un grand respect pour toutes les religions. Dans ma ville, lorsqu’un organisme religieux me fait une demande, je la prends en compte et fait tout mon possible pour la mettre en place dans la mesure du possible. Mais on en vient à un point dans la religion, au même titre que la culture, que chacun puisse se respecter et accepter la diversité. Les catholiques sont très charmants et agréables mais, comme les musulmans, il y a une petite frange d’extrémistes. Cet extrémisme doit être combattu car il reste très dangereux. On a pu voir dans le passé en Europe que l’extrémisme amenait une dérive obscurantiste or ces extrémistes catholiques me font vraiment penser à ces dérives. Je rappelle qu’en Allemagne, on a quand même brûlé des livres et commencé à interdire tel type ou tel type de culture. C’est le même chemin. Si je vois un extrémiste catholique, nul doute qu’il me trouvera sur sa route.

Les arguments invoqués sont les paroles de certains groupes qui véhiculent un messages de haine envers la religion et qui pourraient apporter la violence chez les gens. En tant que metalleux, on ne peut nier cet état de fait. Mais vous, comment voyez-vous ce type de paroles ?

Sur cet aspect, je suis extrêmement clair et j’en parle même à des collègues proches de Christine Boutin qui m’ont tenu cet argument également. Si tel ou tel auteur écrit des textes qui seraient intolérables envers un démocrate, qu’ils soient contre les catholiques ou pour prôner le néonazisme par exemple, je serais toujours d’accord pour mettre un frein, interdire et mettre un terme à l’agissement de tel ou tel groupe précis. Le problème est que leur action n’est pas de mettre un terme à tel ou tel groupe précis mais de mettre un terme au metal en général. S’ils commencent à faire l’amalgame de tous les groupes, je peux toujours trouver des films inacceptables, ce qui interdirai le cinéma. Je peux trouver des textes intolérables donc on pourra interdire les écrivains. En somme, en agissant de la sorte, on en viendrait à interdire toute forme de culture. Pour que l’argument ait vraiment de quoi tenir, il faudrait s’attaquer aux cas particuliers et non à faire l’amalgame de tous les groupes de metal.

Récemment le Hellfest a été envoyé en jugement où les organisateurs devaient fournir les textes de tous les groupes, ou de certains, dans tous les cas qui pouvaient poser problème. Beaucoup de groupes véhiculent des propos haineux, pouvant blesser les gens. Ces groupes ont leur succès à leur échelle sans que les gens n’adhèrent toutefois à l’idéologie développée. Si l’on met en place ce que vous venez de dire, tout un pan du metal serait interdit en France…

Pour l’histoire du passage en justice du Hellfest, c’est tout bonnement hallucinant. Après pour ce qui est de ce que vous dites, il faut également prendre en compte le code de lecture. Dans le metal, une certaine agressivité est de mise mais cette violence est liée à un code. Lorsque l’on rencontre, soit des musiciens, soit des fans de metal, on se rend vite compte que ce sont des gens charmants qui jouent un rôle et prennent plaisir à le faire. Si l’on ne se rend pas compte de cet état de fait, dans un autre registre, il faudrait également emprisonner les acteurs qui jouent dans les films d’horreur alors qu’il ne s’agit que de fiction à prendre au second degré. Il faut être très vigilant par rapport à tout ça et éviter les amalgames. Lorsqu’il y a des faits avérés ponctuels et très précis, je conçois que l’on puisse sévir mais la plupart du temps, cela ne touche que certains cas particuliers.

En fin de compte, il ne s’agit qu’une question d’éducation sur le metal. Les gens doivent se rendre compte que les artistes jouent un rôle et qui mettent une distance par rapport à eux-mêmes contrairement à ce que l’on peut être habitués en France où les artistes sont plutôt engagés. Votre rôle est peut-être d’apporter cette éducation au sein de l’Assemblée et indirectement des citoyens ?

Absolument (rires). Vous avez vous-mêmes formulé la question et la réponse, je n’ai pas grand chose à ajouter.

En terme de politique, vous avez touché le public metalleux et beaucoup espèrent vous voir président suite à cette histoire. Quelles sont vos ambitions ?

