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Interview   

Dans les secrets de la création de Destinity


Destinity a toujours été très régulier et rapide pour ses sorties studio. Depuis le virage thrash/death mélodique amorcé par l’album Synthetic Existence et la signature trois ans plus tard chez le label allemand Lifeforce Records, le groupe monte en puissance en termes de popularité et de notoriété, multiplie les affiches prestigieuses et ne perd pas l’intensité de son rythme entre tournées et disques. Très rapidement, après avoir écrit un disque, le groupe est déjà en train de faire des pré-prod pour la suite. Les membres de Destinity, invités dans les studios le 12 novembre 2012, nous ont longuement parlé du fonctionnement du groupe en termes de composition, de travail et d’écriture, évoquant notamment les vertus des pré-prod, tant pour la prise de décision quant à la musique que le choix de la production.

L’album Resolve In Crimson représente une suite logique aux trois précédents par son sens du dosage entre riffs puissants, rythmiques (très) enlevées, mélodie et orchestrations. Là où le précédent, XI Reasons To See, était particulièrement intense, Destinity revient cette fois avec un opus beaucoup plus tourné vers la mélodie, pour ne pas dire le plus mélodique de sa carrière. A nouveau produit par Jacob Hansen, il propose notamment un featuring avec Stéphane Buriez, que le groupe a longuement côtoyé au cours de sa tournée commune avec Loudblast en 2011. On ne change pas une équipe qui gagne, ce n’est pas le chanteur Mick, grand passionné de football, qui nous contredirait pour cette métaphore sportive.

Le groupe étant lors de cette interview réuni au complet, il a été possible d’explorer la genèse du disque et le fonctionnement interne du groupe avec précision, d’aller au fond des choses lors d’un entretien fleuve et franc avec, sans surprise, son lot de vannes. Nous avons par conséquent choisi de retranscrire pour vous l’interview de la manière la plus fidèle à l’atmosphère de cette conversation.

Réécouter l’interview : [audio:interviews/anarchyx_2012_11_13.mp3|titles=Destinity dans les studios de Radio Metal]

« Nous ne faisons pas de répètes aux cours desquelles nous allons répéter cinquante fois un même morceau, pour moi c’est de la perte de temps. […] Nous maquettons et ensuite je travaille tout seul au studio. »

Radio Metal : Le nouvel album de Destinity s’intitule Resolve in Crimson. « Black Sun Rising » est le titre qui a été choisi pour faire office de single, pourquoi ce titre en particulier ?

Mick (chant) : C’est le morceau d’entrée. Nous allons également sortir un clip sur ce morceau dans peu de temps (ndlr :voir plus bas). Nous avons mis en ligne un teaser dans lequel on voit quelques extraits du clip. On a pensé que c’était le bon morceau, qu’il représentait bien l’album.

Vous avez choisi ce morceau pour un clip parce qu’il représentait bien l’album ou parce qu’il a un potentiel accrocheur ?

Il y a différents facteurs. Il y a le facteur temps qui est important parce que nous avons des morceaux très alambiqués qui durent six minutes et tu ne peux pas te permettre de faire un clip là-dessus. Après, on retrouve un peu tous les ingrédients de Destinity, des parties rapides, d’autres assez mélodiques, donc, globalement, il représente assez bien l’album et ce que l’on sait faire. On a également choisi un titre assez accrocheur, c’était le but, dès les premières notes, tu sens vraiment le riff qui démonte. C’était aussi le truc pour attirer l’auditeur le plus vite possible.

Est-ce aussi la raison pour laquelle vous l’avez mis au début de l’album ?

Oui, parce que ça fait une bonne entrée d’album, il y a un bon riff, ça fait certes un peu mid-tempo par rapport au reste de l’album mais ça permet vraiment de rentrer dans l’album avec un riff qui est bien lourd, bien puissant, bien appuyé et un refrain très accrocheur. Avant d’entrer en studio, on avait maquetté et, à la base, ce n’était pas ce titre-là qui était prévu. Mais pendant le mixage nous nous sommes rendus compte que c’était vraiment celui-là qu’il fallait utiliser. La prod nous a donné de nouvelles idées et c’est comme ça qu’il a fini en premier. En réalité, ça c’est fait un peu à la dernière minute.

Pour faire un teaser de cet album, Mick avait une vidéo pour expliquer comment on enregistre des pistes de voix sur un album, l’idée était vraiment bonne. Pourquoi avoir fait ce choix ? Voulais-tu exploiter le côté pédagogique de la chose et montrer aux gens comment ça se passe ?

Beaucoup de gens me posaient la question et, pour être honnête, cela me soûlait de répéter soixante fois la même chose. Cela permettait à tout le monde de savoir comment ça se passe. Cela nous permettait également de présenter un peu où nous en étions sur l’album. Même s’il s’agissait du son de la maquette selon montrait vers où nous allions nous diriger. Cela donnait un avant-goût de l’album.

