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Live Report   

Dark Tranquillity : certainement pas en construction !


Dark Tranquillity, bientôt vingt-cinq ans de carrière, un premier album, Skydancer, sorti il y a vingt ans et un dernier opus, le dixième, sorti il y a quelques mois. Voilà quelques données chiffrées pour planter le décor et rappeler que les Suédois qui investissaient cette semaine les salles françaises (notamment, le Trabendo à Paris et le CCO à Lyon, où nous avons pu les voir) sont loin d’être des débutants. Construct, ce dernier album, singulier dans la discographie du combo, semble ne pas avoir été des plus simples à sortir (comme l’expliquait Mikael Stanne il y a quelques mois dans nos pages). Nous aurons l’occasion de voir si le groupe a tout de même réussi à l’ingérer et à le restituer live ou si ce maudit opus laisse les Scandinaves… en chantier.

Avec eux, les Suédois emmènent d’autres scandinaves, Norvégiens ceux-là : Tristania. Eux aussi sont là depuis un moment puisque leur carrière démarre en 1996. Après huit albums dont le récent Darkest White sorti cette année et quelques mouvements dans la composition du groupe stabilisée depuis deux albums, ils ont donc la difficile mission de réchauffer la salle pour la tête d’affiche. D’autant plus difficile que le froid investit le pays depuis quelques temps.

Artistes : Dark TranquillityTristaniaDarkness Dynamite (à Lyon)
Date : 13 novembre 2013 (le 14 à Lyon)
Salle : Trabendo / CCO
Ville : Paris / Lyon

Néanmoins, alors que la capitale n’a eu droit qu’au duo Tristania / Dark Tranquillity, à Lyon, nous avons aussi pu voir la présence sur cette affiche de Darkness Dynamite, formation… parisienne, justement. Le groupe est ici, lui aussi, pour défendre sa nouvelle galette, Under The Painted Sky, caractérisée par un metalcore psychédelique comme aime à le préciser le combo. Malheureusement, devant un parterre, au CCo de Villeurbanne, encore peu garni, la touche metalcore des Parisiens a du mal à marquer les esprits, quand elle ne rebute tout bonnement pas quelques fans hardcore de death mélo. Or, il serait cruel de blâmer cette formation qui, si elle manque cruellement de cohésion musicale (véritable touche-à-tout), n’en demeure pas moins une formation de jeunes gars contents d’être présents sur cette scène et qui s’appliquent à bien faire le travail. De plus, certains titres, refrains ou autres infimes passages regorgent d’un quelque chose agréable, voire souvent efficace. Le frontman du groupe, Junior Rodriguez, la mèche au vent (signe qui confère souvent quelques appréhensions à nombre de spectateurs, et ce soir ne fit pas exception) ne manque, en outre, pas d’humour. Et quand Vincent Wallois (batterie) se retrouve à se débattre avec une double pédale capricieuse, le chanteur saura décrocher quelques rires à cette audience non pas conquise à cent-pour-cent mais infiniment respectueuse. Finalement, le concert sera bien vite passé, se terminant sous quelques applaudissements encourageants.

Mariangela Demurtas (Tristania)

Revenons-en à la soirée parisienne qui démarre, à 19h05, sur une introduction de type musique classique, devant une salle pas encore totalement remplie. « Number », issu du dernier album, ouvre les hostilités. Ce seront d’ailleurs trois titres de Darkest White qui débuteront une setlist qui met en avant la récente production de Tristania en trustant la moitié des morceaux joués ce soir.

Avec deux guitaristes, un bassiste, deux chanteurs, il y a du monde sur le devant de la scène. Pourtant, intelligemment, les musiciens sont mobiles, occupent bien la scène, exception faite de Gyri Losnegaard qui restera peu éclairé sur son côté de scène et, dans tous les cas, immobile d’un bout à l’autre du show ; Anders Høyvik Hidle et Ole Vistnes échangent régulièrement leur place, et Ole – encore lui – ou Mariangela Demurtas, la plus italienne des norvégiennes, ne sont pas avares en headbanguing. Quant au contraste physique entre la brune chanteuse et le chauve géant à barbiche, Kjetil Nordhus, il est saisissant. Presque plus que le contraste entre les trois voix.

Le son est bon (a contrario de la date lyonnaise où celui-ci était tout bonnement plat, rendant l’ensemble bien linéaire), les voix bien restituées (logique puisque les guitares sont reléguées en arrière plan) mais l’artifice des différentes tessitures fait un peu daté, réchauffé et manque cruellement de cohésion auditive (certains growls d’Anders Høyvik Hidle sont littéralement ignobles)… Globalement, les Norvégiens manquent d’arguments musicaux forts pour convaincre totalement et même si le public applaudit, manifeste sur « Year Of The Rat », la salle ne s’enflamme pas.

