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Interview   

Des news d’Igor qu’avale les rats


Dans ses paroles, Igor Cavalera est à l’image de son jeu de batterie sur le dernier album de Cavalera Conspiracy : direct et sans fioritures. Cette interview est bien la preuve qu’il n’est pas nécessaire d’être bavard à outrance pour avoir un discours intéressant.

C’est avec une franchise respectable qu’il nous a répondu sur l’enregistrement du dernier album, l’évolution de son jeu ainsi que sur l’épineuse question des rapports avec Sepultura. Vous noterez le flegme du personnage, trait de caractère peu commun sur une scène metal bourrée de personnages très expansifs. De temps en temps, ça fait du bien !

Et c’est en exclusivité sur ces colonnes qu’il nous annonce la création d’un nouveau projet avec son frère, un révolutionnaire projet touchant l’univers du cirque en proposant notamment un numéro à haut risque d’avaler de rongeur.

« C’est presque comme jouer un concert et essayer de recréer cette ambiance sur un album. C’était l’idée qui se cachait derrière le fait d’enregistrer l’album aussi rapidement. »

Il y a deux semaines, vous avez interprété le nouvel album de Cavalera Conspiracy pendant un concert. N’est-ce pas un peu risqué de jouer autant de morceaux inconnus devant un public ? Comment les gens ont-ils réagi ?

C’était vraiment amusant. Tu sais, j’aime faire des choses différentes.

L’album a été enregistré en trois jours. Était-ce pour garder une certaine spontanéité ?

Oui, c’est quelque chose que Max et moi avions essayé sur le premier album, Inflikted. Nous avions vraiment apprécié l’idée de faire quelque chose qui serait de la puissance à l’état brut. Comme tu le disais, cela permet de garder de la spontanéité mais ça nous permet également de garder le même type d’énergie que lorsque nous jouons en live. C’est presque comme jouer un concert et essayer de recréer cette ambiance sur un album. C’était l’idée qui se cachait derrière le fait d’enregistrer l’album aussi rapidement. On avait vraiment aimé quand on avait essayé pour Inflikted alors on a recommencé pour Blunt Force Trauma.

Aviez-vous peur de perdre cette spontanéité en restant plus longtemps en studio ?

Non, non. C’était juste quelque chose qu’on voulait essayer et ça a vraiment fonctionné. Ça fait plusieurs années qu’on fait ça, on sait ce qu’on veut. Un nouveau groupe pourrait perdre le fil très rapidement, mais nous sommes de vieux enfoirés, on sait ce qu’on veut!

L’album est vraiment percutant, tranchant et les paroles parlent de violence. Cependant, derrière cette agressivité, on sent un certain enthousiasme et un petit côté rock’n’roll. Sur le papier, l’album est similaire au premier, mais cette aura le rend complètement différent. Ressens-tu la même chose à ce sujet?

Pour moi, c’est difficile de comparer. Mais je crois sincèrement qu’il est agressif. Si je devais faire une distinction entre les deux, je dirais que cet album est plus simple que le premier, surtout concernant le processus d’écriture. Sur le premier, on voulait que certaines chansons soient un peu plus longues. Sur cet album, les chansons sont plus courtes et plus directes. Je crois que c’est la différence principale entre ces deux albums.

Ce que je voulais dire c’est que l’on ressent un certain plaisir à jouer ces titres ensemble.

Oui, mais je crois que c’était déjà le cas sur le premier album, alors je ne perçois pas tellement de différences entre ces deux albums sur le niveau d’enthousiasme. La seule différence que je peux noter, c’est que grâce aux tournées qu’on a fait ensemble, le groupe est plus soudé. C’est plus facile de prendre du plaisir quand ça fait longtemps que tu joues avec les mêmes personnes.

« J’ai essayé d’une certaine manière de garder mon jeu minimaliste. Ça n’a rien à voir avec ce que font les autres batteurs mais c’est plus quelque chose entre moi et ma façon de jouer de la batterie, une sorte d’affrontement intérieur. Cela fait aussi partie des joies de jouer de la musique : avoir le choix de faire ce que tu veux. Tu peux jouer vite, tu peux jouer très vite, tu peux jouer doucement. »

Dans le making-of de l’album mis en ligne par Roadrunner, tu déclares que tu voulais avoir le jeu le plus dépouillé possible.  Trouves-tu que les batteurs ou les musiciens metal en général en font trop dans la démonstration ?