Était-ce aussi une occasion de montrer aux gens tout le travail que l’enregistrement représente ?

C’était pour montrer comment je travaille dans notre home-studio. Nous ne faisons pas de répètes aux cours desquelles nous allons répéter cinquante fois un même morceau – pour moi c’est de la perte de temps. Nous avons toujours pensé ça. Nous maquettons et ensuite je travaille tout seul au studio. On procède comme ça, ce qui permet de faire diverses propositions au reste du groupe et quand ça plaît à tout le monde, on valide et on met tout ça en boîte.

Sur les différents teasers que vous avez fait pour l’album, il y en a un sur lequel on te voit enregistrer une note de guitare et ça a l’air d’être un moment assez difficile pour toi.

Je suis un piètre guitariste.

Est-ce que la note en question s’est retrouvée sur l’album ?

Oui. Il y a une piste sur les deux [où je suis dessus]. Sur l’autre je n’étais pas dans le temps. On a fait trois ou quatre vidéos pendant que l’on était au studio chez Jacob Hansen, au Danemark. C’était pour montrer à nos amis et aux fans où nous en étions dans l’évolution et le processus d’enregistrement. Alors, il y a plein de petites conneries comme ça.

« C’est bien de savoir différencier le rôle de l’artiste et du producteur »

Vous avez encore une fois enregistré chez Hansen, c’est quelque chose qui ne devrait pas changer à l’avenir ?

Seb (guitare) : Nous ne nous sommes pas trop posés la question pour cet album car nous avions déjà une idée assez précise du son que l’on cherchait. On savait que lui pouvait nous le faire. A chaque album que l’on fait chez lui, c’est toujours mieux et, encore une fois, nous n’avons pas été déçus.

Mick (chant) : On lui a refait confiance. Il sait comment faire sonner le groupe. Même si on a le soutien du label, on a en plus le gain de temps. Jacob Hansen finit sa journée de travail, il nous laisse le studio ; comme Dave et moi, on touche pas mal, il nous fait confiance. Par conséquent, on peut faire des doubles journées. C’est vraiment un avantage pour moi et mes enregistrements de voix parce que je suis très exigeant et j’aime bien avoir ce que j’ai envie de faire, alors l’avantage c’est qu’on peut travailler plus sereinement entre nous le soir. Une fois que les guitares sont enregistrées, je peux débuter dans une pièce à part l’enregistrement des voix, du coup on peut y aller super tranquille, zen. Chaque soir j’enregistre un titre donc ça évite les journées du type « on ne fait que le chant » et où tu finis à moitié cramé à la fin de la journée. Donc, c’est vraiment un avantage par rapport à d’autres studios.

Tu disais que toi et Dave touchiez pas mal, alors pourquoi ne pas enregistrer et faire ça vous-mêmes ?

On estime que l’on n’a pas le niveau à ce point-là. De plus, niveau matériel, il faudrait louer beaucoup de choses. Et finalement, on a la solution : notre label nous soutient et paye Jacob pour ce boulot. Je pense que c’est bien de savoir différencier le rôle de l’artiste et du producteur, chaque chose à sa place et c’est mieux ainsi

Dave (basse) : C’est mieux de se concentrer sur le processus d’enregistrement, d’enregistrer nos parties plutôt que de se dire : « Il faut que je branche ça ici » etc. Du coup, ça fait perdre du temps, ça nous ajoute du stress. Donc, c’est mieux d’engager un mec qui fasse ce boulot-là, comme ça nous faisons juste ce qu’on a à faire, c’est-à-dire enregistrer et lui travaille le son.

Est-ce que ça ne peut pas générer des conflits, que vous modifiiez certaines choses après coup ?

Non, il est cool à ce sujet. On fait un gros brainstorming avant de commencer. On prend une journée pour en discuter. Tout est posé dès le début. Nous ne faisons que de la prise, donc en aucun cas nous n’influons sur le son. C’est une question qui arrive plus tard pendant le mixage de l’album.

Beaucoup de producteurs ne laissent pas cette liberté aux groupes.

C’est pour cette raison que c’est vraiment quelque chose d’important pour nous. Cela consolide notre envie de continuer à travailler avec lui. Je ne peux pas te dire aujourd’hui si l’on va continuer, on ne sait pas. Mais c’est une formule qui fonctionne. Sur cet album, c’est prouvé.

« Il y a eu effectivement ces influences avant mais on s’est rendu compte que l’on était en train de devenir les Hypocrisy français et ça nous soûlait. Il est clair que l’on peut en être fier mais on voulait être plus proche de nos goûts actuels. »

Quels seraient les facteurs qui pourraient soit vous faire changer, soit vous faire rester avec lui ?

