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Chronique   

Def Leppard – Def Leppard


Def Leppard - Def LeppardDef Leppard, on les cantonne souvent, au mieux, à leur œuvre emblématique (Pyromania/Hysteria/Adrenalize), au pire, à des chœurs à outrance, des coups de caisse claire qui font « splash », des super-productions léchées, etc. Pourtant quiconque se sera intéressé de façon plus approfondie à la discographie du combo de Sheffield saura que ce dernier a non seulement été l’un des plus inventifs issus de la scène hard 80’s mais a aussi connu quelques écarts plutôt réussis, comme l’album Slang (1996) où le groupe, quasi métamorphosé, est entré de plain-pied dans les expérimentations des années 90, ou plus récemment Songs From The Sparkle Lounge qui a ravivé une étincelle après un X particulièrement fade, tout en restant assez actuel. Tout ça pour dire que Def Leppard est capable de beaucoup de choses et a démontré sa nature polyvalente. Et c’est précisément sur sa nature que Def Leppard a voulu miser avec son nouvel opus, adéquatement baptisé… Def Leppard.

Avec les deux premières pistes, les deux premiers singles, Def Leppard joue ouvertement la carte de l’auto-hommage – et cela semble parfaitement assumé. « Let’s Go » renvoie par son titre à « Let It Go » qui ouvrait High ‘N’ Dry en 1981 ainsi qu’à « Go » de l’album de 2008, lorsque l’interrogation introductive – « Do you really, really wanna do this now? » – rappelle celle de « Let’s Get Rocked » (Adrenalize, 1992) – « Do you wanna get rocked? » -, mais c’est bien à leur plus grand hit que musicalement il fait directement référence : « Pour Some Sugar On Me » (Hysteria, 1987). Impossible de ne pas voir le clin d’œil dans ces sonorités et ce rythme appuyé, à ceci près que le refrain fait quelque peu retomber la sauce façon pétard mouillé. « Dangerous » récupère la mélodie d’introduction – à très peu de choses près – de « Promises » (Euphoria, 1999) avant d’envoyer un riff hard à la « Photograph » (Pyromania, 1983) pour opérer comme un mix des deux chansons au sein du refrain, dans un titre foncièrement rock qui apporte l’énergie qui manquait à l’ouverture d’album. Et du rock, l’album n’en manque pas, en témoignent « All Time High » aux relents de The Who (ses power chords retentissants, le solo enflammé), la très rock n’ roll « Broke ‘N’ Brokenhearted », « Forever Young » ou la plus gentillette et new-wave « Invincible » qui se réveille et prend du relief peut-être un peu tard, dans ses dernières secondes. Le quintet n’a pour autant pas oublié les ballades classiques, agréables mais pas tellement mémorables : « We Belong » et l’acoustique « Last Dance », sorte de « Two Steps Behind » version 2015.

Et puis il y a les chansons plus inattendues. A commencer par « Man Enough » qui tranche avec le démarrage d’album, avec son groove basse-batterie infectieux à la « Another One Bites The Dust » de Queen et ses petits côtés funky à la Prince (une influence qu’on avait déjà entendue dans « All Night » sur Euphoria). « Sea Of Love », enthousiasmante et pleine d’entrain, est quant à elle partie chercher son riff gorgé de soleil du côté de Lynyrd Skynyrd (il y a clairement du « Sweet Home Alabama » là-dedans), arrangé avec des chœurs soul et de légers cuivres, et son couplet chez Lenny Kravitz, même si le refrain ne trompera personne, on est bien sur un album de Def Leppard. « Battle Of My Own » joue la carte de la chanson 70’s semi-folk semi-rock à la Led Zeppelin. Et puis il y a le cas du pivot de l’album : « Energized ». Ballade pop qui commence sur des sonorités électro ringardes pour enchaîner sur un refrain avec des chœurs faits de montées et descentes de gamme digne d’un boys band. Une faute de goût qui n’est pas sans faire remonter les mauvais souvenirs de l’album X.

Heureusement Def Leppard termine en beauté avec, d’une part, ce qui s’apparente au véritable hit de l’album : « Wings Of An Angel ». Un titre rock vallonné, avec des couplets brumeux où Joe Elliot sort sa plus belle parure de crooner, pour créer une vraie catharsis en guise de refrain. Et, d’autre part, l’ultime « Blind Faith ». Une ballade pleine de finesse, à l’atmosphère vaporeuse, un mellotron et autres effets vintages puisés dans les musiques psychédéliques des sixties, qui sort les guitares hard pour le final, puis referme l’opus en douceur. Sur les quatorze titres, sans doute le combo aurait-il pu se dispenser d’une ou deux ballades (Songs From The Sparkle Lounge qui n’en comportait qu’une, mais une vraie bonne ballade, ne s’en portait pas plus mal). Reste que Def Leppard est un album honnête et varié, un peu fourre-tout par certains aspects, qui en offre pour tous les goûts, mêlant des chansons aux marques de fabrique évidentes (les guitares hard 70’s/80’s classieuses, les mélodies à tous les étages, les grosses harmonies vocales), avec de nombreuses parties qui sonneront très familièrement aux oreilles des fans, à des influences plus ouvertes, ou moins camouflées, qui apportent d’autres couleurs à l’ensemble et montrent que Def Leppard ne fait pas uniquement du « fan service ».

Ecouter les titres « Dangerous » et « Let’s Go » :

Album Def Leppard, sortie le 30 octobre 2015 via earMusic/Verycords.



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