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Interview   

Des news de Max qu’avale les rats


Max Cavalera peut être fier de son dernier bébé. Omen, le dernier album de Soulfly, est un album diablement jouissif et qui montre, si tant est que ce soit nécessaire, à quel point Max a le sens du riff qui tue. Et Max n’est pas prêt de s’arrêter puisqu’il nous prépare pour l’année prochaine le second volet de Cavalera Conspiracy, projet qui le voit se réunir avec son frère Igor. Vu la qualité du premier album, inutile de dire que ce second est attendu de pied ferme. Ce n’est d’ailleurs pas l’enthousiasme de Max qui calmera l’impatience des fans.

Dans un tel contexte nous avons voulu prendre quelques nouvelles de ce musicien emblématique, aussi talentueux que prolifique. Max Cavalera a donc accordé quelques minutes à Radio Metal pour répondre à nos questions.

Entretien.

(A propos du nouvel album de Cavalera Conspiracy) « Je suis impatient que les fans l’entendent parce que je pense que ça sera une bonne suite au premier album. Je préfère le second opus, il est plus cohérent, on sent mieux l’énergie entre Igor et moi sur cet album que sur le premier. On joue mieux ensemble maintenant qu’avant parce qu’on passe plus de temps ensemble. »

Radio Metal : Le départ de Bobby Burns de Soulfly semble avoir été amical mais nous ne connaissons pas vraiment les raisons qui l’ont poussé à partir. Quelles sont-elles ?

Max Cavalera : Les choses ne marchaient plus vraiment, on a commencé à être très distant avec lui pendant la dernière tournée. Il s’est pas mal séparé de nous et ça nous a fait bizarre. Et il buvait beaucoup, il était bourré tous les soirs, il faisait des conneries, manquait des notes et foutait les concerts en l’air. On ne pouvait pas accepter ça. Si tu veux rester dans Soulfly, les concerts sont vraiment importants, donc tu dois bien jouer, et il ne prenait plus ça vraiment au sérieux, donc je lui ai gentiment demandé de partir. C’est mieux pour tout le monde s’il s’en va et qu’on prenne un nouveau bassiste. On travaille là-dessus en ce moment.

Est-ce que Johny Chow est supposé devenir un membre permanent du groupe ?

Non, il fait juste la tournée européenne. Il nous file un coup de main parce qu’on ne pouvait trouver personne aussi rapidement et Johny connaissait beaucoup de chansons donc il a proposé son aide pour qu’on puisse continuer les tournées sans avoir besoin de s’arrêter pour trouver un bassiste. Il nous aide vraiment beaucoup : il fait la tournée européenne, en ce moment on est en Russie, ensuite on fera le reste de l’Europe, puis l’Amérique et j’espère qu’après la tournée américaine, on aura un bassiste que je pourrai annoncer au monde.

Lorsque Joe Duplantier faisait partie de Cavalera Conspiracy, c’était une grande fierté pour les fans français de metal. Malheureusement il ne fait plus partie du groupe. Penses-tu que c’était inévitable compte tenu de son engagement dans Gojira ?

Ouais, malheureusement, à cause des emplois du temps de nos tournées, il ne pouvait pas faire les deux groupes à la fois et on avait besoin d’un bassiste qui puisse faire une tournée avec nous. Du coup, on a pris Johny Chow à la basse. Mais j’ai adoré le travail qu’a fait Joe sur le premier album, c’est génial de travailler avec lui, c’est un très bon musicien, un très bon ami et je comprends qu’il soit occupé avec Gojira, c’est son groupe principal. Donc c’est compréhensible à tous les points de vue que ça se soit passé comme ça. On avait besoin de trouver un bassiste qui puisse rester avec nous mais je suis très fier du travail qu’il a fait sur le premier album, il a fait un super boulot.

Apparemment le prochain album de Cavalera Conspiracy sera très brutal. Que peux-tu nous dire de plus à son sujet ?

