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Interview   

De Firewind à Ozzy, Gus G passe à l’interrogatoire


Ozzy a toujours eu une relation particulière avec ses guitaristes. La dévotion profonde que ces derniers lui vouent est stupéfiante. « Aussi longtemps qu’il aura besoin de moi, je serai là ! » nous affirme Gus G qui vient pourtant à peine de rejoindre les rangs du prince des ténèbres. Zakk Wylde, lui même, n’avait de cesse de répéter cette phrase comme un soldat à l’égard de son général. Peut-être est-ce la liasse de billets qui accompagne le job qui veut ça ou bien l’aura de légende vivante (enfin, on se comprend) qu’Ozzy dégage. Peut-être un peu des deux.

Ce qui est sûr, c’est que la place de Gus G au sein du groupe du madman a l’effet d’une bombe dans sa carrière, à l’instar, à une moindre échelle, de son compère Apollo au sein de Spiritual Beggars (« c’est un moyen pour lui de se faire connaître davantage »). Et ça, il en a pleinement conscience : « la preuve tu es bien en train de m’interviewer ! » nous rétorque t-il. De là à dire que son choix est plus stratégique qu’artistique, il n’y a qu’un pas que nous vous laissons le soin de franchir, ou pas, à l’issue de cette lecture.

Toujours est-il que Gugus nous a passé un petit coup de téléphone pour nous parler de son nouveau poste à haute responsabilité – pas sans une once de mauvaise foi face à des questions, certes, rentre dedans – mais aussi de son bébé, Firewind, et son nouvel et déjà sixième album Days Of Defiance.

Soldat, la parole est à vous !

« Je crois que c’est une bonne chose que nous soyons toujours en train de nous développer, nous ne sommes pas l’un de ces groupes qui est devenu célèbre dès son premier ou troisième album. […] Une fois que tu es au sommet, tu n’as plus qu’une seule voie à emprunter et elle t’entraîne vers le bas. »

Radio Metal : Tu étais hier à Paris en concert aux côtés d’Ozzy Osbourne. Comment s’est passé le show ?

Gus G (guitare) : C’était super, vraiment génial, le public était fantastique !

Une rumeur disait qu’Ozzy se serait brûlé en s’endormant dans une cabine de bronzage peu de temps avant ce concert. Cela a t-il eu un impact sur le show ou n’était-ce rien de sérieux ?

Je ne sais pas où tu as lu ça mais c’était un mensonge. Ozzy a des problèmes de dos. Je crois que ça remonte au temps où il a eu un accident de vélo. Il souffrait énormément du dos et ça le lançait également dans les côtes. Sa fille lui a dit de rentrer à la maison prendre quelques jours de repos et c’est ce qu’il a fait. Aujourd’hui il est de retour et en pleine forme.

Le nouvel album de Firewind est intitulé Days Of Defiance. Crois-tu que le monde actuel est un combat de chaque instant ?

Tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Les parents ont l’habitude de dire aux enfants d’aller à l’université, d’obtenir un putain de diplôme et de trouver du travail comme ça ils seront en sécurité. Mais ça veut dire quoi être en sécurité ? Toutes les grosses entreprises font faillite, il n’y a plus de travail. La récession se poursuit, tu ne peux plus rien prévoir, ça se résume à de la simple survie.

Bien que l’album se rapproche d’un style un peu plus sombre et heavy, comme on peut l’entendre sur des titres comme « The Ark Of Lies » ou « World On Fire », il sonne également un peu plus brut, moins propre. Qu’est-ce qui vous a poussé dans cette voie ?

On a eu une discussion avec Nino Laurenne des studios Sonic Pump. Il nous a dit qu’aujourd’hui tout le monde faisait la même chose et surtout dans les groupes de power metal ou de metal mélodique. Tout le monde a le même son, tout est trop compressé. Au moment de mixer l’album, on s’est dit que ça serait mieux de faire quelque chose de plus brut, mixer l’album analogue et obtenir un son plus tranchant. Pour moi il avait raison, on ne devrait pas ressembler à n’importe quel autre groupe. Cependant, c’est ce qui nous est arrivé sur notre dernier album : c’était trop propre, il y avait trop de compressions, on a perdu beaucoup au mixage, notamment sur les parties de batterie. Nous n’étions pas vraiment satisfaits. On avait besoin cette fois d’une production plus neutre avec des titres plus dynamiques et naturels.

Au sujet de la composition de cet album qu’est-ce qui a entraîné le côté plus heavy et sombre de votre musique ?

