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Devin Townsend Project : Ghost dévoilé


Après le gros bordel – à peine – organisé offert par Deconstruction, il est temps de s’attaquer au dernier chapitre de la quadrilogie du Devin Townsend Project. A part une affirmation comme quoi l’album serait une sorte de « new wave ambiante » et qu’il ne serait « pas sombre du tout », le maître a finalement donné assez peu d’éléments sur le sujet comparativement à son turbulent frère siamois qui, lui, a été gâté en descriptions loufoques. Peut-être parce que tout simplement il n’y a pas plus d’information à donner. La pochette, elle, en revanche, a été dévoilée, contrairement à Deconstruction d’ailleurs. Décidément tout semble naturellement opposer ces deux albums – chose que, vous le verrez, se confirmera à l’issue de l’écoute. Une pochette (voir plus bas) en phase totale avec le contenu avec ses couleurs pastelles, son paysage crépusculaire calme et ses vagues qui caressent les rochers telles les notes de musique sur nos tympans.

Alors mettez vous à l’aise, installez vous confortablement, voici, à défaut de pouvoir déjà écouter la musique elle même, la description de ce que ce mystérieux spectre a dans le ventre.

Fly (4:15) :

Une flûte de pan résonne et prépare délicatement le terrain pour une guitare clean sur une alternance de notes graves et aiguës. Immédiatement une plénitude embaume les oreilles de l’auditeur lui conférant une sensation de bien-être absolu. Le chant de Devin y est soufflé, enveloppé par de subtiles nappes de clavier et survolé par de discrets sons synthétiques comme de petites lucioles. La batterie est légère, jouée de manière suave avec des ballets. Tout le morceau se développe doucement sur cette base. A 2 minutes 33 une délicate voix féminine se lève comme une légère brise.

Heart Baby (5:55) :

Ce titre débute sur de très lents arpèges de guitare acoustique avec quelques interventions de flûte de pan et de mellotron. Devin apparaît progressivement à partir d’1 minute 20, d’abord avec des vocalises soufflées puis en chantant très doucement avec plusieurs superpositions de sa voix qui résonne délicatement. Le titre prend un peu d’épaisseur vers le milieu mais toujours sans percussion. Un peu plus loin, sa voix se met à couler en crescendo, tel une fontaine. Puis le titre se désépaissit et finit avec la flûte seule.

Feather (11:30) :

Une flûte qui amène l’auditeur à ce troisième morceau et qui laisse place à un arpège de guitare acoustique un peu dans l’esprit du thème de piano de « Home Sweet Home » de Mötley Crüe (je vous rassure c’est vraiment le seul rapprochement qu’on peut faire avec le groupe de glam de L.A.). Puis la flûte refait surface, accompagnée ensuite d’une batterie légère, d’un rythme vocal lointain et d’un chant aigu de Townsend avant qu’il se mette à chanter dans sa tessiture médium. Peu après, c’est un enchevêtrement de voix entre celle aiguë de Devin et une voix féminine, puis le retour du couplet, sur lequel un piano vient s’ajouter aux arpèges de guitare. Le titre, proche de ce que peut faire Anathema aujourd’hui, se développe ainsi essentiellement sur des parties vocales riches et le jeu entre le chant de Devin et celui de la vocaliste jusqu’à 4 minutes 50. Tout s’arrête alors pour laisser place à une ambiance de bord de mer. Puis au loin apparaît en fondu une douce mélodie de piano, le balai du batteur et une mélodie de clavier. Puis le piano et le synthé s’écartent pour laisser la place libre à la voix féminine, lentement soufflée. A partir de là, le titre continue avec cette base, saupoudré de quelques interventions éparses de piano, de guitare sèche et de flûte, puis part en fondu sortant jusqu’à 8 minutes 30. Le titre se termine sur un enchaînement d’ambiances cotonneuses soutenant une mélodie émanant d’une sorte de xylophone avec, tout d’abord, une nappe venteuse puis un bruit de pluie printanière avec une discrète nappe de voix.

Kawaii (2:52) :

Petit réveil en sursaut avec des accords secs de guitare acoustique et la voix toujours délicate de Devin. Il s’agit d’une courte balade de moins de trois minutes, pleine d’innocence et exécutée à la guitare et au chant avec quelques arrangements discrets de synthé/piano.

Ghost (6:24) :

Une nappe de mellotron et des chants fantômes qui susurrent des mélodies pleines d’espoir, voilà comment démarre ce titre. Survient alors une batterie légère swinguant en shuffle, toujours jouée aux ballets, avec des chants masculins/féminin dans un esprit très 60’s, avec notamment des « pada padam » en rythme avec la batterie. Ces éléments constituent l’essentiel de ce titre assez simple se terminant paisiblement sur une minute de nappe d’orgue.

Blackberry (4:53) :

Des coassements de grenouilles s’ajoutent à l’orgue qui s’éclipse en fade out. De discrets accords de guitare acoustique se font entendre puis survient un rythme de batterie entrainant avec des arpèges de banjo et de guitare superposés. Devin se retrouve une nouvelle fois en duo avec la chanteuse-mystère (ndlr: à l’heure où j’écris ces lignes). Le banjo donne naturellement une petite tonalité sudiste agréable à l’ensemble. Il s’agit encore ici d’un titre simple mais où, progressivement, les voix s’étoffent et prennent de l’ampleur. Les instruments sont eux aussi joués avec une ardeur croissante.

