ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview    Titre À Titre   

David Coverdale présente Flesh & Blood


A plus de quarante ans, le grand serpent blanc n’a pas dit son dernier mot. Soutenu par une fine équipe – Reb Beach et Joel Hoekstra aux guitares, Michael Devin à la basse, Michele Luppi aux claviers et le vétéran Tommy Aldridge à la batterie –, David Coverdale tient la forme et nous revient aujourd’hui en chair et en os – ou plutôt en chair et en sang – avec Flesh & Blood. Un treizième album hard, bluesy, soul, et même parfois folk ou épique. Le cœur souvent romantique, quelques fois élégamment lubrique. Mais le rock toujours dans la peau.

On vous en a parlé avec la chronique de l’album, on l’a questionné lors d’un entretien. Désormais David Coverdale vous propose son titre à titre de chaque chanson, avec au programme commentaires, détails de conception, anecdotes, etc. De quoi en savoir plus et mettre en perspective les chansons pendant qu’elles vous font vibrer les tympans…

Good To See You Again :

« C’est bon de vous revoir ! Ceci est le genre de chanson avec lequel nous aimons ouvrir un concert de Whitesnake. C’est absolument génial de voir le public et entendre son rugissement quand il nous accueille. « Good evening all you kings and queens, it’s good to see you again… Oh, my, my, you look so fly, you all look as guilty as sin. » Ça fait totalement référence au public de Whitesnake. « Good to see you, good to see you again. » Oui, c’est une chanson qui envoie, une façon de dire : « Are you ready to rock ? » Le groupe joue super bien. Pour être honnête, le groupe joue super bien sur tout l’album. C’est un groupe de mecs qui est d’un grand soutien et une vraie inspiration et motivation. Très inspirant. »

Gonna Be Alright :

« Ah, « Gonna Be Alright ». C’était tellement inspirant pour moi de travailler avec Jimmy Page à l’époque et je savoure et chéris cette période précieuse et créative que nous avons passée à travailler ensemble. Un vrai héros musical, pour moi, évidemment. Bref, nous nous sommes réunis pour faire un album qui s’appelle Coverdale Page, et une fois que nous avons commencé à écrire, c’était comme ouvrir les vannes créatives. A l’époque, il avait quelqu’un qui le conseillait. Je me souviens avoir dit : « Mec, on a suffisamment de matière pour faire un autre album, pourquoi ne pas rester ici un mois de plus ? Ce n’est pas comme si nous ne pouvions pas nous le permettre… » Et cet associé lui disait : « Oh, non, non, non. On n’a pas signé pour un autre album. Tu n’as pas envie de faire ça ! » Or moi, je voyais ça sous un angle artistique. J’avais tout un tas d’idées à présenter à Jimmy, mais puisque ce gars a tranché la question, j’ai fini par enregistrer ces idées plus tard sur des albums de Whitesnake. « Take Me Back Again » et « Woman Trouble Blues », je les ai mises sur un album appelé Restless Heart. J’ai fini de les écrire avec Adrian Vandenberg. Ce n’était que des idées originales pour un second album de Coverdale Page. L’un de mes riffs préférés datant de cette époque est le riff de « Gonna Be Alright ». Ça a été écrit en ayant Pagey à l’esprit, mais mes gars l’exécutent parfaitement, je dois dire. Je suis vraiment très content que nous ayons trouvé une place pour cette chanson. C’était une de ces chansons que je ne pouvais pas finir sans me poser avec Joel Hoekstra. Je l’ai jouée à Joel et il est tout de suite parti dans un enchaînement qui déchire. J’ai dit : « Vendu ! » Donc, oui, « Gonna Be Alirght » sera super en live. »

Shut Up & Kiss Me :