Mick (chant) : Je ne sais pas. Si demain l’album se vend à 50 000 exemplaires et que le contrat est révisé… Je suis honnête, imaginons que ça arrive, on va être dans la supposition, j’ai toujours été fan d’Andy Sneap par exemple. On ne va pas chez Jacob par dépit, ce n’est pas le message que l’on veut faire passer mais si demain on nous dit : « Je te donne 30 000 euros, démerde-toi, fais ton album », j’irais clairement chez Andy Sneap.

Lorsque tu as commencé à répondre et à parler des 50 000 exemplaires, on aurait justement pu penser que tu aurais dit qu’on ne changeait pas une équipe qui gagne…

C’est vrai. Mais je le vois plus par rapport à des envies et des souhaits. Lorsque l’on a créé le groupe il y a seize ans, tu m’aurais dit que j’allais enregistrer des disques et qu’on allait nous donner des sous pour enregistrer, je ne l’aurais jamais cru. Je suis toujours resté dans ce mode, je me préserve. Je me dis que si ça avance encore plus, pourquoi ne pas se faire plaisir. C’est vraiment personnel, je m’intéresse à la production et je suis fan d’Andy Sneap, donc on se posera la question. Peut-être que l’on prendra un mois de plus chez Jacob, je ne sais pas. Je pense que ce serait une discussion.

Dave (basse) : Cela dépend de plusieurs facteurs et ça ne peut pas se décider à l’avance. Je pense que le choix pèse vraiment quand tu vois l’album fini, tu te demandes ce que tu fais, comment il doit sonner, ça pèse beaucoup dans la balance.

Mick (chant) : La pré-prod est très importante car ça peut influencer le choix de la personne vers qui se diriger.

Dave, c’est ton premier album de Destinity. La dernière fois que tu es venu, tu défendais l’album précédent mais tu te trouvais dans la période de transition et tu n’avais pas pu jouer dessus. Or, pour celui-ci, tu as pu participer. Qu’est-ce que cela a apporté pour le groupe ?

Dave (Basse) : Comme tu le disais, je suis arrivé dans le groupe au moment où ils avaient terminé d’enregistrer XI Reasons To See. A mesure que le temps passait, j’avais plus envie de m’investir et pas seulement en live. Par la suite, j’ai eu l’occasion de m’investir dans tous les sens du terme.

Seb (guitare) : Tu as oublié de dire que niveau compo, tu as dû faire au moins un tiers de l’album. Il est modeste !

Mick (chant) : Scéniquement, on a beaucoup gagné et en ce qui concerne le jeu, c’est plus ce qui correspond au style que l’on fait aujourd’hui.

Toi qui as monté le groupe, as-tu vu une différence dans la composition quand David a commencé à t’apporter des choses ?

L’avantage est que cela fait très longtemps que l’on se connaît avec Dave, ce n’est pas quelqu’un venu comme ça. Nous ne marchons pas par annonce ; on est assez tombé sur des dingos, donc c’est fini. En réalité, Dave était notre ingénieur du son, on a tourné deux ans ensemble. On se connaissait très bien, il connaissait très bien le groupe et l’écoutait déjà avant, ce qui aide aussi. Quand on s’est mis à la composition, Zephiros, Steph, Dave et Seb ont beaucoup travaillé ensemble, donc il s’est rapidement mis dans l’esprit de ce vers quoi l’on voulait se diriger et évoluer. Dave a vraiment apporté sa touche là-dessus et ça ajoute un peu de fraîcheur aussi. Tout le monde est influencé par certains groupes mais nous, on va plus tendre vers des trucs old-school, tandis que Dave va plus s’approcher de groupes plus actuels. C’est peut-être ce qui a ajouté un peu de fraîcheur à l’ensemble.

Seb (guitare) : Le fait est que tout s’est bien emboîté… Dans une composition, tu ne reconnaîtras pas quel riff vient de quel guitariste, c’est quelque chose d’assez logique, et Dave a su comprendre la manière de composer du groupe. Tout le monde suit la même direction.

Est-ce qu’il a compris la direction du groupe ou était-ce déjà sa sensibilité ?

Mick (chant) : C’est vrai que c’était déjà sa sensibilité.

Dave (basse) : A la base, c’était assez mon style, je suis très thrash mélodique.

Mick (chant) : Nous écoutons plein de choses, mais on écoute essentiellement du death suédois, il faut être honnête.

« Un gamin qui n’est pas musicien, je ne sais pas s’il va faire une différence entre une production de Textures ou de Destinity qui est chez Jacob Hansen. Nous, on va voir une grosse différence mais lui je ne pense pas qu’il va l’analyser. Je pense que parfois on se pose un peu trop de questions. »

Quand tu es ingé-son d’un groupe, tu as un peu de recul par rapport à ce que fait le groupe. Est-ce que, musicalement, du fait d’être véritablement rentré dans le groupe, cela t’a fait changé ta perception du groupe ?