Je ne sais pas ! J’imagine que j’étais juste un peu plus énervé. Par conséquent j’ai écrit des riffs et des titres tout aussi énervés. Je ne voulais pas non plus effacer le côté très heavy de nos albums précédents. Je souhaitais avoir de nouveau quelques titres de cette trempe comme « Worlds On Fire » et « The Ark Of Lies », c’est surement de là que ça vient.

Néanmoins l’album contient encore des moments plus légers et toniques comme sur les titres « Embrace The Sun » ou « Heading For The Dawn ». On remarque une véritable volonté d’évoluer sur cet opus mais on a encore l’impression que vous ne vouliez pas non plus trop vous éloigner des attentes du public sur Firewind. C’est comme si vous aviez été obligés de vous freiner. Pourquoi n’avez vous pas tenté une évolution plus directe comparée à cette évolution beaucoup plus progressive ?

Je veux vraiment que l’album sonne comme Firewind. C’est ce que nous faisons, c’est le son que les gens connaissent. J’avais envie de rassembler tous les éléments des albums précédents dans un seul pour vraiment solidifier et établir un son et un style propre à Firewind. Nous ne faisons pas partie de ces groupes qui vont expérimenter ou sortir un album complètement différent. On laisse ça à des formations comme Opeth, nous n’appartenons pas à cette catégorie. Nous sommes un groupe de metal, c’est donc ce que nous jouons.

Il y a une partie dans le titre « Embrace The Sun », juste après le refrain, qui me fait vraiment penser au Fantôme de l’Opéra par Andrew Lloyd Weber. Était-ce fait exprès ou est ce juste une coïncidence ?

Oui c’est un peu voulu, nous voulions faire ressortir ce côté un peu opéra.

Es-tu fan de cette pièce de musique ?

Oui, je l’aime bien, c’est très bon !

Vous avez auto-produit Days Of Defiance. Qu’est-ce qui vous a poussé cette fois à ne pas avoir recours à un producteur externe ? Crois-tu que vous avez acquis assez d’expérience pour gérer vous-mêmes chaque aspect de votre musique ?

Nous ne voulions simplement pas être stressés en studio. Par le passé, nous avons travaillé avec des studios de marque et on était tout le temps en train de ce dire « et merde plus que deux jours pour les voix, plus qu’un jour pour les guitares et blablablabla ». On voulait être dans notre propre studio sans tenir compte du temps. Ça serait fini quand ça serait fini. Cela a réellement permis à chaque membre du groupe d’offrir de grandes prestations pour cet album.

Firewind en est à son sixième opus mais de nombreux fans de heavy metal continuent de vous voir comme un nouveau groupe. Crois-tu que Firewind s’est développé trop vite pour le public ?

Je crois que c’est une bonne chose que nous soyons toujours en train de nous développer, nous ne sommes pas l’un de ces groupes qui est devenu célèbre dès son premier ou troisième album. Nous avons évolué progressivement mais nous continuons à nous améliorer. Chaque nouvel album nous semble plus important. C’est ce que j’apprécie car cela nous laisse de la place pour être au top et on a encore pas mal de route à faire. Cela permet de garder les choses intéressantes. Une fois que tu es au sommet, tu n’as plus qu’une seule voie à emprunter et elle t’entraîne vers le bas. Je crois que nous sommes heureux de nous savoir encore sur une voie montante.

« J’ai dit à Apollo que c’était vraiment une super opportunité pour lui et je suis content qu’il l’ait fait car Spiritual Beggars est un super groupe ! Ils jouent du hard rock dans un style très années soixante-dix vraiment agréable. Et c’est aussi bon pour Apollo car c’est un moyen pour lui de se faire connaître davantage. »

Firewind a un nouveau batteur appelé Michael Ehré. Que s’est il passé avec Mark Cross ?

Rien, l’heure était simplement venue d’avancer avec quelqu’un d’autre. Mark avait une vision différente du groupe et mes idées s’opposaient aux siennes. Il n’était pas satisfait du chemin que le groupe prenait. J’ai cru qu’il était donc préférable de passer à autre chose.

Nous ne savons pas grand chose de Michael. Comment l’avez vous rencontré et qu’est-ce qui vous a convaincu que c’était lui l’homme de la situation ?

