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Nouvelles Du Front   

Deftones : pour le meilleur ou pour le pire ?


C’est un nouveau Deftones qui nous attend le 18 mai prochain avec Diamond Eyes. Deftones, c’est aujourd’hui quinze années de succès plus ou moins retentissants depuis Adrenaline. Le groupe avait annoncé pour 2009 la sortie d’un album nommé Eros qui n’a pas pu voir le jour suite à l’accident de Chi Cheng, le bassiste, qui s’est retrouvé dans le coma pendant quelques temps. Notre homme est désormais en rééducation. Après ces événements le groupe avait décidé d’engager un nouveau bassiste, Sergio Vega, en attendant le rétablissement de Chi Cheng et en avait logiquement profité pour annoncer le report de l’album.

Finalement, l’opus intitulé Diamond Eyes verra le jour en 2010. Ce ne sera pas l’album Eros (qui est toujours en suspend en attendant la totale rémission de Chi Cheng) mais nouvel opus il y aura. Et c’est l’essentiel. Deftones, quoi qu’on en pense et quoi qu’on en dise, fait partie de ces groupes qui ont fait évoluer le metal. Pour ceux qui sont inconditionnels, ou simplement curieux, et qui veulent en savoir plus sur le groupe, Deftones a mis en ligne sur YouTube son nouveau clip, « Rocket Skates », extrait du prochain disque.


Parlons, dans un premier temps, de ce nouveau morceau. Ce qui surprend le plus d’entrée de jeu c’est le son. C’est un Deftones plus lourd, plus percutant et plus incisif qui nous revient. Stephen Carpenter (le guitariste) met en avant des sons plus heavy que ces dernières années. L’univers sonore parait moins « caricatural » et moins typiquement nu metal qu’auparavant. Sans y perdre de sa puissance, le son se fait plus précis et mieux défini, la production à l’air également chiadée. Apparemment le jeu de Stephen a évolué aussi, il se fait beaucoup plus incisif rythmiquement parlant. La composition est bien arrangée et assez complexe au niveau rythme.


On y retrouve par la même occasion un Chino Moreno (chant) qui a perdu ses kilos superflus et paraît plus que jamais en forme. Son chant semble aussi avoir évolué. Il était parfois à la limite de la justesse mais là, sans être parfait, on note de nets progrès. C’est surtout la différence, entre les parties hurlées et le chant encore plus aérien dans les moments calmes, qui frappe. On sent ici une nouvelle maturité, peut–être aussi une envie de retour aux sources de la part de la bande de Sacramento. Après une décennie plus que controversée pour le groupe avec un White Pony considéré comme un chef d’?uvre, un opus éponyme assez décrié par les fans et un Saturday Night Wrist bien accueilli par la critique (car on y trouvait une nouvelle évolution sur les compostions qui se tournait presque vers le rock alternatif) voilà le nouvel opus, le premier de la nouvelle décennie. Alors que laisse présager ce nouveau morceau mis en ligne ?

On y trouve d’emblée une espèce d’annonce « retour aux sources »…Pourquoi ? Parce que les Deftones mettent en avant un morceau très « bourrin » comparé à ce à quoi ils nous avaient habitués ces dernières années. Mais, en même temps, les apparences sont parfois trompeuses. On sent aussi que derrière tout cela il y a plus. Ce « Rocket Skates » laisse présager au final un album qui allie les deux faces de Deftones, des guitares parfois très rageuses et violentes avec un chant très aérien qui sait soutenir les guitares. On peut se tromper mais cet album peut-être envisagé comme une galette somme toute assez brute. Chino a d’ailleurs déclaré vouloir écrire des paroles qui seraient moins personnelles et plus abstraites…

