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Conférence De Presse   

Def Leppard : il faut espérer que ce ne soit pas reparti pour encore 17 ans d’attente…


Si le Hellfest 2013 a vécu un coup dur en perdant le géant américain Aerosmith qui, après de longues négociations, a fini par décliner toutes dates sur le vieux continent, les programmateurs du festival ont réussi a rebondir sur un joli coup : celui de faire venir les Anglais de Def Leppard sur le sol français après pas moins de 17 années d’absence.

Un véritable événement, renforcé par le fait que le groupe apportait avec lui un show équivalent à ce qu’il a produit en mars et avril derniers pendant trois semaines à Las Vegas en tant que groupe résident, baptisé Viva Hysteria!. Le show consiste en un set préliminaire de chansons savoureusement sélectionnées dans la discographie du groupe, suivi de l’album emblématique Hysteria interprété dans son intégralité, puis un rappel avec les hits « Rock Of Ages » et « Photograph ». Petite particularité propre aux concerts de Las Vegas : pour le set d’ouverture, qui changeait chaque soir, le groupe se présentait comme étant les « Ded Flatbird – The World’s Greatest Def Leppard Cover Band. » Le chanteur Joe Elliott, qui était présent avec le guitariste Phil Collen et le bassiste Rick Savage en conférence de presse le 21 juin dernier, explique : « C’était spécifique à Vegas mais on pourrait dire que [ce que nous ferons ce soir] est une sorte de version hybride de Ded Flatbird et Def Leppard. Ça pourrait être Def Flatbird (rires). »

Une chose est sûre, ce que le Hellfest a pu vivre ce soir là, au delà des films diffusés sur écran et d’une scène aux lumières magnifiques, de part une setlist constituée uniquement de chansons issues de leurs quatre premiers albums (contrairement aux shows de Las Vegas qui intégraient généralement des titres d’Euphoria, Slang ou la partie studio de Mirror Ball), représentait un véritable rêve pour le fan des premières heures du léopard sourd.

A savoir si le show Viva Hysteria! sera joué sur les dates ultérieurs en Europe, Elliott répond : « Ouais, probablement. Nous en discutions hier. Nous avons le choix. Lorsque nous allons en Espagne et en Scandinavie, nous pouvons le faire si nous le souhaitons. » Et termine de manière évasive : « Nous prendrons la décision lorsque nous y serons. » A regarder les setlists des concert donnés en Espagne fin juin, on peut en effet remarquer l’alternance des configurations, le groupe proposant parfois un set best-of de titres mélangés. D’autres albums de la discographie de Def Leppard pourraient-ils bénéficié d’un tel traitement ? La porte reste ouverte selon le bassiste : « On pourrait faire ça, oui. En fait, on pourrait le faire avec quelques autres des albums et nous en avons d’ailleurs parlé. High And Dry et Pyromania seraient faciles. D’autres seraient un peu plus délicats. Mais certainement, il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas le faire avec ces deux albums. »

« C’est la première fois en seize ans qu’un promoteur est venu nous faire une offre raisonnable pour faire en sorte qu’il soit financièrement viable pour le groupe de venir se produire. »

Dix-sept ans avant de remettre les pieds en France, c’est long. Et même difficile à comprendre pour un groupe de cette envergure et qui revendique ses racines anglaises (il suffit de voir les drapeaux anglais un peu partout sur scène : guitares et foulard, par exemple), seulement séparées par un petit bras de mer des nôtres. Le fait est que ce constat est tout aussi incompréhensible aux yeux des musiciens eux-mêmes : « Bonne question ! » s’écrie le chanteur. « C’est à vous de nous le dire, car nous attendions ! » affirme le guitariste. « C’est ainsi que fonctionne l’infrastructure du rock’n’roll » explique Elliott. « Nous existons mais nous vivons ailleurs. Il faut donc qu’un promoteur qui vit en France nous fasse une offre pour nous amener en France. Ce n’est pas arrivé. C’est donc la première fois en seize ans qu’un promoteur est venu nous faire une offre raisonnable pour faire en sorte qu’il soit financièrement viable pour le groupe de venir se produire. Ce n’est pas donné d’amener tout le show et tous les gens, il faut donc faire dix à douze concerts. Par chance, l’Europe compte comme une seule tournée. Mais nous n’avons pas d’offre. […] Je sais que parfois les gens s’imaginent que nous mettons seulement le matériel dans un van et allons demander : ‘Peut-on faire un concert ?’ Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Donc, sans offre, il n’y avait tout simplement pas de tournée. C’est triste, je sais. Tragique en fait. […] Mais pour être honnête nous espérons jouer de partout ! »