Michael joue avec Uli John Roth et Uli Roth est une source d’inspiration pour moi. Il y a deux ou trois ans j’ai fait un bœuf avec Uli Roth au cours d’un festival de musique à Francfort… Michael était à la batterie et j’ai trouvé qu’il avait beaucoup de talent. Lorsqu’il fut question de trouver un remplaçant j’ai tout de suite pensé à Michael et c’est comme ça que nous sommes entrés en contact. Je lui ai demandé s’il était intéressé et c’était le cas.

Au cours des années, Firewind a eu beaucoup de changements de line-up. Crois-tu que malgré tout le groupe parvient à se stabiliser ?

Oui, nous avons le même line-up depuis 5 ans, bien sûr nous venons de changer de batteur mais les quatre autres membres sont restés les mêmes et ce depuis l’album Allegiance. Parfois ces changements de membres sont inévitables. Cependant, j’ai toujours pensé que c’était pour le mieux car chaque nouveau musicien apporte sa propre contribution et son propre style. C’est stimulant d’avoir du sang neuf dans un groupe..

Tu as remplacé Zakk Wylde dans le groupe d’Ozzy Osbourne, Apollo a remplacé JB au sein de Spiritual Beggars, je crois que maintenant on peut s’attendre à ce que Michael remplace Mike Portnoy chez Dream Theater…

Qui sait ? (rires) C’est une question amusante. Sachant que j’allais être occupé avec Ozzy l’année dernière, j’ai dit au groupe: « je serai en tournée avec Ozzy pour un an, vous allez avoir pas mal de temps libre alors n’hésitez pas à vous lancer dans n’importe quel autre projet. Et, quand le moment sera venu, je vous rappellerai et on reprendra la route avec Firewind. » C’est ce qui s’est passé pour Apollo, il a eu une proposition de Spiritual Beggars. Ce groupe ne sort pas des albums très souvent, c’était le premier en cinq ans. J’ai dit à Apollo que c’était vraiment une super opportunité pour lui et je suis content qu’il l’ait fait car Spiritual Beggars est un super groupe ! Ils jouent du hard rock dans un style très années soixante-dix vraiment agréable. Et c’est aussi bon pour Apollo car c’est un moyen pour lui de se faire connaître davantage.

N’as-tu pas peur que les activités respectives de ces trois groupes (Spiritual Beggars, Ozzy Osbourne et Firewind) finissent par se nuire ? Ne crains-tu pas qu’au final Firewind sera le groupe à souffrir le plus de cette situation ?

Je ne crois pas.

Apollo habite en Suède, tu vis actuellement entre Los Angeles et Thessaloniki, votre nouveau batteur est Allemand. Comment parvenez vous à vous retrouver pour travailler ensemble ?

Ça a vraiment l’air de te préoccuper. Mais l’essentiel à retenir c’est que nous y arrivons. Notre nouvel album vient de sortir, et nous allons partir en tournée ça n’a donc pas d’importance de savoir où je vis ou où vit qui que ce soit d’autre ou si les autres membres jouent dans un million de groupes différents du moment que nous avons Firewind et que nous pouvons jouer, c’est vraiment l’essentiel et c’est ce à quoi il faut prêter attention.

Tu es le nouveau guitariste du groupe d’Ozzy Osbourne, tu suis les traces de légendes comme Randy Rhoads, Jake E. Lee et Zakk Wylde. Ressens-tu une certaine pression des fans ou de toi -même ?

Il y a toujours beaucoup de pression dans le monde du show business et surtout quand tu joues pour une pointure comme Ozzy Osbourne, mais je crois que je ne m’en suis pas trop mal sorti jusqu’à maintenant. Les réactions des fans ont été très positives, ils m’ont bien accueilli et accepté le changement. Les chroniques à travers le monde ont été incroyables. Le groupe est vraiment très bon et nous donnons chaque soir le meilleur de nous-mêmes. Ozzy en est très content. On reçoit de super chroniques de partout comme du New York Times mais aussi des plus grandes presses de la scène metal ou autre. Nous faisons très bien notre travail et cela se perçoit à l’extérieur.

As-tu remarqué une hausse de l’intérêt porté à Firewind depuis que tu as rejoins Ozzy Osbourne ?