Seb (guitare) : Oui, parce que maintenant il n’est pas payé ! [Rires]

Dave (basse) : Quand j’étais au son, j’avais mon avis mais je n’avais pas vraiment mon mot à dire dans le sens où c’était eux le groupe et qu’ils prenaient les décisions qu’ils voulaient prendre au niveau des compositions, ce qui était tout à fait normal. Étant donné que maintenant je suis dans le groupe, chacun donne son avis, on est assez démocratique, et même si on se prend la tête sur certaines compositions, l’essentiel c’est qu’à la fin tout le monde suive la même ligne directrice.

Mick (chant) : Si, par exemple, sur les neuf morceaux contenus dans l’album Dave en avait fait neuf qui tuent, on les aurait pris sans discuter. Il n’y a pas de règle. Il s’est trouvé qu’il a amené des riffs dans certains, il a amené trois ou quatre morceaux. Ça s’est passé comme ça, il aurait pu en être autrement et peut-être que ça sera encore autrement sur le prochain, je ne sais pas. Ce n’est pas parce que Steph a créé le groupe avec Flo et moi que l’on va prendre tous les morceaux de Steph. D’ailleurs, il y en a un paquet de Steph qui sont partis à la poubelle, mais il y en a d’autres où l’on risque de retaper dedans parce que certains sont vraiment excellents mais ils n’étaient pas logiques sur tout le morceau, donc on s’est dit qu’on allait garder ça dans une boîte et que l’on irait voir plus tard. Quand on aura plus d’idées, on essaiera de faire un morceau avec.

Seb (guitare) : On est un groupe écolo, on recycle. [rires]

N’était-ce pas un peu frustrant d’attendre deux ans avant de se mettre à la compo dans le groupe ?

Dave : Au début, non, parce que l’on faisait des concerts et, pour moi, ça m’allait très bien. Sur la fin, je commençais à me dire que j’aimerais bien avoir ma patte dedans.

Mick : On a beaucoup travaillé en pré-prod, on avait un peu la tête dans le guidon, c’est passé super vite. On a fait énormément de dates avec l’album XI et, d’un coup, passer dans une période où tu n’as plus de date… Alors, c’était volontaire, on s’est dit : « On arrête et on se met à fond sur l’album », c’était important car on savait qu’il y avait du potentiel dans les idées. Mais maintenant c’est un gros soulagement qu’il sorte et on va pouvoir reprendre la route car c’est essentiellement ce que l’on aime.

On dirait que vous avez besoin, dès que vous avez des idées, de les traduire en pré-prod, juste pour voir si les idées sont bonnes ou mauvaises.

Quand on est en promo ou en tournée, je trouve que ça ne sert à rien de commencer à écrire, en réalité cela me stresse mais Steph est comme ça, dès qu’il a des idées, il enregistre et écrit et ça a toujours fonctionné comme ça, donc, pour l’instant, on trouve ça assez positif et on va sans doute continuer comme ça.

Le titre « Aiming A Fist in Enmity » aurait pu être entendu sur un album de Dark Tranquillity dans les rythmiques, dans la cadence du chant…

Je ne pensais pas que tu allais dire ça. On s’est débarrassé des influences d’Hypocrisy, que l’on avait un peu contre notre gré. Il y a eu effectivement ces influences avant mais on s’est rendu compte qu’on était en train de devenir les Hypocrisy français et ça nous soûlait. Il est clair que l’on peut en être fier mais on voulait être plus proche de nos goûts actuels. On est beaucoup plus brutaux et on voulait se lâcher un peu là-dessus, alors c’est pour cela qu’on a monté un peu les tempos.

Vous avez encore un peu ce côté Hypocrisy mais uniquement sur les chants clairs. Mais tu pensais qu’on allait vous comparer à qui ?

Pour être honnête, je pensais plus à Amon Amarth car c’est un titre très épique et mid-tempo…

On sent sur l’album une véritable volonté de changement et on entend un album extrêmement influencé par les héritiers d’At The Gates…

C’est ce qu’on écoute. On est tous fans de groupes comme Dark Tranquillity, At The Gates, etc.

Seb (guitare) : C’était aussi le but de cet album, de repartir sur un truc Thrash, ce qu’on avait un peu perdu sur XI.

Ce n’est pas quelque chose qui était si évident que ça sur les albums précédents. C’est la première fois que l’on ressent autant l’influence suédoise de groupes comme At The Gates.

Steph (guitare) : Au niveau des guitares, sur cet album, il y a beaucoup de tierces et de quintes alors que l’on en avait moins mis sur l’album précédent pour faire plus massif, plus lent, plus lourd, alors, dès que tu mets des tierces et des quintes, ça sonne suédois.