En tout cas, même après trente cinq ans de carrière, Def Leppard continue de trouver de nouvelles choses à faire, comme cette résidence à Las Vegas. « Nous avons vraiment adoré » explique le groupe, avant de décrire cette expérience inédite dans leur carrière : « Nous avons trouvé ça super car nous n’avions rien fait de semblable auparavant. Et le simple concept de jouer l’album Hysteria et un groupe de chansons provenant d’autres albums, ça et le fait de ne pas avoir à monter dans un bus et voyager toute la nuit pour atteindre une autre ville, était génial. C’était super de simplement être dans un endroit pour trois semaines et se concentrer sur les chansons sans avoir à s’inquiéter du voyage. […] Je n’irais pas jusque [dire que c’était des vacances]. C’était beaucoup de travail : tu mets plus d’énergie dans le concert car tu économises de l’énergie sur le reste. Lorsque tu voyages et passes d’un aéroport à l’autre, d’un vol à l’autre ou parcoures une longue route en bus et qu’ensuite tu as un concert à donner, tu es déjà déglingué avant même de monter sur scène. C’est donc quelque chose qui n’était plus là mais ça voulait simplement dire que nous mettions tous nos efforts dans le show. Ce n’était pas des vacances, ça ne l’était pas du tout. Mais ce fut l’une des meilleures expériences que nous ayons jamais eu en trente cinq ans. »

« Nous ne le faisions déjà pas pour l’argent lorsque nous n’avions pas d’argent ! Et nous ne le faisons certainement pas pour l’argent maintenant que nous en avons… Nous le faisons pour l’amour de la musique. […] C’est une vocation, pas un boulot. »

Alors quels sont les défis à venir pour Def Leppard désormais, qu’est-ce qui les motivent encore à continuer ? « Il ne me reste pas grand chose sur ma liste en ce qui concerne Def Leppard car, quoi qu’on ait recherché à atteindre, nous l’avons atteint » explique Elliott. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont plus d’objectifs : « Nous essayons toujours d’intéresser de nouveaux fans, ce qui veut généralement dire des personnes plus jeunes. Ça compte toujours, ça a toujours été important et c’est quelque chose que nous avons toujours essayé de faire. » explique Collen, avant que son chanteur enchaîne : « C’est aussi une question d’essayer de maintenir ses anciens fans, faire attention à ce qu’ils ne décrochent pas. […] [Le challenge] serait donc de rester pertinent [avec notre musique] autant qu’il nous est possible de l’être. » Et puis, en trente cinq ans, l’industrie de la musique et la technologie – que Def Leppard a toujours su utiliser avec des albums aux mixages complexes et aux productions léchées comme Hysteria ou Adrenalize – a énormément évolué, il faut donc continuer à en tirer profit pour le meilleur et s’adapter. « Ce qui est super avec la technologie », explique le guitariste, « c’est que je peux enregistrer mes guitares sur mon ordinateur portable, il n’y a pas à mettre un microphone devant les enceintes, ce qui prenait des lustres avant. Tu peux directement te concentrer sur le son et sa source. C’est important pour quelqu’un qui écrit de la musique car, autrement, lorsque tu essaies différents sons, tu perds le fil et le flot [de ta musique]. Tu peux faire toutes ces choses incroyables avec la batterie, les guitares et le chant. Je pense que c’est différent [par rapport à avant] mais, malheureusement, l’industrie du disque a changé. […] Même le fait de sortir un album est une épreuve de nos jours, il n’y a plus vraiment d’industrie du disque. […] A moins d’être Beyonce ou Taylor Swift ou un artiste dans le genre, ce qui est quelque chose de très différent. Il est donc ironique que cette partie (ie. enregistrer des disques) soit devenue plus facile. » Puis il poursuit de lui-même sur un autre sujet : « Une autre question que les gens demandent toujours c’est : ‘N’en avez-vous pas marre de jouer pour la millionième fois Pour Some Sugar On Me ?’ Cela n’arrive pas lorsqu’il y a des gens autour de toi. Lorsque tu répètes, c’est autre chose, mais lorsque tu joues vraiment devant des gens et qu’il réagissent à ça, c’est fantastique ! »

S’il y a bien un groupe qui a toujours su rebondir d’album en album et se renouveler (on se souviendra du Slang à la fois original et très ancré dans les années 90), même si cela n’a pas toujours été au goût de tout le monde (comme l’album X, très décrié pour son côté très pop, un peu mou et grand public), c’est bien Def Leppard. Et voilà un groupe qui, même s’il revisite son passé à travers ses derniers shows, reste très ouvert dans son discours et dans sa philosophie : « Je crois que nous essayons de nous découvrir. Vous savez, Hysteria était très différent pour nous. Je crois que lorsque nous avions commencé, nous n’aurions pas imaginé faire un tel album. Tu ne sais pas ce que tu seras tant que tu n’as pas vraiment expérimenté et n’est pas parti à la découverte. Et c’est exactement ce que nous avons fait et nous en sommes fiers. Fiers du fait que nous ne soyons pas restés dans une boîte, le fait que nous ayons continué à bouger. » Et Joe Elliott renchérit : « X était un album de pop [par exemple]. Nous pourrions faire tout ce que nous voulons, c’est le principal. Il se peut que des gens ne veulent pas qu’on le fasse, mais nous pourrions faire un album de reggae. » « Nous continuerions à écrire de super chansons » statue Phil Collen à son tour pour répondre à la question de savoir ce qu’ils feraient aujourd’hui s’ils débutaient tout juste leur carrière. « ‘Pour Some Sugar On Me’ est super, même vingt et quelques années après, lorsqu’on l’entend à la télévision, dans des émissions de sport, etc. Je crois que ça importe peu de savoir sous quel format elles sont. »