Pour la date lyonnaise, les quelques fans de la formation se seront eux tassés devant la scène alors qu’une partie de la salle part soit fumer, soit s’asseoir sagement en attendant la fin du show. Quand bien même Virginie Goncalvez (Kells) sera monté sur scène avec le groupe, rendant cette date un peu plus exceptionnel, la sauce est bien fade et l’ensemble est à l’image du show vu plus tôt cette année au Wacken : anecdotique.

Après un set de quarante minutes où ils ont fait le job, les Scandinaves quittent la scène non sans avoir remercié Paris et démontré une belle présence scénique.

Dark Tranquillity : en suédois, « charisme » se dit « Mikael Stanne ».

21h05, les lumières s’éteignent, le public explose mais doit patienter encore quelques instants, qu’il passe à hurler ! La salle est maintenant bondée d’un public très masculin et de tous âges. La salle lyonnaise, elle, sera bien moins remplie. Surtout si l’on repense au souvenir intarissable que le groupe a laissé dans l’esprit des Lyonnais, en 2010, lors de son passage dans ce même CCO de Villeurbanne.

Amis de la testostérone, bienvenue dans cette soirée qui promet. Gros son d’entrée de jeu, gros impact lors de l’arrivée du groupe. Les musiciens d’abord, rejoints par Mikael Stanne qui déboule de l’arrière de la scène. Le chanteur vient très rapidement au plus près des fans, serrant des mains, en particulier aux slammeurs que la sécurité récupère au milieu des photographes en ce début de concert sur les chapeaux de roues. Au-dessus de la batterie, un écran projette des images, logo du groupe, titre des morceaux. « Paris is always our favorite place », indique Mikael. Vrai de vrai ? Plus au sud, Dark Tranquillity se souvenait également très bien de la capitale des Gaules et n’hésitera pas à le rappeler à ce public de débauché qui a réservé un accueil à nouveau intense et poignant au groupe. En tous les cas les « Hey, hey, hey ! » que scandent les fans pour soutenir « The Silence In Between » montrent que le public, parisien comme lyonnais, entend bien être le sixième homme ce soir et qu’il accueille avec plaisir le dernier opus du groupe.

Stanne est tout sourire, cela fait plaisir à voir. Et quelle présence ! Impressionnant ! Son impact physique se ressent dès son entrée sur scène. Et quelle voix ! Le son est bon, excellente configuration qui souligne les qualités du chanteur qui restitue toutes les voix, growl, claires, sans un défaut. Performance à saluer comme il se doit et à apprécier les oreilles grand ouvertes. Performance qui par ailleurs peut s’appuyer sur les autres membres du groupe, plus discrets ou en retrait certes – même si Martin Brändström headbangue derrière son clavier – mais qui, bien campés sur leurs jambes, assurent des fondations solides sur lesquelles s’appuyer. Dans la foule, un noyau dur s’agite et pogote. « You guys are awesome ! » apprécie Mikael avant que le groupe n’entame « Zero Distance », durcissant ainsi le ton et agitant un peu plus la foule. A Paris, un slammeur apparaît que la sécurité dissuade – très gentiment – de s’aventurer trop près de la scène. Alors que l’avantage du CCO lyonnais, c’est bien son absence de pit. Du moins, un avantage pour la foule plus que pour les photographes. Ainsi les slammeurs viennent serrer les mains des musiciens. Tout comme ce jeune individu qui ne posera pas pied à terre durant près de deux minutes, finalement accueilli à bras ouverts par le chanteur. Pour sûr, ce jeune fan se souviendra de son concert.

Dark Tranquillity : performance au poil !

Le leader à la crinière rousse évoque alors une époque que les moins de 20 ans ne peuvent avoir connu, à savoir la sortie du premier album, SkyDancer, dont le vingtième anniversaire a lieu cette année. Et c’est « Bolt Of Blazing Gold » qui vient souffler les bougies. Quel son ! Dans ta face ! Et ces rythmes qui assomment !