Non, non, c’est juste que je me suis lancé ce défi. Je me fixe toujours un défi quand je prépare un album. Par exemple, dans mon ancien groupe Sepultura, pour Roots, je voulais faire quelque chose de très percutant. En fait,  je me suis toujours lancé ce genre de missions secrètes avant de faire un nouvel album. Pour Blunt Force Trauma, je voulais le garder aussi simple que possible dans mon esprit, j’ai essayé de ne pas en faire trop : pas trop de descentes de toms, ne pas frapper les cymbales trop souvent. L’idée était de rester le plus sage possible. J’ai essayé d’une certaine manière de garder mon jeu minimaliste. Ça n’a rien à voir avec ce que font les autres batteurs mais c’est plus quelque chose entre moi et ma façon de jouer de la batterie, une sorte d’affrontement intérieur.

Max a dit que cet album était ce dont la musique avait besoin aujourd’hui. C’est une déclaration très forte, était-il sérieux ou était-ce seulement pour provoquer ?

Max est d’une certaine manière, une personne très provocante notamment parce qu’il est vraiment passionné par sa musique : la façon dont il écrit les paroles, la manière dont il compose sa musique, il aime vraiment ce qu’il écrit, alors, quand il dit quelque chose comme ça, il y croit vraiment tu sais ! (rires) Bien sûr, tout le monde ne va pas être d’accord avec lui, et ça ne lui pose aucun problème. Il ne dit pas ça pour satisfaire tout le monde. Bien sûr, il va y avoir beaucoup de personnes qui diront qu’il a tort, mais, ça non plus, ça n’est pas un problème ! (rires)

Es-tu d’accord avec lui sur le fait que cet album représente ce dont la musique a besoin aujourd’hui ?

Oui, si je n’étais pas d’accord avec lui, je ne devrais pas jouer sur cet album ! (rires)

Oui, mais tu peux jouer avec lui sans avoir exactement le même avis sur l’album…

Oui, mais là, j’ai le même avis que lui.

Est-ce que le côté tribal des percussions te manque ? En plus de Cavalera Conspiracy, tu participes à de nombreux projets non-metal. As-tu déjà pensé à intégrer ce côté tribal à Cavalera Conspiracy pour ainsi réunir ces deux univers ?

Non, je pense qu’on en a fait trop. Je trouve que ça a été fait des millions de fois. Ça n’a pas besoin d’être refait encore et encore et encore… C’est incroyable d’expérimenter mais c’est aussi génial de faire des choses différentes. Comme je l’ai dit : maintenant, je suis plus pour faire quelque chose de plus minimaliste avec mon jeu à la batterie. J’aime beaucoup ces sonorités tribales mais en ce moment je travaille mon jeu de batterie d’une autre manière. Peut-être qu’à l’avenir j’essaierai quelque chose d’autre, comme le boléro, la samba ou n’importe quoi d’autre. Mais c’est juste quelque chose qu’on a déjà fait avant alors…

Que répondrais-tu à ceux qui pourraient prétendre que si tu joues d’une manière minimaliste, c’est parce que tu n’es plus capable de jouer des lignes de batterie plus complexes ?

Je m’en fous (rires) parce que je peux jouer tout ce dont j’ai vraiment envie. Cela fait aussi partie des joies de jouer de la musique : avoir le choix de faire ce que tu veux. Tu peux jouer vite, tu peux jouer très vite, tu peux jouer doucement, c’est juste une question de choix, tu sais.

Joe Duplantier est très occupé avec Gojira, il n’a pas pu se joindre à la tournée qui a suivi le premier album de Cavalera Conspiracy. Cependant, vous semblez être restés en bons termes. Est-il possible qu’un de ces quatre, il monte sur scène avec vous ?