Vous savez, quand on fait de la politique, on ne sait jamais de quoi sera fait demain. On m’a déjà posé la question de savoir si je saisirais l’opportunité si l’on m’offrait un poste dans le gouvernement. Déjà, la condition serait que le gouvernement soit de gauche. Mais, l’idée d’être dans le ministère de la culture me plairait. Pas pour que le metal devienne la musique prioritaire bien sûr mais pour que toutes les musiques et toutes les cultures soient représentées. Il n’est vraiment pas normal qu’à l’heure actuel subsiste encore de telles barrières. La vie politique est faite d’aléas.

Si je comprends bien, vous refuseriez de rentrer dans un gouvernement de droite comme certains membres de la gauche l’ont fait dans le gouvernement actuel ?

La réponse est oui, sans aucun doute. Si vous me lancez là-dessus, je peux vous dire que je vois d’un très mauvais œil le parcours d’un Eric Besson par exemple. Le fait de passer de la gauche affirmée à la droite de la droite en 24h, je ne ferais jamais cela.

Plusieurs fois dans les vidéos où l’on vous voit prendre position par rapport au metal, on vous voit brandir le magazine RockHard. Avez-vous un partenariat ?

Pas du tout (rires)! Je m’excuse auprès des autres magazines, dès que je le pourrais, je montrerais les couvertures de la concurrence de RockHard. Pourquoi celui-ci en particulier? Tout simplement car c’est le magazine que je lis. Lorsque le débat sur le Hellfest est tombé à l’Assemblée, RockHard venait de paraître son numéro spécial, très bien fait, sur le festival et cela me semblait intéressant de le montrer puisqu’il illustrait à merveille la question. Il n’y a qu’un simple lien entre un lecteur et le journal qu’il aime bien, rien de plus.

J’imagine que depuis que ces vidéos sont parues, de nombreux médias metal vous ont approché pour des interviews ?

En effet. Heureusement qu’aujourd’hui, on est en train de quitter l’époque des médias de masse. D’ailleurs Radio Metal en est un très bon exemple. A une époque qui n’est pas si lointaine, il n’y avait que quelques grosses radios, quelques grands journaux et quelques grosses télés. Les choses ont bien évolué et je trouve notamment qu’internet est vraie révolution, quasiment identique que celle que Gutenberg a apporté à son époque. Cela permet d’avoir beaucoup de médias, beaucoup de diversité. Il faut donc choyer ce média internet. J’ai donc été assez demandé sur tous ces créneaux.

Passons maintenant à votre « parcours musical ». Quels sont vos goûts en matière de metal ?

Dans le domaine musical, que ce soit en général ou dans le domaine rock/metal, j’ai des goûts très éclectiques. Tous les mois, je vais faire le plein de disques, en moyenne une vingtaine par mois. En gros, sur cette vingtaine, une dizaine se situe dans le domaine rock, l’autre dizaine dans le domaine metal. Je suis très éclectique dans le domaine du metal, aucune préférence particulière. Je peux autant écouter du heavy et hard rock car j’ai baigné là-dedans à l’époque mais également du black ou du death avec autant de plaisir. J’écoute Gojira, Sepultura, Opeth qui est l’un de mes groupes préférés, avec un ravissement complet.

Quels sont les derniers disques que vous avez achetés ?

Je viens d’acheter le dernier Soulfly qui est extrêmement bien fait, contrairement à ce que j’ai pu lire. Un album que je trouve vraiment remarquable. Je vais bientôt m’acheter le dernier album de Demians car j’avais beaucoup aimé le premier. Autrement, j’ai acheté Exodus, Slash, Mattrach également, je ne sais pas si vous connaissez. C’est un jeune guitariste qui vient de ma région et qui vient de publier un premier album dont les journaux en disent le plus grand bien. Je crois que je vais aussi l’écouter avec ravissement.

Très éclectique en effet…

Honnêtement, quand on aime la musique, toutes les musiques sont bonnes si elles sont bien faites. Tel ou tel groupe de tel style peuvent être mauvais mais un style ne peut pas foncièrement être mauvais. Dans chaque style de metal, il y a de très belles choses.

En ce qui concerne le côté musicien, on vous a vu avec Mass Hysteria en train de chanter et jouer de la guitare. Depuis quand pratiquez-vous le metal et la musique en général ?

