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Chronique   

Death Angel – The Evil Divide


Death Angel - The Evil DivideToutes griffes dehors, le groupe californien Death Angel, en avait visiblement gros sur le cœur. The Evil Divide, huitième album dans la carrière des vétérans du thrash metal, annonce la couleur dès l’artwork intimidant de sa pochette, signé de l’artiste et tatoueur Bob Tyrrel, et qui représente un papillon Acherontia Atropos, plus connu sous le nom de « Sphinx Tête de Mort », rompant ainsi avec le thème des deux précédents opus, Relentless Retribution (2010) et The Dream Calls For Blood (2013). Fort d’un line-up (enfin) conforté et stable depuis trois albums, Death Angel semble s’être retroussé les manches pour essayer de nous surprendre. Lourde tâche.

C’est sur un viscéral « Surprise ! I’m Back Again » que la guerre est déclarée sur le premier titre « The Moth », au travers duquel on reconnaît instinctivement le sens de l’accroche chez Death Angel, forte en technique et plans chiadés, avec pourtant un coté trépidant qui ferait songer au style plus rond et bucolique d’un Tankard sur le refrain. « Cause For Alarm », quant à lui, débute par des accords tout droit sortis d’une autre époque, celle où le thrash de la Bay Area, dans ses premières heures, existait autour des premiers travaux de groupes comme Exodus, Hirax ou Metallica. L’ensemble s’emballe, puis quelques petits solos aigus morcelés semblent rappeler la folie insouciante d’un « Ultra-Violence ». On sent le groupe plus soudé que jamais, qui plus est avec pour la troisième fois consécutive le producteur Jason Suecof aux manettes, que l’on peut considérer comme le sixième homme de la bande. Si l’écriture émane largement du guitariste Rob Cavestany pour la musique et du chanteur Mark Osegueda s’agissant des paroles, il semble néanmoins que les autres membres ont pu étoffer, chacun à leur manière, les chansons.

The Evil Divide se distingue de ses deux prédécesseurs dont on pouvait reprocher sur la longueur une sensation de sécurité. Il n’y a ni calcul ni stratégie à céder à la moindre attente, Death Angel joue ici libéré, à l’instinct. Le quintet ne cherche pas à achalander les plans et les riffs pour satisfaire aux exigences d’un quelconque cahier des charges ou noircir certaines cases. On évite ainsi soigneusement les clichés. « Lost » innove, par exemple, comparé aux standards du groupe ; plus heavy et porté sur la mélodie, si ce n’est la mélancolie, Osegueda y délivre un refrain à filer la chair de poule. L’air traduit un sentiment d’anxiété et d’errance qui pourrait volontiers décrire la crise éprouvée par toute personne à certains carrefours de sa vie. Que dire de « The Electric Cell », une des pièces indispensables du disque, dont les paroles furent inspirées sur le vif par les attentats de Paris de novembre dernier, faite de riffs imprimés au rouleau-compresseur et de cassures rythmiques, avant que Death Angel ne surprenne par un passage ambiant étrange et angoissant. L’atmosphère quelque peu progressive est travaillée jusque dans la ligne rythmique de la batterie de Will Carrol ou encore les arpèges de basse de Damien Sisson.

La variété est de mise, cependant sans se disperser. On prend plaisir de passer d’un incisif « Father Of Lies » de fabrication old-school, incrusté d’un break aérien où guitare et basse dialoguent amoureusement, et qui se termine par quelques lignes acoustiques jusqu’au furieux et intense « Hell To Pay » rajeunissant le style de Death Angel. La seconde moitié de l’opus rajoute encore dans le vindicatif, au travers de morceaux plus complexes comme « It Can’t Be This » ou encore « Hatred United / United Hate » sur lequel Andreas Kisser (Sepultura) vient poser un solo de guitare. Il convient de ne pas oublier ce véritable bulldozer crossover sur fond de lutte des classes remise au goût de l’actualité qu’est « Breakaway » ; débridé, excitant, et finalement renvoyant encore à la vieille école. Si l’on occulte la production résolument actuelle de Suecof – dont le mix impeccable n’oublie personne -, le groupe semble avoir dépoussiéré quelques riffs trouvés dans une vieille malle de son grenier.

Tous chevaux lâchés, Death Angel, on ne peut plus bien dans ses baskets, démontre qu’il demeure un immense groupe de thrash metal au travers de cet The Evil Divide, épique et plein de tension, dont la plupart des titres ont le potentiel d’user quelques lots de cervicales en concert. Il est une poudrière qui ne demande qu’une petite étincelle pour imploser.

Les clip vidéo pour les chansons « Lost » et « Hatred United / United Hate » :

Les chansons « Father Of Lies », « Cause For Alarm » et « The Moth » :

Album The Evil Divide sortie le 27 mai 2016 via Nuclear Blast Records.



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