Monsoon (4:37) :

Il s’agit là d’un titre instrumental atmosphérique sur lequel se mêlent flûte et lents arpèges de guitare acoustique sur fond de nappes résonnantes de synthétiseur. L’ambiance y est à la fois paisible et brillante. On s’imagine sans mal entendre un tel titre en entrant dans une boutique « nature et découverte »…

Dark Matters (1:57) :

Dans la continuité du précédent, un arpeggiator de synthé, que ne renierait pas Arjen Lucassen dans son projet Ayreon, apparaît avec Devin chantant une fois de plus de manière soufflée. Vers la fin du titre, la flûte reprend la place du chant. Une sorte de titre de transition, le plus court de l’album avec un peu moins de deux minutes au compteur.

Texada (9:30) :

Le titre débute sur une superposition de sortes de clavinets modernes et brillantes et d’arpèges de guitare. Ceci constitue la base sur laquelle repose la majeure partie du morceau à laquelle s’ajoutent diverses couches de voix en arrangement évoluant au fur et à mesure que la musique progresse. L’ambiance globale créée offre une sensation d’innocence enfantine et naïve. Le chant de Devin est très rassurant et laisse trainer de longues notes, ce qui renforce cette impression à l’instar du chant féminin qui apparaît à 3 minutes 40 tel une mère s’adressant à son enfant. La musique gagne progressivement en épaisseur grâce à de nouvelles couches de sons de clavier et de voix qui s’additionnent. Le rythme créé s’intensifie peu à peu pour arriver, vers 4 minutes 30, au paroxysme – soit dit en passant le moment le plus « intense » de l’album. Puis, petit à petit, la musique retombe, les sons de clavier, la guitare, les voix s’estompent en fondu sortant pour dévoiler une douce mélodie de flûte sur un léger résidu de rythme synthétique, une nappe éthérée, de très légers coups de toms et quelques rares notes de guitare acoustique. Dans le fond, en tendant l’oreille, on distingue une personne parler dans une langue latine. Finalement, le tout s’estompe définitivement pour clôturer le titre dans la plus grande douceur.

Seams (4:04) :

Ambiance feu de camp sur ce début. En effet, on y entend une rythmique en accords sur guitare sèche sur fond de nappes venteuses. Arrive ensuite la voix intimiste de Devin débutant sa phrase par un « I love you… » et un son synthétique se met à résonner discrètement. Sur ce titre, une boîte à rythme semble prendre le pas sur la batterie acoustique. De très subtiles percussions apparaissent également vers 2 minutes 48. Diverses interventions discrètes de flûte, de guitare acoustique et de sons de synthé font leur apparition sporadiquement, enrichissant l’ambiance générale. L’évolution du morceau se fait majoritairement au niveau du jeu riche des voix sur plusieurs couches donnant un aspect rêveur à l’ensemble.

Infinite Ocean (8:01) :

Il s’agit d’un titre instrumental. On y entend presque tout du long de ses huit minutes des effets de respiration en rythme et se mêlant aux frappes légères des balais du batteur ainsi qu’une guitare acoustique qui tourne en boucle au loin. Pour le reste, il s’agit d’un épais duvet de nappes de clavier avec des interventions de flûte, guitare acoustique et de vocalises éthérées.

As You Were (8:47) :

Des arpèges de guitares, puis des notes en harmoniques, résonnent sur une nappe cotonneuse avec le chant susurré de Devin. Une sensation hypnotique se dégage de ce titre avec les va-et-vient de la délicate rythmique du batteur en phase avec Devin qui répète inlassablement la phrase « Money, Honey, Bloody Mary, Money, Honey » . La musique se termine vers 4 minutes 50 où les restes d’arpèges de guitare s’estompent sous des bruits de vagues et de mouettes pendant 1 minute 30. Viennent enfin progressivement des nappes de chants entremêlées avec diverses sonorités brillantes. Puis elles s’estompent à nouveau pour laisser place au silence.

C’est ainsi, tel qu’il a commencé, dans la plus grande quiétude, que Ghost se referme. L’ambiance globale de l’album reste tout du long rassurante et relaxante, à l’exact opposé de l’instabilité chaotique de Deconstruction. Les changements se font de manière extrêmement progressive, permettant à l’auditeur de suivre attentivement les moindres détails. Car bien que calme et par moments d’apparence simpliste, cet album n’en est pas moins riche. A noter que la batterie jouée quasi exclusivement au balais confère une très subtile saveur smooth jazz aux chansons.

En réalité, Ghost s’impose comme la parfaite suite pour panser les plaies laissés béantes après l’écoute de Deconstruction. Ces deux disques s’opposent comme des négatifs et s’avèrent par la même totalement complémentaires. L’un donnant envie d’écouter l’autre et inversement. Car il est clair que le surplus de douceur, presque exagéré voir exaspérant, offert par Ghost plonge l’auditeur dans une semi léthargie qui appelle à un bon saut d’eau dans la figure. On remarque par ailleurs que le début très calme de Deconstruction et évoluant de manière progressive se fait dans la plus parfaite continuité de Ghost. Ainsi la boucle est bouclée.



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  • Devytravy dit :

    je voudrais juste savoir est ce que l’album ghost 2 (comprenant les titres:perspetive,fall …..)est prevu egalement pour le 20 juin. si il le garde pour une date ulterieure c qu’il est un vrai sado

    [Reply]

  • Quetzalcoalt dit :

    Spaceman…Je te haïrais presque de pouvoir déjà écouter ces deux albums du Dieu Canadien 😛

    Nan en fait je te hais, na!

    [Reply]

    Tu avais vraiment besoin de ça pour le haïr ?! Car moi non, ma haine était déjà bien trop forte avant !!!!

    😉

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