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Chronique   

Dark Funeral – Where Shadows Forever Reign


Dark Funeral - Where Shadows Forever ReignAprès sept ans sans avoir sorti d’album, Dark Funeral est de retour. Une longue attente pour les fans donc, même si le groupe avait proposé un single en 2015 en guise de présentation de son nouveau chanteur Heljarladr (Grá). Retour aux années 90, belle décennie pour la deuxième vague du black metal, surtout dans les pays scandinaves. En effet, nous avons tous quelques noms qui viennent instantanément à l’esprit lorsqu’on évoque cette époque et cette zone géographique, tant elle regorge de formations cultes qui se sont souvent risqués à des évolutions surprenantes. Risque que Dark Funeral ne souhaite pas prendre, s’inscrivant toujours dans un black metal direct et assassin au cours de ses plus de vingt ans de carrière. Et ce dernier album Where Shadows Forever Reign n’échappe pas ou si peu à la règle.

Toujours vivant, toujours debout, Dark Funeral met d’emblée son public dans sa poche avec « Unchain My Soul » qui ouvre l’album de façon conquérante, avec son introduction à la Dissection, très mélodique et efficace, avant de faire parler la poudre, nous plongeant directement au cœur même de ce qu’incarne le combo. Sa singularité réside à travers la marque des riffs de guitare de Lord Ahriman, membre fondateur et principal compositeur, qui plongent les mélodies dans une ambiance à la fois sulfureuse, mélancolique et envoûtante. C’est également l’impressionnant martèlement de Dominator à la batterie, au premier plan, qui rend l’ensemble sacrément puissant et agressif. Le véritable changement est évidement le chant : attendu au tournant sur cet opus, Heljarladr relève le défi de succéder au mythique Emperor Magus Caligula. Et l’alchimie se fait, sa voix « grogné » particulièrement malsaine, et plutôt intelligible, s’associant parfaitement à l’esprit de Dark Funeral.

Le groupe ne se délivre pas de ses vieux démons, abordant toujours les mêmes thématiques satanistes et anti-chrétiennes. Le vice et la violence sont donc au centre des compositions, mais on peut néanmoins noter que Dark Funeral nuance la brutalité qui a fait sa réputation par des accalmies qui mettent en valeur les atmosphères (« The Eternal Eclipse ») et des touches plus épiques. « As I Ascend », au tempo plus lent, incarne cet esprit et cette légère évolution. Son introduction aux sons de cloches, la partie vocale oscillant entre voix parlée introspective et un chant growlé poignant, se mêlent aux aspects progressifs et mélodiques imageant une ascension spirituelle. Des titres comme « Temple Of Ahriman » ou « Where Shadows Forever Reign » se montrent, quant à eux, à la fois percutants et riches dans leurs compositions.

On ne peut pas dire que Dark Funeral révolutionne son style, et ce n’en est visiblement pas son intention. Il fait partie de ces groupes dont on n’attend pas réellement de surprise et d’innovation, et qui, malgré les changements de line-up au fil des années, sait conserver une identité. A noter également l’artwork signé Necrolord (réputé, en bonne partie, pour ses pochettes bleu nocturnes, notamment pour des pontes du black metal), comme un clin d’œil à The Secrets Of The Black Arts, le premier album des Suédois qui fête cette année ses vingt ans. Preuve supplémentaire que Dark Funeral reste, malgré la nouvelle ère qui s’ouvre, attaché aux traditions et à son héritage. L’album attendu par les fans tient donc ses promesses, se voulant rassurant, apporte même juste ce qu’il faut de fraîcheur et certifie des prestations live intenses.

Le clip vidéo pour la chanson « Unchain My Soul » :

La chanson « Where Shadows Forever Reign » en écoute :

Album Where Shadows Forever Reign, sorti le 3 juin 2016 via Century Media.



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