« C’est du « light » snake. Il y a une énergie vraiment sombre dans le monde en ce moment, donc nous nous sommes dit que nous allions écrire et enregistrer une chanson amusante pour faire la fête, qui parle de tomber amoureux d’une fabuleuse bombe, tu n’arrêtes pas de blablater, tu surcompenses et elle te regarde, prend les devants et dit : « Ferme-la et embrasse-moi ! » C’est tout ! Reb [Beach] et moi avons écrit la chanson. Mon réalisateur et partenaire créatif Tyler Bourns et moi avons discuté d’un super scénario pour le clip, qui implique une invitée surprise… ma merveilleuse vieille Jaguar blanche. Nous nous sommes retrouvés à l’inspecter et la nettoyer, vu qu’elle était en stockage depuis que j’ai déménagé à Lake Tahoe. Ensuite, nous avons dépoussiéré ma vieille veste turquoise en soie qu’on voyait dans le clip de « Here I Go Again ». Je me disais : « Bon sang, ça va être marrant ! » C’est un signe de reconnaissance respectueux et un clin d’œil positif envers le passé. C’est amusant. Personne n’est écarté ou remis en cause de quelque façon que ce soit. C’est juste un clip marrant où le groupe joue avec un tas de nos amis qui font la fête au studio. Si vous vous souvenez, le dernier clip promotionnel que nous avons fait était pour « Burn » de The Purple Album. Après le côté sombre, intense et moderne de « Burn », revenir avec « Shut Up & Kiss Me », ça montre la profondeur et l’étendue, la largeur et la hauteur dont Whitesnake est capable, où ce groupe peut aller tout en restant du Whitesnake légitime. Ce n’est absolument pas cucul la praline. C’est impossible pour ces gars, ce sont des musiciens bien trop musclés et sexy. »

Hey You (You Make Me Rock) :

« Je suis content de pouvoir dire que cet album contient un tas de chansons que je considère comme des hymnes de Whitesnake. Parfait pour la « Chorale de Whitesnake ». Facile à mémoriser pour impliquer de grandes foules, et c’est en grande partie ce que nous adorons, le fait de jouer avec la « Chorale de Whitesnake ». Je pense que ce morceau va cartonner. C’est une super chanson faite pour impliquer le public et qui parle d’une femme, magnifique et dangereuse, évidemment, car c’est le meilleur type de femme qui soit. »

Always & Forever :

« J’adore « Always & Forever », c’est une chanson assez nouvelle. Elle a une proche parenté avec une chanson de l’album Forevermore, une de mes chansons préférées de Whitesnake qui s’appelle « Love Will Set You Free ». Cette chanson résulte d’une méditation, à un moment où je ressentais de l’appréciation et de la reconnaissance pour tout l’amour qui entoure ma vie. Je médite tous les jours, donc c’est un moment extraordinaire pour recevoir ou canaliser des messages, et je suis sur un petit nuage, « oh, merci, merci, je prends ». Il y avait cette petite idée dans l’air et ensuite j’ai commencé à travailler dessus. Ce sont des accords traditionnels, mais c’est une authentique chanson d’amour. Je ressens chaque mot, chaque nuance. Je crois vraiment que ce sera l’une de ces chansons d’amour classiques dans la veine de « Deeper The Love », avec le côté Motown que Whitesnake adopte. J’en suis très content. C’est tellement bizarre pour moi, je vois les chansons comme un peintre voit une toile. Donc quand j’ai des tableaux à moitié terminés, il n’y a rien à regarder, il n’y a rien à montrer à qui que ce soit, mais une fois que les gars arrivent et commencent à apporter leurs couleurs, des couleurs musicales magnifiques et vives, qui sont évidemment leur propre voix, au lieu que je sois là à chanter seul, tout d’un coup, toutes ces magnifiques harmoniques se greffent sur une grosse chanson rock bien puissante. C’est la cerise sur le gâteau, vraiment. Les garçons et les filles, je pense que vous allez l’aimer, « Always & Forever ». »

When I Think Of You (Color Me Blue) :

« C’est un peu une chanson d’amour triste. C’est le fait que quelqu’un nous manque énormément, l’amour séparé par de longues distances… A l’origine, la mélodie était fournie par la basse, qui est un de mes instruments préférés. Nous avons essayé d’hybrider une fretless et la Rickenbacker de Michael [Devin], je crois. Mais c’est une belle mélodie, sensible, si je puis dire, mais nous avons fini par ajouter une envolée de guitare sur le riff de basse et ça fonctionne merveilleusement bien. Evidemment, j’écris des chansons sur mes expériences personnelles, mais elles sont loin d’être uniques et je pense que c’est l’une des forces de Whitesnake. La plupart des gens peuvent s’identifier à l’amour, à l’amour perdu, à la recherche d’une direction, et – oh mon Dieu ! – aux chansons du style « comme j’ai une grosse quéquette ! »… Vous voyez ce que je veux dire, les trucs coquins. »

Trouble Is Your Middle Name :