Mick (chant) : On a également changé l’accordage sur certains titres, ce qui a aussi donné une autre atmosphère. On aurait dû le faire avant je pense.

En conséquence, on se retrouve avec un album particulièrement mélodique.

Je pense que ça sera toujours la composante d’un album de Destinity.

Sur cet album, la mélodie semble encore plus poussée… Vous avez même un final de morceau contenant un passage à la guitare acoustique, c’est la première fois que l’on voit ça chez Destinity.

Seb (guitare) : Le but était de faire quelque chose de plus mélodique mais aussi de plus bourrin, donc, dans l’ensemble de l’album, nous avons des tempos qui sont beaucoup plus rapides, des chansons qui étaient faites pour être plus bourrines mais en gardant la mélodie derrière.

Dave (basse) : Le changement d’accordage fait que l’atmosphère est plus claire sur certains morceaux.

Mick (chant) : Je ne sais pas si tout le monde s’en rendra compte mais je pense que l’on a bien fait d’utiliser deux accordages différents, cela change vraiment l’ambiance et cela fait varier l’album.

N’avez-vous pas peur des réactions concernant ce côté mélodique ?

Mick (chant) : Je pense que concernant les réactions, tout le monde est au courant, je m’en bats les couilles du moment que l’album me plaît. Si l’album plaît aux amis et aux fans cela me fait plaisir, je ne vais pas dire l’inverse. Mais, d’une manière générale, je me moque des avis.

Steph (guitare) : Destinity n’a jamais été du brutal death, ça a toujours été mélodique. Nous avons voulu revenir, dans la logique, à la suite de The Inside. Cet album était aussi rapide même s’il contenait peut-être un peu moins de mélodies. Maintenant, nous avons Seb à la gratte qui joue donc, naturellement, on met plus de mélodie.

Pourquoi avoir fait cet espèce de retour en arrière ?

Après The Inside, au niveau des tierces et des quintes, on tournait un peu en rond, on avait besoin d’autre chose, on a donc voulu faire un album plus lourd par la suite, puis nous avons voulu revenir sur quelque chose de plus direct. Notre ancien bassiste [NDLR : David, frontman du groupe FMR] avait composé un peu sur l’album d’avant, on a plus composé, nous, du coup, on est revenu à quelque chose de plus direct.

Seb (guitare) : C’est un style qui correspond mieux au groupe dans l’état actuel des choses.

Mick (chant) : Je pense que The Inside est un très bon album mais, comme l’expliquait Steph, il est un peu moins mélodique, il est un peu plus direct et je pense clairement qu’à l’époque nous n’avions pas le niveau pour faire ce que l’on fait aujourd’hui. Grâce à plusieurs facteurs, nous sommes tous meilleurs, on a un meilleur bassiste, pour une fois on a un vrai soliste, ce n’est pas pour critiquer le passé ou les anciens membres mais ce n’est pas le même niveau et ça n’est pas pour rien que l’on a pris Seb. Tout cela a énormément apporté, on peut se permettre de jouer plus vite et d’avoir des mélodies qui sont beaucoup plus percutantes, beaucoup plus intéressantes. Je pense qu’à l’époque on ne pouvait pas le faire.

Jusqu’à présent le chant était enregistré par Mick pour les parties agressives et par Flo (batterie) pour les parties mélodiques. Sur les teaser mis en ligne, Mick, on te voit faire les voix claires. Est-ce que vous avez changé de formule ?

Mick (chant) : Non, ça n’a pas du tout changé, la seule différence c’est que j’en fais plus aujourd’hui parce que j’ai gagné des octaves et que j’arrive à monter beaucoup plus haut. Flo monte, quoi qu’il arrive, plus haut, alors si je ne peux pas monter au dessus, c’est Flo qui la fera, c’est comme ça que l’on fonctionne.

Flo (batterie): Aujourd’hui, on essaie de mixer au mieux nos deux voix. La voix de Mick ressort un peu plus car il a un grain de voix beaucoup plus grave, donc, dans le mix, je me mets un peu en arrière mais on fait tout le temps les deux voix. Ça fait un peu plus d’un an que je suis Mick pour essayer de travailler sa voix aux bonnes octaves et maintenant, c’est vrai qu’aujourd’hui, au lieu de composer un refrain et de mettre des voix derrière, on aura plutôt tendance à écrire des lignes de chant et à mettre une mélodie après. C’est beaucoup plus accessible pour Mick, il se sent plus à l’aise et, normalement, ça rend mieux sur album. Après, le but n’est pas de faire des voix claires de pédé… [Rires] Globalement on essaie de mixer au mieux nos deux voix et on essaie d’avoir toujours les voix growl derrière.