Oui bien sûr, la preuve tu es bien en train de m’interviewer ! (rires)

« J’ai fait de mon mieux étant donné la situation qu’il m’était donné de gérer. Je n’ai pas composé la moindre de ces chansons. J’ai dû m’adapter à quelque chose qui était déjà terminé. J’ai simplement fait ce que j’avais à faire, c’est à dire intégrer autant que possible mon jeu mais sur les compositions de quelqu’un d’autre. Je ne suis pas responsable si les riffs sonnent comme ceux de Zakk car ça n’est pas moi qui les ai créés. »

Ton intégration dans le groupe d’Ozzy Osbourne a fait débuter une sorte de querelle entre Ozzy et Zakk Wylde. Zakk a été assez virulent dans ses propos bien qu’il se soit calmé, il continuait à plaisanter cet été en disant qu’il venait d’apprendre que tu prenais sa place comme leader de Black Label Society. Comment t’es tu sentis vis-à-vis de cela ? Comment as-tu vécu ce petit accrochage étant donné que tu en était indirectement la cause ?

Ce ne sont pas vraiment mes affaires, c’est entre Ozzy et Zakk, cela n’a rien à voir avec moi. Si je n’avais pas été choisi, cela aurait été quelqu’un d’autre. Je n’ai rien à voir avec ça, je n’ai rien fait à Zakk. On m’a simplement téléphoné pour faire un concert et j’ai accepté.

Mais ça a dû être une situation assez délicate pour toi ?

C’était le cas au début car je suis aussi un grand fan de Zakk Wylde. Mais visiblement il a été très sympa à mon égard, il a dit des trucs supers dans la presse. Il a vraiment été compréhensif et ça c’est génial.

Quand on écoute Scream, on a du mal à reconnaître ton son de guitare voire  ton style. Comparé à Firewind, ton jeu est beaucoup plus heavy et gras. Mis à part les solos, cela ressemble vraiment à ce que Zakk Wylde nous avait habitués. As-tu été contraint de respecter certaines conditions ? As-tu l’impression que ton style de jeu habituel a été quelque peu écarté ?

Non je crois que j’ai fait de mon mieux étant donné la situation qu’il m’était donné de gérer. Je n’ai pas composé la moindre de ces chansons. J’ai dû m’adapter à quelque chose qui était déjà terminé. J’ai simplement fait ce que j’avais à faire, c’est à dire intégrer autant que possible mon jeu mais sur les compositions de quelqu’un d’autre. Je ne suis pas responsable si les riffs sonnent comme ceux de Zakk car ça n’est pas moi qui les ai créés.

Qui les a créés ?

C’est le producteur Kevin Churko.

Ozzy a déclaré qu’il voulait changer de guitariste car ses titres sonnaient de plus en plus comme Black Label Society. N’est-ce pas un peu ironique qu’au final les parties de guitares soient très similaires à celles de Zakk ? De ce point de vue -là, n’aurait-il pas été plus raisonnable de te laisser réécrire certains de ces riffs ?

Je crois que c’est à Ozzy de décider ce qui est raisonnable ou non, ce n’est pas à moi ou toi ou n’importe qui d’autre d’en juger. Je pense qu’il sait parfaitement ce qu’il aime car c’est lui le patron. En revanche, je ne suis pas du tout d’accord avec toi quand tu dis que les parties de guitares sonnent comme du Zakk Wylde. Je trouve que c’est complètement différent de ce qu’il fait. Peut-être que tu devrais écouter Black Label Society (ndr : merci pour le tuyau !) pour mieux te rendre compte de la différence entre les deux. Mais c’est comme ça, Ozzy a fait ce choix -là et cela me convenait car pour moi c’était génial de se retrouver dans cette aventure, il n y a rien de plus à ajouter.

Penses-tu que tu auras la possibilité d’apporter un peu de ta propre créativité sur les prochains albums d’Ozzy ?

Nous verrons quand nous en serons arrivés là.

Mais aimerais-tu ajouter plus de ta propre créativité ?

J’adorerais mais on a encore pas mal de pain sur la planche… On doit assurer une tournée mondiale, donc on verra bien le moment venu ce qui se passera avec le prochain album.

Comment réagirais-tu s’il te disait que tu ne peux rien faire de plus ?

Je ne sais pas ce qui va se passer d’ici un an ou un an et demi, peut-être que j’aurais envie de m’investir plus, peut-être que non. Cela n’a aucun sens d’établir des pronostics dès maintenant, ça ne mène à rien et je ne pense pas que cela intéresse qui que ce soit.

Crois tu que c’est le début d’une longue collaboration similaire à celle entretenue avec Zakk Wylde ?

Bien sûr, je le crois! Aussi longtemps qu’il aura besoin de moi, je serai là !

Interview réalisée par phoner en septembre 2010.
MySpace Firewind : http://www.myspace.com/firewind
MySpace Ozzy Osbourne : http://www.myspace.com/ozzyosbourne



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