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Chronique   

Devildriver – Trust No One


Devildriver - Trust No One2016 sera sans doute une année délicate pour DevilDriver qui devra batailler pour rassurer les fans après les départs du batteur John Boecklin et du guitariste Jeff Kendrick (respectivement remplacés par Austin D’Amond et Niel Tiemann). Ceci sans compter le retour de Dez Fafara au sein de son ancienne formation Coal Chamber. Autant d’indices qui ne rassurent pas vraiment quant à la pérennité de la musique des Californiens. Reste à savoir si la dynamique positive amorcée par Winter Kills (2013) a été conservée ; DevilDriver s’était affirmé comme l’un des porte-étendards du « groove-metal ». Avec les changements de line-up et un nouvel environnement pour le groupe, ce Trust No One, septième effort studio, a beaucoup de poids sur les épaules.

DevilDriver n’est pas le genre de formation à changer sa recette d’un iota. Après tout, il peut se vanter de son savoir-faire en acier trempé, oscillant entre lourdeur et riffs thrash plus traditionnels, un peu à l’image d’un Lamb Of God. Si Winter Kills avait introduit des tempos plus lents, force est de constater que Trust No One remémore les premiers titres des Californiens à l’image du rapide « Bad Deeds » et de « Daybreak » et son refrain entraînant. La présence du nouveau batteur Austin D’Amond se fait sentir, DevilDriver a pris tout simplement le parti de jouer plus vite. Surtout, il n’a pas abandonné ses leads mélodiques qui parfois possèdent des airs de death-mélo scandinave à l’instar du titre éponyme. Le groupe s’est efforcé de construire des atmosphères pour mettre en relief la brutalité de ses riffs, en témoigne la mélancolie de « For What It’s Worth » ou l’introduction de « Retribution » qui rappelle un tantinet un certain Burn My Eyes (1994) de Machine Head.

Mais DevilDriver fléchit. Ou plutôt ce Trust No One en particulier. Le groupe ne parvient pas réellement à allier ses passages plus lents avec l’agressivité générale du propos, en résulte plusieurs creux au sein des compositions. En outre, certaines mélodies se montrent particulièrement redondantes et ce dès le titre d’ouverture « Testimony Of Truth » et son final pompeux. Là où le bât blesse réellement, c’est lorsque DevilDriver échoue à captiver malgré l’effort apporté à certains riffs. « Feeling Ungodly » incarne cet écueil, multipliant les breaks et les variations rythmiques pour au final se transformer en une sorte de capharnaüm. En réalité, Trust No One ne captive réellement que lorsque DevilDriver pratique le thrash à l’ancienne (« Bad Deeds ») ou prend davantage de risques concernant les arrangements (« Trust No One »). Le chant de Dez Fafara, s’il est parfaitement exécuté, avec la hargne qu’on lui connait, devient très vite rébarbatif et peine à émerger sur un seul titre. Comme si il n’était là simplement que pour accompagner, ce qui, connaissant le talent du frontman, peut devenir assez frustrant.

Ceux qui attendaient de pied ferme ce DevilDriver ne seront peut-être pas déçus, au final le groupe sait conserver ce qui fait sa force. Il est possible qu’ils soient même heureux de constater que malgré deux départs, DevilDriver n’a pas perdu sa fougue. Seulement Trust No One se déroule presque de manière anodine, avec trop peu d’accroches pour se démarquer. En réalité, il semblerait que le contexte difficile qui entoure Trust No One le fait tout simplement vaciller.

La chanson « Daybreak » :

Album Trust No One, sortie le 13 mai 2016 via Napalm Records.



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  • L’article est bien construit mais la matière me fait un peu peur :/ J’irais quand même en jugé par moi-même, en me rappelant que DayBreak m’a pourtant mis l’eau à la bouche, mais j’espère être en désaccord avec RM 🙁

    [Reply]

    Duncan

    Bon, eh bien après une bonne digestion, cet album est génial. Moins bourrin que le reste de la disco, peut être un peu déroutant pour les fans de la première heure, mais à mon goût plus diversifié et plus « positif ». Le groupe change un peu mais reste le même, tout ce qu’on peut lui demander en somme… 🙂

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