Le nouvel album est terminé. C’est un album très excitant. Je ne sais pas comment expliquer le son qu’il a. C’est brutal, mais ça va au-delà de ça. Il y a quelque chose derrière de vraiment cool et excitant. On a également collaboré sur un morceau avec Roger (Miret) d’Agnostic Front. Le morceau s’appelle « Lynch Mob » et il s’avère que le titre est vraiment cool, à mi-chemin entre du thrash et du hardcore à l’ancienne, un Agnostic Front couplé avec du Slayer dans une sorte d’ambiance Cavalera Conspiracy. L’album est vraiment excitant. Il a été très bien fait. On a enregistré ça à Los Angeles, on avait Logan (Mader) comme coproducteur, je suis producteur de l’album et Logan a fait un super boulot. Je suis impatient que les fans l’entendent parce que je pense que ça sera une bonne suite au premier album. Je préfère le second album, il est plus cohérent, on sent mieux l’énergie entre Igor et moi sur cet album que sur le premier. On joue mieux ensemble maintenant qu’avant parce qu’on passe plus de temps ensemble, donc je pense que ça sera un excellent album.

Si l’album de Cavalera Conspiracy s’avère vraiment si brutal, doit on s’attendre, à l’inverse, à avoir un nouvel album de Soulfly plus “relax”, comme pour équilibrer les choses ?

On verra, c’est trop tôt pour l’instant, je ne sais même pas ce que je vais faire avec le prochain album de Soulfly. Pour l’instant, je suis en Russie. Ensuite on fait l’Europe et je serais occupé en tournée jusqu’à l’année prochaine. Quand on aura fini avec les tournées, je commencerai à penser au prochain album. Un truc que j’aimerais probablement faire, c’est, en quelque sorte, une idée de retour aux racines et enregistrer une partie de l’album dans un autre pays, comme ce que j’ai fait avec Roots au Brésil. Ce serait vraiment sympa d’intégrer ça à Soulfly. Peut-être quelque part en Afrique où il y a une ambiance tribale qui se ressent. Ça serait cool donc c’est quelque chose qui peut arriver.

« J’ai toujours trouvé que c’est important de ne pas oublier tes racines, là d’où tu viens. Je suis un type metal, je viens du metal et j’ai pensé qu’il serait bon de retrouver une recette plus rentre-dedans avec Soulfly. »

Soufly a eu une évolution plutôt spéciale. Tu as poussé le groupe vers une orientation plus thrashy et old school en comparaison de ses débuts. Cela semble être une évolution opposée à celle de Sepultura du temps où tu en faisais partie. Comment l’expliques-tu ?

C’est quelque chose d’assez naturel. J’adore ce que j’ai fait pendant toutes ces années. J’aime tous les albums mais j’ai toujours trouvé que c’est important de ne pas oublier tes racines, là d’où tu viens. Tu sais, je suis un type metal, je viens du metal et j’ai pensé qu’il serait bon de retrouver une recette plus rentre-dedans avec Soulfly. Ça a commencé avec Dark Ages, puis avec Conquer, et maintenant avec Omen, c’est plus lourd. J’aime quand les groupes deviennent plus lourds. Quand ils deviennent plus connus, ils deviennent plus lourds. J’ai toujours pensé que c’était cool, donc j’ai voulu faire la même chose avec Soulfly. On est devenus plus connus mais notre son est aussi devenu plus lourd.

Quelle est ton opinion aujourd’hui à propos des tous premiers albums de Soulfly qui semblent, en fin de compte, plutôt liés à une époque où le neo metal était roi ?

J’aime ces albums, ils sont très bons. En fait, on joue pas mal de ces morceaux en concert, comme « Eye For An Eye », « Tribe » et « Primitive ». Ce sont des albums très excitants – une période excitante dans ma vie aussi – ce sont des albums très spéciaux qui m’ont aidé à surpasser beaucoup de choses. S’il n’y avait pas eu ces albums, je ne serais pas ici, maintenant dans Soulfly. Ce sont donc des albums très particuliers pour moi et ils tiennent une place importante dans mon cœur. Mais, tu sais, le temps passe et il est temps de faire des choses nouvelles. Chaque album est différent donc je suis à dans un état d’esprit différent de cette époque.

Tu es un homme très productif : cette année nous avons eu Omen, l’année prochaine nous pourrons nous délecter du nouveau Cavalera Conspiracy et je suis certain qu’un nouvel album de Soulfly verra le jour en 2012… A partir de maintenant, doit-on s’attendre à un nouvel album de Max Cavalera chaque année ?