Mariangela Demurtas, chanteuse de Tristania, rejoint les Suédois pour reprendre quelques couplets. Le grand roux et la jolie brune chantent face à face, jolie image. Beau moment et excellente initiative que ce partage d’un moment live. Et il ne s’agit que de mise en bouche puisque l’Italienne reste pour prendre la voix féminine du prochain titre « Undo Control », issu de Projector. Le public apprécie et le montre en applaudissant, en scandant d’autres « Hey, hey, hey ! » sur le passage calme et en tendant les bras. Normal d’apprécier : le moment est fort et ce genre de rencontre est tellement rare qu’elle mérite de s’y attarder un instant, pour la savourer tant qu’elle est encore là. Fermez les yeux et figurez-vous la scène. Au besoin, passez le titre chez vous. Ça y est ? Vous y êtes ? Parfait, « Monochromatic Stains » déboule et maintient la pression !

Stanne va encore et toujours au contact des fans, juché sur la crash-barrière, y restant un bon moment, tout en chantant, s’y déplaçant pour que tout le monde profite, allant même serrer les mains des plus excentrés. Quel charisme ! Le chanteur n’est évidemment pas le seul à assurer. Les autres musiciens du groupe sont aussi là qui assurent une très propre exécution des morceaux. Le frontman remercie à nouveau le public avant que « Wonders At Your Feet » ne déclenche de nouveaux applaudissements fournis. Le public exulte, Mikael jubile. Un groupe et son public chauds, connectés, c’est toujours beau à voir ! Des images de lave en fusion accompagnent « Bitter Halt ». Elles correspondent parfaitement à l’ambiance. Dark Tranquillity est plus que fédérateur, Dark Tranquillity est humain.

« We’ll go further back in time » annonce en substance le chanteur avant que le groupe joue « Silence And The Firmament Withdrew » issu de The Gallery, album sorti en 1995. Sur l’écran des images spatiales montrant la Terre, le ciel, l’univers, accompagnent ce titre. Plus proche de nous, sur Terre, au Trabendo, Mikael parait parfois habité quand il chante, comme ailleurs. Dans l’espace ? Pas si loin, car sur « Terminus », titre qui élargit le cercle des pogoteurs, il retourne au plus près des fans, sur la crash-barrière à nouveau. L’homme vit pour ce contact, sincère et heureux, cela se sent, cela se voit. « Dark Tranquillity ! Dark Tranquillity ! » entonne le public, aux anges.

Deux autres titres de « Construct », « State Of Trust » et « Endtime Hearts » s’insèrent parfaitement dans la setlist parmi les titres des différentes périodes du groupe avant un autre grand moment de ce concert : « ThereIn » claque dans le Trabendo avec ses guitares d’introduction acérées. Le public chante les « Oh ! Oh ! Oh ! » reprenant le rythme du morceau, chante les paroles du refrain tandis que sur scène, le groupe exécute le morceau avec maestria. Quel titre ! Quelle exécution ! Mikael est galvanisé par ce public incandescent.

Lorsque le concert se termine vers 22h40, même le fond de la salle est au taquet avec le groupe. Belle performance des Suédois alors qu’au départ, seul un noyau dur s’agitait dans la fosse ! Un public qui répond présent, un groupe en pleine forme, un leader charismatique, un son excellent, des morceaux imparables, des lumières qui soulignent la performance sans laisser le combo dans cette pénombre qui semble être de mise à l’heure actuelle, des moments live très forts. Que demander de plus ? De revivre ces sensations au plus vite, elles sont si rares.

En tous les cas, Dark Tranquility a fait preuve d’une grande maîtrise ce soir et a montré que la maison suédoise était loin d’être en construction mais plutôt bien bâtie avec des fondations plus que solides. Espérons qu’elles dureront encore longtemps !

Setlist de Dark Tranquility :

The Science Of Noise
White Noise
What Only You Know
Fatalist
The Silence In Between
Zero Distance
Bolt of Blazing Gold
Undo Control
Monochromatic Stains
Wonders at your feet
Bitter Halt
Silence and The Firmament Withdrew’
Terminus
State Of Trust
Endtime Hearts
ThereIn
Final Resistance
Miserys Crown

Photos : Lost
Report Darkness Dynamite et autres anecdotes lyonnaises : Alastor

A voir également :

Galerie photos du set de Tristania à Paris.
Galerie photos du concert de Dark Tranquillity à Paris.



Laisser un commentaire

  • « en suédois, « charisme » se dit « Mikael Stanne » »

    Toutafé.
    Enorme concert d’un groupe énorme, sincère et proche de son public. On en redemande!

    [Reply]

  • C’était moi, le jeune fan qui n’a pas posé le pied à terre pendant deux minutes et qui a été accueilli à bras ouverts par le chanteur !
    Et effectivement je vais m’en souvenir longtemps de ce concert !

    Stay metal, stay brutal !\m/

    [Reply]

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