C’est vrai que la vidéo avec Mass Hysteria a beaucoup tourné. J’y ait pris un plaisir énorme. Je reste au fond de mon cœur un fan de musique et de musiciens. C’est donc merveilleux d’être sur une vraie scène devant un vrai public avec un vrai groupe et de pouvoir jouer, même le temps d’un seul titre. Pour en revenir à la guitare, je suis un guitariste très moyen. J’en joue depuis toujours, je gratouille, j’y prends un vrai plaisir et j’aime chanter aussi.

C’est vrai que beaucoup de fans de metal finissent à un moment donné à jouer et monter un groupe. Cela ne vous a-t-il jamais traversé l’esprit? Ou alors avez-vous préféré vous lancer dans la politique plutôt que la musique ?

Je pense que pour faire bien les choses, il ne faut pas prendre plusieurs chemins en même temps. La politique m’a entraîné à ce que je fais maintenant depuis de nombreuses années. Dans un passé plus lointain, je faisais partie de ceux qui restaient aux côté des groupes pour l’organisation de concert. On peut avoir son plaisir musical sans forcément être musicien. En plus, pour faire de la musique, il faut être courageux tant le choix est difficile, risqué et périlleux. J’ai beaucoup d’admiration pour tous les musiciens qui s’engagent dans la musique et galèrent financièrement, simplement à cause de ce choix.

Plus risqué que de faire de la politique (rires) ?

La différence avec la politique se situe dans les échéances et dates précises, on peut donc disparaître le jour même.

On vous a posé la question des groupes que vous aimez mais qu’en est-il des groupes que vous n’appréciez pas du tout ?

En rock et en metal, aucun réellement. J’ai beau respecter toutes les musiques, il y a un style que je ne supporte pas: la variété française des années 70. Stone et Charden, Gérard Lenormand ou Frédéric François, cela me provoque une levée de poils… Rien à faire, je ne supporte pas.

C’est étrange car beaucoup apprécient plus cette ancienne génération plutôt que de la nouvelle variété française considérée comme médiocre.

En variété, il y a eu des grands comme Brel ou Brassens, c’est vrai. Ils marquaient une grande époque que j’apprécie. Après est venue l’époque des années 70 qui était une vraie horreur. Ca s’est arrangé par la suite avec des chanteurs et des groupes à variété plus rock. Alors, je trouve également que cela commence à se dégrader depuis quelques temps. On revient à de la soupe inaudible.

Les années 70 sont réputées pour être les années les plus créatives pour le rock…

Effectivement, on a eu une décennie exemplaire en terme de création artistique. Pas en terme de technicité car je trouve que les groupes actuels jouent mieux. C’est une décennie que j’ai eu la chance de vivre et de voir arriver, album après album, des choses extraordinaires. C’est un grand souvenir pour moi.

La prochaine question n’est pas très intéressante mais pas très sérieuse non plus. Que pensez-vous de Tokio Hotel ?

C’est vrai que vous m’avez demandé ce que je n’aimais pas comme groupe. J’ai leur disque car j’en ai quand même quelques milliers à la maison. J’avoue que, spontanément, ce n’est pas un groupe que j’écoute. A ce niveau, je suis plus tolérant que mon fils qui ne les supporte pas. Pour ne pas mourir idiot, j’ai écouté et je suis vite passé à autre chose.

Pour en revenir au concert de Mass Hysteria, est-ce plus intimidant de monter sur scène avec un groupe de rock que de parler devant l’Assemblée Nationale ?

C’est très différent. Mais non, ce n’est pas intimidant. Lorsque l’on aime faire quelque chose, il n’y a pas de timidité à y avoir. J’ai tout simplement pris un plaisir fou. En plus, les gens de Mass Hysteria, très charmants au passage, avaient l’air ravi que je sois avec eux. Un vrai moment de bonheur et je recommencerai dès que possible.

Est-ce que, par hasard, le groupe aurait enregistré la prestation ou juste le morceau pour le sortir en DVD ?

Ce que je sais, c’est qu’il y a eu quelques prises de vue que l’on a très bien pu voir par internet avec une qualité visuelle et sonore assez aléatoire. Il y a eu une caméra qui a filmé mais je n’ai pas encore vu la qualité du film.