Deftones c’est une carrière en dent de scie avec des hauts et des bas. Le premier album n’a d’ailleurs pas eu de succès immédiat mais sera finalement disque d’or quelques années plus tard. Les compositions du groupe étaient brutes, typées et accessibles. Le nu metal était en train de naître et, à ce moment-là, Deftones faisait partie des groupes qui en jetait les bases. La voix y est plaintive et les guitares agressives avec un son très particulier. Un peu poudreux et chimique. L’album est un exemple du genre, son manque de succès au moment de sa sortie vient de l’absence de relai médiatique plus que de sa qualité. Un petit aperçu avec la vidéo de « Bored » extrait de cet album…


Vient ensuite l’album Around The Fur. Là il y a déjà du changement. Si la chanson qui ouvre l’album « My Own Summer Shove It » reste dans la lignée des premières compositions, avec bien sûr une production plus aboutie, ce n’est clairement plus le cas ensuite. Le tout se fait plus aérien, moins agressif mais tout en restant quand même metal au moins dans le son. C’est le cas par exemple avec le titre « Be Quiet And Drive (Far Away) ». La rage des premières années semble un peu effacée mais la musique est toujours musclée.


Après trois longues années d’attente il arrive enfin ! Le troisième album, White Pony, sort dans les bacs. Dans cet opus le virage opéré sur Around The Fur est toujours présent voire même accentué. Les Deftones virent quasiment vers le rock alternatif ! Mais toujours avec cette touche d’originalité caractéristique et une pêche d’enfer. L’album n’est plus aussi musclé qu’avant, à part quelques titres comme « Elite » ou même « Street Carp » . Le reste de l’album est très rêveur et aérien on pense notamment à « Changes (In The House Of Flies) »; « Digital Bath » ou encore « Passenger » en duo avec Maynard James Keenan, chanteur de Tool et A Perfect Circle. Cet album est considéré comme un chef d’?uvre par les fans.


Deftones, album éponyme sorti en 2003 est lui très mal accueilli. Pourquoi ? Parce que les fans attendaient quelque chose dans la veine de White Pony et les critiques pensaient encore une fois à une surprise de la part de ce groupe qui n’avait jamais sorti deux albums semblables. En réalité on trouve dans ce quatrième opus une synthèse des deux albums le précédant. Il apparaît plutôt terne et plat. Sans être vraiment mauvais tout de même. Simplement, nous étions habitués à mieux de la part des californiens. Peut-être un manque d’inspiration ou des projets parallèles trop prenants notamment pour le guitariste et le chanteur…Voici un extrait de cet album :


La cinquième parution, Saturday Night Wrist, fut donc très attendue. Cette fois l’ambiance est plus personnelle et on redécouvre la facette douce et rêveuse de Deftones que nous avions connus dans White Pony. Tout en lui ressemblant dans l’esprit, l’opus est différent au niveau sonorités, arrangements et compositions. Le tout paraît plus abouti et plus complexe du côté des instrumentations. Un bel album qui a permis de rassurer les fans de la première heure qui avaient suivis, haletant, l’évolution de ce groupe. Les titres tel que « Mein » ou « Hole In The Earth » montrent l’ambiance particulière de Saturday Night Wrist. Un album avec des orchestrations complexes empruntant à la fois au nu metal et au rock alternatif, une belle synthèse des différentes influences des membres du groupe.


En conclusion, cette nouvelle vidéo on aime, ou pas, mais surtout on attend impatiemment la sortie de Diamond Eyes le 18 mai prochain afin de savoir ce que les p’tits gars de Sacramento nous ont concoctés. A ce moment-là nous saurons si Deftones est toujours un groupe majeur dans son style : par la qualité de ses compositions et sa capacité a innover.



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  • Merci pour ce commentaire que je trouve élogieux et c’est clair qu’autant il faut oublier l’album Deftones autant Saturday Night Wrist est vraiment une bombe !

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  • Ce résumé de la carrière des Deftones est impécable et m’incite avec nostalgie à me replonger dans leur oeuvre. Ce fut mon premier concert sur leur tournée « around the fur », un album parfait, et par la suite il faut bien l’avouer, je n’ai pas suivi le groupe dans son évolution. Alors séance de rattrapage bien amorcée! Merci qui? (oui au fait, c’est qui qui a rédigé ça?)

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