« Il y a comme une routine, je suppose, qui consiste à tourner, faire un album, tourner, etc. Je préfère faire ce que Rush a fait et ce que Sabbath vient de faire : faire un super album, pas un album pressé. »

Le fait est que Def Leppard a toujours été un groupe à la croisée des chemins entre le metal, le rock et la pop. « Pour moi, Hysteria est un album de pop, c’est simplement une question d’opinion » confie d’ailleurs Rick Savage. « Nous ne sommes pas spécialement un groupe de heavy metal et nous ne nous sommes jamais considérés comme tel » explique-t-il, « Mais nous comprenons aussi que nous avons beaucoup de gens qui nous suivent en étant issus du heavy metal. Nous sommes donc un peu au milieu. Et nous avons toujours essayé de mettre ça en avant dans notre discours à travers les années. Il est possible d’aimer un groupe comme Def Leppard et des groupes comme The Police ou Queen ou AC/DC, ce ne sont pas non plus des groupes de heavy metal. Nous avons toujours essayé de traverser autant de types de publics que possible. » Et pour les plus médisants, Joe Elliott assure qu’ils n’ont « jamais fait ça pour l’argent » et explique : « C’est pour ça que nous sommes là : ce qu’il y a de beau avec ce que nous faisons, c’est que nous n’avons jamais eu besoin de le faire pour l’argent. Nous ne le faisions déjà pas pour l’argent lorsque nous n’avions pas d’argent ! Et nous ne le faisons certainement pas pour l’argent maintenant que nous en avons… Nous le faisons pour l’amour de la musique. C’est un don d’être capable de jouer de la musique avec des amis, des gens que l’on connaît depuis longtemps et de créer des chansons et de les jouer à une audience. C’est une vocation, pas un boulot. »

Et justement, en parlant de vocation, d’albums et de chansons, où en est la composition du successeur à Songs From The Sparkle Lounge, album plutôt inspiré, sorti il y a déjà cinq ans ? La dernière fois que nous avons parlé à un membre du groupe, il s’agissait du guitariste Vivian Campbell, il y a deux ans. Et à l’époque, nous parlions de l’orientation future du groupe et, à ce sujet, Campbell nous avait dit que l’album High And Dry, le second dans la discographie du groupe, était « une bonne influence, un bon objectif à avoir en tête pour nous en tant que groupe lorsqu’on pense à ce prochain album, et je crois que d’autres membres du groupe partagent cet avis. » Alors, que peuvent-ils nous dire aujourd’hui à ce sujet ? « Nous avons composé à Vegas une chanson, une seule chanson, jusqu’à présent, qui ressemble à du Def Leppard classique, je dirais » nous informe Joe Elliott et poursuit : « Nous prenons notre temps, nous ne nous pressons pas. Il y a comme une routine, je suppose, qui consiste à tourner, faire un album, tourner, etc. Je préfère faire ce que Rush a fait et ce que Sabbath vient de faire : faire un super album, pas un album pressé. Lorsque nous aurons davantage de chansons, nous pourrons un peu mieux répondre à cette question. Mais nous écrivons, nous le faisons constamment. » Et à savoir si cette résidence à Las Vegas et le fait de jouer un album comme Hysteria peut avoir une influence sur l’écriture, Collen acquiesce : « Lorsque nous jouons des chansons que nous n’avons pas joué pendant des années, cela a clairement une influence. On se dit : ‘Oh, OK, c’est plutôt cool.’ Je dirais donc que oui, un peu. »

Pour le reste de cette conférence de presse, nous avons appris (même si ce ne seront pas des nouvelles pour tout le monde) que Phil Collen, végétarien depuis trente ans, est végétalien, et que Rick Savage est tombé plus d’une fois sur scène (notamment sur une date à Sydney en Australie) et que la nourriture préférée de Joe Elliott en tournée est la nourriture indienne. Le frontman donne également sa définition de la musique dite extrême : « Ce serait quelque chose que je ne pourrais pas comprendre. Du bruit, voilà ce que serait une musique extrême. Je vais vous dire ce que c’est qu’une musique extrême : Metal Machine Music de Lou Reed. Ça, c’est putain extrême ! Ceci dit, ce n’est que mon opinion. D’autres personnes peuvent trouver ça joli. »

Et puis, pour finir, voici quelques nouvelles au sujet des problèmes de santé du guitariste Vivian Campbell qui a dévoilé sur la scène du Hellfest sa nouvelle coupe de cheveux suite à ses séances de chimiothérapies : « Il va bien. Il est sur le chemin du rétablissement. Il joue ce soir, donc c’est tout ce qu’il y a à savoir. Il a attrapé un lymphome de Hodgkin, qui est une forme de cancer. Il a été traité pour ça pendant ces deux derniers mois et il a coupé ses cheveux car, de toute façon, ils seraient tombé quoi qu’il arrive. Mais il a l’air vraiment en bonne santé, il est dans un bon état esprit, il peut toujours chanter et jouer et il est toujours dans le groupe. Il va totalement s’en remettre. »



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