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Interview   

Dead Tree Seeds, sans se poser de questions


Dead Tree Seeds est un groupe revendiquant pleinement ses influences heavy/thrash metal des années 80. Son nouvel album Push The button l’illustre à travers son imagerie, son discours très direct à l’encontre des puissants, sa manière de faire des riffs et de leur donner une dimension grandiloquente. Plus généralement, Dead Tree Seeds ne se pose pas cinquante questions quant à sa manière de faire de la musique.

Un état d’esprit très spontané couplé d’une modestie grâce auxquels le groupe a pu surmonter l’épreuve de la crise sanitaire, mais aussi de nombreux changements de line-up qui ont rendu interminable la finalisation de ce disque et qui en auraient découragé plus d’un. Le principal étant que celui-ci ait enfin vu le jour, alors que le groupe est déjà en train de préparer un nouvel EP et un nouvel album !

« Sur la pochette, on voit un personnage sur un trône avec un bouton dans la main. Ça représente les gouvernements qui peuvent à tout moment tout faire péter sur la planète avec le bouton nucléaire, d’où les enfants avec des masques à gaz qui jouent au milieu de cadavres et de ruines. Le personnage dans l’ombre derrière le trône représente les lobbies et les banques qui manipulent les gouvernements. »

Radio Metal : Dead Tree Seeds est un projet né des cendres d’un ancien projet thrash qui s’appelle Triakanthos. Même des années plus tard, ressens-tu une forme de continuité ou est-ce vraiment de l’histoire ancienne ?

Alex Prudent (batterie) : Oui, nous nous en sommes éloignés, mais nous avons quand même gardé quelques morceaux qui sont sur le premier album. Humainement, avec les membres, nous ne nous voyons plus puisque nous avons tous pris des directions différentes. Ce qui perdure, ce sont vraiment les quelques morceaux que nous jouons encore.

Vous avez commencé le processus d’écriture en 2015 et vous avez eu assez rapidement vos dix morceaux, mais il y a eu tout un tas de choses qui se sont passées, notamment pas mal de changements de line-up. Peux-tu nous raconter un peu toute cette période-là ?

Ce n’est pas la période la plus joyeuse ! Quand Aurélien est arrivé dans le groupe, il avait pas mal d’idées, il est arrivé avec des compositions, donc le processus a été assez rapide. Ensuite, notre ancien chanteur est parti habiter à Berlin, donc nous ne pouvions plus continuer de répéter avec lui, Nico a fait des choix de vie personnels, donc nous n’avons pas pu rester avec lui non plus, et l’ancien bassiste a décidé d’arrêter le groupe pour se consacrer à un autre projet. Si tu veux, le temps passé à chercher de nouveaux musiciens et un line-up stable a été plutôt long. Après, ça n’a pas vraiment affecté l’écriture de l’album, puisque c’est Aurélien qui a tout composé et comme il est encore dans le groupe, nous n’avons pas changé grand-chose. En fait, les nouveaux arrivants ont été auditionnés sur quelques anciens morceaux, mais aussi sur des nouveaux qu’Aurélien a composés, donc ils savaient à quoi s’attendre quand ils sont arrivés.

Est-ce que tout ce temps-là, pendant lequel vous n’avez pas pu sortir l’album, vous a permis de le peaufiner ?

Nous n’y avons pas touché. Ce temps, nous nous en sommes servis pour commencer à composer le troisième album.

Est-ce que ce temps écoulé entre l’écriture et la sortie n’a pas généré un peu de lassitude ou de frustration par rapport à cet album ?

Si, carrément. Nous faisions quelques concerts comme nous pouvions suivant le line-up, nous jouions toujours les mêmes morceaux, sur scène, en répét, en audition aussi. Moralement, il fallait être costaud, et heureusement que le groupe avec les membres qui restaient était solidaire pour pouvoir continuer, car moralement et psychologiquement, c’était dur de garder le rythme et la motivation.

L’album sort enfin en 2020, mais à ce moment-là, vous ne pouviez pas le défendre à cause du Covid-19 ! Comment avez-vous vécu cette période ?

Je vais parler en mon nom, mais je pense que nous sommes tous un peu pareils : on relativise un peu les choses dans le sens où nous avons la chance d’être signés sur un label. Nous avons aussi la chance d’avoir un autre boulot à côté, car nous ne vivons pas de la musique, donc nous avons réussi à avoir nos salaires, etc. C’est un peu frustrant pour nous, mais ça m’embête plus pour les gens qui vivent du spectacle et de la culture, qui eux, par contre, n’ont plus rien, à part des aides. Je pense qu’il est plus important de penser à eux avant de penser à nous, car dans notre cas, ça reste un loisir.

Je reviens sur l’album Push The Button : avec ce titre d’album, il y a cette idée de déclic ou d’étincelle qui met le feu aux poudres. Quel sens mettez-vous derrière ça ?

Sur la pochette, on voit un personnage sur un trône avec un bouton dans la main. Ça représente les gouvernements qui peuvent à tout moment tout faire péter sur la planète avec le bouton nucléaire, d’où les enfants avec des masques à gaz qui jouent au milieu de cadavres et de ruines. Le personnage dans l’ombre derrière le trône représente les lobbies et les banques qui manipulent les gouvernements. C’est Frank Vortex qui a écrit les textes des morceaux et c’est inspiré de l’actualité, de ce qu’il voit, de son ressenti. A l’époque où l’album a été composé, Donald Trump était encore président des Etats-Unis, il y avait des tensions avec différents pays, etc.