« Ouais, c’est l’une de ces « relations », on en a tous connu. Vous savez, le genre de relation vraiment éprouvant, mais on ne peut pas résister, c’est trop magnétique, trop irrésistible. C’est l’attirance magnétique du trou noir… Sans sous-entendu sexuel, désolé ! Mais c’est cette envie irrépressible, alors que mon Dieu, je sais qu’il ne faut pas ! C’est comme le thème de « Love Ain’t No Stranger », c’est du même type. Je ne devrais pas faire ça, mais bordel, c’est trop bon pour résister, et « problème » est vraiment le deuxième prénom de cette femme. »

Flesh & Blood :

« C’est une vieille chanson à moi. Elle date des sessions d’Into The Light et nous n’avons jamais eu le temps de la finir. C’est vraiment une chanson rock n’ roll écrasante et costaude. Je l’ai jouée aux gars et j’ai demandé : « Qu’est-ce que vous en pensez ? » Elle leur a donné une érection collective, donc nous l’avons mise en place et martelée comme des forcenés. C’est une chanson solide. Très virile. »

Well I Never :

« C’est une cousine directe de « Slow & Easy », une grosse chanson du Snake. Une grosse accroche, une énorme batterie qui martèle et tout plein de bonnes choses. C’est la célébration d’une femme sacrément canon et extraordinaire. Je crois que c’est la chanson préférée de Tommy [Aldridge] sur l’album. »

Heart Of Stone :

« « Heart Of Stone » est une histoire très sombre sur un homme cherchant la femme qui lui a brisé le cœur. Je veux dire qu’elle lui a vraiment brisé le cœur, si bien qu’il veut « graver son nom dans son cœur de pierre ». Elle a dû lui faire quelque chose de vraiment moche. C’est une autre chanson que j’ai fait infuser pendant un petit moment, et je suis fou de joie que les gars l’apprécient. Il faut que je salue Reb Beach et Joel Hoekstra pour avoir apporté des idées vraiment électriques qui ont créé l’étincelle chez moi quand nous avons connecté les câbles. Très content. C’est une bonne chanson mais, que Dieu ait pitié de nous, elle est très sombre. Les garçons et filles, « la nuit est sombre et pleine de terreur… » »

Get Up :

« « Get Up » est un morceau plein gaz, à fond la caisse. Nous avons deux super morceaux qui foncent à toute berzingue dans l’album. « Shut Up & Kiss Me », qui a ce côté à la « Kitten Got Claws » – amende pour excès de vitesse garantie. Mais aussi « Get Up » qui appuie encore plus sur le champignon. Encore une super chanson pour ouvrir les concerts. Quand on est sur scène, on a une vision limitée à cause des lumières sur notre visage, mais de temps à autre, on voit quelqu’un et on se dit : « Oh mon Dieu, quelle beauté renversante », ou peu importe. Donc cette chanson parle simplement de montrer quelqu’un du doigt et dire : « Lève-toi ! » « I wanna see you get down. Your bad girl reputation is the talk of the town. So let’s spend the night together baby, you and me. We’ll set the night on fire, just you wait and see, get up! » Ouais, c’est assez cool. A fond les ballons, chéries. Je ne serai pas responsable des amendes pour excès de vitesse. »

After All :

« « After All » est une magnifique ballade. C’est une honnête chanson d’amour. Comme on en a discuté auparavant, toutes mes chansons sont des chansons d’amour, d’une manière ou d’une autre. J’avais l’idée de base depuis de nombreuses années, mais je n’arrivais pas à trouver les pièces manquantes pour l’assembler, et comme vous le savez, Joel Hoekstra est un musicien classique et un guitariste acoustique incroyablement doué, et il venait pour travailler avec moi sur l’idée d’un album best of orchestral et acoustique. Donc nous travaillions sur « Is This Love » et tous les grands tubes, mais nous avons fini – comme c’est généralement le cas avec deux musiciens complémentaires – par avoir une conversation musicale, en nous jouant mutuellement de petites idées. Je lui ai donc joué cette idée et je lui ai demandé s’il avait lui-même des idées pour cette chanson, et il a tout de suite trouvé ce magnifique pont musical, qui était absolument parfait, et nous nous sommes dit que nous allions l’inclure dans l’album acoustique, mais le résultat était tellement beau… C’était impossible de ne pas en faire un morceau pour le nouvel album studio. C’était aussi un énorme aperçu d’une possible nouvelle facette de Whitesnake, pouvant mener à de très belles chansons acoustiques. Je veux dire, qui n’aime pas une bonne chanson d’amour signée Whitesnake ? Je suis très fier de ce que Joel a apporté à la chanson, vraiment. Nous nous entendons vraiment bien, à l’instar de l’ensemble du groupe, et cette chanson s’est faite très naturellement. C’est une de mes préférées dans l’album Flesh & Blood. »