Dave (basse) : Le mix de Jacob joue beaucoup parce qu’il connaît leurs deux voix et il sait comment les mixer pour que cela fasse mélodique sans que cela fasse mielleux.

Mick (chant) : C’est parce qu’on ne veut pas de quelque chose de trop mielleux qu’on va mettre plus en avant ma voix plutôt timbrée pour que cela soit un refrain un peu plus agressif.

Il est vrai que ce serait étrange d’avoir par dessus ces riffs-là une voix trop propre.

Mick (chant) : A l’époque, lorsque l’on faisait du black/death symphonique, cela avait vraiment sa place, lui seul en voix claire. C’était un peu dans la veine de Dimmu Borgir et du chant de Vortex, mais ça n’a rien à voir avec ce que l’on fait aujourd’hui et c’est pour cette raison que nous avons opté pour cette nouvelle tendance de mixer nos deux voix.

« A l’époque [de The Inside] nous n’avions pas le niveau pour faire ce que l’on fait aujourd’hui. »

La tentation de la voix claire dans le death aboutit parfois à un mélange tellement décalé que c’est déroutant…

C’est d’ailleurs pour cela qu’on n’en a pas mis sur tous les morceaux, parce qu’on ne le met vraiment que si c’est nécessaire, il faut que ça apporte quelque chose au morceau. Si c’est mettre un refrain voix claires pour mettre un refrain voix claires, on ne va pas le faire.

Flo : Nous sommes très monocordes dans nos voix claires, on est là pour accompagner un riff et mettre des voix growls derrière. On essaie de mettre du groove sur des notes assez simples. On se met une note derrière, on l’accompagne par rapport à l’instrument, on va varier d’un ton ou deux et basta, on ne va pas chercher à faire quelque chose que l’on ne sait pas faire. On n’est pas Symphony X, on fait comme on peut.

Tu joues dans un style de batterie qui est assez exigeant et tu chantes pendant les concerts. Tu arrives à t’en sortir ?

Steph (guitare) : En fait, il est ventriloque…

Flo (batterie) : Je m’en suis toujours sorti mais c’est vrai qu’il faut un bon mix au niveau des retours pour que je me sente à l’aise. Si je ne me sens pas à l’aise, on voit ça avec l’ingé-son et on demande à ce qu’il y ait plus de voix chez Mick ou plus de voix chez moi.

Pensez-vous aux compositions en fonction de cela ? Est-ce voulu qu’il n’y ait jamais de blast en même temps qu’il chante ?

Mick (chant) : Ce n’est pas voulu, je pense simplement que pour un refrain il n’y a pas besoin d’aller à cent mille à l’heure. On peut, on sait le faire, mais pour nous ce n’est pas la solution, donc ça ne tombe pas sur des patterns de batterie très rapides, alors il peut se permettre de le faire. Peut-être que cela arrivera un jour. Mais pour l’instant on n’en voit pas l’intérêt.

Pour en revenir à l’album, vous avez invité l’un des membres de Loudblast à participer sur l’un des titres.

Mick : Oui, Stéphane [Buriez]. Cela s’est fait assez naturellement. Nous avons bien sympathisé pendant la tournée avec eux et puis on lui a soumis l’idée lors d’une répétition. Il a tout de suite accepté et a enregistré dans son propre studio, il nous a envoyé les bandes et on a pris ce qu’on sentait de bien.

C’est le morceau qui vous a donné cette idée ou vous le sentiez simplement comme ça ?

Mick : Non, ce n’est pas forcément le morceau, c’était plus pour faire quelque chose entre potes. On avait envie qu’il y ait une trace quelque part de cette amitié. Loudblast est un groupe que l’on affectionne particulièrement. Ils font partie de ceux que l’on écoutait quand on avait quinze ans, alors faire ça aujourd’hui a quelque chose d’assez génial. C’est un gars formidable.

Il semblerait que les after-shows avec Loudblast étaient assez intenses et que le gars avaient plutôt tendance à vous coucher en terme de résistance…

Mick (chant) : On se demande comment il fait pour être encore vivant. [Rires] On a fait de belles fiestas, c’était vraiment cool. Ce sont de bons souvenirs. On a fait de belles tournées. Mais pour moi, niveau ambiance, celle-ci restera gravée !

Stéphane Buriez est producteur, avez-vous envisagé de travailler avec lui ?