J’espère. J’aimerais que cela puisse rester ainsi. Je fais en sorte que la musique continue de sortir. C’est bon de toujours faire quelque chose, d’être actif. J’espère que chaque année on aura de la nouvelle musique à apporter à mes fans ; c’est ce que j’aime faire.

Les personnages qui représentent les sept péchés capitaux sur la pochette d’Omen ressemblent aux Tusken Raiders dans Star Wars. Pourquoi as-tu choisi cette représentation ?

L’artiste s’appelle David Ho et il a fait des illustrations pour Star Wars, c’est comme ça que je l’ai trouvé, dans un livre aux États-Unis. Je cherchais un livre et j’ai trouvé certaines de ses illustrations et j’ai beaucoup aimé. Puis je lui ai parlé de la couverture de l’album et je lui ai dit que c’était mon septième opus avec Soulfly donc il m’a dit « pourquoi tu ne ferais pas les sept péchés ? Chaque album serait un péché. » J’ai trouvé que c’était une super idée, une bonne façon de jouer un peu avec le visuel. J’aime beaucoup son travail. Je trouve que c’est un super artiste. J’aime à quel point la couverture de l’album est sombre. J’aime les prophètes aux masques à gaz qu’il a fait pour l’album. Et au final, c’est juste une chouette idée même s’il n’y a pas vraiment de grande signification derrière les sept péchés ; c’est juste une sorte de jeu sur l’idée de sept albums.

Tu as toujours eu des invités prestigieux sur les albums de Soulfly. As-tu déjà une idée de qui tu aimerais inviter pour le prochain ?

Il est trop tôt, tu sais. Je n’ai pas encore pensé au nouvel album parce que je ne ferai pas ça avant l’année prochaine. Je ne sais pas, de but en blanc je dirais qu’Ozzy serai quelqu’un avec qui j’aimerais travailler. Ça serait vraiment sympa de faire une chanson avec lui mais on verra bien ce qui se passera.

Tu as récemment tenté de reformer le line-up originel de Sepultura mais sans succès. Penses-tu que ça vaille le coup d’insister sur une reformation uniquement pour faire plaisir aux fans ? Kiko Loureiro, un autre musicien brésilien se trouvant dans une situation similaire avec son groupe Angra, nous a dit que les choses ne devaient pas être forcées, que cela doit venir naturellement. Quelle est ton opinion sur ce sujet ?

Je suis d’accord avec lui. Je pense que si quelque chose a besoin d’arriver, ça va se passer, donc il faut laisser les choses se faire. C’est souvent pour le mieux parce que quand tu forces quelque chose qui ne devrait pas l’être et que tu essaies de le faire de toute façon, les gens vont voir que ça a été forcé et que c’est devenu faux et ça, ce n’est pas bon. Donc c’est mieux de rester naturel.

Maintenant, pour clôturer cette entrevue, voici une question stupide. Phonétiquement, en français, « Cavalera » sonne comme « qu’avale les rats ». Donc Max Cavalera sonne comme « Max qu’avale les rats ». Par conséquent, manges-tu souvent des rats ?

Uniquement au petit-déjeuner ! (Rires)

Interview réalisée en novembre 2010 par phoner
Traduction : Stan



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  • Je lis l’interview, je me dis « pas mal » c’est sympa.
    Je lis la dernière question, le jeu de mot foireux genre papa a bedaine de 50 ans, et là je suis sûr que c’est Spaceman qui a faite cette itw et… jackpot c’est bien la demoiselle Spaceman !
    Qu’est ce que tes jeux de mots sont lourds putain !

    [Reply]

    D’abord, il est pas neuf ce jeu de mot, donc je ne me permettrait pas de m’attribuer tous les mérites, et puis ce qui est amusant ce n’est pas le jeu de mot en tant que tel mais d’avoir posé la question à Max!

    Et puis, tu te trompes, un tel niveau sur la question finale c’est forcément le résultat d’un travail d’équipe, en l’occurrence avec Metalo. 😉

    En tout cas, relax Max, heu, Seb. 😉 Faut bien rigouler. 😉

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