La prestation s’est faite durant les Metallurgicales que vous avez organisé. Quelle est l’histoire de ce festival ?

Le mandat de député et de maire sont deux mandats très différents. Un député a une audience nationale devant le gouvernement à Paris mais n’a pas de moyen d’exécution. Un maire a l’audience forcément limitée à sa commune mais peut faire des choses par contre. Etant devenu maire en 2008, je me suis dit que j’allais respecter ce en quoi je crois, c’est-à-dire la diversité. Sur Denain, il y a des concerts de musique classique, j’ai monté un thé dansant et un festival de rap sera bientôt sur les rails. Sur le même raisonnement, il était normal que les metalleux ait leur rendez-vous. J’ai mis sur place l’an dernier une première édition de façon sérieuse et mesurée au niveau de l’affluence. L’affiche était limitée à un groupe local et 3 groupes français: Adagio, Eths et Trust. Comme la première avait plutôt bien fonctionné, on a décidé de réitérer l’expérience en voyant les choses en plus grand. On avait ici 2 groupes régionaux, Angher, groupe très prometteur de la scène française, Mass Hysteria bien sûr, Paradise Lost et Soulfly. Tout s’est plutôt bien passé, donc on pense déjà à mettre en place une troisième édition.

Comptez-vous grossir le festival d’année en année ou conserver une envergure assez modeste ?

Je ne pense pas que l’on finira comme le Hellfest qui reste le rendez-vous français qui atteint un niveau européen voire mondial. Ceci dit, on veut quand même faire les choses bien. On a franchi une étape en 2010, j’espère pouvoir monter encore d’une marche en 2011 sans non plus que cela atteigne au bout du compte une dimension comme le Hellfest.

Est-ce que vous y serez au Hellfest justement ?

J’y vais. Si je n’avais écouté que mon plaisir, j’y serais allé les 3 jours. Mais j’ai des obligations en tant que maire et député donc je n’ai pu me réserver que le dimanche pour y aller.

Quel groupe vous motive le plus dans cette journée ?

Kiss pour le côté show évidemment. C’est un groupe incontournable au niveau de la mise en scène. J’attends Exodus aussi. L’affiche est alléchante de toute manière. En fait, les 3 jours sont alléchants. Mais je ne me cantonnerait pas qu’aux têtes d’affiche. Il faut aller voir les scènes découverte et les groupes français. On a une scène française de très grande qualité. Il faut donc aussi être à leurs côtés.

Est-ce que vous y porterez votre costume rouge ?

Je pense que je viendrai en rouge (rires).

Un dernier mot à ajouter ?

En effet. Pour l’ensemble des gens qui aiment le metal, continuez à le faire et soyez fier de ce que vous écoutez. C’est une musique très créative, très construite et qui provoque beaucoup d’émotions. Je pense qu’il faut dire avec fierté: « On écoute du metal! ». En respectant les autres bien sûr mais en demandant en même temps d’être respecté.



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  • RAJASS BLANKASS dit :

    les meilleurs d’ entre nous partent souvent en premier triste constat encore une fois vérifié !!! malheureusement ,pour une fois qu’ il y avait un politicien qui parlait avec ses tripes et son cœur , ce putain de crabe nous l’ a ravi , bien trop tôt !!! les vilains bêlements des députés de l’ umpied nickelés n’ y pourront rien changer , patrick roy était tellement moins con qu’ eux , et ce pour l’ éternité le son et l’ image pourront a jamais en témoigner !!! alors a tous les de villiers , boutin ,fillion et consorts , vivement une nouvelle révolution qui vous boute hors de france !!! de l’ air que l’ on puisse respirer ENFIN …

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  • très bonne interview, et Roy est à coup sur une personnalité! J’ai halluciné de voir comment les ministres pouvaient s’empêcher de parler (une vraie classe de CM1, ch’t’aurait envoyé tout ça au coin, moué!)
    Cela dit, on n’est pas obligé d’être un fan pour défendre une opinion.

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  • Je l’avais rencontré au concert de Lamb of God au Trabendo il y a un an, on a discuté un bon quart d’heure en buvant une bière, un type en or!

