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Live Report   

Devin Townsend Project & Fear Factory : une mécanique bien huilée


Fear Factory : un nom qui a bercé deux décennies de metalleux, et inspiré toute une génération d’énervés du médiator et de la double pédale. A l’occasion de sa tournée “Epic Industrialist Tour”, partageant la tête d’affiche avec le Devin Townsend Project, le groupe de metal indus a fait une halte à la Laiterie de Strasbourg. Une soirée prestigieuse qui sera malheureusement amputée de sa première partie, suite à l’annulation de Sylosis : du fait d’un changement dans le planning de la tournée, toutes leurs dates européennes se trouvent annulées. Qu’à cela ne tienne, l’occasion était trop belle de revoir les Californiens sur scène, d’autant plus dans cette salle intimiste.

C’est donc Devin Townsend et sa clique qui seront en charge d’ouvrir le bal devant un public passablement impatienté par l’heure de retard que le show a subi. Heureusement, un écran géant nous diffuse la “Ziltoid TV”, un condensé de vidéos grasses qui buzzent (Pizza Boomerang, la chanson du Gummy Bear, Shane chante sur 5 octaves, etc…), qui en disent long sur l’humour barré du combo et de son leader. Bon, tout ça, c’est bien beau mais ça commence quand ? Ha, les lumières s’éteignent sur les premiers gros riffs de “Supercrush”, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

Artistes : Fear FactoryDevin Townsend
Date : 29 octobre 2012
Salle : La Laiterie
Ville : Strasbourg

Ce coquin de Townsend.

C’est tout sourire que le Canadien investit la scène et tout de suite, un premier constat : quelle voix ! Vibrante, chevrotante mais incroyablement juste, le public est subjugué dès les premières paroles. Il faut reconnaître que la star a un charisme hors norme, qui le classe d’emblée parmi les personnages les plus sympathiques (et les plus excentriques) de la scène metal. Avec lui, le génie côtoie la folie, et il s’amusera avec le public tout au long d’un set décontracté, sans prises de têtes. Clins d’œil coquins, tripotage de tétons, vannes et provocation sont autant d’ingrédients dont il use et abuse dans cette relation particulière avec ses fans. Les plus attentifs noteront même un bien vilain mot à l’attention de Slash juste avant l’entame du solo de “Where We Belong”, merveille d’auto-dérision.

Enchaînement avec “War” et ses cohortes de militaires et autres images martiales. On note au passage l’éclectisme du répertoire présenté ce soir, où l’acoustique côtoie aussi bien le gros riff que le dansant, avec un “Wild Colonial Boy” dédié à tous les Canadiens français présents dans la salle. Et il y en avait ! Certain(e)s ont même bravé les vigiles pour rejoindre Devin et exécuter une petite danse sous le regard amusé du grand chauve.

Pour le morceau suivant, gare à nos oreilles, nous sommes prévenus : “Là, c’est la pire des mauvaises chansons de mon répertoire et ce n’est pas peu dire, vu qu’il y en a beaucoup.” Comme pour se donner raison, il mettra un point d’honneur à foirer l’intro de “Lucky Animals”, sous les rires du public. Et puis il est un peu dur avec lui-même : c’est le seul morceau déjà connu de tous et chanté unanimement dans la fosse, preuve s’il en est qu’il n’est pas si mauvais que ça, non ?

Devin l’extra-terrestre

En guise de dessert, nous aurons droit au sulfureux “Juular” qu’il dédicacera à sa mère, avec qui il entretient une relation… compliquée… Nous ne voulons pas en savoir plus. La batterie est à l’honneur sur ce tube de toute beauté, mais on regrettera un certain immobilisme des autres musiciens. De manière générale, qu’on se le dise, la star c’est Devin et les autres font office de figurants, tant leur performance est éclipsée par l’aura et le caractère expressif du chanteur.

