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Live Report   

Danse avec les trolls



Artistes : FinntrollEluveitieDornenreich[/urlb] – ArkonaVarg
Salle : CCO de Villeurbanne
Ville : Villeurbanne
Date : 11-03-2010
Public : 600 personnes


Varg

Quand Varg attaque à 18h15, il reste encore pas mal de monde dehors mais les allemands jouent devant un public déjà nombreux et actif. Le patronyme évocateur du groupe pouvait nous faire craindre une formation pratiquant un true black metal cliché. Mais bonne surprise, il s’agit d’un black entraînant accompagné d’une bande son d’instruments folk. Le groupe est entièrement grimé, non pas de blanc et noir comme le veut la tradition, mais de rouge et de noir. Leur musique est efficace et leur prestation d’une petite demi-heure passera comme une lettre à la poste. A noter des morceaux particulièrement efficaces notamment « Skal » et « Alter Feind » extrait de leur dernier album Blutaar.

Après 15 minutes de changement de plateau c’est à Arkona de monter sur scène. Au vu de l’accueil qui lui est réservé, de sa popularité dans le milieu underground et de la qualité de sa prestation, le groupe aurait mérité vraiment mieux que cette deuxième place sur l’affiche. Surtout que le groupe suivant, Dornenreich, était un peu le vilain petit canard de l’affiche avec son black metal « avant-gardiste » pas franchement accrocheur. Nous y reviendrons.


Une bonne surprise

Arkona fut LE groupe de la soirée, festif sans être bouffon, folk sans pourtant être boursouflé par les claviers et autres bandes sonores. Le public soutient le groupe et la salle s’anime vraiment, des pogos éclatent et on commence à voir du stage diving. Les russes étant menée par Masha Arhipova, un joli brin de femme, se sont mis le public dans la poche en un instant.

Masha est une frontwoman hors pair : elle alterne avec brio les parties de chant criard black metal et un timbre plus folk en voix clair, toujours très juste. Notons que la chanteuse ne ménage pas son souffle, courant dans tous les sens et esquissant avec son guitariste quelques pas de danse. La base rythmique basse/batterie est plus discrète mais assure parfaitement son job sur le pagan metal des russes. Sur la fin du set la musique se durcira, finissant par des morceaux plus black agrémentés de blast beat. Leur son est clair et bien défini, on rêverait qu’ils restent un peu plus longtemps, mais hélas il est déjà 19h40 et il faut céder la place à Dornenreich. La prestation de la soirée sans aucun doute.


Masha Arhipova (Arkona)

Dornenreich est un duo composé d’un guitariste/chanteur et d’un violoniste accompagnés d’un batteur de session. La musique du groupe est généralement décrite comme « black metal avant-gardiste ». Il s’agit d’un mélange de metal extrême assez froid, dans la veine indus auquel on aurait ajouté un violon.

Le style du combo fait tâche dans cette soirée festive, la bonne ambiance du set d’Arkona va, en conséquence, retomber comme un souffle et le public va rester plutôt observateur et statique pendant la prestation des allemands. Même si la musique est agréable, très vite les morceaux s’enchaînent et se ressemblent. L’attitude très statique des musiciens n’arrangeant pas franchement la chose. Mais que font-ils sur cette affiche, et surtout aussi haut placé ? La question est posée.


Dornenreich, la déception.

Après une attente un peu longue c’est au tour des suisses d’Eluveitie de fouler les planches du CCO. Face à Eluveitie, le public est franchement partagé par deux visions distinctes. Certains adorent l’énergie et la musique produite par le groupe. Les autres vont trouver indigeste ce mélange de death mélo et de musique folk. Votre serviteur fait clairement parti du deuxième groupe : Eluveitie ressemble a une sorte d’In Flames – pour les guitares, la voix et l’attitude scénique de Chrigel, leur frontman dreadlocké – auquel on collerait des instruments folks. Du gentil metal au sens péjoratif du terme. D’autant plus qu’on remarque que certains membres du groupe présent au Hellfest ont été remplacés par des musiciens moins charismatiques.


Eluveitie maîtrise son affaire

Le groupe maîtrise son affaire même s’il est victime d’un son brouillon, en effet il n’est pas facile de sonoriser autant de musiciens. On aura même droit à la mélodie de « Tri Martolod Yaouank » popularisée par Manau en France qui avait repris ce thème avec la chanson « La tribu De Dana » dans les années 90. Le show est rondement mené, avec énergie et bonne humeur, porté par un public qui hurle sans cesse pour manifester son soutien. Deux jolies musiciennes = succès garanti ! Signalons quand même ce oment de solitude pour le chanteur qui essaye de faire faire un circle pit, ce que visiblement le public ne comprend pas ou ne veut pas faire…Au bout d’un peu moins d’une heure de concert, les suisses se retirent sous les applaudissements de la salle.

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Quand Finntroll fait son entrée il est 22h30 passé et mine de rien le public vient de s’enfiler presque quatre heures de musique non-stop ! Les deux derniers albums du groupe, Ur Jordens Djup (2007) et Nifelvind (2010) divisent. Le propos est plus sombre et moins festif et, entre temps, un nouveau chanteur a fait son apparition. Sur les dernières photos promotionnelles, les musiciens arborent même un maquillage/déguisement troll stylé années 30…Franchement les gars on préférait les trolls festifs et plus médiévaux du clip de « Trollhammaren » !


Finntroll, plus sombre qu’avant ?

Vreth, le frontman du groupe depuis deux albums, a beau avoir une voix plus black et moins profonde que Wilska son prédécesseur, sa prestation est de qualité et très énergique. Cependant le garçon est beaucoup moins impressionnant, il colle moins à l’image de grosse brute trollesque qu’avait le groupe. Ce soir beaucoup de morceaux seront joués, le combo privilégiant les deux derniers albums, avec « Under Bergets Rots », « Ett Norrskensdad » ou « Nedgang », et donc une musique plus sombre. Heureusement, quelques extraits de Nattfod viennent illuminer le set avec, par exemple, l’excellent « Trollhammaren ».

Il n’y aura pas, ou vraiment très peu, de communication avec le public. Le groupe est plutôt statique. Là où on pouvait s’attendre à une vraie fête, il y a seulement un bon concert. Certes le son est bon et les musiciens en place mais en voyant cela on se prend à rêver de la tournée ayant suivi Nattfod. Finntroll n’est plus le groupe festif « parfait » qu’il incarnait il y a quelques années : moins « gentil-niais » qu’Eluveitie ou Korpiklaani, moins axé black metal dur que la plupart des groupes pagan. Tout cela nous aura donc donné une vraie envie : réécouter Midnattens Widunder, Jaktens Tid et Nattfod.




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