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  • Quitte à passer pour une garce, j’irais pas jusqu’à Patrick Roy président, juste parce que c’est un metalleux et qu’il défend notre univers… Il faut regarder un peu ses idées politiques (que je ne partagent pas du tout… Il se situe quand même pas très loin de l’extrême gauche). Par contre, par rapport à son discours qu’il a tenu durant cette interview et ses interventions à l’hémicycle, je pense qu’il pourrait faire un bon ministre de la culture. Je pense qu’il pourrait réussir à mettre le metal sur un pied d’égalité sans forcément le privilégier par rapport à d’autres styles. Et s’il reste aussi ouvert niveau musical, cela signifie qu’il l’est par rapport à d’autres formes de cultures et d’arts. Enfin… Après, c’est toujours pareil, les politiciens sont très bons à la parlotte mais au niveau de leurs actions, ça ne suit pas. Et puis, vu le caractère fougueux du bonhomme, je doute qu’il se fasse intégrer au ministère (après il faut juste voir comment évoluera le climat politique par la suite mais cela me semble mal parti)

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  • guilearamis dit :

    Franchement, bravo à vous pour cette interview de qualité, aux propos éloquents avec un interlocuteur qui a joué le jeu sans entrer dans un prosélytisme et une langue de bois coutumiers de nos politiciens (je pense que preuve est suffisamment faite qu’il connait son sujet sans pipeauter)

    Au risque d’être redondant : Patrick Roy, président! (ou au minimum à la Culture)

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  • Patrick président ! T’es le meilleur _\m/

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  • C’est bien de voir qu’on est soutenu dans les hautes sphères.
    J’aimerais bien rencontrer Mr Roy un jour 😀

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  • London Calling dit :

    Patrick Roy président !

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  • merci MR.ROY ,merci de defendre ce style qui ne mourra jamais si vous connaissez die apokaliptichen reiter « METAL WILL NERVER DIE »

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  • Je rêve ou bien tout le monde se moque de lui ?

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  • Calichimur dit :

    Bonsoir, y a une petite chose qui me tue c’est que le rap remplace petit à petit le métal chez les jeunes et tout… Imaginez un monde sans métal… Argh horrible ! Je vais déprimé dans mon coin tous avec le métal puis moi oui oui moi ^^ » (J’ai quinze ans et je parle comme un vieux et oui je suis un blazer plus vieux que mon grand-père).

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  • PATRICK AU POUVOIR!!!!!!!! I♥PATRICK !!!! Le sauveur du metal en france!!! Jle veux comme presidant

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  • anonyme mailprécédent: nada, ai oublié renseigné fenêtres,nobody’s perfect!

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  • hi mr&co
    vu « l’homme en rouge&noir » aux Métallurgiques, avec Mass Hysteria (bon sang ce set de folie!) puis après Paradise Lost (Nick Holmes & son tshirt Type O, respect…)en préambule de Soulfly (magnafagnaarrargnaraetc set monocorde franchement ça va mais 5mn): bon ok pour ses goûts metal, mais quelle force de proposition politique?…

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  • Spaceman / RM dit :

    @Flo: Oui même si je reconnais quelques bafouilles au niveau des questions. 😉

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  • L’interview à tenu toute ses promesses niveau intérêt. Du beau boulot 🙂

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  • Metal'o Phil/RM dit :

    Demain dans la journée le podcast sera mis sur le site ! 🙂

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  • Meeeeeeeeeeerde ! J’ai loupé ça !!!

    On pourra avoir le podcast s’il vous please ?

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  • Je crois que pour Spaceman, c’est le cas de le dire, il peut se brosser ^_^

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  • effectivement, je suis heureux d’apprendre que cet éminent politicien intervienne au sein de cette radio, je serait fort content de voir ce qu’il a à nous dire.

    cela risque d’être fort passionant j’ai hâte d’être ce soir.

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  • P’tain mais il est bon le Patrick Roy, on a de la chance d’avoir un gus pareil dans ce parterre de Polytocards avec un balai dans l’oignon, non ?

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  • bloodydoll dit :

    les politiciens serais jaloux des magnifiques cheveux de spaceman enfin se qui on pas beaucoup de cheveux hein mais sa ouvrirais un beau debat ^^

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