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Interview   

Des tripes, du sang et des vignes


Au moment où certains politiques perdent leur temps et énergie en prenant en grippe le Hellfest, tout Clisson prépare déjà le festival. Pas étonnant lorsque l’on sait que ce dernier – qui fait venir près de 60 000 personnes en 3 jours – apporte dans ses bagages une manne économique non-négligeable pour le village et, plus généralement, pour toute la région du pays de la Loire. Patrice Heraud fait partie des viticulteurs de Clisson qui louent leurs terres au festival. Il y a quelques jours, nous avons eu un échange spontané avec lui que nous vous faisons partager ici.

Le Hellfest – qui se tiendra du 18 au 20 juin prochain à Clisson – est défendu par la très grande majorité des acteurs locaux. Le festival est donc logiquement devenu un événement incontournable pour Clisson et ses alentours qui profitent allègrement des retombées économiques directes ou indirectes du Hellfest. Hôtels, commerces (ah le fameux E.Leclerc de Clisson…), propriétaires de vignes et bien d’autres : tous profitent du Hellfest et le soutiennent.

Patrice Heraud travaille le muscadet toute l’année et loue ses terres pour le festival. « Depuis 2007, on a mis en place une cuvée Hellfest qui marche bien. « précise Patrice. « C’est un fait, le Hellfest est important pour Clisson. Par exemple, les petits déjeuners qui sont servis aux festivaliers permettent aux jeunes d’une association clissonnaise de partir en vacances. » Notre interlocuteur précisant sur le sujet « de toute façon, 80% des gens ici sont pour le Hellfest. »

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Sur un plan personnel, Patrice a très vite compris qu’il aurait affaire à des festivaliers courtois. « En 2006, la première année du Hellfest, j’ai beaucoup discuté avec les festivaliers et je me suis rendu compte qu’ils étaient très sympas. Les gens sont solidaires, joyeux et il n’y a jamais d’embrouilles. Pour leur servir le petit déjeuner le matin, on a en tout 150 litres de cafés par jour à écouler. Comme tu l’imagines, ça prend beaucoup de temps mais les gens ne sont jamais mécontents et attendent tranquillement. De plus, il n’y a presque pas de détritus après le festival. »

Patrice fait partie des survivants qui ont connu le Hellfest version 2007, une année noire en termes d’images. « Oui, je me suis engagé pleinement en 2007. A l’époque j’avais mon bar entre les deux scènes, ça n’a pas été simple sur beaucoup de plans (conditions météorologiques etc) et on a vraiment beaucoup bossé. Malgré les difficultés, il y a toujours eu une bonne ambiance. De fait, pour se développer, le Hellfest avait besoin d’arracher des vignes donc on a poursuivi l’aventure ensemble.»

Mais au début Patrice et l’équipe du Hellfest (Benjamin, Yoann et Guillaume) ne se connaissaient pas très bien. « A l’époque, les vignerons avaient un peu peur du côté rave party du rassemblement mais on est rapidement devenus partenaires. Je loue maintenant 1/3 des terres et le reste est loué par d’autres viticulteurs partenaires. Le Hellfest m’aide beaucoup car il me permet un développement au-delà du festival. Et c’est ce dernier qui m’aide à connaître de nouveaux clients tout en m’ouvrant de nouveaux débouchés ».

Dans les faits, Patrice loue un hectare de terres au festival pour 1 000 euros sachant que le vigneron reverse un pourcentage sur toutes ses ventes (Cocktails, vins…) à Hellfest Productions. La cuvée Hellfest étant, elle, gérée par l’ensemble des vignerons.

Et lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de Christine Boutin ou Philippe de Villiers qui attaquent le Hellfest, Patrice répond : « ce sont des gens qui sont intolérants. Ils ne sont jamais venus et ne savent vraiment pas comment ça se passe ici ».

En tout cas sachez que vous aurez l’occasion de croiser Patrice sur le Metal Corner du camping afin de lui offrir un verre… à moins que cela ne soit le contraire !




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  • Lost / RM dit :

    Vraiment trés intéressant d’avoir la vue des vrais gens, de ceux qui participent au truc sur le terrain, y trouvent des retombées économiques et montrent un échange « gagnant-gagnant » pour reprendre un terme de certains milieux professionnels. Et justement, en ces temps de crise, les Boutin et De Villiers devraient aussi penser à l’économie que cela génère, à l’argent que certains gagnent grâce au festival. Autre point notable, le fait que grâce au festival, une association fait partir des jeunes clissonais en vacances. Si ça, ce n’est pas un renfort du tissu social, je n’y comprends rien. Donc finalement que du bon et du bon qui devrait réjouir des politiques responsables (les mots vont-ils bien ensemble ?).
    Ceci dit, il pourrait être intéressant d’avoir l’avis de gens qui n’aiment pas le Festival (hors conneries satanistes et autres), pour avoir un autre avis et voir si les raguments tiennent la route. Nous aurions ainsi plusieurs visions.

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  • En voilà un brave homme ! Je ne pourrai pas être là à l’édition 2010 mais je le remercie par ce commentaire. C’était courageux de s’engager dès les débuts du festival !

    Et je plussoie ses dires, j’ai été très agréablement surprise l’année dernière de la quasi absence de détritus au camping à la fin du festival.

    [Reply]

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