J’adore ce qu’il fait mais, par rapport au style, ce n’est pas forcément ce que l’on recherche, ce n’est pas ce qui irait pour Destinity. En revanche, certains groupes devraient vraiment se poser la question. Je n’ai pas forcément de noms à donner mais je pense que ça va mieux si tu fais quelque chose plus dans le style de Klone et les autres groupes de cette scène. Je pense que c’est plus ça le point fort de Stéphane. J’explique le style qui va, je ne dis pas que ces groupes devraient aller le voir. En ce qui nous concerne, je pense que nous avons besoin de quelque chose d’un peu plus moderne. Steph sait extrêmement bien le faire mais je pense que ce n’est pas le son vers lequel nous devons nous diriger. Nous, c’est plus du Jacob Hansen…

Flo (batterie) : Cependant il faut savoir qu’avant de retourner chez Jacob Hansen nous avons fait vingt devis. On voulait avoir un son un peu scandinave mais on avait un budget limité. A la base, nous étions intéressés par le studio Fascination [de Jens Bogren, ndlr] mais aujourd’hui il est hors de prix. Ensuite, nous avons demandé des devis un peu partout puis finalement nous sommes retournés chez Jacob parce qu’on commence à le connaître et en ce qui concerne le rapport qualité-prix, pour nous, c’est le meilleur.

Par rapport à vos attentes, pouvez-vous citer un album qui représenterait la production idéale ?

Flo (batterie) : On ne va pas arriver à se mettre d’accord là-dessus, j’aime bien quand il y a des sons pourris à la batterie, quand c’est hyper acoustique.

Mick (chant) : Le problème, c’est qu’après tu ne peux pas suivre avec des guitares modernes.

Steph (guitare) : Lui, en enregistrant la batterie, il va te dire : « Le son est trop bien, il faut le mettre un peu plus pourri ».

Flo (batterie) : Quand vous écouterez l’album, vous verrez que la batterie est mixée un peu plus en arrière comparé à l’album précédent. C’est un effet voulu, on voulait mettre les guitares plus en avant et moi je ne voulais pas d’un son trop massif au niveau de la grosse caisse. D’ailleurs, pour moi, le son manque encore un peu d’acoustique.

C’est surprenant qu’un batteur de metal extrême n’aime pas le trigg. D’autant plus qu’il faut pouvoir assumer un tel choix techniquement…

Flo (batterie) : Je perds en feeling avec le trigg.

Mick (chant) : Pour en revenir à la question, il y a une différence entre les prods que j’aime bien et celles que j’aimerais avoir… L’album Formation Of Damnation de Testament par Andy Sneap est une référence, ça c’est de la prod ! C’est une véritable gifle.

Flo (batterie) : Pour donner une référence, pour moi, ce serait l’album Silhouettes du groupe Textures.

Dave (basse) : Si je ne pouvais en citer qu’un ce serait Revolver de The Haunted, cette prod est gigantesque et magnifique !

Seb (guitare) : Quand tu parles d’une prod, soit tu trouves d’abord que les batteries sonnent super bien, ensuite c’est les guitares…

Steph (guitare) : En tant que musicien, tu te poses plein de questions, à savoir si en studio ça serait mieux, etc. Mais après je ne suis pas sûr que les auditeurs qui ne sont pas musiciens vont faire une différence. Ils n’auront pas la même oreille que nous qui sommes vraiment exigeants en termes de son.

« La mode d’aujourd’hui, c’est le deathcore, mais je peux garantir qu’on n’en fera jamais ! Ce truc me fait vomir, c’est de la musique de kangourou ! »

Un album est fait pour être écouté par des personnes qui ne sont pas musiciens. L’avis des musiciens et des journalistes, on s’en fout.

Un gamin qui n’est pas musicien, je ne sais pas s’il va faire une différence entre une production de Textures ou de Destinity qui est chez Jacob Hansen. Pour nous, on va voir une grosse différence, mais lui je ne pense pas qu’il va l’analyser. Je pense que parfois on se pose un peu trop de questions.

Que pouvez-vous nous dire du titre « A Scent Of Scorn » enregistré avec Stéphane Buriez ?

Mick (chant) : C’est un morceau direct, il n y a pas de voix claires sur le refrain, comme on l’expliquait précédemment, ce n’est pas systématique. J’avais essayé mais on s’est rendu compte que c’était moisi ! [rires] On a donc fait quelque chose de plus agressif. C’est l’avantage de la pré-prod car tu peux essayer beaucoup de choses avant de choisir.

Seb (guitare) : Et puis il y a toujours un connard pour te dire que ce que tu as fait, c’est de la merde ! [Rires]

Flo (batterie) : Ce que Mick a oublié de préciser, c’est que la raison pour laquelle Stéphane chante sur ce morceau, c’est que Mick n’avait pas d’idées, que c’était un morceau blanc. [Rires]

Steph (guitare) : D’ailleurs, c’est Jacob qui joue de la gratte parce qu’on n’avait pas d’idées non plus ! [Rires]

Avec l’étape de la pré-prod, vous arrive-t-il d’avoir deux versions d’un même morceau ?