Sands Of Time :

« Oh, vous avez encore quelques jours ? « Sands Of Time » est une chanson très inhabituelle pour nous. Reb m’a apporté la musique et je savais qu’il pouvait aller encore plus loin sur la base de cette idée. Il arrive que je n’accepte rien que quelques accords comme base de travail, mais pour celle-ci, je n’ai pas arrêté de la renvoyer en disant : « Non, non, non, non, tu peux faire mieux que telle ou telle partie. » Je l’ai rendu légèrement dingue, mais au final, il a créé un morceau de musique exquis, qui bien évidemment m’a énormément inspiré pour écrire l’un de mes textes les plus poétiques – au lieu des trucs du style « Lie Down (I Think I Love You) » ou « Slide It In Right To The Top » –, en approfondissant ma plume romantique. C’est donc un thème intéressant. Ce sont des amants maudits, des âmes sœurs. Je crois totalement aux vies passées et aux âmes éternelles. Donc ce couple, cet homme et cette femme sont nés en même temps, mais ailleurs dans cette vie. Les paroles c’est : « On est dans le même espace-temps, mais ailleurs, tendant la main pour essayer de se toucher à travers le temps et l’espace. » J’ai cette image de leurs mains seulement qui se touchent parce qu’ils ne sont pas censés être ensemble dans cette vie, et leurs mains se transforment en sable qui est balayé par le vent. Ils ne sont pas censés se voir dans cette vie ou être ensemble. Leur mission est totalement différente, ils sont avec d’autres partenaires… Mais la connexion entre leurs âmes est si immense qu’elle traverse le temps et l’espace, créant des complications avec tous les autres éléments qui vont à l’encontre de ça, qui essayent de les empêcher d’être ensemble. C’est fascinant, je trouve, de regarder ça sous une perspective totalement différente. J’ai énormément apprécié écrire cette chanson. Elle est très spéciale. »

Can’t Do Right For Doing Wrong :

« C’est typiquement une chanson d’homme, abordée sous la perspective d’un homme. J’avais vécu des malentendus déplaisants, des malentendus personnels, et Reb avait trouvé ce magnifique groove qui m’a énormément parlé. Nous avons aussi travaillé sur d’autres passages ensemble, le refrain et le grand pont, mais c’était le groove du couplet qui m’était irrésistible, ce côté lent et sombre, presque comme la BO d’un sombre film en noir et blanc. Tu marches dans une rue déserte, sous les lampadaires, il pleut, ton col retourné, t’apitoyant sur ton sort, comme les mecs font… « C’est quoi ce bordel ? Tout ce que je fais va de travers ! » C’est exactement ça. C’est une douce histoire à laquelle, je pense, beaucoup de gens pourront s’identifier, pas seulement des mecs, évidemment. Reb joue un magnifique blues, très touchant. Cette chanson nous a beaucoup émus tous les deux. »

If I Can’t Have You :

« C’est un mid-tempo qui déchire. Une chanson de DC et Joel. Elle possède plein d’éléments musicaux, en fait. Je suis le prince des gémissements dans cette chanson, dès le départ. Encore une fois, c’est une magnifique chanson qui met en valeur les harmonies, la qualité des voix que nous avons aujourd’hui dans Whitesnake avec Reb, Michael et Michele [Luppi], qui est d’ailleurs coach vocal et professeur de musique. Michele a apporté une énergie très belle et légère, mais aussi une profondeur musicale. Il est vraiment le bienvenu dans le groupe. Il apporte son orchestre et son chœur, embelli par les couches stupéfiantes de musicalité de Joel. Donc, nous avons ce groove à la Zeppelin vraiment sexy, et puis tout d’un coup, les Beatles débarquent. Le soleil apparaît de derrière les nuages et il y a une magnifique harmonie. C’est une chanson très intéressante. En fait, comme un ami à Londres a dit quand il a écouté l’album : « Que des tueries, pas de remplissage. » Sans modestie, je ne peux qu’être d’accord. »

Album Flesh & Blood, sortie le 10 mai 2019 via Frontiers Music Srl. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Ghost @ Paris
    Slider
  • 1/3