La première partie de la soirée se clôture magistralement sur le titre “Grace” qui laisse la part belle aux samples et aux nappes de synthé présents en nombres sur les disques, mais finalement beaucoup plus discrets en live. Le public est mis à contribution de bon cœur pour scander des “High Road Warning” à gorges déployées, et le groupe quitte les planches en saluant longuement ses fans.

Setlist de Devin Townsend (source setlist.fm) :

Supercrush!
Kingdom
Regulator
Planet of the Apes
Where We Belong
War
Colonial Boy
Vampira
Lucky Animals
Juular
Grace

Fear Factory : l’impressionnant Dino Cazares.

La pause est de courte durée : tandis que le public commence à se masser devant la scène et que la salle semble rétrécir, des grincements de métaux et de machines se font entendre, l’intro de “The Industrialist” est lancée, tandis que Mike Heller s’installe derrière son imposante batterie. D’emblée, le ton est donné : les salves de double pédale, les rugissements de la guitare et le martèlement de la basse ont retourné la fosse avant même l’apparition de Burton C. Bell, l’emblématique chanteur du combo californien. Ce dernier n’aura pas besoin d’insister beaucoup pour motiver une foule chaude comme la braise, qui reprendra en chœur chacun des refrains.

Si le frontman débordant d’énergie assure sans aucun doute le chant crié, les passages clairs sont catastrophiques, comme nous l’avions déjà constaté lors de leur passage au Download Festival… Malgré tous ses efforts, le résultat ressemble davantage à un murmure, un râle inaudible bien loin de la version CD… Heureusement, les autres musiciens donnent le change : Dino Cazares est impressionnant à tous points de vue et sa guitare donne la réplique à une batterie métronomique. L’alchimie entre les instruments est totale, et on sent que la “machine Fear Factory” est bien huilée, forte de centaines de shows et de deux décennies d’existence.

Dans la fosse, la foule est déchainée, et les circle-pits s’enchaînent au rythme des tubes ; “Edgecrusher” et “New Messiah” recevront d’ailleurs un accueil particulièrement  énergique des fans.

Petite pause nostalgie obligatoire entre deux morceaux, Burton nous rappelle que le groupe a fêté il y a quelques semaines le vingtième anniversaire de leur premier album studio, Soul Of A New Machine. Pour l’occasion, les fans de la première heure seront servis puisque trois titres seront interprétés à la suite,  “Martyr”, “Scapegoat” et “Self Immolation”. Mais c’est à l’album Demanufacture que reviendra l’honneur de clôturer le show, avec notamment le titre éponyme dont l’interprétation live mérite tous les superlatifs, et le monstrueux “Replica” pour un final en apothéose. Trempés de sueur, le sourire aux lèvres, les membres quittent la scène les uns après les autres, sous les applaudissements nourris d’un public tout aussi trempé et souriant.

Seul point faible de cette soirée : le chant de Burton C. Bell (Fear Factory).

La soirée s’achève, et l’heure est au bilan : malgré le chant poussif de Burton, à des années-lumières de ses performances sur album, le concert reste une débauche d’énergie pure et un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de gros son, de bonne humeur et de claque scénique. Pensez-y : la tournée doit encore passer par Paris en décembre et ce serait dommage de rater ça.

Setlist de Fear Factory (source setlist.fm) :

The Industrialist
Recharger
Shock
Edgecrusher
Fear Campaign
Acres of Skin
Linchpin
New Messiah
Martyr
Scapegoat
Self Immolation
Demanufacture
Self Bias Resistor
Zero Signal
Replica

Live report : Philippe
Photos : Frank Taino (site internet)



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  • Vu à bordeaux, et bien franchement c’était un de mes meilleurs concert !
    Fear factory à bien chauffé la salle c’était pas mal (surtout demanufacture… énorme) mais c’est vrai que les chants clairs… vraiment tout pourris. Mais malgré tout on reste sur une bonne impression !
    Ensuite Devin Townsend Project… c’était absolument fantastique !!! Ce mec est génial, c’est vraiment un gros taré mais absolument cool !
    Bref tout ça pour dire que Fear Factory avant DTP c’est mieux comme ordre, vaut mieux rester sur la meilleur impression possible.

