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Interview   

Devil You Know : Howard Jones signe de son sang


Howard Jones - Devil You KnowBeaucoup connaissent Howard Jones avant tout comme l’ancien chanteur de Killswitch Engage, et certains l’ont suivi dans sa nouvelle aventure avec Devil You Know, en compagnie notamment du guitariste d’All Shall Perish, Francesco Artusato. Un groupe dans lequel il ouvre son cœur « saignant », une part de son intimité, un peu comme une thérapie pour aider à soigner, ou tout du moins apprendre à accepter, ses névroses. L’an dernier, Artusato nous expliquait que sortir d’une formule prédéfinie, avoir la liberté d’essayer de nouvelles choses était ce dont Jones avait besoin et ce qu’il avait trouvé au sein de Devil You Know. Joint au téléphone, ce dernier corrobore les propos de son collègue : « Killswitch Engage et Devil you Know font des styles différents. Ceci est bien plus heavy. Le truc avec Killswitch, c’est juste qu’ils font ce qu’ils font et ils le font bien. Avec Devil You Know, il y a plein de styles différents qui tournent. C’est vraiment amusant d’essayer de nouvelles choses. De toute façon, lorsque tu fondes un nouveau groupe, tout est un peu nouveau. »

Devil You Know - They Bleed Red

« Souvent, les groupes font des choses sur leurs albums qu’ils ne sont pas capables de reproduire en live et ça, c’est un peu un problème ! »

Après un premier opus qui fut une bonne surprise, The Beauty Of Destruction, un nouveau commencement pour ainsi dire, arrive aujourd’hui un second album intitulé They Bleed Red. « En gros, désormais nous nous connaissons tous, » explique Jones pour donner le contexte de création de celui-ci. « Pour le premier album, nous avons composé assez rapidement mais je ne connaissais pas très bien ces gars. Ils m’envoyaient de la musique, j’allais en ville et j’écrivais des trucs. Et puis, tu vois, une fois que nous avons été sur la route, en tournée, et pu apprendre à bien vous connaître, nous avons assurément ressenti quelle direction nous voulions prendre pour l’album suivant. Et je crois que ça fait une grande différence. » Il poursuit : « Pour le premier album, Francesco et John ont écrit une tonne de trucs et puis j’arrivais et passait toutes les chansons en revue. Ils ont dû écrire au moins quarante chansons, ce qui m’a vraiment impressionné parce qu’ils n’arrêtaient pas de m’envoyer de la musique et j’étais là : ‘Stop ! [Rires] Arrêtez de m’envoyer des trucs ! Laissez-moi travailler sur ce que j’ai !’ Mais avec ce nouvel album, ils composaient des trucs et me laissaient écouter, c’était carrément plus collaboratif. » Jones prend « Stay Of Execution » comme une chanson représentative de la spontanéité et la fraîcheur de cet album : « Lorsque cette chanson est arrivée, je me disais : ‘Wow, j’aime vraiment cette chanson !’ C’est différent, c’est rapide, c’est heavy. Elle a commencé à évoluer rapidement et puis, sans crier gare, elle était finie ! »

C’est le producteur Josh Wilbur qui a cette fois-ci pris en charge l’album, avec la volonté de ne pas chercher à être à tout prix parfait mais à capturer le groupe de façon authentique et naturelle. Selon Jones, « souvent, les groupes font des choses sur leurs albums qu’ils ne sont pas capables de reproduire en live et ça, c’est un peu un problème ! Pour ma part, j’aime pouvoir tout maîtriser. Si je peux le faire en studio, je veux pouvoir aussi le faire en live. » Il poursuit : « Pour moi, c’est une question d’investir là-dedans chaque parcelle d’émotion et d’énergie ! C’était éreintant ! [Rires] C’était très fatigant parce que Josh avait un paquet de super idées, dont certaines fonctionnaient et d’autres non, mais hey, nous avons tout essayé, simplement pour obtenir les meilleures prises et le meilleur résultat possible. Et nous en sommes plutôt contents ! »

Au niveau des thématiques, le premier album de Devil You Know était très personnel, avec des paroles basées sur ce que le chanteur a pu vivre les cinq ou six années précédentes, notamment avec sa dépression et troubles de l’anxiété qui ont été nourris par l’ascension vers la célébrité de Killswitch Engage. « Ça aide, clairement, [d’écrire sur ces sujets], » explique-t-il. « C’est un super moyen de faire sortir tout ça parce que je suis très réservé lorsque je suis tout seul. C’était donc vraiment un bon album pour évacuer. Et celui-ci est également assez personnel. Il y a plein de choses différentes dans cet album. Pour une raison ou une autre, cette musique semble se prêter à l’écriture de choses très personnelles. Je veux dire, hey, nous avons même une chanson acoustique, non mais ! [Rires] Tu ne peux pas faire autrement qu’écrire des choses personnelles sur une chanson acoustique. » Et l’on voit bien que des chansons comme « The Way We Die », « Your Last Breath » et « How The End Shall Be » font directement référence à la mort à laquelle il a notamment pu être confronté. « Une fois que tu as vécu le fait d’être dans le coma, ça change ta façon te penser à ta mortalité, » avoue-t-il.