« Nous y allons vraiment au feeling et à l’instinct. Ça sonne comme ça va sonner. Nous nous foutons de chercher à savoir quoi que ce soit. Ça vient comme ça vient, ce qui fait que lorsque nous jouons et écoutons les morceaux, j’ai le sentiment que ce sont des morceaux authentiques. C’est sincère, il n’y a pas de calcul. »

A propos du morceau éponyme, vous aviez déclaré qu’il représentait vraiment le groupe, que chaque élément du morceau en représente une facette. Est-ce qu’il a été pensé comme une sorte de carte de visite musicale ?

Non. En fait, nous ne pensons pas quand nous faisons des morceaux. Nous ne cherchons pas à ce que ça ressemble à telle ou telle chose, que ça fasse ci ou ça. Nous y allons vraiment au feeling et à l’instinct. Ça sonne comme ça va sonner. Nous nous foutons de chercher à savoir quoi que ce soit. Ça vient comme ça vient, ce qui fait que lorsque nous jouons et écoutons les morceaux, j’ai le sentiment que ce sont des morceaux authentiques. C’est sincère, il n’y a pas de calcul.

Aurélien Gonzales (guitare) : Ça dépend du feeling du moment : tu prends ta guitare, tu improvises, des trucs te viennent. Parfois ça part d’un riff, parfois d’une mélodie, et après tu essayes de développer l’idée au maximum pour finir sur une chanson complète. Des fois, tu vas trouver un riff sur ta guitare et dans ta tête, tu vas imaginer la suite, il faut la retrouver sur le manche, trouver un autre riff derrière, etc. Je compose la base mais après, j’apporte le morceau au groupe et tout le monde donne son avis sur les arrangements et nous les travaillons ensemble. Il y a certains morceaux que je vais ramener et que nous allons garder tels quels et d’autres que nous allons plus ou moins modifier.

Les guitares harmonisées reviennent pas mal dans l’album – le morceau le plus marquant à cet égard serait « Enemies Of Rome » avec son final. Comment travaillez-vous ces harmonies ?

En fait, c’est juste quand j’ai écrit les chansons, j’ai eu des idées qui sont venues comme ça. Sur la fin du morceau « Enemies Of Rome », je voulais faire un truc un peu apocalyptique et c’est ce que transcrivent les guitares harmonies. En fait, tu as la guitare rythmique, une guitare qui fait des coups de floyd pour donner un côté un peu bordélique, et ensuite deux guitares qui font la petite mélodie, harmonisées à la tierce donnant ce côté mélodique. La mélodie en elle-même est un peu malsaine et dissonante, mais le fait que ce soit harmonisé à la tierce, ça donne un côté assez mélodique comme peuvent le faire Iron Maiden ou d’autres groupes. Nous avons tous des influences de thrash et une des plus grandes influences, c’est Metallica. C’est vrai que chez Metallica, il y a toujours des guitares harmonisées. Donc c’était pour apporter un petit côté mélodique aux morceaux. Après, quand tu composes le morceau, dans la structure, il y a toujours un solo : c’est les années 80, c’est le thrash, il y a toujours des solos de partout, c’est l’esprit que nous aimons. Il n’y a pas forcément de solo dans la musique contemporaine, or nous, ce que nous aimons bien, ce sont les trucs old school, donc nous aimons bien mettre des solos, des mélodies, des harmonies à droite à gauche. C’est juste une question de goût au niveau de la composition.

Pour revenir à « Enemies Of Rome », qui est vraiment épique et apocalyptique : quelle histoire racontent ces guitares et ce morceau ?

Tu dis « apocalyptique » et c’est marrant, parce que le morceau, à la base, s’appelait « Apocalyptic World ». En fait, quand nous composons les morceaux, nous leur donnons toujours un nom de travail. Après, c’est le chanteur avec les paroles qui va donner le vrai nom au morceau. Pour ce morceau, j’avais imaginé une sorte de guerre un peu apocalyptique et j’ai voulu faire une fin un peu épique, comme tu dis. Quand je l’ai écrit, je me suis dit que j’allais l’appeler comme ça, et au final, les paroles parlent de guerre, de gladiateurs, etc. Mais quand je compose, je n’ai pas forcément quelque chose en tête que je veux raconter, je prends la guitare et j’ai des idées qui viennent comme ça. La plupart des morceaux sont assez rapides mais arrive un moment où je me dis que ça serait bien de faire un morceau un peu mid-tempo. Au final, ce morceau commence assez lentement et l’idée était de le faire accélérer progressivement.

Alex l’a évoqué, vous avez déjà commencé à bosser sur la suite puisque vous bossez sur un nouvel album, et il y aurait même un EP prévu pour 2022. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces deux projets ?

Alex : L’EP prend une direction « rétroactive » : il y aura trois morceaux du premier album réenregistrés et un morceau inédit qui ne sera que sur l’EP. Il s’appelle « 1796 » et ne sera disponible nulle part ailleurs ! Cet EP sortira normalement en février 2022, si tout va bien. Pour l’album, je dirais que ça reste du Dead Tree Seed, du thrash old school, mais c’est vrai que les morceaux sont plus techniques.

Interview réalisée par téléphone le 3 juin 2021 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Romane Poupelin.

Facebook officiel de Dead Tree Seeds : www.facebook.com/DeadTreeSeedsThrash

Acheter l’album Push The Button.



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