Flo (batterie) : Celui-là, je pense qu’il a dû avoir soixante-dix versions ! On aurait pu sortir un album rien qu’avec les différentes versions de cette chanson. [Rires] On n’arrivait pas à enchaîner les parties comme on le voulait. On a fini par y arriver parce que c’était une soirée où l’on avait bu quelques bières à Lyon.

Vous êtes en train de dire que l’alcool aide à la créativité…

Steph (guitare) : Je tiens à préciser que si ce morceau est un peu pourri, c’est parce que c’est Dave, le bassiste, qui l’a composé ! [Rires] Et pour bien reconnaître les deux voix, Steph, c’est celui qui fait « urgh ! » et Mick, c’est celui qui fait « eargh ! ».

Mick, tu disais au début de l’interview que Lifeforce Records soutenait davantage cet album que le précèdent.

Mick (chant) : C’est mon ressenti. Quand on leur a envoyé les premiers morceaux, ils étaient à fond, ce qui fait vraiment plaisir.

Steph (guitare) : Il y a de très bonnes chroniques sur l’Allemagne. Il n’y en avait pas autant pour l’album précédent. Sur Legacy et Metal Hammer, on est dans le top 10 du mois !

C’est bien, d’autant plus que vous êtes loin d’avoir fait un album qui est dans l’air du temps.

Mick (chant) : La mode d’aujourd’hui, c’est le deathcore, mais je peux garantir qu’on n’en fera jamais ! Ce truc me fait vomir, c’est de la musique de kangourou !

Le metalcore ne serait il pas ce qu’a été le néo metal à une époque ou le grunge à une autre ?

Steph (guitare) : Totalement ! En Amérique, cela fonctionne par vagues, là-bas les vagues durent dix ans. Il y a eu le grunge, le néo-métal, maintenant il y a le deathcore, et après il y aura le death suédois parce qu’on va débarquer dans pas longtemps ! [Rires]

Aujourd’hui, le deathcore est un peu décrié comme l’ont été le grunge, le néo-metal, le glam, mais ce sont des styles qui, avec le temps, ont acquis une certaine forme de respect… Cela ne pourrait-il pas se passer avec le metalcore ?

Dave (basse) : Le problème de ces styles-là, c’est qu’à la base ce sont de très bons groupes. J’aime beaucoup, par exemple, le groupe Killswitch Engage, qui était un des premiers groupes à faire ce style là…

Mick (chant) : C’est Dave qui parle, ce n’est qu’un enfant… [Rires]

Dave (basse) : Comme dans tous les styles, tu as un élément déclencheur : quelques groupes qui commencent à faire un truc nouveau, qui en viennent à être copiés par d’autres et par conséquent le marché est saturé et tu n’entends plus que ça. Je pense que c’est pour cette raison que les gens finissent par se braquer sur certains styles.

Seb (guitare) : Si tu as un groupe qui sort du lot en proposant un truc différent sans aller copier ce que les autres groupes ont fait avant mais en apportant un truc nouveau à un style, cela fonctionnera, c’est comme dans le néo-metal. Tout le monde crachait sur le néo-metal de base mais il y a quand même des groupes qui sortaient du lot et qui étaient bien. Il y a du bon dans le deathcore aussi. Betraying The Martyrs, c’est très bien par exemple.

Pourtant Betraying The Martyrs se fait énormément descendre dans les commentaires des médias français…

Steph (guitare) : Un groupe comme Betraying The Martyrs qui fonctionne bien va amener de la jalousie et sur des sites comme VS où il n’y a que des musiciens frustrés, ils vont se faire démonter. Voilà comment résumer VS : des musiciens qui jouent dans leur garage et dès qu’un groupe va aller jouer aux States et faire de bonnes tournées, ils sont jaloux.

C’est quelque chose de très français. La France a un problème avec l’ambition de manière générale mais aussi avec l’argent, il ne faut pas en parler. Les mecs de Betraying The Martyrs nous ont dit exactement ça : ils ont eu le malheur d’aller aux États-Unis…

Alors je peux le dire, j’ai eu un très gros chèque de la SACEM ! [Rires]

Si vous avez un jour un succès d’une telle envergure, vous vous ferez tacler comme Gojira qui s’est fait tacler avant même d’avoir publié une seule note de nouvelle musique après sa signature chez Roadrunner.

Mais nous on aime se faire insulter et d’ailleurs ça manque un peu… Si les gens pouvaient nous critiquer, cela nous ferait un peu de pub.

Avez-vous déjà des dates de prévues ?

Nous travaillons dessus mais nous allons jouer au Chaulnes Metal Fest et apparemment il y a une très belle affiche. Il y aura Sodom, Loudblast et plein d’autres. On jouera pas mal de morceaux du nouvel album qui est sorti le 19 Novembre.

Interview réalisée le 12 novembre 2012 en direct durant l’émission Anarchy X par Metal’O Phil et Spaceman
Retranscription : Isa

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