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Nouvelles Du Front   

Dernier hommage à Malcom McLaren


64 ans… La vie est décidément bien vache avec nous autres, pauvres humains. C’est le jeudi 8 avril 2010 dans une clinique suisse que le cancer aura eu raison de Malcom McLaren. Nous l’avions observé par le passé, c’est toujours les meilleurs qui nous quittent en premier, Dimebag Darrel (Pantera) pour ne citer que lui en est la preuve. Certains nous diront: « Mais c’est qui celui-là encore? ». Peut-être que ce nom ne vous dit rien mais il est certain que vous le connaissez malgré tout. Après tout, sans lui, le grand mouvement punk british n’aurait pas eu la même saveur, voire n’aurait jamais existé.

Oui, il est impossible que vous ne le connaissiez pas chers lecteurs, même si vous habitez au fin fond d’une campagne perdue sans contact avec l’extérieur. Les Sex Pistols, c’est lui. Le style vestimentaire punk british, c’est lui également. Alors si vous nous dites que vous ne connaissez pas ça, autant vous ré-enterrer dans votre cambrousse tout de suite. Pour les autres, laissez-vous plonger dans la spirale infernale du passé. Car Mr McLaren mérite amplement qu’on se penche sur son cas pour un hommage, une dernière fois, avant de le laisser reposer en paix.


C’est pendant son adolescence que Malcom McLaren commence à développer ses idées sur le détournement, stratégie situationniste consistant à renverser d’un point de vue esthétique un message en réutilisant des slogans, des campagnes marketing ou des images publicitaire de façon « détournée ». Ce principe vous dit quelque chose n’est-ce pas ? Oui, c’est bien la base du punk tel que nous le connaissons aujourd’hui, vous ne rêvez pas. Après bien des déboires, notamment en 1968 en France, McLaren arrive enfin à montrer sa vision esthétique au grand public en 1975. C’est en s’intéressant au mouvement protopunk développé aux States qu’il fait enfin parler de lui. Alors que s’est-il passé en 1975 dans le protopunk ? Si l’on se penche sur le sujet, nos yeux sont tout de suite interpellés par un véritable tonnerre rougeâtre mis en avant par les New York Dolls. Le groupe débarque en effet en uniforme rouge avec comme fond, des drapeaux communistes et des slogans de la révolution culturelle chinoise. Et l’homme se cachant derrière ce visuel des plus provocant n’est autre que… Malcolm McLaren lui-même. Même si la tournée ayant suivi est un véritable désastre pour le groupe qui se sépare peu de temps après, force est de constater que l’image marque l’esprit de ceux ayant connu ce mouvement.


A la suite de ce nouvel « échec », l’homme se concentre sur le magasin qu’il avait préalablement ouvert en 1971 à Londres qui distribuait sous le nom de SEX, des vêtements de style sado-masochiste, considéré comme anti-fashion. Il embauche pour travailler dans cette boutique un jeune étudiant en art nommé Glen Matlock. McLaren fait bientôt la connaissance d’un sportif, arborant les cheveux verts et une veste des Pink Floyd déchirée de telle manière à faire apparaître « I Hate » , son nom est John Lydon. Vous voyez où nous voulons en venir ? Hé oui, les Sex Pistols commencent à prendre forme. D’ailleurs, McLaren s’investit pleinement dans ce projet et en 1977, le premier morceau est dévoilé au public répondant sous le nom d’un single intitulé « God Save The Queen ». Peu de temps après l’album Never Mind The Bollocks débarque et a l’effet d’une bombe atomique en Angleterre. La suite, vous la connaissez.

La seule chose à retenir est que McLaren était le manager des Sex Pistols et gérait toute l’image du groupe et fut à l’origine du film The Great Rock’n’Roll Swindle, le faux documentaire sur le groupe. Savez-vous également l’impact qu’a eu le combo à cette époque, que ce soit d’un point de vue national ou international. Si on regarde bien, en mettant à part les tribulations comportementales des membres du groupe, tout ce qui fait le succès des Sex Pistols a été pensé et mis en place par leur manager et non le groupe lui-même. On peut dire, sans conteste, que le visionnaire, la tête pensante du punk, est cet homme que l’on perd aujourd’hui. Sans lui, les messages « No Future » ou « God Save The Queen : A Fascist Regim » n’existeraient pas, sans oublier le look punk typique : pantalon écossais, bretelles et épingles à nourrice. Que vous adhériez ou pas au mouvement punk des seventies ou non, ce visuel et cet état d’esprit ont pleinement marqué leurs temps et sont devenu une véritable philosophie de vie. Sans punks, le monde ne serait pas le même aujourd’hui. Le metal n’aurait peut-être pas existé. Les influences du punk sur des groupes tels que Maiden ou les grands groupes de thrash sont évidentes. Le journal anglais The Times ne s’y trompe pas lui non plus car il souligne même que McLaren a fondé « un mouvement punk qui a à la fois traumatisé et fait frissonner de plaisir la Grande-Bretagne des années 70 ».

Mais Malcom McLaren n’est pas qu’un manager. Il est aussi un artiste. Johnny Rotten confie au lendemain de la mort de son père spirituel : « il a toujours été un artiste et j’espère que vous vous en souviendrez. Avant tout, c’était un artiste et il va me manquer, tout comme il devrait vous manquer ». C’était une personne « très charismatique, spéciale et talentueuse » selon les dires de sa compagne Vivienne Westwood, styliste ayant aussi apporté sa contribution au mouvement punk. L’ex-manager des Sex Pistols était également un musicien. Il a en effet publié 6 albums entre 1983 et 1998, où il visitait des sphères bien différentes du punk. En effet, sa musique était empreinte d’influences hip hop, funk ou disco. Une de ses chansons apparaît même dans le film Kill Bill Vol.2 de Tarantino, c’est le morceau « About Her ».

Il reste difficile de faire un hommage complet pour ce homme tellement sa vie a pris de multiples chemins. Un simple article ne peut suffire à parler de tout ce qu’il a engendré. Ainsi, nous espérons que celui-ci aura éclairé les lanternes de ceux qui ne connaissaient pas son nom et ravivé la nostalgie des lecteurs ayant connu cette époque que McLaren a marquée. Nous perdons encore aujourd’hui un grand nom. De ce fait, nous en profitons pour adresser toutes nos sincères condoléances et notre soutien à la famille et aux proches de Malcolm. Ta flamme s’est éteinte en ce 8 avril mais elle restera toujours présente dans nos c?urs et ce, durant longtemps. R.I.P and don’t worry guy: « Punk’s not dead »…

Sources:
Le ParisienLibérationLe Monde[/urlb]



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  • Que le punk ait eu un indéniable impact, c’est correct.
    Que le métal n’aurait pas existé sans, wallouh, alors, là, on s’emballe.
    Que Johnny Rotten pleure son « mentor » me laisse dubitatif car je ne les croyais pas si « potes ».
    Aprés, soyons effectivement honnête, et je rejoins Flo : Mc Laren n’était pas tout blanc et il y a eu pas mal de polémiques autour de lui. A ce sujet, le bouquin England’s Dreaming de Jon Savage est excellent.
    Ce qui est sûr c’est toujours aussi bon, un bon vieux Never Mind…

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  • Erf… Il est parti. En même temps, ce mec fait parti des plus gros contribuables à la mort du Rock. Que ce soit en donnant une valeur marchande et du marketing à la rébellion adolescente ou en étant le premier a tenter de faire du fric avec le rap US en europe (chose qu’il foira d’ailleurs ^^). Un sacré arriviste capable du meilleur… Comme du pire.

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