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Live Report   

Deep Purple : c’était un super concert, j’ai tout oublié.


Deux obstacles ont causé l’apparition tardive de ce reportage sur le concert de Deep Purple au Théâtre Antique de Vienne le 27 juillet dernier. En premier lieu, le fait que le groupe est déjà passé dans la région, à Lyon, il n’y a même pas un an. Par conséquent, aurons-nous quoi que ce soit à ajouter ? Pourrons-nous en dire quelque chose de neuf ? Même si c’est un concert différent, un groupe ayant plus de quarante ans de carrière a-t-il tellement besoin, d’une année sur l’autre, de changer de recette dans ses concerts ?

Deuxième obstacle : dès le moment de quitter les premiers rangs du public à la fin du concert, je m’aperçois – au moins en ai-je l’impression – que j’ai tout oublié de ce qu’il s’est passé avant les deux derniers morceaux joués en rappel. La faute n’incombant pas à quelque drogue apportée avec le groupe depuis l’âge psychédélique, ni à une consommation excessive de bières. Non, la raison, je vais vous l’exposer dans ce qui suit.

Artistes : Deep PurpleDerrin Nauendorf
Date : 27 juillet 2011
Lieu : Vienne
Salle : Théâtre Antique

Derrin Nauendorf

Tout d’abord, passons rapidement sur l’artiste qui est passé en première partie. Non pas parce que ce musicien, seul avec sa guitare sèche sur scène, était mauvais ; loin de là. Mais plutôt parce que nous soupçonnons que tout ce qui vous intéresse, de toute manière, c’est Deep Purple, un point c’est tout. Eh bien, vous auriez tort ! Car, sans être du genre à satisfaire le fan de heavy, l’Australien Derrin Nauendorf a su enchanter l’audience dès les premières mesures de sa musique country-folk dans le cœur, sur laquelle il greffe avec talent toute une palette de couleurs allant du blues à la musique orientale.

A lui tout seul, Derrin Nauendorf a su convaincre un public qui ne lui était – a priori – pas acquis.

En une demi-heure, il est parvenu à chauffer une portion du public par la maîtrise parfaite de son art (se servant de sa guitare comme instrument de percussion tout en grattant les cordes, alternant d’une note sur l’autre, avec un talent déconcertant, jeu avec ou sans médiator), des rythmes entraînants et des sourires à foison. Les membres de l’audience qui avaient tapé des mains sur certains morceaux ont offert, à l’issu de cette demi-heure, à Derrin Nauendorf des applaudissements bien mérités après qu’il ait conclu avec un air agrémenté de gammes arabisantes achevant de démontrer sa virtuosité.

Entracte. Le soleil déclinant peu à peu teinte d’orange les gradins deux fois millénaires. On nous fait patienter comme à tout concert par une bande musicale adaptée et c’est quand on apprécie un petit « Sad But True » de vous-savez-qui que l’orchestre grimpe, sous les applaudissements, sur les estrades prévues pour celui-ci à l’arrière de la scène. C’est vrai, nous avions omis jusque là d’évoquer ce « détail » qui devrait faire toute l’originalité de ce concert et nous débarrassera du premier obstacle dont nous vous parlions en introduction.

Ian Gillan et Steve Morse (Deep Purple)

Deep Purple n’avait pas joué ainsi accompagné d’un ensemble classique depuis une dizaine d’années, et, même si le groupe a toujours été plus ou moins proche de ce « milieu » (souvenez-vous du Concerto de Jon Lord de 1970), il sera curieux de voir comment le Neue Philharmonie Frankfurt Orchestra apportera, en 2011, du sel aux chansons culte du Deep.

Démarrage sur les chapeaux de roue : « Highway Star » ! Et là, première constatation : même si ça fait quarante ans que les gars qu’on a devant soi roulent leur bosse, on dirait que ça fait quarante ans qu’ils ont vingt ans. On voit les rides, les cheveux gris, l’embonpoint acquis avec l’âge, une petite raideur dans les articulations, mais par-delà leurs enveloppes de sexagénaires ce sont toujours les mêmes jeunots qui aiment jouer du hard rock, qui envoient le pâté et qui nous font bouger, crier, chanter, lever les bras, remuer la tête, comme à n’importe quel excellent concert de tout excellent groupe.

Steve Morse (Deep Purple) : la joie simple d’être là pour nous

Après avoir quitté l’Étoile de l’Autoroute, on suit le « Hard Lovin’ Man ». Puis ce sera encore du grand classique (évidemment, y a-t-il autre chose que des classiques dans la disco du Deep ?) dans les morceaux eux-mêmes mais aussi dans leur enchaînement. Le passage « Maybe I’m A Leo/Strange Kind Of Woman/Rapture Of The Deep » est une suite déjà vue. Néanmoins, immédiatement après, arrive un morceau plus inattendu, et pour cause : « Woman From Tokyo » n’est peut-être pas l’une des plus grandes chansons de Deep Purple et n’est certainement pas issue du meilleur de leurs albums.