    [Reply]

  • vus à bordeaux, fear factory a de la chance d’avoir dino. le chant on en parle pas, et question batterie, j’ai rarement vu un mec aussi constipé et peu concerné derrière son kit ( c’est un batteur qui vous le dit)
    townsend, ben tout a été dit…

    [Reply]

    Mustis

    heu… tu parle de gene holgan quand même, ce monsieur n’est pas connu ni pour être mauvais, ni pour en avoir rien a foutre du publique. Pour l’avoir vu avec testament notamment. Après ptet que sur cette date il a pas été bon, ca je sais pas.

    Spaceman

    @ Mustis :

    Non Gene Hoglan ne fait plus parti de Fear Factory. C’est, comme mentionné dans le live report, Mike Heller qui a pris sa place.

    Elsassgromit

    Mon avis rejoins celui de Skeull en ayant assisté à la date strasbourgeoise. Au Hellfest en 2010 (ou 2011 je ne sais plus) c’était déjà comme ça (sauf qu’au moins à la batterie c’était Gene Holgan !). Alors bon ce coup là j’accusais les balances pour le son et un mauvais soir pour Burton mais quand quelque années plus tard je revois Fear Factory et que niveau son c’est tellement approximatif qu’on a l’impression d’avoir toujours le même morceau (déjà que c’est pas super varié la musique de Fear Factory …) bin on se met à accuser les musiciens. Soyons honnête n’importe quel groupe sans grosse renommée aurai été enterré dans l’esprit des gens avec de telles prestations. Un chant aussi poussif même en milieu amateur c’est catastrophique. Bref j’aime bien Fear Factory en studio et je me contenterai de cela à l’avenir.

    Heureusement que Devin Townsend était là parce que tout seul (on a pas eu Sylosis à Strasbourg) il valais le déplacement =).

    skeull

    @spaceman, appelons le Machette, on est intimes.
    @ mustis, et oui gene hoglan c’est totalement différent on est bien d’accord
    @ gromit, la meme que toi Fear facto, album uniquement

    Mustis

    QUOI? zut j’avais pas vu, roh je suis deçu je vais les voir a paris le 10, bon ca va etre cool quand meme mais c’est vraiment dommage

  • Même ressenti au Rockstore à Montpellier : musicalement, Fear Factory déchire, mais Burton Bell a clairement du mal sur le chant clair et c’est bien dommage…Comme a dit FX, un vocoder pourrait peut être aider.
    Quant à Devin Townsend : magique ! toujours aussi excentrique (vu la dernière fois en 2003, il était temps de me remettre à jour), expressif, chaleureux, blagueur…faire monter 10 personnes du public sur scène pour Lucky Animals, fallait oser…Devin ose, et on en redemande. Le chant toujours impeccable… bref, magique, comme déjà dit plus haut.

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  • Comment j’ai trop trop hâte d’être à l’approche de Noël, la dernière fois que j’ai vu FF c’était à l’époque de Transgression, ça commence à dater…

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  • J’étais au concert de Bordeaux et c’est la 2éme fois que je vois Fear Factory.
    J’ai du mal a comprendre pourquoi Burton n’utilise pas de vocoder sur les parties clairs en live vu qu’il n’arrive jamais a les chanter correctement, surtout que ça resterait dans le style de sa voix très retouché sur les albums.

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  • Vu le 30 oct dernier lors de leur passage au Luxembourg et j’aurais pu écrire exactement la même chose que cet article ou presque.
    Seul regret : le set de Townsend trop court tellement il m’a impressionné aussi bien vocalement que musicalement et le morceau Grace en live est énoooorme !!!
    Ne ratez pas cette tournée, elle est vraiment excellente !!!!

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