Devil You Know 2015

« Si quelqu’un retire quelque chose de mes mots et que ça signifie quelque chose pour eux, c’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire. »

« Suivant la chanson, souvent lorsque je me pose pour écrire, je me dis : ‘Wow, je ne peux pas croire que je sois vraiment en train d’écrire à propos de ça !’ [Rires], » s’exclame-t-il. « Si quelqu’un retire quelque chose de mes mots et que ça signifie quelque chose pour eux, c’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire. Lorsque des gens sont venus me dire : ‘Hey mec, merci d’avoir écrit cette chanson !’ C’est génial ! Vraiment. Ça valide, en quelque sorte, ce travail que l’on fait. J’étais là: ‘Ok, je suppose que je ne fais pas que perdre mon temps!’ [Rires]. » Car si les paroles sont basées sur son propre vécu, elles n’en sont pas moins un partage, Jones ayant conscience que tant d’autres personnes ont leurs propres démons. Et c’est bien là l’idée du titre de l’album, They Bleed Red : « Souvent, j’écris des choses personnelles et à propos d’émotions que je traverse, de choses que j’ai vécu. Mais certaines chansons parlent en fait de diverses choses et de différentes personnes. Je trouvais que ça collait parce que je ne suis pas le seul à avoir mal, je ne suis pas le seul à saigner, eux aussi saignent rouge ! »

Aaron Stainthorpe de My Dying Bride nous confiait il y a peu à quel point il était parfois difficile de rechanter ses paroles sur scène, revivant les histoires douloureuses qu’il a écrites. Est-ce quelque chose qui lui arrive également ? « Ouais, parfois. Mais souvent tu es absorbé dans le concert parce tu es devant le public et l’adrénaline monte. Le fait de revivre toutes ces choses sur lesquelles tu écris, au début, ça peut être pénible mais une fois que l’adrénaline vient te motiver et tout, tu es juste dans l’instant présent. Parfois ce n’est pas si difficile. De temps en temps ça vient te frapper et tu seras là : ‘Bordel, j’ai traversé un sacré enfer [rires] et maintenant je chante sur ça, c’est dingue !’ »

On se souvient justement de cette récente et terrifiante interview où Jones se livrait sur ses problèmes d’angoisse et de dépression qui le hantent depuis son adolescence, le menant en 2009, alors qu’il était encore dans Killswitch Engage, au bord du suicide. Mais il nous rassure: « Je vais bien ! Je ne peux pas me plaindre. J’ai eu beaucoup de hauts et bas mais là tout de suite, je me sens plutôt bien ! » Il se questionne : « Comment je gère ça ? » Et répond : « Avec de bons médicaments [rires], tu sais, tout ce qui fonctionne. Le médecin m’a donné de bonnes choses et ça semble aider. Auparavant, je ne savais pas que mon anxiété était aussi grave et que je pouvais la soigner. Le fait de m’être éloigné de tout ça et puis revenir avec [ce groupe], dans le mouvement, on dirait que ça fonctionne. Et aussi ces mecs me soutiennent vraiment. Les gars de Killswitch me soutenaient beaucoup mais le truc, c’est que je ne savais pas quoi faire de moi-même, je ne contrôlais plus grand-chose. Je rendais juste quatre de mes amis malheureux. Mais aujourd’hui c’est différent. »

Il profite de la fin de notre échange pour partager des conseils avec ceux qui pourraient souffrir de dépression : « Allez chercher de l’aide, dites quelque chose. Ne gardez pas ça à l’intérieur, ça ne fait que l’empirer. Dites à quelqu’un que vous souffrez. J’aurais aimé en avoir parlé plus tôt. »

Interview réalisée par téléphone le 18 septembre 2015 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Gabriel Jung.
Traduction et texte : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Hristo Shindov.

Page Facebook officielle de Devil You Know : www.facebook.com/Devilyouknowofficial.



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