La pêche !

Mais on ne reste pas longtemps sur cette surprise car vient l’un des nombreux instants de gloire de Steve Morse. Au total des années, il a fait partie de Deep Purple deux fois plus longtemps que Ritchie Blackmore et certains espèrent encore revoir le guitariste en noir un jour rejoindre de nouveau ses anciens compagnons sur scène. Pourquoi ? Les solos de Steve Morse sont purement magiques. Il est certainement un des meilleurs musiciens de hard rock vivant qu’il peut être donné de voir sur scène, faisant sortir de son instrument des notes semblant inaccessibles au commun des mortels, travaillant la distorsion comme un sculpteur génial travaillerait l’argile et insufflerait la vie à ses créations.

En matière de solo, l’organiste Don Airey nous aura aussi charmé. Usant d’une pallette extrêmement large, il est capable de passer du registre heavy metal en ressortant la fameuse introduction à l’orgue qu’il avait composée autrefois pour le « Mr Crowley » d’Ozzy Osbourne, à un registre expérimental, tout en étant passé au préalable par un cahier classique, des passages sur lesquels l’orchestre – sans doute plus familier de ce genre-là – l’a accompagné avec joie.

Roger Glover et Ian Gillan (Deep Purple)

Parlons-en justement de cet orchestre. A-t-il vraiment apporté un plus à ce concert ? Au départ, on se pose réellement la question tant, sur les premiers morceaux, les partitions sont alignées sur ce que joue déjà le groupe et sont donc masquées par la musique amplifiée du quintette hard rock. Le reste du temps, quand leur participation n’est pas requise, on s’amuse surtout – curieux que nous sommes – à en regarder certains (surtout les deux percussionnistes dans le fond, ouais, on vous a repéré vous deux) se détendre les cervicales sur les glorieux airs pourpres.

Plus tard, on reconnaîtra qu’ils peuvent vraiment rajouter quelque chose mais le summum de cette collaboration fut surtout atteint quand le chef d’orchestre en personne s’est lancé dans un duel guitare/violon contre Steve Morse pour le final de « Lazy ». Un des pinacles de cette soirée. A tomber par terre.

Le dernier membre d’origine de Deep Purple : Ian Paice

Approche la fin de la partie principale du concert avec le triplé traditionnel mais ô combien attendu « Perfect Strangers/Space Truckin’/Smoke On The Water » apportant un tel plaisir : le premier étant l’un des rares joyaux à préserver de la période eighites du groupe ; les deux autres, est-il vraiment nécessaires d’en parler. Les rappels aussi seront, pour Deep Purple, ultra-classiques. Mais ces showmen savent encore rendre la chose unique. Ces légendes nous traitent – comme ce fut le cas tout au long de cette soirée – avec largesse et un sourire persistant et communicatif. Ainsi « Hush » et ses interminables « nah-nah-nah » répétés par un public en communion avec Ian Gillan ; puis « Black Night » et son riff qui vous trotte ensuite dans la tête pendant des heures, occasion d’un jeu entre Steve Morse et le public auquel il fait répéter, comme ultime instant de complicité, les différents motifs qu’il joue, laisseront des souvenirs merveilleux à chacun.

De la magie part des doigts de Steve Morse

Et c’est justement ça, le gros souci avec ce concert : trop de bons souvenirs, chacun étant repoussé dans l’inconscient par la force du suivant ; d’où l’impression en partant d’avoir tout oublié. C’est le pouvoir de ce groupe. Magique ! On se revoit quand vous voulez pour de nouveaux et aussi beaux souvenirs.

Animalement vôtre.

P.S : membres du public aux fesses figées dans la pierre, ce n’est pas parce que vous avez un siège que vous n’avez pas le droit de vous en lever pour vous laisser aller au plaisir d’une telle musique. Dans ce théâtre impérial, quand les rois sont là, on se lève tous pour les honorer.

Musique !

Setlist :

Highway Star
Hard Lovin’ Man
Maybe I’m A Leo
Strange Kind Of Woman
Rapture Of The Deep
Woman From Tokyo
Contact Lost
Solo de guitare
When A Blind Man Cries
The Well Dressed Guitar
Knocking At Your Back Door
Lazy
No One Came
Solo de claviers
Perfect Strangers
Space Truckin’
Smoke On The Water

Rappels :
Hush (reprise de Billy Joe Royal)
Solo de basse
Black Night

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt



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  • J’aurai bien aimé être là, j’habite pas loin en plus… Mais quand on a pas le permis de conduire, c’est pas facile d’envisager ce genre d’excursion. J’espère que j’aurai l’occasion de revoir DP encore une fois avant qu’ils ne raccrochent. Content d’apprendre que le concert était cool en tous cas !!

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  • Manu Smith dit :

    J’ai crus que t’allais dire que c’était nul!

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