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Chronique   

Dee Snider – Leave A Scar


Merci Jamey. Comme quoi, il suffisait de tenir tête à Dee Snider en lui donnant l’envie de réaliser un album de metal moderne pour qu’il retrouve une seconde jeunesse. Rien de bien sorcier. For The Love Of Metal (2018) tranchait avec We Are The Ones (2016) à l’inspiration débattable et honorait le statut du frontman légendaire de Twisted Sister. Jamey Jasta d’Hatebreed a eu le nez creux en percevant chez Dee Snider cette capacité à ne pas sentir le formol et proposer autre chose qu’un simulacre de sa gloire passée. Leave A Scar profite de cette dynamique en retrouvant ledit Jamey aux manettes, accompagné du batteur Nick Bellmore également au mix et au mastering. Leave A Scar prend tout de même soin de ne pas devenir une simple redite de son aîné. Dee Snider a pu placer quelques billes heavy metal plus traditionnelles, histoire d’offrir le meilleur des deux mondes.

Leave A Scar est un album motivé par la colère et la frustration. Celles ressenties par Dee Snider lors cette période troublée – que ce soit par la pandémie ou la politique –, constatant le marasme ambiant et les actes irrationnels aux justifications bancales. En ce sens, « I Gotta Rock (Again) » est un cri du cœur, celui d’un homme qui n’a vécu que pour la scène et sa communion avec le public. Les premières secondes laissent aisément deviner l’influence de Jamey Jasta sur la musique, le titre profite d’un lexique hardcore conjugué avec un power rock entraînant au refrain fédérateur. Une synthèse intelligente qui permet au timbre de Dee de prendre ses aises et de ne pas peiner à atteindre les extrémités que nécessite le genre de prédilection de Jamey. Surtout, « I Gotta Rock (Again) » laisse paraître les premières velléités de rendre hommage au metal classique à travers les échanges de solos endiablés des guitaristes Charlie Bellmore et Nick Petrino, mais aussi le riffing heavy propice au headbang qui s’ensuit. « All Or Nothing More » accentue quant à lui cette parenté avec le hardcore en ayant recours à ces backings vocaux propres au genre. Dee Snider réitère l’exercice du syncrétisme en ciselant un refrain mélodique à souhait avec des guitares en soutien que n’auraient pas renié les chantres du metalcore. Ceux-ci se réjouiront d’ailleurs de la présence d’« In For The Kill » qui voit Dee Snider s’exercer sans complexes au genre. Bien entendu, les solos sont toujours de mise. « Down But Never Out » se charge de les mettre sur un piédestal et de flirter avec l’écriture d’un Testament édulcoré.

La direction musicale de Leave A Scar est peut-être encore plus propice à mettre en exergue la polyvalence de Dee Snider. Si les influences heavy metal sont davantage accentuées que sur For The Love Of Metal et présentent un chanteur sous des auspices déjà connus (« Silent Battles » et « Crying For Your Life » étant les morceaux qui se rapprochent le plus du heavy 80’s), ce dernier parvient toujours à conférer suffisamment de puissance aux titres les plus brutaux. « Time To Choose » propose un duo complémentaire avec George « Corpsegrinder » Fisher où ses cris rauques rejoignent les élancées de Dee Snider. Les accents thrash de « The Reckoning » sont la preuve la plus flagrante de l’insatiabilité de Dee qui prouve qu’on peut accompagner le temps sans forcément laisser voir l’empreinte de celui-ci. Dee Snider fait de la résistance, une posture qui transparaît au cours de la power-ballade « Stand », à la fois sombre, émouvante et au message fort, qui a le mérite de présenter le chanteur tel qu’il est aujourd’hui, sans chercher à retrouver le timbre d’antan (et de ne pas se laisser aller aux élans mielleux). La longévité passe par l’acceptation et Dee Snider l’a parfaitement compris.

Leave A Scar est, à l’instar de For The Love Of Metal, un exemple. Il démontre ce que doit entreprendre un artiste pour continuer d’exister après une œuvre pharaonique qui a construit toute sa carrière. Dee Snider ne cherche pas à réitérer ce qu’il a déjà fait. Ce serait se condamner à une comparaison éternelle avec Twisted Sister et expliciter d’une certaine manière son crépuscule. Au contraire, Dee Snider et production contemporaine font bon ménage. Jamey Jasta a eu confiance dans le talent inénarrable du frontman, bien lui en a pris. Leave A Scar se détache du précédent opus par ses éléments heavy plus prononcés mais respecte toute l’intensité qui s’en dégageait. Il va même au-delà. Dee Snider semble tenir son après-Twisted Sister.

Chanson « I Gotta Rock (Again) » :

Clip vidéo de la chanson « Time To Choose » (avec George Fisher de CANNIBAL CORPSE) :

Album Leave A Scar, sortie le 30 juillet 2021 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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  • franck beauvieux dit :

    Vraiment sympa cet album très loin de twisted et c’est nikel.
    Un disque intelligent avec une part de heavy ,une part de hatebreed associés au grand monsieur Snider.

    [Reply]

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