Ouais, mais il devra aussi être avec Johny Chow car nous avons trouvé en lui un bassiste hors pair. Je crois qu’on est vraiment chanceux car on a trouvé Joe Duplantier pour jouer sur l’album et c’est un ami incroyable, mais on a aussi trouvé quelqu’un pour jouer avec nous en tourné qui est, par la suite, devenu un des membres du groupe et c’est Johny Chow. Maintenant c’est un membre de Cavalera Conspiracy. Grâce à cette expérience, nous avons trouvé deux très bons amis. Si jamais on avait la possibilité de monter sur scène, alors ça sera avec nos deux amis. Par conséquent, je crois que finalement, c’est très positif. Nous avons deux bons amis et deux musiciens incroyables au sein de Cavalera Conspiracy.

[NDLR : à propos d’une éventuelle reformation de Sepultura] « Je m’en moque. La seule chose qui m’intéresse c’est de pouvoir jouer avec Max. […] Si ça n’arrive pas, ça n’est pas grave, ça ne m’empêchera pas de dormir. »

La biographie que nous avons reçu avec l’album de la part de Roadrunner Records se termine en disant que Blunt Force Trauma est l’album parfait pour faire patienter le public jusqu’à ce que la reformation du line-up original de Sepultura se produise. Espères-tu encore que cela arrive ? Il semblerait que le label soit convaincu que ça finira par se faire.

Je ne sais pas, je crois que c’est Roadrunner qui essaie, ce n’est pas moi. S’ils ont écrit ça, il faudra que tu leur poses la question… Car ça n’est pas moi qui ai écrit ça. Je n’en avais pas la moindre idée, je n’avais même pas vu cette déclaration.

Et tu aimerais que cela se fasse ?

Je m’en moque. La seule chose qui m’intéresse c’est de pouvoir jouer avec Max. C’est la chose la plus importante. Tout ce truc autour de Sepultura c’est comme… Ça m’est égal.

Et à ton avis, c’est possible ?

Si ça arrive, ça arrive. Si ça n’arrive pas, ça n’est pas grave, ça ne m’empêchera pas de dormir.

Sepultura a ressenti le besoin d’enregistrer une vidéo pour mettre les choses au clair pour dire qu’il n y aurait pas de réunion et qu’ils étaient en colère contre Max pour avoir véhiculé l’idée d’une hypothétique reformation. Comment Max et toi vous êtes- vous sentis par rapport à cette vidéo?

Je n’ai vraiment pas le temps de m’occuper des ragots ou de prêter attention à ce genre de trucs. Je focalise toute mon énergie à jouer de la musique et dans les choses positives. J’ai mes autres projets, j’ai Cavalera, ce sont les seules choses sur lesquelles je me concentre.

« Je pourrais monter un spectacle de cirque en France où j’avalerais des rats dans la rue. »

Maintenant pour terminer cette interview, voici une question stupide. Phonétiquement parlant, en Français, “Cavalera” sonne comme « qu’avale les rats ». Igor Cavalera se dirait Igor ‘qu’avale les rats’. Donc : est-ce que ça t’arrive souvent de manger des rats ?

Tu es sérieux ?

Oui, complètement. (rires)

Waouh, ça c’est vraiment cool ! Je ne savais pas. Je viens d’apprendre quelque chose. Ça pourrait être mon projet solo. Je pourrais être un nouvel artiste solo français. Je pourrais monter un spectacle de cirque en France où j’avalerais des rats dans la rue.

(Rires) Nous avons sorti ça à ton frère il y a quelques mois de cela et il nous a répondu qu’il mangeait des rats au petit-déjeuner.

Tu vois, il fait déjà partie du spectacle. Il mange des rats au petit déjeuner et je fais le show le soir.

Interview réalisée par phoner en mars 2011.

Retranscription et traduction : Sandra et Isa



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  • milaxthor dit :

    max,esta convertido en un chancho culiao

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  • Vivement la reformation de Sepultura pour que les membres nous rebottent les fesses à la façon Arise (meilleur album de heavy-thrash métal, selon moi)

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  • Autant je suis un inconditionnel de Max Cavalera autant Blunt Force Trauma ne m’inspire pas du tout sauf la chanson Killing Inside qui est un poil plus recherchée que les autres.

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